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L'Afrique qui pleure, l'Afrique qui rit
Article : Compétitivité : L’opération de charme du Bureau de mise à niveau
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24 novembre 2014

Compétitivité : L’opération de charme du Bureau de mise à niveau

Elle vise à enrayer le scepticisme des entreprises vis-à-vis de la mise a niveau.

La campagne d’information et de sensibilisation sur les critères d’éligibilité et l’adhésion des entreprises au Programme national de mise à niveau (PNMAN) bat son plein depuis le 12 novembre 2014. Douala, poumon de l’économie camerounaise, a accueilli la cérémonie officielle de lancement de cette opération de charme. Objectif: susciter chez un plus grand nombre d’entreprises l’intérêt pour la mise à niveau. Un programme qui vise la normalisation aux standards internationaux des entreprises camerounaises qui ont un chiffre d’affaires d’au moins 50 (cinquante millions) de francs CFA. L’adhésion « se fait sur une base volontaire », indique Chantal Elombat, directeur du Bureau de mise à niveau (BMN). « Ce n’est pas encoretout à fait l’engouement. C’est200 entreprises qu’on a pour le moment », ajoute-t-elle.

Le directeur craint que les résultats souhaités à la date arrêtée ne soient décalés à cause du manque d’adhésion massive des entreprises. « On vacommencer les diagnostics avec lespremières entreprises. Et puis, les autressuivront. Mais nous souhaitonsque beaucoup d’entreprises viennentdans les secteurs que nousavons pu identifier et indiquer et parla suite, on va élargir les secteurs etbien évidemment élargir le nombred’entreprises qui sera mis à niveau », ajoute Chantal Elombat. Les entreprises de petite taille ne sont pas totalement délaissées dans ce combat de leadership. « Jepense qu’il y a d’autres programmesqui s’occupent d’elles ». Au niveau du BMN, la réflexion se poursuit. Il a été élaboré un programme de mise à niveau, dit mise à niveau spécifique, « c’est-à-dire que toutesles entreprises n’ont pas toujours besoind’une mise à niveau globaledans tous les compartiments. On peuty remarquer des compartiments quimarchent très bien et un seul qui nemarche pas. A ce niveau, il n’y a rienà redire. Pour ces entreprises là, onfera ce qu’on appelle la mise à niveau spécifique », explique madame Elombat.

 APE

Au début de son opération de renforcement de la compétitivité des entreprises, par un appui aux capacités de production, à la qualité, la normalisation et la mise à niveau de l’environnement des affaires au Cameroun, le gouvernement avait initialement tablé sur 200 entreprises. Mais ce chiffre s’est avéré trop faible par rapport aux contraintes induites par la ratification en juillet de l’Accord de partenariat économique (APE). Alors, le nombre est rapidement passé à 600 structures à mettre à niveau pendant les quatre prochaines années. L’enveloppe mise à cet effet par l’Union européenne pour soutenir le projet est de 10 millions d’euros, soit 6.500.000.000 (six milliards cinq cent millions) de francs CFA pour la totalité du programme. Ce financement entre dans le cadre du Programme d’appui a l’amélioration de la compétitivité de l’économie camerounaise (PACOM) qui bénéficie exclusivement à 60 Petites et moyennes entreprises (PME) d’entre les 600 entreprises visées. « C’est beaucoup. Avec cet argent là,on va pouvoir atteindre beaucoup derésultats », soutient Stéphanie Gantzer-Houzel, Chef de la section économique et gouvernance de l’Union européenne au Cameroun. Celle-ci informe que la semaine dernière déjà, l’institution qui l’embauche a mis sur la table une enveloppe de 282.000 000 (deux cent quatre-vingt-deux millions) d’euros, soit 183.300.000.000 (cent quatre-vingt-trois milliards trois cent millions) de FCFA dans le cadre du Programme indicatif national pour le soutien au Cameroun pour la période 2014/2020. « C’estpour tous les domaines. Pas uniquementle soutien à la compétitivité », renchérit-elle.

 

Didier Ndengue

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Article : Matérialisation des APE: L’Union européenne outille l’Afrique centrale
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23 novembre 2014

Matérialisation des APE: L’Union européenne outille l’Afrique centrale

Améliorer le cadre des affaires dans la sous-région afin de satisfaire la demande extérieure. C’est le nouveau challenge de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale depuis la ratification des Accords de partenariat économique (Ape).

Les Accords de partenariat économique (Ape) avec l’UE exigent une nouvelle donne des affaires. L’Union européenne en effet, rêve d’un environnement des affaires avec les africains où les obstacles seront totalement éradiqués. Patrick Sevaistre et Julien Bornon, tous deux de l’UE, ont échangé dans ce sens avec leurs partenaires africains à Douala. Ils ont fait des démonstrations sur les bien-fondés d’un bon environnement des affaires et le système eRegulations. C’était au cours de la conférence de sensibilisation du Projet régional de facilitation des affaires dans l’espace Ceeac. Dévoilé, l’objectif principal de ce projet est « de doter la Ceeac et ses dix pays membres des éléments d’analyse nécessaires, pour élaborer et exécuter les reformes destinées à poursuivre l’amélioration du climat des affaires dans cette région. Ensuite, il veut établir des conditions attrayantes pour les investisseurs et mobiliser l’investissement au service de la croissance ».

