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Article : Quelques jours avant la CAN 2015 : LETTRE OUVERTE AU Pr JOSEPH OWONA
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14 janvier 2015

Quelques jours avant la CAN 2015 : LETTRE OUVERTE AU Pr JOSEPH OWONA

Peu avant son décès, le journaliste camerounais Noé Ndjebet Massoussi avait écrit cette lettre pour le Président du Comité de Normalisation de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT).

 

Comme tu ne peux pas, laisse !

Cher Papa et cher Professeur,

L’éducation que j’ai reçue de mes parents me recommande de vous appeler « Papa ».

Aussi, voudrais-je que tu ne me tiennes point rigueur si je me suis donné la liberté de tutoyer une sommité de ton rang.

En me décidant de parler de toi, Papa Joseph Owona, j’ai bonne conscience de me risquer en terre inconnue. Car, l’enfant ne saurait prétendre connaître mieux ses parents. Mais il peut, par rapprochement, se faire une idée sur ceux-ci au travers des anecdotes et des histoires des plus abracadabrantesques que des plus vraies. Sur toi papa Owona, j’en ai entendu des tonnes dont je ne peux me souvenir que de quelques-unes.

J’ai entendu parler de toi, Papa Joseph Owona, de tes années de Chancellerie à l’Université de Yaoundé. Il se raconte qu’un beau matin, perché sur le perron de la chancellerie, tu aurais recommandé aux étudiants munis de pancartes pour une « marche pacifique » en signe de réclamation de leurs bourses, de ne pas marcher, mais de courir plutôt ; car la marche ne leur procurerait aucun bien.

J’ai également entendu parler de toi, Papa Joseph Owona, à propos de la Loi constitutionnelle du 18 janvier 1996 pour laquelle tu aurais été le « Cuisinier en chef ». Cette Loi constitutionnelle regorge, je l’avoue, d’importantes avancées pour la démocratie (décentralisation, limitation de mandats présidentiels, Conseil constitutionnel, déclaration des biens, etc.) ; mais elle reste inopérationnelle dans son entièreté, à cause de l’élasticité de son Article 67 qui aurait pourtant été contraignant dans le temps.

J’ai encore entendu parler de toi, Papa Joseph Owona, de tes années comme Secrétaire Général de la Présidence de la République du Cameroun. Il se raconte encore que tu aurais, en lieu et place du Chef de l’Etat en déplacement hors du pays, « limogé » Gervais Mendo Ze de la direction générale de la CRTV. Et que ce dernier n’aurait vu son poste sauvé que grâce à certains employés qui se seraient opposés, à la lecture de l’acte de révocation de leur « Mariologue » de DG.

J’ai également entendu parler de toi, Papa Joseph Owona, de tes années comme Ministre de la Jeunesse et des Sports. Il se raconte là-bas que tu aurais rebaptisé la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT), « FECAFOOTAISE », puis « FECACACA ». Tu aurais fait interpeller Vincent Onana, ci-devant Président de la FECAFOOT, sous prétexte que ce dernier avait « placé » les tickets des matches du Cameroun de la phase finale de la Coupe du monde 1998 sur le marché noir, alors que la vraie raison serait ailleurs. Après plus de deux ans de détention préventive à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé, Vincent Onana fut relâché purement et simplement pour « faits non établis », pour être élu plus tard Député du Cameroun.

Il se raconte également qu’en ta qualité de Ministre de la Jeunesse et des Sports, dans une lettre fumante et musclée, mais avec une argumentation fondée sur une efficacité dialectique de dénonciation, tu aurais rappelé aux dirigeants de la Fédération Internationale de Football Association, que la FIFA n’est qu’une association privée de droit suisse qui ne saurait, à ce titre, dicter quoique ce soit au Cameroun qui est un Etat indépendant et souverain. Certes, le choc fut si violent que les dirigeants de la FIFA, se sentant blessés dans leur arrogance et leur roublardise hégémoniques, avaient suspendu le Cameroun de toutes les activités de la FIFA. La lettre du Premier Ministre camerounais de l’époque, désavouant son Ministre de la Jeunesse et des sports que tu étais, bien qu’ayant eu le mérite d’avoir fait lever la sanction du Cameroun, fut qualifiée par la majorité du peuple camerounais, de singerie tropicale devant une association privée de droit suisse ayant décrété unilatéralement sa toute-puissance allant au-dessus des Etats. Mais toi, tu fus célébré pour cette vérité.

Il se raconte aussi qu’à l’occasion de la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) au Burkina-Faso en février 1998, la délégation camerounaise pléthorique et familiale était constituée d’enfants et de personnes qui n’avaient rien à faire avec le football et les Lions Indomptables, comme ce fut le cas en juin 2014 au Brésil; ce qui, dans les deux cas, aurait occasionné des dépenses superfétatoires. Encore que certains Camerounais cherchent encore et toujours les réelles motivations des agapes aux allures de cérémonies de dot et/ou de mariage que tu as organisées en grandes pompes à la Cité « Ouaga 2 000 » au Burina-Faso, alors que le Cameroun venait d’être honteusement éliminé de la compétition.

J’ai entendu parler de toi, Papa Joseph Owona en 2006, demandant au Chef de l’Etat du Cameroun, M. Paul Biya, de respecter la Constitution de notre pays. Cette sortie, bien que t’ayant valu une mise à l’écart du circuit administratif, mieux ministériel, a fait de toi un homme intègre, et le public a tôt fait de faire fi de tes casseroles.

