Didier Ndengue

Douala: On roule en vélo malgré les goulots d’étranglement

Les mototaxis ont envahi la capitale économique camerounaise au détriment des vélos. Mais tous les habitants sont loin d’enterrer leur premier amour, malgré la montée en puissance des centres de remise en forme.

Hélène Pina, âgée de 24 ans, ne sait pas faire du vélo. Depuis sa tendre enfance, la jeune Camerounaise n’a pas eu d’attirance particulière pour les bicyclettes. Aujourd’hui, toute seule devant la grande cour de leur maison familiale, elle apprend à manier l’engin à deux roues sous le regard étonné d’Antony, un gamin du secteur. « Comment une vieille fille comme elle ne sait pas pédaler ? » A l’interrogation du petit Antony, Hélène ne donne pas de réponse et continue aisément son apprentissage.
Non loin, Jean Roland Moungam, agent de sécurité, est amoureux du vélo. « Je me rends au travail tous les jours avec mon vélo tout terrain (VTT) », indique-t-il. Se déplacer à vélo est une passion pour ce trentenaire. « Chaque week-end, je fortifie les muscles de mes jambes grâce à mon vélo. Je parcours plusieurs quartiers de Douala avec », ajoute Jean Roland. Pour ce passionné, les avantages d’être propriétaire de vélo sont légions. « Vous travaillez votre physique en pédalant, et cela vous éloigne des accidents vasculaires cérébraux (AVC) ». Il y a également des risques : « Il faut être vigilant quand on est à vélo sur une chaussée car on peut être percuté à tout moment par un véhicule ou percuter à son tour un piéton», renchérit M. Moungam.

Mototaxis, les nuisibles
Contrairement à Jean Roland Moungam, beaucoup de Camerounais n’aiment pas faire du vélo à l’air libre. Ils préfèrent se rendre dans un centre de remise en forme (un gymnase). Egalement déplorable au Cameroun: l’inexistence des pistes pour bicyclettes. Dans la foulée des difficultés, on rencontre la galère des familles camerounaises.
Plutôt que s’offrir un vélo qui est seulement bénéfique pour le physique, un chef de famille préfère cotiser des centaines de milliers pour s’octroyer un mototaxi. Avec ça, il peut transporter des passagers et subvenir aux besoins quotidiens de sa famille. Les chômeurs camerounais l’ont compris. Les chefs d’entreprises aussi. Car depuis les années 2000, plusieurs d’entre elles investissent dans ce domaine de transport urbain. C’est ce qui justifie, entre autres, la disparition soudaine des vélos. D’autant plus qu’ils n’ont pas une grande capacité pour transporter à la fois des marchandises et des personnes. Donc, ils ne rapportent pas, financièrement parlant.
Bob, le moniteur
Malgré cette mutation, Bob, un autre passionné de vélo est resté fidèle à son premier amour. Gamin, c’est chez lui que j’apprenais à pédaler. A l’époque, cet expert réparait et commercialisait des vélos. Il en avait en abondance et de toutes les qualités dans son atelier. Après un incendie et quelques malheurs subis par son domaine, Bob a pris du recul pour mieux mûrir son projet et relancer ses activités. Et ça marche !
Aujourd’hui, Bob possède l’un des garages de vélo les plus sophistiqués et prisés de la ville de Douala. Il commercialise et donne des cours de qualité à quelques particuliers. Et c’est grâce à ce business que le jeune homme s’est offert un conteneur de vélos à Bonapriso. Il bâtit progressivement son entreprise, même si l’achat des vélos connait une chute libre dans son pays.

Didier Ndengue


Entreprise : Un baromètre de la pratique de la RSE en gestation en Afrique centrale

Le projet prend corps au Cameroun à travers l’enquête qui s’étend du 20 janvier au 17 février 2015 sur 7 villes.