Pour conforter leur position, les experts européens tiennent pour vraies les données indicateurs « Doing Bussiness 2015 » de la Banque mondiale, ou « Mo Ibrahim 2014 ». Ces éléments de référence établissent que le cadre actuel des affaires dans les dix pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac) ne peut satisfaire la demande extérieure en matière d’échanges commerciaux. Dans ce contexte, le secteur privé se révèle peu développé et l’environnement des affaires peu attractif. C’est de fait la région d’Afrique le moins intègre mais aux potentialités considérables. Au cours de la réunion sous-régionale tenue les 11 et 12 novembre 2014 à Douala, le constat a été fait: l’espace Ceeac fait partie des régions les plus riches du continent africain, au regard de sa forte dotation en ressources naturelles. A l’exception de quelques uns, dans la plupart des pays d’Afrique centrale, les gouvernements font des résultats des évaluations internationales du climat des affaires, un objet de mobilisation de leurs administrations. Cependant, cette mobilisation dans sa forme et son fond, n’a pas encore démontré sa capacité à changer fondamentalement l’environnement des investissements. Ce dernier est encore tributaire des contraintes structurelles et des dysfonctionnements. « Ces fléaux inhibent la liberté d’entreprises et la créativité, entrainent par ailleurs des lourdeurs bureaucratiques incompatibles avec l’exigence de réactivité du secteur privé et renchérissent les coûts de transactions », précise-t-on.

Didier Ndengue

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Article : Université de Douala: L’Italien bientôt enseigné au campus
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23 novembre 2014

Université de Douala: L’Italien bientôt enseigné au campus

Le 13 novembre 2014, une mission de l’ambassade d’Italie au Cameroun y a séjourné pour dévoiler les contours de l’instauration de cette langue européenne dès l’année prochaine.

Pour présenter son offre, la chancellerie italienne au Cameroun a commis pas moins que la responsable du bureau culture. C’est en effet à Raffaelle Anselmi qu’est revenu l’honneur de conduire l’offensive de charme au campus principal de l’Université de Douala. A l’amphi 502 aménagée pour les échanges, les responsables universitaires et les étudiants ont pris connaissance de l’objet de la mission du personnel consulaire italien. « Nous venons informer les étudiants qu’il y aura déjà la possibilité d’étudier l’italien au sein de l’Universite de Douala à partir de l’année prochaine. On voulait instaurer un cycle de licence en langue culture italienne », dévoile Raffaelle Anselmi.Apparemment. L’initiative n’apparait pas comme une surprise pour certains étudiants longtemps séduits par la culture italienne. « Je suis déjà les cours d’italien dans une institution supérieure privée parce que je voudrais poursuivre mes études en Italie. C’est une langue romantique. Grace à elle, j’ai l’esprit ouvert et ca me plait », se réjouit Dadjiofagang Tobias Baudouin, un étudiant. Le jeune homme prend ces cours depuis deux ans dans une institution privée. Grace à cette nouvelle langue étrangère, il voit tout italien. Cet exemple apparait pour l’attachée culturelle italienne comme signal des choses à venir. « Pour le moment, ce sera l’initiation à la langue italienne. On fera quelque chose qui ressemblera à ce qu’il y a déjà à Dschang ».

La licence, le master 1 et 2 italiens sont instaurés à l’Université de Dschang depuis plus d’une décennie. « On voudrait installer la même chose à Douala. Et si possible pourquoi pas un doctorat. C’est une façon pour l’Italie de charmer l’Afrique », promet Raffaelle Anselmi. Une opération de charme qui a pour objectif, bien évidemment, de protéger les intérêts italiens dans le marché camerounais. « Au-delà du simple intérêt pour la culture, la musique, pour les arts en général, aujourd’hui l’Italie fait partie des huit pays les plus industrialisés dans le monde », souligne Mauro Battistella, Consul honoraire d’Italie à Douala non sans rappeler que le Cameroun peut également bénéficier de l’expertise de son pays pour accompagner son émergence. « On cherche énormément d’étudiants en Italie, pour les former et pour qu’ils rentrent contribuer au développement économique de leurs pays. Et qu’ils deviennent en quelque sorte des ambassadeurs d’Italie dans leurs pays », renchérit le consul. Chaque année, depuis plus de dix ans environ, informe le consul, l’ambassade d’Italie facilite le voyage du Cameroun vers l’Italie à plus de quatre cent étudiants. « La politique du Recteur de l’Université de Douala, c’est de multiplier les langues pour permettre aux étudiants d’avoir beaucoup d’ouvertures. A l’Université de Dschang, ils ont construit un bâtiment avec plusieurs salles de cours et des bureaux d’enseignants, ceci pour promouvoir leur Langue dans nos milieux. C’est la même chose que nous recherchons ici à Douala. Vous savez, nous avons peu d’infrastructures et avec ce partenariat, nous gagnons beaucoup », argumente Dr. Ngouaba, chef de département par intérim d’Anglais et langues étrangères au sein de l’Université de Douala.

Didier Ndengue

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Article : Grands chantiers de Douala: Derrière les boniments, des inquiétudes
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23 novembre 2014

Grands chantiers de Douala: Derrière les boniments, des inquiétudes

Malgré les avancées, le chronogramme des travaux reste inconnu tant sur le site de construction du second pont sur le Wouri qu’au niveau des pénétrantes Est et Ouest.