J’ai encore, la même année 2006, entendu parler de toi, Papa Joseph Owona à l’Institut de Management Public. Tu aurais dit là-bas que la FECAFOOT était gérée comme une épicerie, sans manuel de procédure. Ta nomination à la présidence du Comité de Normalisation de la FECAFOOT en juillet 2013, près de sept ans après, a été saluée par ceux que le système de gouvernance épicière que tu y décriais déjà, avait exacerbés, finis, rendus « pala-pala », chassés du football et des stades.

Ainsi, à nombre de tes proches, tu aurais confié que tu venais pour nettoyer l’auberge d’Augias qu’était devenue la FECAFOOT depuis des lustres. Mais dix-sept mois après ta prise de fonction en tant que normalisateur en chef du football camerounais en général, et singulièrement de la « FECACACA », je me sens dans l’obligation, la grande saison épistolaire s’y prêtant, de t’écrire parce que, à ta manière et à ton allure, le développement du football camerounais que la communauté sportive nationale appelle de tous ses vœux, n’est pas pour demain. La fondation de ce football nouveau qu’on t’a confiée, périclite dangereusement, dévoilant chaque jour un peu plus de failles à ne pas en finir. Tout est mis ensemble pour écarter le football camerounais et ses futurs dirigeants des valeurs de ce « sport-roi » et de l’olympisme. N’est-il pas vrai que : « Tel on fait son lit, on se couche » ?

Mais papa, as-tu, un tantinet, oublié cet adage haoussa qui renseigne que : « L’eau chaude n’oublie pas qu’elle a été froide » ? Souviens-toi de tout ce que tu avais dit de cette FECAFOOT, de ses dirigeants, de la FIFA et de ses dirigeants avant que tu ne sois nommé président du Comité de Normalisation de la FECAFOOT. Conscient qu’« il est des circonstances où se taire est aussi lâche que criminel [1]», je ne saurais me taire pour te plaire. Certes, mon rôle, pour paraphraser Albert Camus in Actuelles, I, P. 206[2], je le reconnais, n’est pas de te transformer, ni transformer ceux avec qui tu travailles à la normalisation, encore moins ceux de la FECAFOOT dont tu critiquais la gestion hier : je n’ai pas assez de vertus, ni de lumières pour cela. Mais il est de te dire que j’ai honte, et ne reconnais plus le vénéré Professeur Agrégé de Droit Constitutionnel dont les étudiants des années 80 à l’Université de Yaoundé se souviennent encore de la science et du discours. Ce sémillant Professeur Agrégé de Droit Constitutionnel que ses étudiants avaient, par admiration, par affection et par respect, surnommé « MASSA YO [3]». Qu’es-tu devenu ? Qu’as-tu fait de ton honneur, de ta dignité ? Quelle image se font aujourd’hui de toi ces milliers d’étudiants passés par ton école des décennies durant, et qui occupent d’importantes responsabilités au Cameroun et dans le monde, qui te regardent, te subissent et qui vivent douloureusement la manière dont tu tords le cou au droit à la normalisation de la FECAFOOT ?

A la vérité papa, de ta vie de constitutionnaliste, as-tu déjà vu une Constitution d’un pays avec des Annexes ajoutés au bas de la signature du chef de l’Etat concerné ? Il me souvient que les dispositions transitoires sont toujours incluses dans la Constitution. C’est le cas de l’Article 67 de la Loi constitutionnelle du Cameroun du 18 janvier 1996, élaborée par tes soins. Quelle valeur juridique donnes-tu aux Annexes ajoutés aux Statuts de la FECAFOOT et aux Statuts – Types des Ligues décentralisées ?

Par ailleurs, où est l’expression du droit, de l’impartialité, de l’équité quand dans le Rapport Bekolo relatif aux insolvables de la FECAFOOT, tu ne choisis d’interpeller que le seul Abdouraman Hamadou Baba pour rembourser, de ton point de vue, ce qu’il doit à la FECAFOOT ? Pourquoi n’as-tu pas fait de même pour Tombi a Roko Sidiki, Joseph Pierre Batamack, Michel Kaham, et tous les autres épinglés par ce Rapport ?

Parce que tu as eu envie de remuer les « CACAS » de la FEDE sur lesquels tu t’es assis, comment fais-tu pour ne pas sentir les odeurs nauséabondes de détournements des financements destinés à la construction des sièges de certaines ligues décentralisées ? J’ai plutôt été stupéfait d’apprendre, au sortir de la Coupe du monde foireuse de 2014, que tu as promis encore de l’argent aux Ligues régionales du Littoral et du Sud pour les mêmes projets dont les financements avaient été détournés il y a quelques années. Bien plus, dans la poubelle de la « FECAFOOTAISE », n’as-tu pas trouvé qu’une importante somme d’argent y a été décaissée pour l’achat des planches qui auraient dû servir à la réhabilitation du Stade Akwa (Stade MbappeLeppe) à Douala ? T’es-tu posé un seul instant des questions sur : combien de planches avait-on achetées ? Pour quel coût ? Où étaient passées ces planches puisque ce stade est resté dans son piteux état jusqu’à ce jour ?

Au fait cher Papa, pourquoi as-tu refusé de faire auditer la FECAFOOT (comptes bancaires, contrats des employés, etc.) comme l’avait suggéré ton ex-Vice-président à la normalisation, Prince Emmanuel NgassaHappi ? Pourquoi as-tu exigé que chaque candidat à la candidature à la présidence (ligue départementale, ligue régionale et fédérale) de la FECAFOOT dépose sa caution dans le compte bancaire de la Commission de Football Jeunes, et non dans les comptes bancaires des différents démembrements concernés de la FECAFOOT, ou tout simplement dans le compte bancaire de la FECAFOOT ? Qu’est-il arrivé au compte bancaire de la FECAFOOT ? Est-il sous scellés ?

