Didier Ndengue

En 2015 : Chers africains, veuillez éteindre vos haut-parleurs !

Une nouvelle année nécessite des nouvelles méthodes. Je nous exhorte donc à travailler franchement et honnêtement que de chercher des boucs émissaires.

L’année 2014 referme ses portes tout doucement, au rythme des éclats de rire et des réjouissances populaires. Et pourtant, l’année n’a pas été facile à gérer. Comme dans une jungle, chacun s’est battu pour sa survie. Plusieurs vies y sont restées. Mais plusieurs nouveaux nés ont également vu le jour. Et la vie continue. Ailleurs, les conditions de vie des populations s’améliorent. Mais chez moi en Afrique, on piétine sur place. On bricole tout. Très peu de personnes applaudissent réellement leurs dirigeants. Ils disent qu’ils ne travaillent pas.

Et les leaders des partis politiques de l’opposition en profitent pour les saboter sur des plateaux de télévision et radio. Au Cameroun par exemple, il y a un nouveau genre journalistique qui a vu le jour. Il s’agit du journalisme des débats. Et ceux qui sont régulièrement invités sur des plateaux semblent avoir la parfaite maîtrise des textes de la République. Normal ! Le régulateur des médias recommande directement ou indirectement à chaque  présentateur d’équilibrer ses plateaux. Et c’est ce que certains font souvent. Mais, il y a encore un autre exercice. Et je crois que c’est le plus difficile : le choix des sujets.

Dans mon pays, on dirait que tous les présentateurs des émissions travaillent ensemble. Ils ont les mêmes sujets et presque les mêmes panélistes. Tous crient sur leurs chefs d’Etat. Et je crois que c’est avec raison. Il faut dire son mécontentement quand rien ne va. Il y a une jeune chaîne de télévision qui a vu le jour au Cameroun. Elle s’appelle Afrique média. Ici, on tire sur tout ce qui bouge. On n’épargne personne, surtout pas la France, les Etats-Unis ou encore leurs alliés africains. On voit le mal partout. Cette chaîne se serait créée des ennemis à tort ou à raison à cause de ses francs-tireurs. Les africains adorent ses gros bavards.

Mais est ce qu’on a besoin des gens qui bavardent comme des perroquets et n’apportent rien de concret en 2015? Moi, je demande à tous d’éteindre ce machin et de travailler. C’est grâce au travail que les nations industrialisées sont devenues un paradis sur terre. Si les gens passaient tout leur temps à crier sur des plateaux, ils devaient piétiner sur place comme nous.

Didier Ndengue    


Transport ferroviaire : Camrail, déjà 15 ans sur les rails

L’entreprise de Gérard Quentin a célébré une Saint Eloi inédite le 13 décembre sur l’ensemble du territoire camerounais.

Comme s’ils s’étaient préalablement passé le mot, recommandant à tous les vieux et nouveaux cheminots de mettre leurs tee‐shirts de couleur rouge de l’entreprise, tout le personnel de la société Cameroon railways (Camrail) a respecté cet habillement samedi dernier au cours de la célébration d’un an de plus de la structure. « 15 ans d’un partenariat public/prive réussi », c’est sous ce thème que l’entreprise a soufflé sur une bougie de plus. Les manifestations y relatives ont été organisées dans toutes les agences du pays. A Douala, dans la capitale économique, l’enceinte de la cantine des ateliers centraux de Bassa a fait le plein d’œuf. Les réjouissances liées à la Saint Eloi de 2014 y ont pris corps dans l’après‐midi, après les activités sportives de la matinée et la remise des cadeaux aux 74 retraités (cuvée 2014) de la structure par Gérard Quentin, le directeur général.