Sur le chantier de construction du deuxième pont sur le fleuve Wouri, les travaux sont financés en grande partie par la France via l’Agence française de développement (AFD) que dirige Hervé Conan au Cameroun. Ils sont couplés aux travaux de construction des pénétrantes Est et Ouest de la capitale économique camerounaise. Le 13 novembre 2014, Christine Robichon, ambassadrice de France au Cameroun, était sur les chantiers en même temps que Patrice Amba Salla, le ministre des Travaux publics. Officiellement pour constater l’état d’avancement des travaux. La diplomate française a certes relevé que les travaux se déroulent bien sur le pont sur le Wouri, mais a également constaté, tout comme le ministre, que la circulation de la pénétrante Est (Yassa) de la ville de Douala est perturbée malgré ses multiples voies de contournement suggérées par le gouvernement. Le démarrage des travaux de construction de cette pénétrante est annoncé pour le mois de décembre prochain. Même situation pour la pénétrante Ouest (Bonabéri). Sauf qu’ici, on ne maitrise pas encore le calendrier des travaux. Profitant de son séjour à Douala, le ministre camerounais a annoncé le « désarmement » de la station de pesage de Yassa actuellement basée sur le site appartenant au Bureau de gestion du fret terrestre (BGFT). Elle sera délocalisée pour la zone du pont de la Dibamba.

23% de taux réalisation
Le chantier de construction du deuxième pont sur le fleuve Wouri évolue sans obstacles majeurs. Ces assurances sont du maitre d’ouvrage Patrice Ambassa Salla, ministre des Travaux public (Mintp). Il ressort que le niveau d’exécution des travaux est bon et par conséquent, le délai de livraison en 2016 pourra être respecté. Selon le ministre Patrice Amba Salla, le taux de réalisation à mi-parcours est de 23% contre 24% de taux de consommation des délais. A en croire un observateur, le taux de réalisation avancé par le ministre camerounais est légèrement inferieur à la moyenne projetée en cette période précise qui était de 24%. Ce grand chantier en cours de construction boostera l’économie non seulement du pays, mais aussi de la sous-région Afrique centrale toute entière. L’infrastructure à livrer dans les délais a une longueur de 800 mètres contre 25 mètres de largeur, 2 kilomètres de voies de raccordement, cinq voies routières et 2 voies ferroviaires.

Didier Ndengue

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Article : Consécration: Anestis Arnopoulos rebondit dans la diplomatie
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22 novembre 2014

Consécration: Anestis Arnopoulos rebondit dans la diplomatie

L’homme d’affaires est le premier consul honoraire grec à Douala. L’exéquatur lui a été remis par le gouverneur de la région du littoral le 04 novembre 2014.

Ce mardi 04 novembre, le diplomate à l’honneur dans les services du gouvernement du Littoral est Anestis Arnopoulos, premier consul honoraire grec à Douala. Il est plus de onze heures dans la salle des banquets des services du gouverneur de la région du Littoral au moment où la cérémonie de remise de l’exéquatur commence. Le rituel se déroule dans un cadre grouillant de monde, en grande partie constitué de diplomates des pays amis et organisations internationales accrédités au Cameroun. Avant de passer à l’acte final qui consiste à remettre l’exéquatur au consul honoraire grec, Joseph Béti Assomo établit d’abord la biographie de celui qui doit désormais faciliter la coopération gréco-camerounaise.

Vie au Cameroun

Anestis Arnopoulos n’est pas un novice sur le territoire camerounais, apprend-on. Sous d’autres cieux comme aux Etats-Unis ou en France, on lui aurait déjà octroyé la nationalité. Mais ici au Cameroun, où il atterrit à l’âge de 14 ans, il affectionne les populations mais aussi les autorités administratives et traditionnelles locales. Et pour cause, il est l’un des rares expatriés qui a grandi, étudié et investi au Cameroun. Il a été footballeur et a joué au poste de gardien de buts au sein de l’Oryx club de Douala. De 1956 à 1963, le jeune homme travaille chez son cousin importateur. Le temps passe. Il décide de voler de ses propres ailes. C’est alors qu’il lance la société Arno en 1963, il y a exactement 51 ans. Dans ses débuts, il est revendeur et grossiste auprès des détaillants de tout le Littoral. Arno a marqué ses empreintes dans la vie des Camerounais. Il compte actuellement neuf boutiques au Cameroun : six à Douala et trois à Yaoundé. Autant de réalisations couronnées d’amour qui ont valu diverses distinctions de la part des autorités locales à l’opérateur économique grec. Il a été fait notable par les autorités traditionnelles de Douala. Plusieurs médailles raflées. Notamment celles d’honneur du travail en vermeil, argent et or. Il a également reçu la médaille du mérite sportif, médaille de chevalier et officier du mérite camerounais ; chevalier de l’ordre national de la valeur, etc. La promotion de Anestis Arnopoulos à la tête du consulat grec marque un nouveau vent de coopération entre la Grèce et le Cameroun. Le consul a promis de renforcer la coopération économique gréco-camerounaise. Il va en outre veiller sur les citoyens grecs établis ou de passage au Cameroun. Anestis Arnopoulos a compétence sur les régions du Littoral, du Sud-ouest, de l’Ouest et du Nord-ouest.

Didier Ndengue

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Article : Après la chute de Blaise Compaoré: Les burkinabè du Cameroun s’expriment
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22 novembre 2014

Après la chute de Blaise Compaoré: Les burkinabè du Cameroun s’expriment

En plus du retour des civils au pouvoir, ils souhaitent la lumière sur les assassinats de Thomas Sankara et Norbert Zongo.

