Didier Ndengue

Je suis “born again”, je hais vos miracles

Dans les églises de la perdition, les leaders distribuent les miracles pêle-mêle, sans même tenir compte du degré de foi des bénéficiaires auquel Dieu prend plaisir selon la Bible.

Je n’avais pas prévu mon retour au blog cet après-midi. En tout cas, pas avec cette publication. Mais le billet de ma consœur mondoblogueuse Mireille Flore Chandeup (https://monquotidien.mondoblog.org/2016/09/13/sous-emprise/)  en a décidé autrement.  Cette mère au foyer nous rapporte le quotidien de l’une de ses voisines sous l’emprise d’un bonbon pasteur. Un vendeur d’illusion pour trancher. Cet après-midi, je veux que ma chère amie et sœur dans le sens propre du terme, sache que les églises dites de réveil ne sont pas toutes pareilles. Même à Yaoundé, la capitale camerounaise où tu vis, il y en a qui sont de la bonne école. Mais je ne parlerai pas d’elles. Ma chère sœur (en Christ si tu me le permets hein) pour qui j’ai beaucoup d’admiration à travers tes multiples anecdotes des femmes au foyer, ton champs de bataille, je suis moi-même un né de nouveau « born again », mais comme tu le constates, j’ai encore tous mes sens. J’ai même encore développé un sixième sens. Celui-là me permet de faire le distinguo entre la bonne parole de Dieu et la mauvaise. Mais avant de développer cet autre sens, j’ai beaucoup lu la Bible. Et je continue d’éplucher ces écrits sacrés. Comme je le disais tantôt, mon retour n’était pas prévu ce jour. Mais ton billet a tout anticipé. Encore qu’il porte presque le même titre que celui que j’ai rédigé il y a quelques semaines. https://ndengue.mondoblog.org/2016/07/12/ca-y-cest-decide-vais-devenir-pasteur/

"Des femmes presque nues à l'église"
« Des femmes presque nues à l’église »

Ma chère sœur au foyer, il ne faut pas surtout croire que toutes les églises dites de réveil ont la même philosophie. La mienne par exemple, n’invite personne à violer les ordonnances de Jésus-Christ rapportées par ses disciples dans la Bible. Chez nous (c’est vrai que ce n’est pas une église, mais une maison de prière), on n’endoctrine personne, on ne demande à personne de venir verser son salaire chaque fin du mois. Ma prophétesse (c’est une femme qui me prêche hein, bien que certains « sages » de ce monde laissent croire que les femmes ne doivent pas annoncer la parole de Dieu) ne demande à personne d’arroser sa maison de sel sous prétexte qu’il est béni et qu’il a le pouvoir de chasser les démons. Massa, comme si les démons ne préparaient pas avec le sel !

Ce cirque chasse ou appelle les démons ?

Non ma chère, toutes les églises de réveil ne sont pas pareilles. La preuve, comme je le disais tantôt, est que je fais partie d’une assemblée chrétienne qui n’a pas de nom (parce que Jésus-Christ n’en a pas laissé un) où on n’a pas besoin de cinéma pour que Dieu réponde à nos prières. Elle n’est non plus rattachée à une autre basée je ne sais où.

Dans cette assemblée d’une vingtaine de membres, voire plus, j’ai appris que le Seigneur exhausse ceux qui font l’effort de mettre ses prescription en pratique et ont la foi. J’en suis la preuve vivante, moi qui te parle. Concrètement tu veux savoir ce qu’il a opéré comme miracle dans ma vie ? Tout est miracle, entre autres ma présence sur cette plate forme francophone qui rassemble des personnes merveilleuses comme toi. Tu veux en savoir davantage ? Je ne t’en donnerai pas plus, parce que si je cite ses miracles dans ma petite vie, bien qu’elle soit grande, je ne suis pas sûr de posséder assez d’espace dans mon blog pour les décrire.

Toutefois, j’aimerai que tu saches que je ne suis pas endoctriné tout simplement parce que dans mon lieu de prière, ma prophétesse ne sort pas de la Bible. Elle n’ajoute pas un peu d’eau bénie ou de piment dans sa prédication. Elle est tout simplement sur les traces de Jésus-Christ, qui déconseille à ses envoyés d’utiliser des paroles flatteuses pour séduire les fidèles.

Un chasseur de miracles tout près de moi

En parlant justement de séduction, mon petit-frère ne m’a jamais donné le nom de son leader. « Il s’appelle l’homme de Dieu ». Voilà la seule et unique réponse qu’il me donne régulièrement chaque fois qu’on aborde ce sujet. Il est fier de son homme de « Dieu » au point où il oublie même qu’il a sa propre vie. Il oublie qu’il doit s’épanouir. Le comble est qu’il ne se rend dans ses longues nuits de prière que lorsqu’il est foiré. Il démissionne quand sa vie dose. Mon petit-frère n’est tout simplement qu’un chasseur de miracle, apparemment. Parfois je me demande si son homme de Dieu mesure son degré de foi avant de lui prêcher la prospérité? Parce que la Bible m’enseigne que ceux qui bénéficiaient des miracles de Jésus-Christ étaient ceux qui avaient foi en lui. De nos jours, les « chrétiens » reposent plutôt tous leurs espoirs que sur leurs leaders, qui en profitent en leur faisant croire qu’ils sont le chemin par lequel ils doivent passer pour atteindre Dieu. Je dis que c’est faux. Mille fois faux.

"Seance-de-delivrance"

Je suis « born again » et je l’assume. La parole de Dieu est loin d’être un théâtre. C’est un mode de vie, une façon de penser entre autres. Concernant l’inertie des pouvoirs publics face à la montée en puissance de ces « petites » églises, je suis dans le regret de t’annoncer Mireille que ces pouvoirs publics n’ont aucune force d’empêcher que l’Apocalypse ne s’accomplisse. Autre chose à noter : L’Etat n’a aucun pouvoir  sur les vrais enfants de Dieu, même si ceux-ci leurs sont soumis comme le recommande la Bible.