Victor Takam, doyen des retraités de Camrail cette année, cède la place à une nouvelle génération après 43 ans de dur labeur. Il faisait partie de l’effectif de la vieille Régie Fercam (chemin de fer camerounais) qui a cédé la place à Camrail. Il est retenu dans la nouvelle entreprise dont Bolloré Africa Logistics est actionnaire de référence grâce à ses nombreux atouts. L’ex-superviseur logistique quitte la scène à l’âge de 60 ans non sans établir le carnet de santé de son ancien employeur : « Camrail est venue améliorer le cadre de travail au Cameroun. Le salaire,l’environnement et le social sont respectés, la santé du personnel y est garantie a 80% », se réjouit-il. « 43 ans n’ont pas été faciles à Camrail. Ils étaient remplis d’embuches de plusieurs ordres. Mais j’étais un employé obéissant, assidu et j’aimais le travail qu’on me confiait ». Le doyen lègue cet héritage aux 76 nouveaux ouvriers qui, en cette occasion, se sont engagés à servir fidèlement la société de transport ferroviaire. Gérard Quentin prend plaisir à rajeunir son personnel.La semaine passée, il a remis des certificats de baptême à 49 nouveaux cheminots de la région du littoral.

Bilan

La Saint Eloi, rappelle le directeur général de Camrail, est non seulement une occasion de réjouissances, mais aussi de réflexion en ce qu’elle permet de se regarder dans le rétroviseur afin de mieux planifier l’avenir de l’institution. Gérard Quentin en a profité pour brosser quelques grands axes du chemin parcouru en 15 ans. Alors qu’il lui reste 20 ans de service selon le contrat de concession signé avec l’Etat du Cameroun depuis 1999, dans le cadre de l’exploitation du réseau ferroviaire, le concessionnaire enregistre un bilan assez flatteur avec l’amélioration de l’outil de travail, la féminisation du personnel, (250 femmes en 2015), …. La restauration de l’Inter city cette année est l’une de ses meilleures réalisations de la décennie avec plus de deux cent mille voyageurs déjà enregistrés (décembre 2014). Au sein de l’entreprise, une lutte acharnée est engagée contre le virus du Sida, Ebola entre autres pestes. « Je compte sur vous pour relever les défis des 20 prochaines années qui nous restent », conclut le patron.

Didier Ndengue


Tourisme : Au pied du monument muet de Buea

Pendant que certains touristes sont fiers de découvrir l’œuvre inaugurée par Paul Biya à Buea, la déception s’empare d’autres.

En excursion ce mardi 09 décembre 2014 au lieu‐dit Governor’s Office à Buea, dans la région du Sud ouest, où a été érigé le monument de la Réunification du Cameroun, Gertrude Abessolo n’arrive pas à faire le distinguo entre les designs qui barrent l’arrière de l’œuvre architecturale. Alors que les autres touristes ne s’arrêtent qu’aux prises de photos à ce joli endroit, la directrice générale du groupe de média regorgeant à la fois : Youth radio, le magazine l’Ere du temps, Youth on line et bientôt Youth TV veut à tout prix se retrouver dans ce cafouillage de dessins où « on aurait pu écrire en bas de chaque dessin pour que chacun se retrouve facilement », lance-t-elle confuse. Toute seule, Gertrude Abessolo va tenter d’analyser les images pour situer chaque peuple. « Le dessin qui porte le serpent a deux têtes représente certainement le peuple Bamoun, le dernier à droite représente certainement le sud…. ». Ses devinettes sont peut‐être vraies, mais elle ne peut plus pousser sa réflexion plus loin sans guide touristique. Le mur est « quasiment muet », tranche‐t‐elle. Christophe Nounga, coordonnateur de la DW au Cameroun, insiste qu’il est important « d’écrire le nom de chaque tribu dans l’espace orange réservé en bas des dessins ».

Un peu plus loin, c’est Amadou Talla Tamto qui a lui aussi les yeux braqués sur ces images. Ce ressortissant de la région de l’ouest Cameroun est autant ennuyé que ses compagnons. Contrairement aux deux précédents intervenants, il suggère au ministère du Tourisme et des loisirs de capitaliser cette richesse en faisant « former des guides touristiques. Le monument est encore intact, on sent qu’il subit un entretien.Mais il est vivant et muet en même temps », renchérit le patron de la radio Aurore à Bertoua.