Enfoncé dans le fauteuil de son bureau ce mercredi 05 novembre 2014 à l’Ecolerégionale de sécurité incendie (Ersi), Christophe Kaboré pense que toucher à l’article 37 de la Constitution burkinabè était la pire erreur de Blaise Compaoré. Cet ancien responsable des Comités de défense de la révolution (CDR) se souvient toujours de ce fameux août 1983. En cette date, l’actuel instructeur pompier, alors âgé de 22 ans, était membre de la clique dirigée par Thomas Sankara pour la libération de leur pays, le Burkina Faso. Blaise Compaoré faisait lui aussi partie de ce mouvement des jeunes engagés. L’histoire apprend que c’est lui qui est à l’origine de la mort de son compagnon militaire Thomas Sankara. Mais les burkinabè installés dans la capitale économique camerounaise ne s’attardent pas trop sur ce triste passé. Depuis l’avènement du printemps arabe, Christophe Kaboré était persuadé que le déclin de Blaise Compaoré, à la tête du Burkina Faso, était proche. « Qu’il nous dise ce qui s’est passé pour qu’il élimine son ». Le pompier apprend que M. Compaoré a modifié la Constitution trois fois et en était à sa énième tentative. D’où le courroux du peuple burkinabè. Les jeunes, qui préparaient un large mouvement de riposte depuis plus de trois ans, sont montés au créneau pour dire leur ras-le-bol. Un courage que salue Christophe Kaboré depuis le Cameroun. « Tout le monde sentait venir la chose. On savait que ça allait se terminer de la sorte. Blaise devait renoncer à la modification de la Constitution et terminer son mandat. Depuis trois ans, la société civile et l’opposition ne voulaient pas qu’on touche à l’article 37 de la Constitution qui prévoit deux mandats », soutient celui qui a démissionné du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti de Blaise Compaoré.

Compaoré, ivre de sang

De mémoire, Blaise Compaoré a épuisé deux septennats et deux quinquennats. Visiblement, il en voulait encore. Pourtant, après son accession à la magistrature suprême à la suite de son coup d’Etat de 1987 contre Thomas Sankara, les burkinabè rencontrés dans la capitale économique camerounaise se souviennent que Compaoré avait confié à un confrère qu’il n’avait jamais rêvé du pouvoir et qu’il ne s’y accrocherait. Sa décision de se retirer du palais présidentiel sain et sauf ravit Michel Ouédraogo. Seulement, il déplore le bain de sang de la semaine de la révolution au Burkina Faso. « La volonté d’un seul individu ne devait pas plonger le pays dans un si grand chaos. On a enregistré plus d’une trentaine de morts. Des morts en trop depuis l’assassinat de Norbert Zongo », s’indigne-t-il. Gravé dans les mémoires de tous les burkinabè, Norbert Zongo, brillant journaliste, « avait été assassiné et brulé avec quatre de ses compagnons par un commando de la garde présidentielle, il y a plusieurs années ». Jusqu’à ce jour, les burkinabè souhaitent que lumière soit établie sur ce macabre coup du régime Compaoré. Basé au marché Congo, lieu commercial de la capitale économique camerounaise, le styliste modéliste Maré Ibrahim n’a pas encore totalement oublié sa terrible frayeur occasionnée par la révolution des jeunes de son pays pour débarquer Blaise Compaoré. « Il a beaucoup travaillé, mais le pouvoir se partage. L’homme n’est pas parfait, il a des bons et des mauvais côtés, et Blaise Compaoré est un homme ». Membre du parti au pouvoir, il s’était rendu au Burkina le mois dernier pour rendre visite à sa famille. A Ouagadougou, où il a fait un crochet avant de fixer le cap sur son village natal, il rapporte qu’il a beaucoup entendu parler du journaliste Norbert Zongo et de Thomas Sankara. Les quatre jours passés avec les jeunes lui ont permis de conclure que le sort de Blaise Compaoré était scellé.

Peuple intègre

Le maintien de la paix sur l’ensemble du territoire national burkinabé est le principal vœu de Roger Tassembedo. Et pour lui, il faut restituer le pouvoir aux civils, pense-t-il. Même s’il a quitté le pays de ses aïeux à l’âge de 15 ans pour la Côte d’Ivoire où il a passé 25 ans de sa vie, Roger Tassembedo maîtrise parfaitement l’état d’esprit du peuple burkinabè. Il sait qu’il est inoffensif. Raison pour laquelle, il recommande aux journalistes des médias internationaux de ne pas exagérer dans le traitement des informations sur le Burkina Faso., comme ils l’ont souvent fait sous d’autres cieux, laissant croire que les populations se regardent en chien de faïence. C’est également le même son de cloche chez Lesgo Souleymane, opérateur économique. Cet homme n’est pas contre l’appui de la France ou de la Communauté internationale au Burkina Faso. Seulement, chacun doit normalement faire son travail et éviter des troubles ou des divisions. « Je lui souhaite bon vent et demande à tous les burkinabè d’accepter le prochain président de la République. Ils doivent faire preuve d’intégrité », recommande Lesgo Souleymane. Dans le même sillage de la paix, Christophe Kaboré exhorte la société civile et l’opposition à maintenir l’union sacrée qui existe au Burkina Faso. « Les militaires doivent rester dans les casernes. Ça serait bien pour la démocratie au Burkina et en Afrique », conclut l’un des membres les plus influents de la communauté burkinabè du Cameroun.

Didier Ndengue

 

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Article : J.RAVI KUMAR : « Comme l’Inde, le Cameroun peut atteindre son émergence avant 2035 »
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22 novembre 2014

J.RAVI KUMAR : « Comme l’Inde, le Cameroun peut atteindre son émergence avant 2035 »

Récipiendaire de la médaille de l’ordre de la valeur décernée le 20 mai 2013 à l’occasion de la célébration de la 41e fête de l’unité nationale camerounaise, le consul honoraire de l’Inde au Cameroun dit sa gratitude à l’endroit des autorités de son pays d’accueil. Le diplomate en profite pour faire le point de la coopération entre les deux États.