La 3ème étude sur la perception de la pratique de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) au Cameroun au courant de l’année 2014 livrera ses résultats dans quelques semaines. L’Association pour la communication sur les maladies tropicales (Ascomt), le Magazine international de la santé et de l’environnement (Malaria), et leurs partenaires scientifiques annoncent que cette enquête est menée dans sept villes dont Garoua, Ngaoundéré, Yaoundé, Douala, Buéa, Bafoussam, et Bamenda. Selon ce que rapporte le communiqué de presse relatif au lancement de cette nouvelle phase du projet, cette étude va être effectuée dans un contexte marqué encore par l’impact des éditions précédentes (2012 et 2013). Impact observé à travers une volonté d’identification de certains acteurs (entreprises, NDLR) par rapport à ce travail et de renforcement de leurs capacités en matière de compréhension ou de pratique de la RSE ; impact aussi par l’importante polémique parfois suscitée autour de cette étude à travers les critiques et les observations qui permettent d’accroitre la validité et la fiabilité du prochain travail. Au Cameroun, l’entreprise de téléphonie mobile MTN a toujours figuré parmi les meilleures dans ce domaine. Cependant, ses responsables poussent toujours le bouchon plus loin pour conserver la 1ère place du classement. « Plutôt qu’une critique, mon souhait est de voir Ascomt et Malaria multiplier les études de ce genre afin de permettre à tous les acteurs de la Responsabilité sociétale au Cameroun d’avoir des éléments d’appréciation et de comparaison de leurs activités » résume Jean Melvin Akam, le secrétaire exécutif de la Fondation MTN dont l’entreprise éponyme arrive en tête du classement de la dernière étude.
La 3ème étude est conduite par une équipe de chercheurs de l’université de Douala et appuyée par des membres du « Luxembourg Senior Auditors ». Elle vise à mesurer et à apprécier les actions sociétales menée par des entreprises courant 2014. A la fin des travaux, un classement des entreprises responsables sera proposé. « Le concept de RSE interpelle plus que jamais toutes les entreprises quelque soit le secteur de l’activité », rappelle le Pr Gilles Etoundi, Directeur adjoint de l’Ecole supérieur des sciences économiques et commerciales (Essec) du Cameroun qui assure la supervision scientifique de l’étude. « Les responsables d’entreprises et l’ensemble du corps social, ont compris l’importance de cette étude. D’ailleurs, plusieurs entreprises la citent en référence dans leurs bilans et discours. Ce qui nous invite à plus de rigueur dans notre démarche », fait savoir Paul Nyemb Ntoogue (El Pacho), Président de l’Ascomt et par ailleurs responsable de l’équipe de recherche. Après le Cameroun, le baromètre compte s’élargir au Tchad et dans tous les autres pays d’Afrique centrale et de la zone francophone, où la demande va croissant.

Didier Ndengue


PAD: Des conteneurs étouffent l’entrée sud

L’accès dans la zone portuaire de ce côté est devenu minuscule.

Sous une chaleur suffocante, une dizaine de jeunes chercheurs d’emploi se rafraichissent avec un jus d’oseille ou avec l’eau glacée. Les boissons les sont proposées à l’entrée sud du Port autonome de Douala (Pad) par la musulmane Aïcha. D’autres se régalent tout simplement avec des beignets de farine. En face de la tente en fer qui abrite ces jeunes gens du soleil, on aperçoit un bâtiment et des petites fenêtres ouvertes. C’est ici qu’il est recommandé à chaque adepte de déposer ses pièces d’identification.
Ce mardi 20 janvier, les jeunes camerounais ne dérogent pas à la règle. Ceux qu’on rencontre ce matin sont des retardataires. Leurs collègues, arrivés plus tôt, sont déjà au front. Leur travail consiste à charger ou à décharger les conteneurs. Le tonnage se déroule un peu plus loin de la zone d’enregistrement. « C’est un travail rentable, mais qui nécessite une certaine force physique », nous avertit un ouvrier en chasuble vert-citron, rencontré sur les lieux.
Lorsqu’on emprunte la route qui conduit à l’entrée principale de Douala international terminal (Dit) par ancien Messapresse, on tombe sur un premier poste de police. Une jeune femme en uniforme veille particulièrement au grain. Aucun véhicule n’entre, ni ne sort sans être identifié. A l’extrême droite de celle-ci, plusieurs grumiers transportant des billes de bois et des conteneurs de 20 et 40 pieds. Ces gros porteurs forment une longue file jusqu’au second poste de contrôle où tous les visiteurs sont obligés de payer 450 FCFA pour accéder au Pad. En plus des gros porteurs, plus d’une centaine de conteneurs sont entassés les uns sur les autres, non loin de la chaussée, du côté gauche de la route qui mène à Dit. « Ce sont les conteneurs des sociétés de Cacao et Café basées ici », indique Matthieu K.
Autour de ces usines, on aperçoit plusieurs personnes en train de sortir des sacs de cacao et de café des camions. L’un d’eux, pour s’assurer que les produits à exploiter sont de bonne qualité, éventre chaque sac et sort quelques grains qu’il goute avec sa langue. Une autre équipe se charge à son tour, de stocker la bonne marchandise au magasin. Approché pour justifier la présence massive des conteneurs à l’entrée sud du port, un collaborateur de Jakob Sidenius apprend que cela ne relève pas de la responsabilité de Douala international terminal (Dit). « Là, il faut vous rapprocher des autorités portuaires pour en savoir d’avantage », se dédouane notre source. Et de renchérir : « Toutes les mesures mises en place pour le désengorgement fonctionnent très bien