 Séduits malgré tout

A la descende du bus, les touristes de la Deutsche Welle (DW) sont premièrement conduits par John Njomba à la fontaine de Bismarck. Ce matin, la fontaine est à sec, pas une seule goutte d’eau. « C’est parce qu’on est en train defaire la propreté tout autour qu’on l’a arrêtée», rassure celui à qui l’ambassade de la République fédérale d’Allemagne au Cameroun a remis un million cinq cent mille (1 500 000) franc CFA pour le nettoyage permanent de ce site qui abrite la fontaine de Bismarck. Des sources fiables, la chancellerie allemande à Yaoundé a misé 2 000 euro pour rénover ce monument et ses alentours.

Au moins 700 allemands en séjour au Cameroun, apprend John Njomba, viennent ici pour voir la fontaine et savourer le paysage touristique de Buea avec la vue sur le Mont Cameroun. Le monument de la Réunification du Cameroun a également été bâti à proximité. Ce symbole d’un Cameroun uni a été inauguré le 19 février 2014 par Paul Biya. Construit en six mois, son poids est de 162 tonnes, avec un diamètre de 17, 21 mètres et une hauteur de 10 mètres, à partir du sol…. « C’est très bien construit et très intéressant. Je ne savais pas qu’il y avait ça ici. On a tellement respecté l’environnement», découvre France Greber. La française s’est dite satisfaite à la fin de l’excursion à Limbe et Buea. « Il y a eu une ambiance excellente, beaucoup d’humour.Les gens étaient tellement fiers. Le paysage m’a séduite », conclut-elle, épuisée par le voyage.

 Didier Ndengue, de retour de Buea


Quartier Sud 2014 : Papy Anza, l’accent grave du festival

Le jeune artiste musicien a baladé le public du stade Marion dans les nuages le 21 décembre 2014 avec « Ndumbu ».

Un jeune sérieux, innovateur et ambitieux. Ainsi peut-on qualifier Papy Anza, après l’avoir écouté dans « Ndumbu », titre qu’il a livré dimanche dernier, à l’occasion de la clôture du Festival international Quartier Sud, organisé en plein air au stade Marion de la cité sic à Douala. A en croire l’artiste, cette chanson est une balade qui prône la tolérance dans tous les domaines. Pour lui, le pardon est la meilleure arme contre les conflits.

« J’avoue que c’était ma toute première fois de voir ce garçon se produire sur scène. Et pour une première expérience, je n’ai pas été déçu. Seule l’attitude du public m’a un peu surpris », lance tout joyeux Pascal Fabrice Okomono. Pour ce fan, s’il est vrai que le public a observé un calme un peu surprenant pendant la prestation c’est  parce qu’il s’imprégnait du  rythme musical : un mélange de soul et de jazz … Sentiment partagé par un autre fan : « Ils adorent son style. Vous avez vous-même constaté que le mot Meesanedi a été repris en cœur à la demande de Papy Anza ». Convaincant l’artiste. Il le mérite. Et plus encore.

Papy Anza était à son quatrième podium de l’année avant la sortie officielle de son premier album en 2015. Autrefois, « j’ai eu l’occasion de l’écouter sur Internet ou d’assister à ses répétitions dans un cabaret de la métropole économique camerounaise », renchérit Okomono. C’était dans un cadre restreint, loin des regards d’un grand public comme celui de dimanche.

Quelques heures avant Papy Anza, plusieurs artistes musiciens et comédiens ont laissé leurs empreintes au stade Marion. Plus d’une vingtaine environ. Mais tous n’ont pas séduit. Quelques-uns, grâce à leur message, ont réussi à accrocher la foule. On peut citer entre autres les choristes, le Berger, la comédienne Charlotte Ntamack et le rappeur chrétien Kardy.

Didier Ndengue


Manifestations: La fronde enfle au Cameroun

Les vieux démons veulent protester contre le régime de Paul Biya, le FCFA, etc. tout en sachant d’office qu’ils seront traqués par la police.