 Bonjour Excellence, merci d’accepter de répondre à nos questions. Pour commencer, pouvez-vous dérouler votre identité à nos lecteurs?

Je suis le consul honoraire de l’Inde au Cameroun et directeur général d’entreprise. Chez nous, il y a un proverbe qui dit que dans chaque grain d’aliment, il est écrit le nom des personnes qui vont le manger. J’étais d’abord en poste en France pour cinq ans avant de venir ici. A cette époque-là, j’étais avec le ministère du commerce de l’Inde pour les relations entre la France, les pays du Maghreb et l’Inde. Après mon poste, je suis rentré en Inde et je travaillais toujours avec le gouvernement. Après, je travaillais avec le secteur privé. Mais mon affection pour les pays francophones m’a poussé à venir au Cameroun, non parce que c’est un pays francophone, c’est un pays bilingue et moi, je suis né anglophone mais j’ai une affinité pour la langue française. Je suis arrivé au Cameroun en 1990. A mes débuts au Cameroun, j’étais directeur général d’une société. On menait des actions dans les produits industriels, au même moment j’étais membre du conseil d’une usine qui fabriquait le câble à Douala. Après on a commencé « Nakira-Kam » qui est ici depuis 1990. Nous sommes dans le secteur industriel, nous faisons des produits consommables mécaniques. Dans le domaine électrique, nous représentons la maison internationale qui s’appelle Aston. Nous sommes dans l’équipement électrique de haute tension et moyenne tension. Nous avons aussi un autre département qui fait dans le domaine de l’aviculture ici au Cameroun.

 A l’occasion de la 41è fête de l’unité nationale camerounaise, vous avez été décerné. Que représente cette médaille à vous épingler sur la poitrine le 20 mai dernier par les autorités de la région du Littoral ?

J’ai été décoré de la médaille du chevalier de l’ordre de la valeur. C’est une reconnaissance de la part du Cameroun pour toutes mes contributions dans ce pays depuis des longues années. J’ai accepté cette distinction avec beaucoup d’humilité et avec beaucoup de joie. J’ai discuté avec mon Haut Commissaire qui est basé au Nigéria, il m’a félicité et m’a dit que c’est une reconnaissance pour mes contributions avec beaucoup d’effort.

Comment jugez-vous la coopération entre l’Inde et le Cameroun ?

Le Cameroun et l’Inde sont deux pays amis depuis plus de cinquante ans. L’Inde est l’un des premiers pays qui a reconnu le Cameroun après l’indépendance. Il y avait toujours un lien entre les deux. Pour commencer, c’était les films indiens que tout le monde appelle « films indous » qui étaient très populaires au Cameroun. Le premier ambassadeur de la culture indienne au Cameroun était le film. Les camerounais aimaient beaucoup nos films. Il y avait même certains qui chantaient « pia pia pia ! » Les premiers grands pas dans les relations Inde-Cameroun étaient dans le cadre de l’installation du Consulat Honoraire de l’Inde à Douala. Ma nomination a été faite par le président de l’Inde en 2007 et j’ai eu mon exéquatur de la part du président Paul Biya en 2009. Avec ça, nous avons eu à installer une antenne diplomatique. Nous avons mené beaucoup d’activités dans le sens de la coopération bilatérale entre nos deux pays. Premièrement, nous avons, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance du Cameroun, l’Inde a fait un cadeau qui était sous la forme télé éducation, télémédecine. Un de nos présidents a toujours dit : s’il y a l’éducation et la santé, le reste suit. Donc, nous avons donné la télé éducation avec toutes les infrastructures qui liaient l’Université de Yaoundé1 avec la meilleure école en Inde et les étudiants étaient assis dans une classe virtuelle. Les étudiants de Yaoundé1 suivaient les cours et obtenaient les diplômes de l’Inde. Il y avait des possibilités de poser des questions et de recevoir des réponses. Ça était très bien reçu par le peuple camerounais. Nous avions cinq à six cours avec plus de trois cents étudiants qui ont suivi les cours d’informatique et data management et dans le tourisme. La télémédecine est installée dans le centre hospitalier de l’Université de Yaoundé(CHUY) dans lequel nous avons plusieurs volets. Le premier volet : le malade avec le médecin camerounais peuvent faire une téléconférence directement avec les meilleurs experts disponibles en Inde. Par exemple, s’il y a quelqu’un qui a des problèmes de cœur ici, il y a un moyen de transmettre des données instantanément de l’autre côté et une décision concernant la thérapie peut-être immédiatement prise. Jusqu’à récemment, quand on suspectait qu’une personne a un cancer, on prenait les souches et on les envoyait en Europe, les résultats prenaient plusieurs semaines pour revenir. Imaginez qu’on dise à quelqu’un après quarante cinq jours qu’il n’a pas le cancer alors qu’il était à moitié mort de peur. Nous avons donné un microscope qui est lié à Internet. Avec cette technologie, les techniciens camerounais regardent les souches avec le microscope, ça se lit simultanément par l’expert indien. Les deux peuvent alors décider s’il y a le cancer ou non. C’est un grand pas avec la technologie. L’Inde a fait beaucoup de progrès dans la Technologie de l’information et de la communication ces dernières années. Le deuxième volet dans la télémédecine est la formation continue des docteurs. Ceux de l’Inde partagent leurs expériences avec ceux du Cameroun et vice-versa. S’il y a un médecin qui dit qu’il connait tout, je crois que c’est la mort. Il faut toujours apprendre pour s’améliorer et pour une contribution importante. Pour donner un goût de seconde génération à l’agriculture, nous avons fait un don de 60 tracteurs. Nous avons donné une ligne de crédit de quarante millions de dollars qui fait à peu près dix neuf milliards de francs Cfa pour la fourniture des engins comme tracteurs pour moderniser l’agriculture et aider le Cameroun à s’équiper des éléments de montage d’usine. Donc, il y aura une usine de montage de tracteurs qui sera disponible à la zone industrielle d’Ebolowa. C’était le deuxième pas en agriculture. Plus tard, nous avons vu que le secteur manioc très fort au Cameroun, n’a pas un niveau commercial dans le monde. Ici, on mange le manioc partout, ça se cultive toujours de façon artisanale. Au Cameroun, on ne conserve pas bien le manioc, après deux ou quatre jours ça prend des tâches noires et ça moisit. Nous avons eu une discussion avec le gouvernement sur le secteur du manioc, la production commerciale, la conservation et la valeur ajoutée dans la ligne du manioc. C’est très important. Nous avons aussi donné une autre ligne de crédit avec très bas intérêt et avec un moratoire de paiement sur vingt ans pour vraiment développer le secteur. C’est une ligne de crédit d’à peu près 22 milliards francs Cfa qui font 42 millions de dollars pour développer le secteur manioc. Autre information, l’amidon qui est un produit qui sort du manioc a beaucoup d’utilisation dans le secteur pharmaceutique et dans le secteur alimentaire. En fait, tout ce que le Cameroun peut produire, l’Inde peut acheter. Nous avons parlé de l’agriculture, des TIC. Venons à présent sur la santé. Comme je le disais, nous trouvons la santé comme un facteur très important dans la plupart des pays en voie de développement. Le président Clinton disait à un moment, quand il a visité le Ghana, qu’il était choqué parce que pour chaque job, il y a deux personnes. On ne sait pas quoi va venir de quelle personne et à quel moment. C’était le problème du Sida. Vous vous souvenez, il y a cinq ou dix ans, la thérapie du Sida coûtait à peu près trois cent mille francs CFA par mois. Ce qui n’était pratiquement pas à la portée de plusieurs personnes. Les laboratoires indiens et les pharmacies ont agit très rapidement en fabricant des antirétrovirales dans la forme générique. Les prix ont largement été réduits. En ce moment, l’Inde est l’un des plus grands fournisseurs de remèdes au Cameroun et aussi, j’étais récemment dans un conclave Inde- Afrique, il y avait plusieurs pays africains qui disaient que l’Inde est le premier producteur de médicament pour l’Afrique. Donc dans ce sens, nous sommes entrain de contribuer énormément pour le développement de la santé avec la médicine de qualité à des prix abordables.