La preuve, aucun leader de ce monde ne pouvait arrêter l’Apôtre Paul (pas Paul Biya hein!). Mais avant de bomber le torse en tant que pasteur ou prophète, il est important de se regarder dans la glace avant d’affirmer haut et fort qu’on est envoyé de Dieu. Pas comme ce jeune homme de 29 ans qui se disait pasteur dans la région du Sud-ouest du Cameroun et a engrossé deux sœurs de 14 et 18 ans de mêmes parents sous prétexte que son acte vient du Saint-Esprit. Paaaapa, mec tu es fort ! Comment tu peux laisser croire aux gens que Dieu est un pédophile et polygame en même temps hein ? Je m’adresse à toi. Oui à toi ! Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que c’est le Saint-Esprit qui t’a demandé de faire « zizi » avec ces deux gamines. Tu comprends maintenant pourquoi je hais vos miracles n’est ce pas ? Tout simplement parce qu’ils sont charnels, juste pour satisfaire vos désirs démoniaques. Je hais franchement vos miracles parce qu’ils n’aident qu’aller rapidement embrasser le feu de la géhenne. Je hais encore les miracles que vous faites avec vos pieds, des coups de poings, des pulvérisateurs et j’en passe. Vous promettez la gloire pêle-mêle à vos fidèles comme si vous en étiez l’auteur. Vous parlez au nom de Jésus-Christ, mais vous vantez le contraire. Je suis « born again », je l’assume, mais je hais vos miracles parce qu’ils puent l’esprit de grenouille.


Les blogueurs camerounais déroulent le tapis rouge à leurs lecteurs

Du 7 au 15 octobre prochain, la capitale économique camerounaise vibrera au rythme du blogging. A travers la deuxième édition du « Forum des blogueurs » et la conférence « Je suis camerounais et je blogue », nous vanterons notre job. Mais nous ne pouvons pas le faire sans vous. C’est la raison pour laquelle, chez lecteurs, je vous dédie ce billet.   

Le ciel se dégage petit à petit autour de nous. Les nuages de couleur sombre disparaissent progressivement dans le ciel des blogueurs camerounais. La pluie tombera un jour et arrosera nos plantes. Elles germeront et porteront des fruits qui viendront à maturité. Après de longues années de bataille, nous sentons que nous sommes en train de sortir de l’ornière. La victoire est certaine, même si elle parait encore très lointaine. Cependant, nous brandirons le trophée sur notre propre territoire. Ce serait la récompense de nos écrits. On fêtera ça en l’honneur des grands frères et sœurs qui se sont lancés dans ce domaine juste par passion, par amour de l’écriture. On trinquera également en l’honneur des blogueurs qui nous ont quittés très tôt. Certains nous feront des clins d’œil depuis le ciel ce jour-là. Même les arbres, les montagnes et tous les fruits de la nature, nos ennemis et amis, célébreront cette victoire avec nous.

Cependant, je sais que le combat est encore très loin d’être remporté. Mais avec un peu d’optimisme, de persévérance et d’audace, on décrochera la lune. J’en suis sûr et certain ! Pour l’instant, je nous invite à continuer à rédiger des billets de qualité supérieure pour informer et sensibiliser le grand public camerounais sur ses droits et devoirs, même quand on a parfois l’impression qu’il ne nous suit pas.

#BloggersForum#

J’ai souvent l’impression de sensibiliser dans le dessert. Mais une petite voix sort souvent du fin fond de mon cœur pour me dire que je suis lu et apprécié, tout comme mes confrères. Elle me rassure et me donne la force de continuer dans cette même lancée. Continuer, c’est le plus important. Mais l’idéal serait aussi d’échanger avec mes lecteurs. Pas seulement sur les réseaux sociaux, mais face to face. Je crois que c’est l’une des raisons qui a motivée la bloggeuse Elodie Nonga, à mettre sur pied le Forum des blogueurs, cette plate forme qui donne l’occasion aux blogueurs du bercail d’échanger avec leurs lecteurs, partenaires, spécialistes et le public désireux de s’informer sur le blogging. L’évènement est rendu à sa deuxième édition. Cette deuxième édition se déroulera en deux phases. Primo : les ateliers de blogging le vendredi 7 octobre prochain de 10h à 17h à l’Institut Français du Cameroun, à Douala. Secundo : La conférence qui aura lieu le samedi 8 octobre à Star Land Hôtel à Bonapriso.

Le forum des blogueurs aura lieu du 7 au 8 octobre 2016
Le forum des blogueurs aura lieu du 7 au 8 octobre 2016

Au cours de cette session, j’invite les responsables d’entreprises à prendre des décisions fortes afin d’encourager ces jeunes qui s’illustrent dans ce domaine au Cameroun. Les représentants du gouvernement qui assisteront aux travaux devront également songer à nous soutenir, car nous abattons un travail de « malade » dans la promotion du label Cameroun au-delà des frontières. Mais jusqu’ici, seules les organisations internationales ou les pays étrangers reconnaissent notre importance dans le développement du monde. Parfois ils nous consultent pour des études. Notre point de vue est compté chez eux. Mais chez nous par contre, les décideurs brillent par leur inertie. Leur souhait serait certainement qu’on casse nos plumes à force d’écrire le vendre vide. Non messieurs ! Pour ce qui me concerne personnellement, on dirait que je suis né avec un stylo dans la bouche. Donc, arrêter de jeter un regard lucide sur l’actualité de mon pays, nation pour laquelle mes ancêtres ont combattu, serait très difficile, même les poches vides. Mais j’aimerai que vous sachiez une seule chose : « Nous coopérerons qu’avec ceux qui nous considèrent ». A bon entendeur, salut !