Mais bon Dieu ! Que fait la « calebasse à la danse des pilons », si les pilons ne prenaient conscience de la préciosité de la calebasse qui est parmi eux ? Ta seule présence au Comité de Normalisation de la FECAFOOT aurait pu régler environ 70 pour cent des problèmes du football camerounais. Hélas, tu viens de manquer d’écrire ton nom en lettres d’or dans les annales de l’histoire du football camerounais en général, de l’histoire de la FECAFOOT en particulier, de l’histoire du Cameroun tout court.

Papa « Yo »,

A se remémorer tes déclarations de l’époque sur la FECAFOOT et ses dirigeants successifs, on est frappé de ce qu’une fois arrivé à la FECAFOOT, ton discours a changé, la perception que tu avais de la FECAFOOT et de ses dirigeants a changé, bref tu as changé. Après avoir trouvé qu’il n’y avait que « fourberie » et « menterie de vrai » à la FECAFOOT, t’es-tu toi aussi vêtu de la peau d’hyène comme le présageait Ibrahima Dieng[4] qui avait fini de trouver que « l’honnêteté est un délit de nos jours »? Dois-je comprendre, à la lumière de ce proverbe bantou, que « quand on a mangé salé, on ne peut plus manger sans sel » ? Dois-je comprendre que les cacas de la fédé sont devenus aussi succulents que tu ne parviennes pas à démissionner ? Et dois-je conclure avec ce proverbe nigérien qui révèle que « ce n’est pas à toute oreille percée que l’on met des anneaux d’or ».

Si en juin 2013, les élections à la FECAFOOT ont été invalidées à cause des textes, et qu’en 2014 les élections à la FECAFOOT ont encore été annulées toujours à cause des textes, alors que tu as été nommé à la FECAFOOT pour résoudre ce problème, que dois-je comprendre si ce n’est qu’en 18 mois environ, tu as été incapable de vidanger le syndrome « FECACACA » ? De quoi réfuter le concept de normalisation qui, comme dans un miroir, la «FECACACA» d’avant normalisation est devenue la «CACAFOOT» pendant la normalisation à laquelle on avait tôt fait de trouver un accent messianique. Sans fausse honte, aies le courage de reconnaître que le bulletin de santé du football camerounais en général, et de la FECAFOOT en particulier, suscite de sérieuses inquiétudes.

Il est de plus en plus établi qu’il est impossible pour toi de poursuivre le pari absurde de vouloir coûte-que-coûte faire respecter les valeurs du football et de l’olympisme, alors que le non-droit, la partialité, l’iniquité et l’immoralité, sont érigés en principes directeurs à la FECAFOOT et dans ses ligues décentralisées, spécialisées et commissions. Tu as lamentablement échoué à tes missions, à savoir :

  1. La gestion des affaires courantes : C’est sous ton règne que le championnat national d’élite s’est joué à 19 clubs (Ligue 1), 18 clubs (Ligue 2) et 14 clubs (football féminin) à cause du favoritisme dont certains clubs ont eu droit. Les mécanismes de montée et de descente des équipes ayant été ostentatoirement bafoués en toute impunité et avec ta bénédiction. Le président de la Commission qui en avait la charge a été royalement écarté et ignoré tout au long de votre bail à la FECAFOOT. C’est encore sous ton magistère qu’un dirigeant de club (F.C.Sanaga d’Edéa, Deuxième division régionale du Littoral) est président de la Commission d’homologation et de discipline de la ligue de football dans le Littoral sans que ledit championnat ne soit invalidé.
  2. La relecture des textes : Les textes de la FECAFOOT ne se résument pas aux seuls Statuts et Code électoral qui, il faut le reconnaître, ont quelques avancées, bien que truffés d’incongruités de nature à plomber les élections en l’état actuel de fonctionnement de la FECAFOOT. Ce que tu t’entêtes à ne pas reconnaître. Et pourtant, on ne peut avoir d’élections crédibles, impartiales, transparentes à la FECAFOOT sans les Règlements Généraux, le Code Disciplinaire, le Code Ethique, etc. de cette organisation. Ces textes jusqu’ici méconnus des acteurs  et du grand public auraient pu régler beaucoup de cas d’incompatibilité, d’éthique et de discipline. La confiscation des textes de la FECAFOOT depuis le 21 mars 2014 (Cf. le fax de transmission de la FIFA à Sidiki Tombi a Roko), et la présence de Tombi a Roko Sidiki, Secrétaire Général de la FECAFOOT (selon toi, imposé à dessein par la FIFA), à toutes les séances de travail du Comité de Normalisation de la FECAFOOT, relatives à l’examen des projets de textes transmis à la FIFA par le Comité de Normalisation de la FECAFOOT (Cf. Communiqué du 11 mars 2014 pour les séances de travail des 14 et 15 mars 2014 à Yaoundé), trahissent la participation active de Tombi a Roko Sidiki dans l’élaboration et la validation des textes appelés à régir les élections à la FECAFOOT dont il est candidat plus tard. J’observe aussi que les Statuts et le Code électoral de la FECAFOOT « adoptés » le 23 août 2014 en « Assemblée Générale Extraordinaire » ne portent que deux visas (je suppose toi et Adolphe Minkoa She), et non les visas de l’ensemble des « membres » ayant pris part à cette « Assemblée Générale Extraordinaire ».
  3. L’organisation des élections : C’est le plus gros et grand scandale sportif de l’année. Car, le processus électoral, sous ta coupole, porte les germes de son échec. Tout d’abord la mise à l’écart, sans raison aucune, du président de la Commission électorale à ton profit, donnait le ton. Ensuite, le choix de l’Assemblée Générale de 2013 de la FECAFOOT réputée n’avoir jamais existé, du fait de son annulation par la Commission électorale de recours de la FECAFOOT ayant siégé les 25 et 26 juin 2013, en lieu et place d’une Assemblée Générale Constituante de la FECAFOOT, fausse tout et donne à ta démarche tout son cachet partisan et partial.