Quelles impressions faites-vous du développement du Cameroun et de son émergence à l’horizon 2035 ?

Je pense que le point fort du Cameroun se trouve dans ses ressources humaines. Le peuple camerounais est intelligent, capable et en plus, il y a beaucoup d’entrepreneurs dans ce pays. Le plus grand point de la population camerounaise d’aujourd’hui est la jeunesse. Les gens de moins de trente ans représentent à peu près 70 pour cent de la population. Je suis convaincu que cette population peut travailler pour le bien du Cameroun. Si les jeunes s’y mettent tous, je pense que l’émergence en 2035 est trop loin. Ça pourrait arriver plus tôt parce que vous avez tout ce qu’il faut dans ce pays. Il faut juste travailler sans cesse. Une autre chose que je voulais dire et que je dis toujours : au Cameroun, on regarde vers le gouvernement pour tout et rien. En Inde, c’est quand on a stoppé de dire « le gouvernement doit tout faire », que la jeunesse s’est investie dans les TIC et les industries, nous avons eu nos progrès. Je crois que chaque jeune camerounais devrait penser à être un entrepreneur en contribuant pour le pays au lieu de continuer à regarder le gouvernement. Chacun doit se demander ce qu’il fait pour son pays ou pour lui-même. S’ils parviennent à avoir cette approche, je vois l’émergence du Cameroun plus tôt. Le président Biya a vraiment pensé à un objectif.

Le Cameroun, selon vous, est-il un territoire où il fait bon vivre ?

Franchement dans notre communauté, nous disons que quelqu’un qui a bu l’eau du Cameroun reviendra toujours. Parce que c’est un pays où il fait bon vivre. C’est un pays de paix. Si vous regardez partout dans le monde, il n’y a pas beaucoup de pays de paix. Ici, on traite tout le monde en égalité, les gens sont très amicaux, très ouverts. Je pense que c’est un pays que le monde doit de plus en plus connaitre parce que c’est un pays accueillant, contrairement dans plusieurs pays où des fusils sortent de partout. Ici au Cameroun, c’est toujours la fête avec des bouteilles de champagne qui font des bruits (rire). Il n’y a pas beaucoup de pays dans le monde qui ont cet avantage. Donc, je pense que c’est un très bon pays.

Les investisseurs indiens sont-ils séduits par les ressources de ce pays sous-régional ?