"Présentation des deux invités"
« Présentation des deux invités »

Une nouvelle génération de blogueurs

 L’actualité est dense. Les sujets sont légion. Et les blogueurs camerounais prennent de plus en plus position sur les tracasseries de nos administrations, la corruption, la distraction des fonds, le népotisme, l’affairisme, le trafic d’influence et peut-être la paix dans une moindre mesure. D’ailleurs dans les prochains jours, nous « blogueurs camerounais », à travers des billets collectifs, ferons une sortie remarquable sur un phénomène qui tue plus que les terroristes de Boko Haram au Cameroun. Je vous donne juste rendez-vous dans quelques jours. Tout comme je vous invite à me rejoindre le samedi 15 octobre 2016 à partir de 14h (heure locale) dans le cadre de la conférence « Je suis camerounais et je blogue », qui consiste à mettre mes deux invités, tous blogueurs de renommée internationale, Frank William Batchou et Ecclésiaste Deudjui face à leurs lecteurs et amoureux du blogging. Chez nous, on dit souvent que « trop pakler (parler), c’est maladie », alors je m’arrête ici pour aujourd’hui. J’ai envie d’un verre d’eau glacée s’il vous plaît, ma gorge est sèche ! Mais avant d’avaler le liquide le plus précieux de tous les temps, je voulais vous rappeler de ne pas oublier nos deux rendez-vous qui prendront la ville de Douala en otage. En passant, si vous arrivez et que vous n’apercevez pas ma tête dans la salle,  écrivez-moi à l’adresse suivante : didier.ndengue@gmail.com

 


Chez les réfugiés urbains de Douala : la fièvre de la rentrée scolaire hante les familles

Beaucoup d’enfants vulnérables ne reprennent pas le chemin de l’école ce lundi 5 septembre faute de moyens financiers. Excursion dans une communauté déboussolée.

Ce dimanche 4 septembre marque la fin des vacances scolaires au Cameroun. Dans l’une des grandes cours de mon quartier, j’aperçois les enfants donc la tranche d’âge varie entre 8 et 15 ans jouer au football pour leur dernière fois. L’un des gamins lance une blague à son voisin : « Tu ne pars pas apprendre tes leçons ? ». Ce dernier de répliquer : « Mais apprendre quoi au juste ? » Je les regarde pendant un moment avant de poursuivre mon chemin tout souriant. Mes pieds se dirigent vers le lieu-dit «Fin Goudron Ngangué».

Vendre les arachides pour payer la pension de ses enfants

En cette veille de la rentrée scolaire, les enfants de ce secteur ont déjà vidé les rues. Seules quelques femmes voilées divisent dans l’une des langues locales en marchant. Elles me font penser à Maman Léontine Legoto, une réfugiée centrafricaine qui vit dans le coin.

Puisque j’y pense, je vais rendre visite à cette femme en charge de beaucoup d’enfants qui sont eux aussi censés reprendre le chemin de l’école ce lundi 5 septembre. Je m’en vais voir comment elle les a apprêtés pour cette nouvelle rentrée scolaire. La seule façon de le savoir concrètement, c’est bien évidemment d’emprunter le couloir qui mène chez elle. Dans ce couloir, je croise sa fille Diana, en train de faire la lessive. Sa mère quant à elle, grille les arachides dans la cuisine. « Bonjour mon fils », m’accueille-t-elle. Elle a l’air abattu aujourd’hui, mais force quand même le sourire ce matin. Elle me fait entrer dans sa maison en planches de deux pièces.  Celle-ci suinte en cette saison des pluies.

"Nous voulons aussi aller à l'école"
« Nous voulons aussi aller à l’école »

Visiblement, la fièvre de la rentrée scolaire hante cette maison. Contrairement à plusieurs familles de Douala où les enfants ont déjà été inscrits à l’école et les fournitures scolaires achetées, ce ménage traverse ces pires moments. L’ambiance est morose. Tout ici va au ralenti. La mère centrafricaine est encore à la recherche des fonds pour envoyer ses enfants à l’école.  En vendant les arachides grillées, elle espère pouvoir relever ce défi. Legoto Léontine apprête un sceau d’arachide d’une valeur de 1500 FCFA. La centrafricaine excelle dans ce petit commerce depuis son arrivée à Douala en 2010. Son époux, M. Tarndadji quant à lui, souffre d’un mal qui le rend pratiquement paralysé. Il s’est rendu à Touboro au Nord du Cameroun pour y recevoir des soins indigènes. A l’aube de la rentrée des classes, le chef de la famille n’est toujours pas de retour. Une situation qui plonge son épouse dans une équation à plusieurs inconnus. « Je vends les arachides grillées pour payer leur école. Ce n’est pas facile. Heureusement que leurs maîtres sont compréhensifs, ils me permettent de régler leurs pensions petit à petit », m’explique-t-elle.

Manque de fournitures scolaires  

Malgré les efforts de sa mère, Bonaventure Tarndadji, 12 ans, a été renvoyé du Lycée bilingue de New-Bell, où il fréquentait l’année dernière, pour mauvaise conduite pendant les heures de cours. Le jeune homme de 6e n’a pas seulement été exclu, mais a également échoué l’entrée en classe supérieure avec une moyenne de 08/20. Cette année, sa mère devra donc se débrouiller pour lui trouver un autre établissement d’enseignement secondaire. Le petit garçon tente toujours de justifier son échec de plusieurs manières: « Je jouais beaucoup à l’école avec mes amis pendant les heures de cours. On a constamment convoqué ma mère à cause de moi. Mais je m’excuse. Cette année, loin de mes amis, je serais plus posé », me promet-il, les larmes aux yeux.

"Merci papa pour ce que tu fais pour nous"
« Merci papa pour ce que tu fais pour nous »

Bonaventure et sa petite sœur Inès Flore, élève au Cour élémentaire deuxième année (CE2) à l’Ecole publique New-Bell Aviation, rencontrent également plusieurs autres obstacles qui contribuent à leur échec scolaire. C’est le manque de fournitures. « Comme je n’ai pas de livre, j’emprunte chez mes camarades pour faire les devoirs pendant la récréation, ou après les classes ». Après avoir longuement échangé avec cette famille, me voici chez les réfugiés tchadiens. Mon principal interlocuteur est le leader de la communauté.