Cher papa, c’est pourquoi je me bats de toutes mes forces, avec nombre de compatriotes, pour que le football camerounais avance d’un cran ; pour que le football camerounais sorte du gouffre où les dirigeants d’hier et d’aujourd’hui l’ont enseveli ; pour que la gouvernance du football camerounais change. Le changement de la gouvernance de ce football impose le changement des dirigeants qui, eux-mêmes, doivent à la fois incarner et impulser une véritable hygiène mentale, un impérieux changement de mode opératoire, une réelle réappropriation des valeurs du football et de l’olympisme, ainsi que leur scrupuleux respect.

Cher papa « Yo »,

Je voudrais me convaincre que de mes folies ainsi exprimées, je ne t’embarrasserais guère, si la pitance de sagesse que je peux en tirer, me commandais de te dire, sans fausse honte que, comme tu n’as pas pu, en 18 mois environ, normaliser la FECAFOOT, le football camerounais et ses dirigeants, laisse !

Sincèrement, profitant des fêtes de fin d’année, Cher papa, le plus beau et grand cadeau que tu me donnerais, serait ta démission de tes fonctions de président du Comité de Normalisation de la FECAFOOT. Je suis convaincu, comme la majorité de mes frères et sœurs, mamans et papas, que cette démission te ferait du bien et te rendrait ta dignité et tes honneurs.

Cher papa, je laisse à ta sage méditation cette réflexion : « Les oiseaux ne laissent qu’un chant éphémère, mais l’homme passe et sa renommée survit ».

Parfaite considération, Cher Professeur.

Noé Ndjebet Massoussi

Citoyen nationaliste camerounais

B.P. 4653 Douala

E-mail : noemass2000@yahoo.fr

 

 

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Article : Mensonge: La face cachée des gris-gris africains
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6 janvier 2015

Mensonge: La face cachée des gris-gris africains

Une jeune camerounaise a brûlé un sac d’écorces ramenées chez les pygmées et sorciers noirs le 31 décembre 2014.

Avant de passer à l’acte final qui consistait à en découdre avec ses gris-gris, Flore Ntolo, âgée de plus de 20 ans, s’est d’abord confiée à son assemblée. Plus jeune, la camerounaise, originaire de la région du sud, voulait déjà être riche. Et pour y arriver, ses copines lui ont proposé de consulter les sorciers noirs pour atteindre ses objectifs. Séduite par la proposition, elle n’a pas hésité à l’appliquer avec le soutien de ces dernières. Flore Ntolo était aveuglement manipulée par ses rêves.

Les premières étapes consistaient à rencontrer les plus terribles marabouts du Cameroun. Sans véritable difficulté, Flore a franchi cette étape avec l’aide de ses amies. La gloire et la richesse étant leur seul objectif.

La clique s’est rendue de village en village pour rencontrer les magiciens. Elles étaient régulièrement bien accueillies par les gourous de la sorcellerie noire. Flore, petite gérante d’un bar-restaurant à l’époque, a demandé l’onction des sorciers pour être la meilleure vendeuse de sa contrée. Alors, elle a reçu une écorce « très efficace », selon les flatteries de son géniteur.

Pendant son déballage, Flore a donné le rôle de chaque idole reçue, plus d’une vingtaine environ. Chacun avait son rôle dans la vie de la jeune femme. Un devait la protéger des fuites d’argent, l’autre devait la permettre de devenir invisible quand elle le souhaitait. En tout cas, chaque fétiche brandit, sous le regard étonnant de son assemblée, avait un rôle.

Paradoxes

En possession des ses multiples idoles, mademoiselle Ntolo se croyait à l’abri de la galère, des malédictions, des attaques spirituelles ou physiques des ennemis, etc. Elle ne se doutait pas une seule seconde qu’elles pouvaient se retourner contre elle, selon les non-dits de ses marabouts.

Eh ben, elle a été déçue en constatant, après plusieurs années, que ces écorces n’avaient que des effets négatifs dans sa vie. Au lieu de fluidifier ses ventes, son commerce du bar-restaurant a carrément chuté, au point « où j’ai supplié 10 000 FCFA à mon patron pour rentrer dans mon village.» Donc, l’écorce devant la protéger des fuites d’argent l’a plutôt sucé. En faveur de qui ? Les hommes qui devaient à leur tour accourir vers elle par une simple salutation de la main, selon les charlatans, prenaient à contrario la poudre d’escampette après l’avoir rencontré. Bref, les écorces et autres fétiches n’ont eu aucun  rôle positif dans sa vie. Alors qu’elle mettait toutes les recommandations de ses marabouts en œuvre pour parvenir à ses fins.

la cerise sur le gâteau      

Flore a été trompée sur le chemin de la gloire. Au bout du compte, elle a obtenu une légion de maladies sexuellement transmissibles (MST). Devenue chrétienne depuis quelques mois, la camerounaise, mère d’enfants, a décidé de renoncer aux fétiches et de recommencer sa vie à zéro. Le 31 décembre, elle s’est rendue au dernier rassemblement de l’année 2014 avec un sac bleu remplit d’écorces de toutes espèces et une bouteille de pétrole. A la fin du déballage, Flore a brûlé ce sac en présence de tous les membres de son association chrétienne.