Plus qu’un jour et demi, et le ressuscité Bertin Kisob sort de sa réserve pour une manifestation à la Poste centrale au Palais de l’unité à Yaoundé. L’annonce est de Pierre Belinga, secrétaire général du Cameroon Party For Social (Cpsj) dont Bertin Kisob est leader. Ce dernier avait pourtant été annoncé mort de suite d’un coma à la direction de la sécurité présidentielle (Dsp) du côté de la capitale camerounaise par ses lieutenants.

Dans plus de 24 heures, écrit le Sg sur le blog de Bertin Kisob, la « marche à pied secrète et silencieuse du monument de la réunification de Buea au pont du Mungo du 01/10 au 20/10/2014 », et de poursuivre, « continuera avec une manifestation solitaire, pacifique et ouverte  le mercredi 17 décembre 2014 à partir de 10 heures de la Poste Centrale au Palais de l’Unité – Yaoundé. Où, dans un lieu tenu secret par mesures de sécurité.» Bertin Kisob et sa bande sont accusés de manipulateurs par l’ensemble de la presse camerounaise. Aucun journaliste n’a la preuve concrète qu’ils ont vraiment tenté de manifester le 26 novembre dernier avant d’être interpellés à Douala, comme le prétend son Sg à travers ses multiples messages téléphoniques. Cette fois, Bertin Kisob aurait pris des dispositions concrètes pour prouver le contraire de ce que certains hommes de média croient: « Ce lieu ne sera communiqué qu’à la dernière minute aux participants et aux medias de confiance. Ces medias sont priés de nous communiquer un contact à qui nous donnerons des informations stratégiques en temps», lit-on sur le blog de l’homme politique.

Le samedi 27 décembre 2014 dès 10h, Mboua Massok, un autre nationaliste entend organiser « une marche citoyenne pour la souveraineté monétaire de l’Afrique ». La manifestation devrait se tenir à Douala. Rappelons que toutes ses manifestations en perspectives ne viendront que s’ajouter à la grève de la faim entamée lundi 15 décembre 2014 par Thierry Batoum, président de l’ADDEC (Association pour la défense des droits des étudiants au Cameroun) devant le ministère de l’Enseignement supérieur à Yaoundé. Ce dernier « proteste contre l’insouciance du ministre de l’Enseignement supérieur à la cause estudiantine, la tortures des étudiants et contre les crimes académiques », écrit le quotidien privé camerounais, Le Messager de ce mardi 16 décembre 2014

Didier Ndengue

 

 


Crimes rituels: Saigneurs, de la fiction à la réalité

Les films d’horreur m’ont toujours déplu à cause du sang qui y jaillit régulièrement. Il ne m’est jamais venu à l’esprit de penser que plusieurs personnes autour de moi pouvaient vivre cette situation. Quelques témoignages recueillis auprès de plusieurs victimes laissent croire que des vampires sont sortis des écrans et sont bel et bien là.   

Aujourd’hui, je suis malade. Je souffre de plusieurs virus, parmi lesquels le Vih/Sida. J’ai approché plusieurs médecins pour me faire soigner en vain. Même les multiples tradipraticiens chez qui je me suis rendue n’ont rien pu faire pour moi. Mère de plusieurs enfants, chacun d’eux à son père. Je suis pauvre et condamnée à mon triste sort. La camerounaise qui se confie est seulement âgée d’une vingtaine d’année. Désespérée, elle implore la délivrance de Dieu qui l’aidera certainement.

J’ai eu des frissons en l’écoutant narrer la triste histoire de sa vie. Très belle, elle voulait à tout prix être riche. Et croyait que sa beauté physique lui sera d’une très grande utilité pour atteindre ses objectifs. Toute jeune au lycée, elle flirtait avec un homme d’affaires très riche qui promettait le ciel et la terre à leur union. Sans hésiter, elle a grandement ouvert ses jambes « au gentil monsieur » qui venait accomplir ses rêves. Au regard de la gentillesse de son copain, la jeune femme était loin de penser que celui-ci la vidait de son sang à travers ses multiples baisés au cou. « Quand j’allais à l’école le lendemain, mes camarades constataient qu’une partie de mon cou était rouge, comme si des moustiques étaient passé par là ». Son mec était sans doute le collaborateur direct de Dracula, à la peau noire. Incroyable, mais vrai. Les vampires en avaient marre de n’agir qu’à à la télévision. Ils se sont donc invités au grand public pour signer des orthographes rien que sur des cous. Sidéenne aujourd’hui, notre victime, sans domicile fixe, ni salaire, n’a absolument rien profité de son copain qui est actuellement sous d’autres cieux pour conquérir et infliger le même traitement à d’autres naïves.