Vers une année blanche

Dans la même mouvance de la rentrée scolaire, de façon unanime, toutes les communautés de réfugiés de la capitale économique camerounaise crient au scandale. Et le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr) dit qu’il a les moyens très limités. Et par conséquent, il ne pourra pas s’occuper de tous les écoliers. J’apprends  également que seuls 500 enfants d’écoles primaires seront soutenus cette année par l’institution humanitaire par l’entremise de son partenaire Plan International. Moyens limités ou pas, Djaradey Tayo Joseph, le président de 409 réfugiés tchadiens enregistrés dans la ville, m’avoue que c’est sa première fois de vivre une situation aussi chaotique en période de rentrée scolaire que celle observée cette année. A l’en croire, les enfants de sa communauté ne sont pas comptés parmi les réfugiés. « Nous avons pourtant des cartes de réfugié, mais le Hcr nous a abandonné », s’indigne-t-il. Et d’ajouter : « le statut de réfugié ne nous permet pas de travailler. Et quand même nos femmes et nos enfants vendent les arachides en bordure de route, la communauté urbaine vient les chasser, il y a aussi les pluies,… C’est pour que nous fassions quoi alors ? C’est vrai que les hommes se débrouillent dans des chantiers, mais que pouvons-nous réellement bâtir avec les miettes que nous gagnons, car il faut payer le loyer et les factures qui vont avec, la nourriture, et ajouter à ça la scolarité des enfants. C’est énorme ! »

C’est donc cette triste réalité que j’ai voulu partager avec vous en cette période de rentrée scolaire. Par ce billet, je souhaite que nous cessions de contribuer (consciemment ou inconsciemment) aux conflits dans le monde, car une famille déchirée par la guerre, c’est déjà trop !

 


Je suis Camerounais, je blogue 

Parce que j’aime écrire, lire, partager mon quotidien, mes analyses, mes ambitions et mes angoisses. Ce 31 août 2016, journée mondiale du blog, je vous explique en quelques paragraphes pourquoi je blogue.

Avant d’avoir mon premier ordinateur, je me baladais toujours avec un cahier, sur lequel j’écrivais tout ce qui me passait par la tête. Je m’inspirais de tout. De mes amis, des meufs, des séries brésiliennes, françaises, indiennes et africaines. Mais j’aimais beaucoup plus écrire des chansons dans lesquelles je parlais de moi, de ma condition de vie. Elle était assez cruelle. J’aimais également rédiger des poèmes pour les filles. Mais ça, c’était avant ! Depuis que je suis entré dans la vie active, je suis devenu une autre personne. Bref, beaucoup de choses ont changé dans ma vie. Ma façon de penser n’est plus la même. J’aime prendre position sur tous les sujets d’actualité. J’aime donner mon point de vue, tout en m’inspirant des valeurs de l’humanité. Mon métier de journaliste que j’ai appris à faire honnêtement, m’a ouvert les yeux.

Je suis Camerounais, je blogue ma vie
« Je suis Camerounais, je blogue ma vie »

Ma source d’inspiration

Sur le terrain, j’ai découvert des injustices, des cœurs de pierre, des anges, des démons, des gens qui ont besoin d’être soutenus, des innocents qu’on détruit, des rêves qu’on brise, etc. Sur mon chemin, j’ai rencontré des démons qui se prennent pour des anges. J’ai découvert des génies qui n’avaient pas besoin d’aller à l’école, mais à qui on ferme toutes les portes de la réussite. J’ai également découvert avec tristesse que des orphelins sont devenus le fonds de commerce des responsables des orphelinats.

Mes premiers pas

C’est bien de marcher hein, de s’ouvrir au monde, d’être curieux, d’accepter d’apprendre, de capitaliser les critiques et suggestions, etc. En le faisant, j’ai découvert l’Atelier des Médias de Rfi, où j’ai ouvert mon premier blog. J’avais des choses à raconter. Ces choses avaient un lien direct avec tout ce que j’ai évoqué supra. En 2013, je participe au concours de Mondoblog. Quelque temps plus tard, on me signale que je n’ai pas été admis. Pauvre de moi ! Moi qui rêvais de faire la « Une » de cette plateforme mondiale ! J’en ai tellement rêvé. Toutefois je me disais qu’il fallait être un extraterrestre pour faire partie de ces grosses plumes francophones. Après mon premier échec, je n’ai pas lâché prise. J’ai retenté le coup l’année suivante. Cette fois était la bonne. Mais je l’avoue hein, plusieurs personnes m’ont donné un coup de main. Je pense à Josiane Kouagheu qui a essayé, à sa manière, de m’expliquer la philosophie et le genre de billet à soumettre à Mondoblog. Eh bien! Chérie, me voici sur la plateforme. Grâce à tes conseils, j’y suis. Tu es formidable !

"Journée mondiale du blog"
« Journée mondiale du blog »

Aujourd’hui, grâce à mon blog, je crois que je peux enfin réaliser mon rêve d’enfance. Dorénavant, je blogue pour impacter mon pays, pour contribuer à l’amélioration des conditions de vie des miens. Les miens, c’est ceux qui lisent ce billet à l’instant. Je suis Camerounais, mais je me considère comme un citoyen du monde. Mes billets touchent un peu à tout. Je durcis le ton quand il le faut. Je peux également le fragiliser. Grâce à la formation de Mondoblog, je peux caresser et jeter les peaux de fleurs ou de bananes à qui je veux et comme je veux. En réalité, je blogue pour impulser et accompagner le changement. Par ces mots, je souhaite une excellente fête à tou(te)s les blogueurs et blogueuses.


Youpwè : poissons et fruits de mer, entre disparition et empoisonnement

Le plus vaste lieu de commerce de poissons frais de Douala (la capitale économique camerounaise), dans le deuxième arrondissement, ne fait plus foule à cause de la rareté du poisson et des prix de ses marchandises. Malgré la forte pluie de samedi, je suis allé voir de près ce qui se passe de ce côté… Ouvrons nos parapluies et tentons ensemble de sauver les poissons de la noyade, si nous le pouvons bien sûr !  