Elle a été guérie de toutes ses maladies en allant à la prière. Mais, l’autre curiosité est qu’elle a été chassée de la maison où elle était hébergée, quatre jours plus tard, par sa sœur aînée, pour avoir brûlé les produits des marabouts.

Didier Ndengue

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Article : Nécrologie : La presse camerounaise en deuil
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29 décembre 2014

Nécrologie : La presse camerounaise en deuil

Le journaliste Noé Djebet Massoussi est décédé ce 29 décembre matin à l’hôpital général de Douala.

La presse camerounaise a des larmes aux yeux en cette fin d’année 2014. Un de ses géants s’en est allé très tôt ce lundi matin. Un AVC a abrégé les jours de Noé Djebet Massoussi. Le Secrétaire général du Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc) ne verra donc pas son journal « Le Sphinx hebdo », nouvellement crée, émerger, encore moins la nouvelle année qui pointe à l’horizon.

Cette perte soudaine a plongé tous les journalistes dans une tristesse absolue. Aux environs de 10 heures, la morgue de la Garnison Militaire de Bonanjo grouillait de monde. Amis et confrères de Massoussi étaient là. Certains n’en revenaient toujours pas. Surtout ceux avec qui Noé a passé ses dernières heures hier soir dans un bar à Bali. D’après les confrères qui l’ont vu pour la dernière fois, le Sg du Snjc était bien portant. Physiquement, il ne présentait aucun symptôme de maladie, à part son mal de pied que tout le monde connaissait.

« Massoussi était en forme hier soir. Nous avons bu à Bali jusqu’à 23h », informe un confrère, abattu. Au bistrot, Noé Djebet Massoussi n’a pas touché à l’alcool. « On s’est même moqué de lui parce qu’il buvait des sucreries », renchérit-il.

La mort de ce géant de la plume camerounaise a pollué l’atmosphère de la presse nationale. Avant que les vraies circonstances de son décès ne soient élucidées, rappelons que Noé Ndjebet Massoussi s’est engagé dans ce métier au début des années 1990.

Il a travaillé au quotidien Le Messager. « Jusqu’à sa mort ce matin, Noé était le Secrétaire Général  du Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) », lit-on sur la page Facebook de Charles Ngah Nforgang, Secrétaire national à la Communication et aux Alertes du plus important syndicat des journalistes camerounais.

Didier Ndengue

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Article : En 2015 : Chers africains, veuillez éteindre vos haut-parleurs !
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27 décembre 2014

En 2015 : Chers africains, veuillez éteindre vos haut-parleurs !

Une nouvelle année nécessite des nouvelles méthodes. Je nous exhorte donc à travailler franchement et honnêtement que de chercher des boucs émissaires.

L’année 2014 referme ses portes tout doucement, au rythme des éclats de rire et des réjouissances populaires. Et pourtant, l’année n’a pas été facile à gérer. Comme dans une jungle, chacun s’est battu pour sa survie. Plusieurs vies y sont restées. Mais plusieurs nouveaux nés ont également vu le jour. Et la vie continue. Ailleurs, les conditions de vie des populations s’améliorent. Mais chez moi en Afrique, on piétine sur place. On bricole tout. Très peu de personnes applaudissent réellement leurs dirigeants. Ils disent qu’ils ne travaillent pas.

Et les leaders des partis politiques de l’opposition en profitent pour les saboter sur des plateaux de télévision et radio. Au Cameroun par exemple, il y a un nouveau genre journalistique qui a vu le jour. Il s’agit du journalisme des débats. Et ceux qui sont régulièrement invités sur des plateaux semblent avoir la parfaite maîtrise des textes de la République. Normal ! Le régulateur des médias recommande directement ou indirectement à chaque  présentateur d’équilibrer ses plateaux. Et c’est ce que certains font souvent. Mais, il y a encore un autre exercice. Et je crois que c’est le plus difficile : le choix des sujets.

Dans mon pays, on dirait que tous les présentateurs des émissions travaillent ensemble. Ils ont les mêmes sujets et presque les mêmes panélistes. Tous crient sur leurs chefs d’Etat. Et je crois que c’est avec raison. Il faut dire son mécontentement quand rien ne va. Il y a une jeune chaîne de télévision qui a vu le jour au Cameroun. Elle s’appelle Afrique média. Ici, on tire sur tout ce qui bouge. On n’épargne personne, surtout pas la France, les Etats-Unis ou encore leurs alliés africains. On voit le mal partout. Cette chaîne se serait créée des ennemis à tort ou à raison à cause de ses francs-tireurs. Les africains adorent ses gros bavards.

Mais est ce qu’on a besoin des gens qui bavardent comme des perroquets et n’apportent rien de concret en 2015? Moi, je demande à tous d’éteindre ce machin et de travailler. C’est grâce au travail que les nations industrialisées sont devenues un paradis sur terre. Si les gens passaient tout leur temps à crier sur des plateaux, ils devaient piétiner sur place comme nous.