Depuis quelques années, nous sommes entrain d’amener les hommes d’affaires indiens à entrer en contact avec le gouvernement camerounais ainsi qu’avec les hommes d’affaires camerounais. Les récentes offensives étaient pour vendre l’image du Cameroun en Inde. Il y a eu une délégation commerciale dirigée par son excellence le premier ministre Philémon Yang qui était accompagné de plusieurs ministres pour vraiment faire la promotion du Cameroun en Inde. Nous avons fait un conclave entre l’Inde et les pays africains pour discuter des projets. Il y avait une forte participation du Cameroun. On comptait 40 à 50 hommes d’affaires dirigés par la chambre de commerce. Certes, en Inde, l’Afrique n’était pas bien connue il y a plusieurs années. Sauf l’Afrique du Sud, le Nigéria et l’Est de l’Afrique où il y a beaucoup d’indiens. A partir de 1990, le Cameroun était connu comme pays de Roger Milla. Il était connu pour son football. Pendant les dernières années, avec toutes les interactions entreprises dans plusieurs secteurs d’activités, il y a de plus en plus de connaissance des richesses du Cameroun dans les secteurs minier, agricole, et dans plusieurs autres. Cela attire l’intérêt indien. Pour votre information, le projet de la bauxite est un projet de plus de six milliards de dollars US qui peut donner des emplois directs et indirects à des milliers de personnes. Maintenant, le Cameroun comprend que l’Inde est devenue un pays important dans le monde avec la nouvelle géopolitique qui se présente. D’autre part, il y a beaucoup de camerounais qui vont en Inde pour des affaires, l’éducation, les soins médicaux, etc.

Sortons de notre entretien avec les informations de votre communauté de votre ville de commandement. Combien de ressortissants indiens vivent-ils dans cette région du Cameroun et quelles sont leurs principales activités?

On compte plus de 800 indiens au Cameroun. La majorité réside à Douala, à Yaoundé et ils sont aussi dans les autres coins du pays. Leur principale activité c’est le commerce général. Nous avons des sociétés qui ont changé la façon de faire du shopping. La plupart des supermarchés aujourd’hui sont tenus par des indiens. À part ça, les indiens sont dans le secteur de l’industrie. Il y a au moins trois unités qui transforment la ferraille en fer de béton. Avant, les indiens exportaient la ferraille du Cameroun. Tout ce qu’il y avait comme voitures cassées, ils ramassaient avec l’accord de la communauté urbaine et nettoyaient les routes. Maintenant, il y a les fonderies pour la fabrication de fer de béton sur place. Je suis fier de vous dire qu’il y a des sociétés indiennes qui veulent venir fabriquer des médicaments ici au Cameroun. En ce moment, il y a aussi des sociétés qui fabriquent des alcools dans le secteur alimentaire. Le plus grand exportateur du café et du cacao du Cameroun est une société indienne, nous sommes dans

Le consul et une famille indienne
Le consul et une famille indienne

plusieurs secteurs d’activités. Il y a beaucoup d’indiens qui sont nés ici, il y en a qui vivent ici depuis plus de quarante à cinquante ans. Ils ont fait du Cameroun leur deuxième nation.

Propos recueillis par Didier Ndengue

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Article : Alerte Ebola : Des chauves-souris survolent Bonanjo
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15 novembre 2014

Alerte Ebola : Des chauves-souris survolent Bonanjo

Seuls les effets pervers de ce virus donnent des sueurs froides aux populations camerounaises. Curieusement, les porteuses de celui-ci sont sont visibles dans le ciel du quartier administratif de Douala.

Val, une amie ne veut pas entendre parler de cette maladie qui fait rage en Afrique de l’Ouest. Elle considère la fièvre hémorragique Ebola comme un vrai monstre, engendré pour exterminer les hommes. La maladie grimpe à une vitesse surprenante et pourrait se retrouver sur tous les territoires du monde. Une situation qui n’arrange pas du tout mon amie. Hier vendredi, nous avons eu des échanges sur Facebook à ce propos.

En temps que journaliste, je pensais que l’information devait l’intéresser. Et qu’elle allait l’utiliser pour faire un article pour le compte de son quotidien. Mais Val est restée sur sa soif lorsque je lui ai annoncé que la fièvre à virus Ebola guette notre pays. Elle est restée sans écrire pendant plus de deux minutes pour une conversation qui se voulait rapide. J’ai compris aussitôt qu’elle était effrayée par cette annonce. Quelques secondes plus tard, elle me fait savoir qu’ « Ebola est la mort en personne. On ne devrait même pas prononcer ce nom ici au Cameroun ».

Même son de cloche pour Rachel, ma voisine. Pour elle, le coup scientifique ( ?) est une belle réussite. Rachel et sa sœur Frida ont rompu tous liens de contact avec la viande de brousse qu’elles consommaient abondamment autrefois, de peur d’être contaminées. La consommation du bitter kola et oignon, selon une certaine expertise pour se préserver du virus, est devenue leur priorité.

Il parait que les chauves-souris sont aussi à l’origine d’Ebola. Et pourtant, elles sont nombreuses à survoler plusieurs domiciles administratifs de Bonanjo, dans la cité économique camerounaise. « La présence des chauves-souris quelque part est un mauvais signe », m’explique Ousmane, le taximan qui me transporte ce vendredi après midi. Ousmane ne fait pas allusion à Ebola plutôt aux « totems de ceux qui nous gouvernent ». Incroyable. Comment le savez-vous ? Le taximan m’apprend qu’il a passé presque toute sa jeunesse dans son village natal sis de l’autre côté de la région du Centre. « En zone rurale, les chauves-souris et les hiboux sont considérés comme des animaux sorciers qui entretiennent de très bonnes relations avec le monde mystique», conclut-il. Sachant qu’Ebola est une maladie mystique, parce que toutes les maladies sont des démons, on est tenté de croire que ce monstre guette les camerounais depuis des lustres via les chauves-souris de Bonanjo.

Didier Ndengue

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Article : Trafic d’enfants: Les sales besognes du Minas
Non classé
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7 novembre 2014

Trafic d’enfants: Les sales besognes du Minas

Dans un  documentaire projeté Samedi dernier à Douala, le Collectif SOS Enfants Volés pointe un doigt accusateur sur le ministère des Affaires sociales.