Sur la grande place du marché, juste au bord de l’eau, ce samedi 20 août, j’aperçois quelques jeunes garçons en train de nettoyer toutes sortes de poissons. L’objectif étant de satisfaire leurs clients, ils s’appliquent, malgré la forte pluie de ce matin. Chacun, devant son comptoir, tient un couteau en main avec lequel il éventre le poisson  et enlève ses déchets. En face d’eux, au bord du fleuve, d’autres jeunes déchargent les pirogues qui viennent d’accoster. Dans la foulée, un garçon d’environ 15 ans, transportant un sac de glace sur la tête, me fait signe de la main, pour savoir si j’ai besoin de ses services. « Non petit, je suis juste en train de me balader », lui ai-je répondu. Le jeune homme est suivi par un autre de la même tranche d’âge, qui transporte une cuvette de poissons sur la tête également.

"Cessez la pêche illicite"
« Cessez la pêche illicite »

Après quelques minutes d’observation, je quitte les lieux et me dirige vers les commerçants assis le long de la chaussée. Prendre également la température de leur côté. Ici, des poissons d’eau douce, les carpes, les crevettes, les crabes, entre autres fruits de mer, sont versés sur des plastiques transparents étalés à même le sol. D’autres commerçants disposent de cuvettes sur lesquelles ils exposent leurs marchandises. Cette zone pue le poisson et cela me fait penser à mon enfance.

 Le nombre de poissons diminue et les prix augmentent

Grâce à mon parapluie, je parviens à dribbler toutes les gouttes d’eau et à visiter presque tous les coins du marché sans être inquiété par la pluie. Au bout de ma curiosité, je réalise que l’ambiance de ce marché a considérablement diminuée. Elle a chuté au point de ne plus ressembler à celle des années lointaines.

Je me souviens qu’il y a plus de dix ans, ma mère, lorsqu’elle était encore de ce monde, venait régulièrement se ravitailler ici. Elle ramenait des gros poissons à la maison, et chacun d’entre nous mangeait à satiété.  Mais aujourd’hui, la donne a changé. Les prix du poisson ont carrément triplé. Ce qui coûtait 15 000 FCFA à l’époque de ma mère, vaut plus de 50 000 FCFA aujourd’hui ; et ce qui  coûtait 50 000 FCFA est carrément passé à plus 150 000 FCFA. C’est injuste ! Au moment où la pauvreté ronge de plus en plus les citoyens camerounais, les prix des denrées alimentaires ne font que gonfler. On est même dans quel pays comme ça hein, Dieu ?

Les péchés des pêcheurs

Quelques minutes avant d’atterrir au cœur du marché de Youpwè ce samedi matin, je suis allé rendre visite à mon oncle qui vit dans le coin, vers la route qui mène à la « Marina », une zone très prisée par les expatriés à cause de son ouverture sur la mer. Ma joie était immense au moment où je frôlais le sol de Youpwè ce week-end. Je suis content de constater que toutes les routes de ce quartier sont en chantier. Seulement, je redoute que ce ne soit un bricolage de plus. En tout cas, mon vœu le plus cher est que ces routes en construction tiennent plus de dix ans sans se détériorer. De même, j’aurais voulu que la communauté urbaine de Douala entame les travaux du temps où le marché faisait encore le plein de clients grâce de la bonne qualité du poisson et des prix abordables de ses produits. C’est pas grave, comme on dit souvent : « vaut mieux tard que jamais ! » J’espère seulement que ce n’est pas une autre opération de charme du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), en vue de la prochaine élection présidentielle de 2018. Si c’est le cas, les hommes du Renouveau doivent admettre qu’ils contribuent, eux aussi, à la montée en puissance de la pêche illicite et à la disparition des espèces aquatiques à Youpwè.

"Les Chinois à la manœuvre"
« Les Chinois à la manœuvre »

Ils ont fait confiance aux pêcheurs qui « pratiquent une pêche illicite avec des pesticides et des filets non conformes», m’apprend une vendeuse de poissons fumés. Les Chinois, les Nigériens, les Nigérians, etc. sont les principaux acteurs cités dans ce sale coup. « Quand ils versent le produit dans l’eau, ça tue les poissons, même les plus petits. Ce qui fait qu’il n’y a plus reproduction. C’est pour cela que vous constatez que le poisson est de plus en plus rare sur les étals », ajoute la commerçante. J’espère que les autorités camerounaises, qui ont laissé prospérer cette pratique illégale, sont conscientes de ce que le poison utilisé pendant la pêche aura des répercussions néfastes sur les consommateurs.


Monsieur le Président, veuillez arrêter d’endetter les Camerounais s’il vous plaît

Notre chef de l’Etat emprunte pour tout et partout et se fait passer pour un bienfaiteur.

Un jour, sur sa page Facebook, un internaute propose au président de la République du Cameroun de vendre le pays à un milliardaire et de partager les revenus de façon équitable. Avec cet argent, suggère le « facebookeur », chacun pourrait aller chercher de meilleures conditions de vie ailleurs, car chez nous, c’est l’enfer. Ce post en a fait rigoler plus d’un. Et pourtant, c’est ce qui pourrait se produire à l’allure où vont les choses. Le chef de l’Etat va certainement décider un matin, avec la complicité de toute sa bande, de liquider non seulement le pays, mais aussi les populations qui deviendront les esclaves de l’acheteur. Il faut s’attendre à tout avec ce régime qui ne cesse de poignarder et de provoquer le peuple. J’ai l’impression qu’avant de rejoindre ses aïeux, le fils de M’vomeka’a veut absolument liquider tous les Camerounais, jusqu’à la millième génération.