Didier Ndengue    

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Article : Transport ferroviaire : Camrail, déjà 15 ans sur les rails
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22 décembre 2014

Transport ferroviaire : Camrail, déjà 15 ans sur les rails

L’entreprise de Gérard Quentin a célébré une Saint Eloi inédite le 13 décembre sur l’ensemble du territoire camerounais.

Comme s’ils s’étaient préalablement passé le mot, recommandant à tous les vieux et nouveaux cheminots de mettre leurs tee‐shirts de couleur rouge de l’entreprise, tout le personnel de la société Cameroon railways (Camrail) a respecté cet habillement samedi dernier au cours de la célébration d’un an de plus de la structure. « 15 ans d’un partenariat public/prive réussi », c’est sous ce thème que l’entreprise a soufflé sur une bougie de plus. Les manifestations y relatives ont été organisées dans toutes les agences du pays. A Douala, dans la capitale économique, l’enceinte de la cantine des ateliers centraux de Bassa a fait le plein d’œuf. Les réjouissances liées à la Saint Eloi de 2014 y ont pris corps dans l’après‐midi, après les activités sportives de la matinée et la remise des cadeaux aux 74 retraités (cuvée 2014) de la structure par Gérard Quentin, le directeur général.

Victor Takam, doyen des retraités de Camrail cette année, cède la place à une nouvelle génération après 43 ans de dur labeur. Il faisait partie de l’effectif de la vieille Régie Fercam (chemin de fer camerounais) qui a cédé la place à Camrail. Il est retenu dans la nouvelle entreprise dont Bolloré Africa Logistics est actionnaire de référence grâce à ses nombreux atouts. L’ex-superviseur logistique quitte la scène à l’âge de 60 ans non sans établir le carnet de santé de son ancien employeur : « Camrail est venue améliorer le cadre de travail au Cameroun. Le salaire,l’environnement et le social sont respectés, la santé du personnel y est garantie a 80% », se réjouit-il. « 43 ans n’ont pas été faciles à Camrail. Ils étaient remplis d’embuches de plusieurs ordres. Mais j’étais un employé obéissant, assidu et j’aimais le travail qu’on me confiait ». Le doyen lègue cet héritage aux 76 nouveaux ouvriers qui, en cette occasion, se sont engagés à servir fidèlement la société de transport ferroviaire. Gérard Quentin prend plaisir à rajeunir son personnel.La semaine passée, il a remis des certificats de baptême à 49 nouveaux cheminots de la région du littoral.

Bilan

La Saint Eloi, rappelle le directeur général de Camrail, est non seulement une occasion de réjouissances, mais aussi de réflexion en ce qu’elle permet de se regarder dans le rétroviseur afin de mieux planifier l’avenir de l’institution. Gérard Quentin en a profité pour brosser quelques grands axes du chemin parcouru en 15 ans. Alors qu’il lui reste 20 ans de service selon le contrat de concession signé avec l’Etat du Cameroun depuis 1999, dans le cadre de l’exploitation du réseau ferroviaire, le concessionnaire enregistre un bilan assez flatteur avec l’amélioration de l’outil de travail, la féminisation du personnel, (250 femmes en 2015), …. La restauration de l’Inter city cette année est l’une de ses meilleures réalisations de la décennie avec plus de deux cent mille voyageurs déjà enregistrés (décembre 2014). Au sein de l’entreprise, une lutte acharnée est engagée contre le virus du Sida, Ebola entre autres pestes. « Je compte sur vous pour relever les défis des 20 prochaines années qui nous restent », conclut le patron.

Didier Ndengue

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Article : Tourisme : Au pied du monument muet de Buea
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22 décembre 2014

Tourisme : Au pied du monument muet de Buea

Pendant que certains touristes sont fiers de découvrir l’œuvre inaugurée par Paul Biya à Buea, la déception s’empare d’autres.

En excursion ce mardi 09 décembre 2014 au lieu‐dit Governor’s Office à Buea, dans la région du Sud ouest, où a été érigé le monument de la Réunification du Cameroun, Gertrude Abessolo n’arrive pas à faire le distinguo entre les designs qui barrent l’arrière de l’œuvre architecturale. Alors que les autres touristes ne s’arrêtent qu’aux prises de photos à ce joli endroit, la directrice générale du groupe de média regorgeant à la fois : Youth radio, le magazine l’Ere du temps, Youth on line et bientôt Youth TV veut à tout prix se retrouver dans ce cafouillage de dessins où « on aurait pu écrire en bas de chaque dessin pour que chacun se retrouve facilement », lance-t-elle confuse. Toute seule, Gertrude Abessolo va tenter d’analyser les images pour situer chaque peuple. « Le dessin qui porte le serpent a deux têtes représente certainement le peuple Bamoun, le dernier à droite représente certainement le sud…. ». Ses devinettes sont peut‐être vraies, mais elle ne peut plus pousser sa réflexion plus loin sans guide touristique. Le mur est « quasiment muet », tranche‐t‐elle. Christophe Nounga, coordonnateur de la DW au Cameroun, insiste qu’il est important « d’écrire le nom de chaque tribu dans l’espace orange réservé en bas des dessins ».