Didier Ndengue


Panique : Des institutions françaises sous haute surveillance à Douala

Des policiers lourdement armés y veillent en longueur de journée depuis l’année dernière.

Ceux qui sillonnent régulièrement les lieux ont forcément fait le même curieux constat. L’Avenue des Cocotiers au quartier Bonanjo, dans la capitale économique camerounaise, où est basé le consulat général de la République française a soudainement changé de configuration depuis 2014. Premièrement, les longues files d’attente de demandeurs de visa et autres renseignements devant l’institution diplomatique ont considérablement diminué. Ce qui rend le lieu moins jovial. Pas très différent d’un cimetière en plein cœur administratif. Sous le manguier sis devant la villa qui abrite le consulat, des policiers armés sont régulièrement assis, en lieu et place des jeunes débrouillards camerounais qui proposaient, il y a quelques mois, leurs services aux visiteurs de l’institution européenne. Chassés de leur territoire habituel par les hommes de Martin Mbarga Nguélé, Délégué général à la sureté nationale, ils errent désormais aux alentours, en espérant un jour retrouver les pieds du manguier et poursuivre leur business qui consiste à guider les aspirants aux visas français.

Dans la même rue des Cocotiers, quelques vendeuses étalent leurs marchandises à un jet de pierre de l’école primaire basée dans le coin. Les hommes en tenue y défilent de temps en temps avec leurs voitures et motos, pour constater l’ambiance. Selon certaines indiscrétions, ces mesures sécuritaires ont été renforcées à cause des manifestants camerounais qui ciblent régulièrement la filiale camerounaise du ministère des relations extérieures français pour dire leurs mécontentements, vis-à-vis de certains accords de partenariat entre le pays de François Hollande et celui de Paul Biya. Durant les deux dernières années, plusieurs leaders d’association parmi lesquels Banda Kani et Joe la conscience ont manifesté devant le consulat. Les deux combattants ont été interpellés par les forces de maintien de l’ordre, auditionnés et puis relâchés quelques heures après. Le 27 décembre 2014, une marche pour la souveraineté monétaire de l’Afrique était programmée par le nationaliste Mboua Massok. Ce dernier devait, sans doute, faire un crochet au consulat français.

 
Le lycée Dominique Savio quadrillé

Alors qu’elle bénéficie déjà des bons soins de plusieurs agents d’une société de gardiennage, l’école d’enseignement secondaire français Dominique Savio est aussi sous la protection de la police camerounaise. Au moins deux à quatre officiers, vêtus de leurs uniformes noires, armés de matraques et d’armes à feu, sont régulièrement le long de la rue de l’établissement sis au quartier Bonapriso. Cette nouvelle donne sécuritaire est perceptible depuis l’avènement des prises d’otages et actes terroristes à répétition dans la partie septentrionale du Cameroun. En effet, après l’enlèvement de la famille Moulin-Fournier le 19 février 2013 au Nord Cameroun, on se souvient que le gouvernement de François Hollande avait interdit cette partie du territoire à ses ressortissants. Le Nord Cameroun avait été mis dans le registre des zones rouges à ne pas franchir. Certainement que les nouvelles adoptions observées depuis l’année dernière à Douala visent à protéger les français des rapts et des violences.

Didier Ndengue


Année 2015 : Le HCR et les réfugiés de Douala

L’élection du nouveau président du collectif ralentit le fonctionnement de l’institution spécialisée des Nations unies, depuis novembre 2014.

Le fonctionnement du collectif des réfugiés est miné par l’élection du nouveau président. Le mandat de Kalema Ngongo est arrivé à son terme depuis le mois de décembre 2014.