L'argent des autres
L’argent des autres

 

Les mains toujours tendues

Je ne comprends pas comment, dans un pays où les gens se vantent d’être multimilliardaires, on peut emprunter à tout vent et pour ne rien bâtir de concret. Pour un petit chantier, on emprunte chez les Chinois, pour le petit réaménagement d’une route, on sollicite les sous d’un partenaire Français. J’ai vraiment envie de comprendre cette politique du régime de Yaoundé. Il y a encore quelques jours, le grand manitou a promis des milliers d’ordinateurs aux étudiants. Les analyses découlant de cette promesse font état de ce que monsieur Biya va emprunter les sous pour polir son image auprès de sa jeunesse. D’autres, « mauvaises langues ou bonnes langues » (c’est selon), disent que cette dette pour l’achat de ces ordinateurs sera remboursée par les étudiants bénéficiaires eux-mêmes. Ce qui veut dire que Yaoundé n’offre rien aux étudiants, mais leur fait acheter les ordis.

En temps réel, si je dis que je vais donner quelque chose à quelqu’un, je n’irai pas emprunter les sous dans une banque sans le consentement de cette personne pour qu’elle vienne rembourser plus tard. On est d’accord là-dessus n’est ce pas ? Sinon, cela n’est plus un don, mais un endettement que je qualifie de « forcé », parce que chaque étudiant de mon village peut s’offrir une machine de travail avec son propre argent.

S’endetter pour bricoler ou pour les poches personnelles ?

Ce mercredi matin encore, je prenais tranquillement mon bain. J’ai haussé le volume de mon poste récepteur pour suivre la revue de la presse du jour. Du présentateur de cette tranche matinale sur la banque FM, j’apprends que pour construire les infrastructures devant abriter les prochaines Coupes d’Afrique des Nations  de football (CAN) qui se dérouleront sur notre sol en 2016 et en 2019, le pays a encore emprunté beaucoup de milliards de nos FCFA. Le pire dans cette histoire de dette, et c’est ce qui m’énerve le plus, est que la plus grande partie de ces sous empruntés finit généralement dans les comptes bancaires des individus qui nous livrent des infrastructures bricolées, qui n’auront même pas plus de dix ans de vie. Et pourtant, je connais des maisons ici à Bonanjo (Douala), construites par des Allemands, qui ont déjà fait près de deux siècles et sont toujours debout et habitées.

Signature d'un nouveau partenariat
Signature d’un nouveau partenariat

 

En suivant donc la revue de la presse de ce matin, j’ai eu le sentiment que les caisses de l’Etat étaient vides. On emprunte tellement pour réaménager nos aéroports qui ressemblent plus à des gares ferroviaires qu’à de vrais aéroports comme j’ai pu en voir ailleurs. En plus, on ose leur coller le titre d’« international ». Vous avez par exemple « l’Aéroport International de Nsimalen » à Yaoundé ou encore « l’Aéroport International de Douala ». De qui se moque-t-on au juste? Un aéroport international a-t-il des pistes trouées et un hall sans climatisation ? C’est vrai que l’Aéroport de Douala a pris un coup de pinceau forcé ces derniers temps, mais la grosse enveloppe qui a permis ce nettoyage vient directement de l’Agence Française de Développement (AFD).

S’endetter pour s’appauvrir

La main qui emprunte constamment s’appauvrit davantage. Tout le monde, je suppose, connait cet adage. Mais le Cameroun, comme s’il avait dîné avec le diable, semble ignorer ce principe de base de l’économie. Il s’endette pour tout, alors que ses dirigeants mènent un train de vie princier. Ils n’ont même plus honte d’emprunter pour goudronner les routes, construire les écoles, mettre les entreprises à niveau, gérer les forêts, les industries extractives, etc. Cela signifie-t-il que nous n’avons plus aucune réserve financière? Où est donc passé l’argent des impôts, de la douane, des péages, entre autres taxes imposées aux entreprises au Cameroun ? Je vais chuter par là aujourd’hui, parce que cette histoire d’endettement me donne franchement des maux de tête.


Ring de boxe gabonais : Qui peut mon champion Ali ?

Le président sortant promet un K-O à ses adversaires le 27 août 2016. De tout cœur avec toi champion. De toutes les façons, il n’y a pas match !

  • Ali le boxeur

Il enfile doucement ses gangs. Le type-là est très dangereux sur un ring de boxe. Tous ses adversaires doivent le savoir et craindre sa force de frappe. Il ne mâche pas ses mots quand il dit qu’il est programmé pour administrer un K-O à plus de dix opposants à la fois. C’est quand même Ali le « boxeur ». Pas celui qui est décédé l’autre jour hein, mais son homonyme gabonais.

Le peuple gabonais derrière son champion
Le peuple gabonais derrière son champion
  • Ali le rappeur

Il se transforme souvent en rappeur. Microphone en main, il engendre le clash. Ses couplets sont mortels. Ils viennent de la rue. Mais n’oublions pas qu’Ali a grandi dans une famille de luxe, sans toutefois être ébloui par leur train de vie quotidien. Ce type ne s’est pas éloigné des réalités du ghetto qu’il « rappe » souvent quand l’occasion se présente. En ma connaissance, aucun autre chef de l’Etat de notre zone communautaire n’est monté sur un podium pendant un spectacle et presté en faisant les gestes des « yors » comme ABO. Une façon pour le président-rappeur de redonner de l’espoir aux artistes urbains de son pays.

Je rappe pour la paix au Gabon
Je rappe pour la paix au Gabon
  • Ali le chauffeur de Lionel Messi

Après Ali le boxeur, Ali le rappeur, voici maintenant Ali le chauffeur de Lionel Messi, l’international footballeur argentin. Beaucoup de personnes ont pensé qu’il était devenu fou, le jour où Lionel Messi était en séjour chez lui. « Comment un chef de l’Etat peut se rabaisser comme ça au point de devenir le chauffeur d’un simple footballeur », s’étonnaient certains en juillet dernier. Ainsi, le big boss s’est montré très humble en devenant le chauffeur de la star du football mondial. Autant de choses qui marquent les esprits. Surtout la jeunesse. Mon père, tu dois reprendre tes choses et « botter » le ballon au fond des filets. Le peuple gabonais t’aime. Même certains camerounais comme moi.