Un peu plus loin, c’est Amadou Talla Tamto qui a lui aussi les yeux braqués sur ces images. Ce ressortissant de la région de l’ouest Cameroun est autant ennuyé que ses compagnons. Contrairement aux deux précédents intervenants, il suggère au ministère du Tourisme et des loisirs de capitaliser cette richesse en faisant « former des guides touristiques. Le monument est encore intact, on sent qu’il subit un entretien.Mais il est vivant et muet en même temps », renchérit le patron de la radio Aurore à Bertoua.

 Séduits malgré tout

A la descende du bus, les touristes de la Deutsche Welle (DW) sont premièrement conduits par John Njomba à la fontaine de Bismarck. Ce matin, la fontaine est à sec, pas une seule goutte d’eau. « C’est parce qu’on est en train defaire la propreté tout autour qu’on l’a arrêtée», rassure celui à qui l’ambassade de la République fédérale d’Allemagne au Cameroun a remis un million cinq cent mille (1 500 000) franc CFA pour le nettoyage permanent de ce site qui abrite la fontaine de Bismarck. Des sources fiables, la chancellerie allemande à Yaoundé a misé 2 000 euro pour rénover ce monument et ses alentours.

Au moins 700 allemands en séjour au Cameroun, apprend John Njomba, viennent ici pour voir la fontaine et savourer le paysage touristique de Buea avec la vue sur le Mont Cameroun. Le monument de la Réunification du Cameroun a également été bâti à proximité. Ce symbole d’un Cameroun uni a été inauguré le 19 février 2014 par Paul Biya. Construit en six mois, son poids est de 162 tonnes, avec un diamètre de 17, 21 mètres et une hauteur de 10 mètres, à partir du sol…. « C’est très bien construit et très intéressant. Je ne savais pas qu’il y avait ça ici. On a tellement respecté l’environnement», découvre France Greber. La française s’est dite satisfaite à la fin de l’excursion à Limbe et Buea. « Il y a eu une ambiance excellente, beaucoup d’humour.Les gens étaient tellement fiers. Le paysage m’a séduite », conclut-elle, épuisée par le voyage.

 Didier Ndengue, de retour de Buea

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Article : Quartier Sud 2014 : Papy Anza, l’accent grave du festival
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22 décembre 2014

Quartier Sud 2014 : Papy Anza, l’accent grave du festival

Le jeune artiste musicien a baladé le public du stade Marion dans les nuages le 21 décembre 2014 avec « Ndumbu ».

Un jeune sérieux, innovateur et ambitieux. Ainsi peut-on qualifier Papy Anza, après l’avoir écouté dans « Ndumbu », titre qu’il a livré dimanche dernier, à l’occasion de la clôture du Festival international Quartier Sud, organisé en plein air au stade Marion de la cité sic à Douala. A en croire l’artiste, cette chanson est une balade qui prône la tolérance dans tous les domaines. Pour lui, le pardon est la meilleure arme contre les conflits.

« J’avoue que c’était ma toute première fois de voir ce garçon se produire sur scène. Et pour une première expérience, je n’ai pas été déçu. Seule l’attitude du public m’a un peu surpris », lance tout joyeux Pascal Fabrice Okomono. Pour ce fan, s’il est vrai que le public a observé un calme un peu surprenant pendant la prestation c’est  parce qu’il s’imprégnait du  rythme musical : un mélange de soul et de jazz … Sentiment partagé par un autre fan : « Ils adorent son style. Vous avez vous-même constaté que le mot Meesanedi a été repris en cœur à la demande de Papy Anza ». Convaincant l’artiste. Il le mérite. Et plus encore.

Papy Anza était à son quatrième podium de l’année avant la sortie officielle de son premier album en 2015. Autrefois, « j’ai eu l’occasion de l’écouter sur Internet ou d’assister à ses répétitions dans un cabaret de la métropole économique camerounaise », renchérit Okomono. C’était dans un cadre restreint, loin des regards d’un grand public comme celui de dimanche.

Quelques heures avant Papy Anza, plusieurs artistes musiciens et comédiens ont laissé leurs empreintes au stade Marion. Plus d’une vingtaine environ. Mais tous n’ont pas séduit. Quelques-uns, grâce à leur message, ont réussi à accrocher la foule. On peut citer entre autres les choristes, le Berger, la comédienne Charlotte Ntamack et le rappeur chrétien Kardy.

Didier Ndengue

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Article : Manifestations: La fronde enfle au Cameroun
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16 décembre 2014

Manifestations: La fronde enfle au Cameroun

Les vieux démons veulent protester contre le régime de Paul Biya, le FCFA, etc. tout en sachant d’office qu’ils seront traqués par la police.

Plus qu’un jour et demi, et le ressuscité Bertin Kisob sort de sa réserve pour une manifestation à la Poste centrale au Palais de l’unité à Yaoundé. L’annonce est de Pierre Belinga, secrétaire général du Cameroon Party For Social (Cpsj) dont Bertin Kisob est leader. Ce dernier avait pourtant été annoncé mort de suite d’un coma à la direction de la sécurité présidentielle (Dsp) du côté de la capitale camerounaise par ses lieutenants.