L’autre volet de sa souffrance provient d’un autre copain d’origine européenne. Le blanc ne prisait que son anus pendant leurs rapports sexuels. Donc, la voie normale ne l’intéressait pas. « Il m’a détruit le derrière », regrette-elle. Dans un rêve, cette fille s’est vue en train de faire l’amour avec une déesse des eaux. Elle raconte aussi qu’elle est possédée par un esprit impur qui ne la quitte jamais.

Commerce des organes humains et sang

Devant se rendre au Gabon pour faire tourner son business, une autre camerounaise a vu des crânes, du sang et des organes humains frais commercialisés dans une forêt du pays. Ceux qui y venaient s’approvisionner étaient des autorités bien connues de la République. Certains se mettaient même à table sur place. « Ils se servaient le sang dans un ver et le vidait à la seconde», explique celle qui a payé sa tête à plus de dix millions de franc CFA. Ceux qui n’avaient pas d’argent parmi ses compagnons de route ont été égorgés, ajoute-elle, leurs sangs et organes ont été exploités sur le champ.

Ma camarade de classe était très riche, m’explique un jeune homme très pauvre. Pour subvenir à ses besoins à l’université, il était contraint de faire plusieurs petits métiers. Un jour, dans la rue, il tombe sur l’une de ses vieilles camarades. « Elle était dans une voiture fumée de plusieurs millions de FCFA ». Pour justifier sa fortune, sa camarade lui dit qu’elle s’est lancée dans le business de vin rouge. « Elle m’a remis cinq cent mille et elle a démarré sa caisse et est repartie. C’est sur le campus que j’ai appris que le vin rouge voulait dire le sang ».

Didier Ndengue


Prévention des risques au travail : Les entreprises boudent les bonnes pratiques

Très peu de chefs d’entreprises se sont présentés à l’ultime forum organisé à leur intention par la délégation régionale du travail et de la sécurité sociale pour le Littoral.

Le nombre de participants à chaque nouvelle édition du « Forum régional des comités d’hygiène de sécurité et santé au travail du littoral » est constamment en chute. Ce constat n’a pas échappé à la curiosité du jeune Tientcheu Aymeric, superviseur hygiène, sécurité et environnement et qualité (HSEQ) de la société de transport d’hydrocarbures et de commerce (STHYC). Le jeune homme a attendu la fin de l’introduction du Dr. J. Kaptue pour soulever sa préoccupation dans la grande salle de conférences du Groupement Inter patronal du Cameroun (Gicam).

A la question de savoir pourquoi le nombre de participants a graduellement baissé de la première édition en 2010 jusqu’à 2014, le comité d’organisation a clairement répliqué: « à la première édition, les frais de participation perçus par chaque convié étaient élevés. A partir de la deuxième édition, chaque membre devait concourir.Les moyens de chacun ont donc limité le nombre de participants que vous constatez aujourd’hui ». En 2010, 162 entreprises pour 300 participants ont pris part à la première édition du forum. Deux ans plus tard, le fichier de participation contient 120 entreprises contre 180 participants seulement. Cette année, le comité d’organisation dit avoir enregistré 120 entreprises pour un nombre de participants non révélé. Curieusement, la salle du Gicam ne reflétait pas ce chiffre avancé. Et pourtant, les sujets traités autour du thème central: « La contribution des comités de sécurité et santé au travail (CSST)dans la mise en œuvre de la démarche « Prévention-Productivité-Développement durable en entreprise » par les représentants de Blandine Nkono, délégué régional du travail et de la sécurité sociale pour le Littoral, interpellaient autant les employeurs que les employés.