Le chauffeur de Lionel Messi
Le chauffeur de Lionel Messi
  • Ali le bulldozer

Au-delà du divertissement, Ali est un vrai « bulldozer », pour reprendre l’expression de l’hebdomadaire sous-régional « Intégration ». Depuis son ascension à la magistrature suprême, il transforme progressivement son pays en un petit paradis dans la sous-région. Les chantiers se concrétisent sans véritable souci. Et le patron veille personnellement au grain, pas comme le type d’Etoudi à Yaoundé (Cameroun). J’admis le courage et la force de frappe d’Ali. Je crois en lui, malgré les coups de gueule de ses détracteurs. En toute sincérité, il est mon meilleur président de la sous-région Afrique centrale. Je ne connais pas un autre chef de l’Etat dans notre espace communautaire  qui a déjà fait venir la neige de l’extérieur pendant les fêtes de fin d’année pour faire rêver ses populations comme Ali Bongo Ondimba.

Je vas vous mettre K-O
Je vas vous mettre K-O
  • Ali veut un K-O

Depuis quelques jours, je suis de près la campagne à l’américaine du big boss gabonais. J’avoue que c’est du lourd ! Ce matin encore, j’ai ris aux éclats en le suivant dire quelque chose de ce genre : « Un jour j’ai rencontré Ali (Mohamed Ali de regretté mémoire). Il m’a montré comment on danse sur le ring et comment on administre un K-O à ses adversaires». Hahahaha !!! Le père ci va seulement me tuer avec ses propos. Ses adversaires doivent être frustrés en l’écoutant. Sans doute qu’ils se sont finalement rendus compte qu’il est un vrai champion. Quelqu’un qui ne compte que sur son peuple pour remporter la prochaine élection présidentielle. Contrairement à ses adversaires qui ont le regard tourné vers l’extérieur. Comme mon champion le répète constamment à la fin de chaque meeting : « Que Dieu bénisse le Gabon ! »


Au royaume des patrons, le bouffon est roi

Drôle de management, mais le « vrai» boss chez nous est toujours fâché et impoli envers ses collaborateurs, qui perçoivent généralement leurs salaires avec plusieurs jours de retard.

Voilà le patron de mon pote qui descend de sa grosse cylindrée blanche. Il avance vers nous. Traverse et entre dans le bâtiment abritant ses bureaux sans toutefois faire allusion à nous. Même pas un « bonjour » au passage hein boss ? Je me sens si diminué ! En tout cas, je ne dis pas aussi « bonjour » à ce type qui se prend pour Dieu. Massa, ce salaud est gonflé comme le tapioca ! Même le vigile n’a pas droit à sa « précieuse » salutation, encore moins la demoiselle proposée à l’accueil. Il fait comme s’ils n’existaient pas. Comme s’il pouvait se passer de leurs services. Le mec grimpe les escaliers jusqu’à son bureau avec la face froissée comme si sa « go » l’avait barré à 4h, au moment où son truc était débout. Tsuippp !!! Nous quoi dedans si sa nana est fatiguée de ses coups de reins ? En plus, c’est lui le patron de l’entreprise norrr, il pouvait bien décider de rester coucher chez lui et digérer sa défaite en solo que de venir polluer l’environnement du travail ce matin.

Le mépris accouche la grève
Le mépris accouche la grève

Ils croient qu’un bon patron est synonyme d’infériorité  

La vérité est que le patron de mon pote incarne tout simplement l’univers de certains patrons au Cameroun, qui croient que saluer leurs collaborateurs le matin est synonyme d’infériorité. Ils se permettent au contraire de gronder tout le monde chaque fois qu’ils ont besoin d’un service. Comme si les employés étaient ses enfants. Le comble est que, chaque fin du mois, au lieu de payer ses employés à temps, le « boss » tape une, voire deux semaines avant de payer les salaires de ces gens qu’il méprise au quotidien. Si un employeur Camerounais te paie les heures supplémentaires, renseigne-toi bien sur sa vraie nationalité.

Libanais et Chinois aux bancs des accusés

Mais ce phénomène n’est pas seulement entretenu par les patrons originaires de mon village. Il y a aussi les Libanais. Ces derniers, en plus d’être impolis au travail, tabassent souvent leurs employés. J’ai rencontré des anciens ouvriers de la boulangerie « Goumandise », sise au quartier Bonapriso, qui ont été licenciés par leur boss Libanais sans véritable raison. Ce dernier n’a même pas pensé à reverser leurs plusieurs mois de salaires impayés, encore moins leurs droits.

Des travailleurs
Des travailleurs

 

J’ai également rencontré une pauvre veuve de plus de 50 ans qui a été utilisée et chassée par un forestier d’origine libanaise après plus de 25 ans de très loyaux services. La ménagère réclame toujours ses droits. En tout cas, si tu n’as pas des réseaux solides, il ne faut pas tenter de traduire un Libanais en justice dans ce Cameroun de Paul Biya.

En plus des Libanais, il y a aussi les Chinois qui sont de mauvais payeurs. Ces personnes de petites tailles sont  très nuisibles. Non seulement ils envahissent notre pays, ils ouvrent des structures où ils embauchent et chiffonnent leurs employés. Avec eux, c’est le travail non stop, pour un salaire de catéchiste. Ils bafouent les droits des travailleurs, parfois avec la complicité de nos autorités.


Trop de Nicki Minaj dans ma bulle

Décidément, certaines camerounaises n’ont pas d’identité. Elles copient maladroitement les stars américaines.

La galère est mon meilleur allié depuis quelques semaines. L’autre jour, mon boss m’a encore fait une avance sur mon salaire, pour la deuxième fois en trois semaines. Il dit que c’est trop dur à Yaoundé. Surement que les factures sont bloquées dans les administrations publiques comme d’habitude. Pendant ce temps, mes factures de loyer ne font que s’entasser.

Avec une telle lenteur observée dans le traitement des factures des entreprises, je me demande comment le président de la République a pu valider le nouveau Code Pénal, qui autorise les bailleurs à porter plainte contre les locataires qui cumulent deux mois de loyer impayé.