Dans plus de 24 heures, écrit le Sg sur le blog de Bertin Kisob, la « marche à pied secrète et silencieuse du monument de la réunification de Buea au pont du Mungo du 01/10 au 20/10/2014 », et de poursuivre, « continuera avec une manifestation solitaire, pacifique et ouverte  le mercredi 17 décembre 2014 à partir de 10 heures de la Poste Centrale au Palais de l’Unité – Yaoundé. Où, dans un lieu tenu secret par mesures de sécurité.» Bertin Kisob et sa bande sont accusés de manipulateurs par l’ensemble de la presse camerounaise. Aucun journaliste n’a la preuve concrète qu’ils ont vraiment tenté de manifester le 26 novembre dernier avant d’être interpellés à Douala, comme le prétend son Sg à travers ses multiples messages téléphoniques. Cette fois, Bertin Kisob aurait pris des dispositions concrètes pour prouver le contraire de ce que certains hommes de média croient: « Ce lieu ne sera communiqué qu’à la dernière minute aux participants et aux medias de confiance. Ces medias sont priés de nous communiquer un contact à qui nous donnerons des informations stratégiques en temps», lit-on sur le blog de l’homme politique.

Le samedi 27 décembre 2014 dès 10h, Mboua Massok, un autre nationaliste entend organiser « une marche citoyenne pour la souveraineté monétaire de l’Afrique ». La manifestation devrait se tenir à Douala. Rappelons que toutes ses manifestations en perspectives ne viendront que s’ajouter à la grève de la faim entamée lundi 15 décembre 2014 par Thierry Batoum, président de l’ADDEC (Association pour la défense des droits des étudiants au Cameroun) devant le ministère de l’Enseignement supérieur à Yaoundé. Ce dernier « proteste contre l’insouciance du ministre de l’Enseignement supérieur à la cause estudiantine, la tortures des étudiants et contre les crimes académiques », écrit le quotidien privé camerounais, Le Messager de ce mardi 16 décembre 2014

Didier Ndengue

 

 

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Article : Crimes rituels: Saigneurs, de la fiction à la réalité
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15 décembre 2014

Crimes rituels: Saigneurs, de la fiction à la réalité

Les films d’horreur m’ont toujours déplu à cause du sang qui y jaillit régulièrement. Il ne m’est jamais venu à l’esprit de penser que plusieurs personnes autour de moi pouvaient vivre cette situation. Quelques témoignages recueillis auprès de plusieurs victimes laissent croire que des vampires sont sortis des écrans et sont bel et bien là.   

Aujourd’hui, je suis malade. Je souffre de plusieurs virus, parmi lesquels le Vih/Sida. J’ai approché plusieurs médecins pour me faire soigner en vain. Même les multiples tradipraticiens chez qui je me suis rendue n’ont rien pu faire pour moi. Mère de plusieurs enfants, chacun d’eux à son père. Je suis pauvre et condamnée à mon triste sort. La camerounaise qui se confie est seulement âgée d’une vingtaine d’année. Désespérée, elle implore la délivrance de Dieu qui l’aidera certainement.

J’ai eu des frissons en l’écoutant narrer la triste histoire de sa vie. Très belle, elle voulait à tout prix être riche. Et croyait que sa beauté physique lui sera d’une très grande utilité pour atteindre ses objectifs. Toute jeune au lycée, elle flirtait avec un homme d’affaires très riche qui promettait le ciel et la terre à leur union. Sans hésiter, elle a grandement ouvert ses jambes « au gentil monsieur » qui venait accomplir ses rêves. Au regard de la gentillesse de son copain, la jeune femme était loin de penser que celui-ci la vidait de son sang à travers ses multiples baisés au cou. « Quand j’allais à l’école le lendemain, mes camarades constataient qu’une partie de mon cou était rouge, comme si des moustiques étaient passé par là ». Son mec était sans doute le collaborateur direct de Dracula, à la peau noire. Incroyable, mais vrai. Les vampires en avaient marre de n’agir qu’à à la télévision. Ils se sont donc invités au grand public pour signer des orthographes rien que sur des cous. Sidéenne aujourd’hui, notre victime, sans domicile fixe, ni salaire, n’a absolument rien profité de son copain qui est actuellement sous d’autres cieux pour conquérir et infliger le même traitement à d’autres naïves.

L’autre volet de sa souffrance provient d’un autre copain d’origine européenne. Le blanc ne prisait que son anus pendant leurs rapports sexuels. Donc, la voie normale ne l’intéressait pas. « Il m’a détruit le derrière », regrette-elle. Dans un rêve, cette fille s’est vue en train de faire l’amour avec une déesse des eaux. Elle raconte aussi qu’elle est possédée par un esprit impur qui ne la quitte jamais.

Commerce des organes humains et sang

Devant se rendre au Gabon pour faire tourner son business, une autre camerounaise a vu des crânes, du sang et des organes humains frais commercialisés dans une forêt du pays. Ceux qui y venaient s’approvisionner étaient des autorités bien connues de la République. Certains se mettaient même à table sur place. « Ils se servaient le sang dans un ver et le vidait à la seconde», explique celle qui a payé sa tête à plus de dix millions de franc CFA. Ceux qui n’avaient pas d’argent parmi ses compagnons de route ont été égorgés, ajoute-elle, leurs sangs et organes ont été exploités sur le champ.

Ma camarade de classe était très riche, m’explique un jeune homme très pauvre. Pour subvenir à ses besoins à l’université, il était contraint de faire plusieurs petits métiers. Un jour, dans la rue, il tombe sur l’une de ses vieilles camarades. « Elle était dans une voiture fumée de plusieurs millions de FCFA ». Pour justifier sa fortune, sa camarade lui dit qu’elle s’est lancée dans le business de vin rouge. « Elle m’a remis cinq cent mille et elle a démarré sa caisse et est repartie. C’est sur le campus que j’ai appris que le vin rouge voulait dire le sang ».

Didier Ndengue

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Mon regard africain

Auteur·e

L'auteur: Didier Ndengue
Journaliste-blogueur

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