En 45 minutes d’exposition, Dr. Joseph Dieuboué a convaincu l’assistance à travers son exposée sur les risques que causent les produits chimiques sur l’environnement et sur des personnes. Il a illustré ses propos en images en prenant les exemples des catastrophes industrielles observées ailleurs et celui du quartier Nsam a Yaoundé en 1998. Des dizaines, voire des milliers de personnes ont succombé à la suite de ces drames qui auraient pu être évités si les travailleurs étaient bien outillés sur les risques des produits chimiques.

A la fin du forum, des promesses ont été faites par les participants pour la prévention des risques dans les entreprises. D’aucuns en ont même profité pour inviter les départements ministériels en charge de ces sujets à mettre en place une stratégie globale qui devra impacter sur les entreprises de sorte « qu’à la fin d’année,qu’on nous présente des statiques,des plans d’action palpables concernant l’hygiène, la sécurité et la santé au travail ».

Didier Ndengue


Projets d’intégration : La Cemac fait le bilan

Les projets d’infrastructures routières, maritimes, ferroviaires, agricoles,… seront évalués en janvier par les chefs d’Etats.

 L’information a été donnée mercredi 3 décembre 2014 par M. Djimtoingar Nadjiounou, directeur des études économiques, représentant le président de la Commission de la Cemac. C’était à l’ouverture de la réunion des agences et institutions partenaires au Mécanisme sous-régional de coordination pour l’appui à la mise en œuvre du programme du développement de l’Afrique (UA/Nepad). Djimtoingar Nadjiounou apprend que la prochaine conférence des chefs d’Etats prévue du 07 au 08 janvier 2015 évaluera précisément l’état d’avancement des huit tronçons routiers définis dans le Per-Cemac.

Cette réalisation doit permettre de parachever les liaisons inter capitales par route bitumée et d’assurer les liaisons avec les autres communautés régionales. Au menu également, l’éradication des barrières tarifaires et non-tarifaires pour la mise en place d’une véritable union douanière. « Ce programme comprend les projets suivants:l’harmonisation des réglementations nationales; l’interconnexion des administrations douanières au sein de la région via Sydonia;et la mise en œuvre d’une opération pilote sur les corridors Douala-Bangui et Douala-Ndjamena », explique-t-il.

Projets de 2015

 En 2015, la Cemac entend élaborer un schéma directeur du transport ferroviaire. A en croire le maître d’ouvrage, « ce schéma directeur devra permettre le démarrage des projets pilotes prioritaires parmi les dix déjà planifiés par le Per ». Relativement au transport maritime, la Commission apprend qu’elle supervise l’étude de faisabilité du projet « Appui au groupement d’intérêt économique du service commun d’entretien des voies navigables (GIESCVEN) ». Afin d’atteindre l’objectif d’une puissance de production installée de 25 000 MW, s’agissant du développement des interconnexions électriques, « il est envisagé la construction des infrastructures interconnectant les réseaux des différents pays de la Cemac,puis avec ceux du Nigeria et au-delà,avec toute l’Afrique de l’Ouest ». En matière des grands projets d’interconnexion en cours de réalisation, la Commission de la Cemac évoque des lignes d’interconnexion Cameroun-Nord Nigeria et Cameroun-Tchad-RCA, et la ligne Brazzaville-Calabar. Ceci s’inscrit dans le cadre du projet d’autoroutes d’échanges d’électricité porté par le Pool énergie d’Afrique centrale (PEAC).

Dans le domaine de la télécommunication, les projets de Plan d’action consensuel des infrastructures large bande d’interconnexion des Etats de l’Afrique centrale et celui de Central Africa Backbone (Cab) pour l’interconnexion par fibre optique, sont en cours de mise en œuvre conjointement par la Commission de la Cemac et la CEEAC. Le secteur agricole connait aussi différents programmes en gestation. Il s’agit du Programme régional de sécurité alimentaire (PRSA); du programme sur le développement du secteur semencier dans la zone Cemac; le système qualité Cemac des produits-agroalimentaire; le programme des statistiques agricoles et à la formulation de la politique agricole commune de la Cemac.