Le cas le plus flagrant et le plus vieux de ses dossiers est celui de Josépha Kileba. Il y a 17 ans, elle souffrait de Tuberculose. Mère d’un garçon de deux ans et d’une fille de cinq jours, elle place ses enfants au centre d’accueil des enfants en détresse d’Obobogo sous le conseil et la procuration verbale de la responsable régionale des affaires sociales de la région du Centre. Au début, dame Kileba rend visite à ses deux enfants sans problèmes. Mais plus tard, il lui est interdit de revoir ces derniers. Les agents du ministère des Affaires sociales (Minas) avaient déjà trouvé une autre famille aux deux enfants de la malheureuse Josépha Kileba. Le 23 mai 2013, le conseil de Cameroon Ô Bosso, une organisation de la société civile, se saisit du dossier et sert une lettre au Minas « pour retrouvailles des deux enfants de Mme Kileba et solution institutionnelle légale ». On se souvient que la patronne du département ministériel de l’époque était le Docteur Marie Madeleine Fouda. Et le collectif constitué pour la cause pense que les deux gamins ont été donnés à leurs familles d’accueil contre une forte somme d’argent qui, sans doute, est tombée dans les caisses du Minas. La principale raison qui laisse conclure cette thèse du Collectif SOS Enfants Volés est que « les enfants sont curieusement volés dans des institutions contrôlées par l’Etat et aucune mesure n’est prise pour stopper la montée en puissance du phénomène », explique Georges Ekona, Coordonateur de l’organisation. A contrario, on tente de banaliser la tragédie. Seulement en 2014 qui s’achève, trois cas de vol d’enfants ont été signalés à Douala, une dizaine à Yaoundé et trois autres au Sud-ouest du pays. Il s’agit là uniquement des cas sur lesquels le collectif s’est donné pour mission de traiter jusqu’à ce que lumière soit faite. Mais l’idéal serait que les enfants soient restitués à leurs familles d’origine.

Certains parents victimes craignent encore de se signaler. Entre temps, l’affaire opposant dame Kileba Josépha à l’Etat du Cameroun se poursuit dans les tribunaux. Et Catherine Bakang Mbock qui a hérité de ce département ministériel est dans des sals draps. Car le Collectif SOS Enfants Volés ne compte pas s’arrêter en si bon chemin avant avoir vu leurs efforts se concrétisés. Dans très peu de temps, l’organisation va étendre ses enquêtes dans les dix régions du Cameroun, question de traquer tous les trafiquants d’enfants.

Enfants volés au Cameroun : Un scandale d’Etat

Le documentaire, d’une durée de 27 minutes 24 secondes, passe en revue le vécu quotidien des familles victimes de vols d’enfants au Cameroun. Dans cette réalisation du Collectif SOS Enfants Volés, organisation constituée de 16 associations de la société civile, 05 avocats, 04 médecins, leaders politiques, leaders d’opinion et autres acteurs, il ressort que le trafic d’enfants dans les hôpitaux, les quartiers et les institutions contrôlées par l’Etat se port bien. « Ces atteintes à l’intégrité physique et morale de la personne humaine et de l’enfant en particulier se multiplient et tendent à se banaliser, dans une quasi –indifférence générale », constate le collectif. Dans le film qui a été projeté le week-end dernier dans la capitale économique, interviennent tour à tour plusieurs personnalités y compris Mgr Samuel Kleda, Shanda Tomne, Maître Meli, Kah Walla, Sam Baka et beaucoup d’autres. Tous condamnent la croissance de ce phénomène à la briqueterie à Yaoundé, Beedi à Douala, etc. « Le trafic d’enfants en cours dans notre pays est un crime contre l’humanité. Celui-ci remet en cause le caractère sacré de la vie de façon générale de la société. Dans ce contexte, l’enfant et la mère sont des couches fragiles et vulnérables donc la protection devrait être le minimum garantie par notre société », interpelle le Collectif SOS Enfants Volés.

Didier Ndengue  

La projection du documentaire interdite

Les quelques 250 invités attendus par le « Collectif SOS Enfants Volés » au restaurant la chaumière à Bonapriso, samedi 1er novembre, dans le cadre de la projection du documentaire « Enfants volés au Cameroun : Un scandale d’Etat », ont été contraints, une fois arrivés sur le lieu où l’événement devait se tenir à 16 heures, de se rendre plus tôt au siège de l’Ong Cameroon Ô Bosso à Bali, pour suivre le film. Le Préfet du département du Wouri, Paul Naseri Béa, accompagné de cinq commissaires, deux gendarmes et une trentaine d’hommes en tenue, informe-t-on, se sont opposés à la projection du documentaire qui expose les lacunes du gouvernement face au trafic des enfants camerounais en quadrillant le lieu de la projection. Le motif de ce refus de l’autorité administrative est que « le Collectif SOS Enfants Volés n’a eu aucune autorisation pour la projection de son  documentaire », explique Edith Kah Walla, leader du Cameroon People’s Party (CPP) et membre de la coalition. Au finish, la projection du documentaire a eu lieu en plein air à Bali, sur la grande véranda de l’immeuble abritant les services de Cameroon Ô Bosso en présence des familles victimes de vol d’enfants, des représentants des partis politiques et de la société civile. Invités, le Gouverneur, le Préfet et le ministère des Affaires sociales (Minas) n’ont pas honoré à l’invitation du collectif.

DN

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Mon regard africain

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L'auteur: Didier Ndengue
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