« Donc, comme nos factures ne passent pas aux ministères là, je dois vomir les billets de banque pour gérer mes factures de loyer hein? »

Ces vieux vont tout me montrer ici au Cameroun. En tout cas, en ce qui concerne ce sujet, je vous donne rendez-vous dans un prochain billet dans lequel je vais cuisiner ces gens qui ont pris le pouvoir en otage.

Leurs niaiseries ont fini par affecter la jeune fille camerounaise, qui, par l’influence des médias et réseaux sociaux, va finir par marcher nue dans les prochaines années.

L'icône de plusieurs jeunes filles camerounaises
L’icône de plusieurs jeunes filles camerounaises

Les stars du quartier

Comme je l’ai mentionné plus haut, la galère me ronge depuis quelque temps. Ce qui fait que je ne peux plus faire la cuisine, à cause de la cherté des denrées alimentaires sur le marché. Je préfère plutôt me contenter des beignets haricots, bouillies du coin.

Ce vendredi matin, je me suis rendu chez « Mamy beignets », pour remplir mon ventre. Apparemment, ce « beignetariat » a plusieurs serveuses. Toutes « androïdes » les unes que les autres.

Récemment, je me suis fait servir par une jeune belle fille d’environ 18 ans. Elle n’avait rien d’anormal. A part quelques fausses mèches sur sa tête. Mais celle à la manœuvre aujourd’hui ressemble plus à une fausse star. Les bords de sa tête sont rasés. Juste quelques tresses sont visibles au milieu de son crane. Comme si la souris était passée par là. C’est le new look que vous voulez voir, celui des stars américaines qu’elle a copié ? Sauf que les stars américaines que je vois à la télévision ou sur les réseaux sociaux, ne sont pas des serveuses de beignets haricots comme celles de mon quartier. Elles se disent peut-être que Rihanna est au chômage ou galère dans un autre siècle. C’est ce que pense Gladys, la fille tatouée qui habite en bas de chez moi.

Je suis une star et non une vendeuse de beignets
Je suis une star et non une vendeuse de beignets

Comme la majorité de mes sœurs Camerounaises, Gladys croit qu’elle ne peut être belle qu’avec les cheveux des autres, peut-être même des morts, sur la tête. Ma voisine ne se décape pas trop. C’est pour cela que son teint noir n’a pas encore entièrement blanchi. Mais il le sera d’ici peu, j’en suis sûr ! Ainsi, au lieu de rester noire et belle comme mes petites Layla et Anita, elle deviendra blanche, au point de défier, s’il en était possible, Michael Jackson.

L’autre jour, une jeune fille que j’ai croisé dans la rue m’a dit que c’est le teint blanc qui passe le plus sur le marché. Elle tentait de me convaincre que les garçons de notre siècle préfèrent les métisses aux blacks. Elle oublie qu’il y a des exceptions. Ce ne sont pas tous les mecs qui aiment les femmes brunes, chacun a son goût. J’ai même un ami, qui, pour avoir plusieurs fois été trompé par des blacks devenues métisses, a mis une croix sur cette race.

 

 


Malgré le désamour des siens, Tubal triomphe

Son style musical ne fait pas l’unanimité dans son assemblée chrétienne. Ce qui n’a pas empêché au jury des Gospel Star Awards d’octroyer au gospel rappeur le prix du «Meilleur artiste urbain 2016».

«Le rap, c’est pour les voyous. Le rap, c’est la musique des délinquants, des bandits pour être plus clair. Les rappeurs sont tous des fumeurs de chanvre indien. Le rap incite à la révolte. Bref, le rap, c’est pour ceux qui ont raté leur vie. Il n’y a plus rien à faire pour eux. Ils méritent tous crever en enfer». C’est en gros ce que pensent beaucoup de Camerounais .

Je ne suis pas d’accord avec ceux qui tiennent un tel langage. Il est vrai que le rap est né dans la rue, mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, le temps est révolu. Et les vrais rappeurs de notre siècle sont des messagers de paix. Ils dénoncent des injustices pour que ça change. D’autres comme Tubal, chantent pour rapprocher les Hommes de Dieu. En parlant justement de Tubal, le jury des Gospel Star Awards lui a décerné le prix du «Meilleur artiste urbain 2016» le 29 juillet au Saint John’s Plazza à Douala.

"Meilleur artiste urbain 2016"
« Meilleur artiste urbain 2016 »

Parce qu’il excelle dans le rap, ce garçon a souvent été méprisé par ses frères et sœurs de l’église. Le 14 février dernier, il organise, pour la sortie officielle de son premier maxi single, un concert dans la grande salle de son église à Bonapriso (Douala). Ses frères en Christ boudent cet évènement. D’autres le suppriment de leur plateforme d’échanges sur les réseaux sociaux, sous prétexte qu’il dérange avec son rap. Tubal chante pourtant la parole de Dieu. En principe, je pense que ses compagnons de tous les jours devraient être ses premiers fans. Malheureusement, on n’est jamais prophète chez soi. Jésus lui-même l’aura vécu.

On préfère le Makossa pornographique au rap conscient   

Les Camerounais me laissent souvent croire qu’il est plus avantageux d’écouter un Makossa pornographique que de suivre un rap qui éveille les consciences comme celui de Tubal. La vérité est que beaucoup de mes compatriotes préfèrent le mensonge à la vérité. Ce phénomène n’est pas seulement présent chez les païens. Même les chrétiens sont également dans cette mouvance.

Le combat continue...
Le combat continue…

Quand un fidèle de l’église sent en lui la force d’évangéliser à travers le rap, son leader lui fait croire qu’il est animé par un démon. Comme si tous les rappeurs étaient habités par des démons. Je me demande parfois si ces leaders d’église connaissent réellement les projets que Dieu a pour chacun de nous?

Heureusement que le rappeur a vite fait de comprendre que la parole de Dieu est plus destinée aux pécheurs qu’aux «Saints». Donc, le nouveau disciple chante pour sauver les brebis égarées. Le combat continue…