Didier Ndengue


Grands chantiers : L’Afrique centrale a du plomb dans l’aile

Faute de financements, son Plan directeur consensuel des transports (PDCT) tarde à être opérationnel.

Des assises de la sixième session du Mécanisme sous-régional de coordination (MSRC) pour l’appui à la mise en œuvre du programme de l’Union africaine (UA) et du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) se sont tenues les 3 et 4 décembre 2014 à Douala, capitale économique du Cameroun. Occasion de prendre le pool de l’évolution des grands chantiers de l’Afrique centrale et de projeter de nouvelles perspectives. Dans la note du « Rapport d’étape sur la mise en œuvre du Programme commun indicatif (PCI)2013-2016 », il est indiqué que les réunions annuelles de la plateforme essentielle pour la mise en œuvre des programmes de l’UA/Nepad en Afrique centrale ne constituent pour l’instant qu’un cadre de concertation et d’échanges d’informations ne permettant pas de nouer des partenariats en vue de la mise en œuvre d’activités conjointes. « Iconvient dès lors de s’attaquer de front aux contraintes déjà identifiées au cours des précédentes réunions et qui grèvent la performance du mécanisme.Il s’agit notamment (i) du manque de ressources pour financer les activités du MSRC, (ii) d’un système insatisfaisant de suivi-évaluation des activités inscrites au PCI et (iii)d’un partage insuffisant dinformations sur les projets et programmes prioritaires communautaires », lit-on. En d’autres mots, pour un fonctionnement efficace du mécanisme sous-régional de coordination pour l’appui à la mise en œuvre du programme UA/Nepad en Afrique centrale (MSRC-AC), il est primordial de s’assurer que l’ensemble des institutions partenaires, en particulier les chefs de file et les points focaux, jouent pleinement leurs rôles au sein du MSRC. Notamment en transmettant l’information sur l’état de réalisation des projets et programmes UA/Nepad en Afrique centrale; en définissant une stratégie de financement des différentes activités identifiées dans le PCI; et en améliorant le suivi et l’évaluation des activités. « La finalisation d’un canevas unique pour l’évaluation périodique du PCI, de même que la mise en place d’un réflecteur électronique ouvert à tous les points focaux faciliteront le suivi de la mise en œuvre des activités du PCI », croit-on.

 Le PDCT-AC au ralenti

La rencontre de Douala se tient au moment où l’agence du Nepad vient d’adopter un nouveau plan stratégique couvrant la période 2014/2017. Le rappel a été fait par Eric Dominique Ondoua, représentant du ministre camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire. Le conseiller du secrétaire général de la CEEAC chargé du Nepad, Mbadinga David, a également pris part aux travaux de la capitale économique camerounaise. La tribune qui a été offerte à M. Ondoua, a permis de réaliser que le Nepad nourrit une nouvelle ambition avec cette autre aventure. Celle visant non seulement à réduire la pauvreté et ses effets mais aussi, à bâtir un avenir prospère autour d’un projet commun: la transformation de l’Afrique. « C’est à ce titre que l’accent est misdans ce nouveau plan stratégiquesur la valeur ajoutée, l’industrialisation,l’emploi des jeunes, l’améliorationde la gestion des ressources naturelleset sur la réduction des inégalités », renchérit-il. M. Ondoua constate à contrario qu’en Afrique centrale, les programmes d’investissement adoptés dans le cadre du Nepad accusent un important retard malgré les efforts consentis de ses partenaires. S’agissant du Plan directeur consensuel des transports en Afrique centrale (PDCTAC), il peine à être opérationnel tout simplement à cause des financements insuffisants, a-t-on noté. Depuis longtemps, les regards sont tournés vers les Etats concernés. A cause de leur manque de contributions, la table ronde des bailleurs de fonds du premier programme prioritaire du PDCT-AC ne s’est toujours pas tenue, alors qu’une résolution en faveur de son organisation avait été prise le 27 septembre 2012 à Kinshasa lors de la 4ème  réunion du Comité ministériel de suivi.

Didier Ndengue


Partenariat : La Deutsche Welle renforce sa coopération médiatique au Cameroun

Les responsables du département francophone de la chaîne internationale multimédia d’Allemagne présentent leurs nouvelles offres de programmes et de partenariats ce lundi 08 décembre 2014 à Douala.

Apres le dîner d’accueil organisé hier soir à Douala, ce lundi 08 décembre marque l’ouverture officielle de la réunion entre la Deutsche Welle (DW) et ses partenaires multimédia camerounais. En tant que responsable en charge des partenariats de la chaîne de l’Allemagne pour l’Afrique francophone, France Greber s’entretient dès ce matin avec les responsables des structures camerounaises qui contribuent au rehaussement de l’image de son employeur en Afrique centrale. Cette séance de travail de deux jours permettra de renforcer les liens de coopération. Plus d’une vingtaine de responsables des médias issus des quatre coins du pays participent à cette table ronde. France Greber espère former un bloc de partenaires de la DW au Cameroun à travers cette initiative. L’autre point majeur des retrouvailles est la coopération en elle-même, dans son sens propre du terme. La Deutsche Welle la veut plus efficace. Parole sera donc donnée à chaque participant pour dérouler son identité et parler des programmes, dans l’une des langues de travail de la DW: française, anglaise et haoussa de la Deutsche. Un autre volet de partenariat sera ouvert avec ceux des medias audiovisuels comme Canal2 International qui ont soudainement cessé de reprendre les programmes télévisés de la Deutsche Welle. Pour sa part, a expliqué France Greber, la chaîne internationale se chargera de fournir, comme a l’accoutumée, des émissions thématiques de qualité sur les droits de l’homme, l’environnement, la société, la santé, l’économie, le sport, la politique et la culture. Elle ne manquera pas aussi de respecter ses engagements vis-à-vis de ses partenaires en termes de soutien matériel entre autres. « Nous offrons aussi des formations en journalisme et en management. Nous accompagnons nos partenaires avec du matériel léger:casque, dictaphone, etc. », indique la française.

 La nouvelle offre

 Il sera également évoqué les avantages des émissions réalisées par la rédaction francophone de la Deutsche Welle sur les populations locales. France Greber et sa collègue Carole Assignon se chargeront d’édifier leurs partenaires sur toutes les mutations que connait leur entreprise ces derniers mois dans le souci d’offrir un programme de qualité à la population mondiale. C’est en effet depuis le dimanche 26 octobre 2014 que la rédaction Afrique francophone de la Deutsche Welle est entrée dans une nouvelle vision. Ce jour-là, la chaîne internationale multimédia de l’Allemagne a mis des habits neufs en lançant, en direction de l’Afrique francophone, ses programmes en langue française sur l’actualité internationale et les principaux thèmes de l’actualité allemande, pour une durée globale d’une heure et demie. La nouvelle grille de programmes prévoit une tranche d’informations de trente minutes à 7 heures, Temps universel, une autre édition à partir de 17 heures, Temps universel. Dorénavant, le programme en français pour l’Afrique « propose des informations actuelles et des analyses. En plus des magazines appréciés, concernant les droits de lhomme, la santé, lenvironnement,léconomie et le développement,il y aura de nouvelles rubriques fournies avec des analyses, des reportages et des interviews sur lactualité », informait-on déjà en octobre dernier. Les yeux doux de la chargée des partenariats en Afrique francophone consistent aussi à faire en sorte que les émissions de la Deutsche Welle soient diffusées en bande FM sur les stations partenaires, sur les applications mobiles et sur internet via le site www.dw.de/francais. Toutes les nouvelles tendances de la Deutsche Welle en direction de l’Afrique francophone seront exposées au cours des travaux de ce jour à Douala. Apres les berges du Wouri, la séance de travail de mardi sera ponctuée par une excursion au pied du Mont Cameroun à Buea et à la plage à Limbe. France Greber est en charge des partenariats en Afrique francophone pour le compte de DW depuis 15 ans. Son portefeuille contient déjà prés de 225 partenaires multimédia sur le continent.

Didier Ndengue