En principe, selon nos sources, c’est depuis le 21 novembre dernier que le nouveau président du collectif devrait être pour les quatre prochaines années. Mais à cause des incohérences occasionnées par la communauté de réfugiés centrafricains, qui refusait de se soumettre aux textes des élections, la date a été reportée. Le congolais Kalema Ngongo Jean-Louis, candidat à sa propre succession, est face à Dr. Tina, et Frédéric Andja, tous deux d’origine centrafricaine. Après plusieurs réunions de crise avec le HCR, la date du 20 janvier prochain a définitivement été retenue pour l’élection du président du collectif des réfugiés de Douala.

En attendant, le président sortant, candidat à sa succession fait son bilan. « La satisfaction a été la reconnaissance de nos documents auprès des forces de l’ordre. La sensibilisation a été parfaite. Le HCR a tenu des réunions avec la hiérarchie des forces de maintien de l’ordre pour notre cause », se réjouit Kalema Ngongo Jean-Louis. Cependant, des poches de résistance perdurent avec d’autres partenaires locaux.

Pour l’année en cours, le HCR doit faire reconnaitre les documents administratifs des réfugiés et demandeurs d’asile par des banques, en plus d’Express Union et de Western Union, pour faciliter leurs transactions financières. Les réfugiés réclament aussi l’effectivité de l’autonomie du bureau de Douala qui dépend encore jusqu’ici de Yaoundé. Dans le domaine de l’éducation, le collectif informe que la rentrée scolaire 2014/2015 a été assurée à 100% par le HCR. Pour les élèves du secondaire qui n’ont pas obtenu de bourses, « le HCR a trouvé des places pour eux aux lycées ». Certains parents aussi prennent des cours dans des centres d’alphabétisation.

En santé, un panel a vu le jour l’année dernière. Elle comporte le HCR et tous leurs partenaires santé. « Grâce à ce panel, nous trouvons des solutions à tous nos problèmes de santé », rassure M. Kalema. Dans ce domaine sensible justement, un problème s’oppose au niveau des urgences et les hôpitaux partenaires du HCR. Ces derniers ne disposent pas souvent du matériel adéquat pour soigner des cas de maladies aggravées. Dans ce cas, il faut faire recours à des institutions plus équipées comme l’hôpital Laquintinie. Le social reste le nœud de la discorde entre les réfugiés et les partenaires du HCR. En 2014, par exemple, ADRA ( Adventist development and relief agency) n’a financé aucun microprojet soumis par les réfugiés.

Didier Ndengue


Après l’attaque meurtrière contre Charlie Hebdo à Paris : Le cri de cœur des dessinateurs de presse camerounais

Ils présentent les menaces de mort qui pèsent sur eux au quotidien.

Dans la salle de rédaction du tri-hebdomadaire Aurore Plus ce vendredi 09 janvier 2015. Hercule César Fojepa, le caricaturiste de service est assis sur le fauteuil de son bureau, les yeux rivés sur Euroneuws. La chaîne de télévision européenne diffuse des reportages en boucle sur l’attentat souvenu mercredi 07 janvier contre l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo à Paris. Au pied d’Euroneuws, on lit : « Je suis Charlie ».

De toutes les thèses proposées relatives au massacre de 12 personnes lors de cette attaque, Hercule César Fojepa a sa petite idée sur les vraies raisons de cet acharnement contre les journalistes français. En effet, le dessinateur d’Aurore Plusy voit un règlement de compte bien muri. « Les raisons de cette attaques ne sont pas encore invoquées par les tueurs. Celles invoquées par rapport à Mahomet ne sont pas les véritables. On sait très bien que les arabes sont très rancuniers. Je vois la chose d’une autre façon, quand on sait que c’est la France qui a commencé à soutenir l’armée syrienne libre. C’est encore elle qui est entrée à la télévision syrienne pour tuer des journalistes sans que ça ne gène personne. Les tueurs ont fait d’une pierre deux coups. Ils ont vengé Mahomet et les journalistes tués en Syrie », pense Hercule César Fojépa qui a une pensée pieuse pour les journalistes des différents bords « qui ne faisaient que leur travail ». Le caricaturiste camerounais est aussi d’avis que les journalistes ne devraient pas être mêlés aux règlements de compte politiques ou religieux.

Le Popoli pleure ses quatre complices tués

Les relations professionnelles entre les jeunes journalistes du premier quotidien satirique camerounais et l’hebdomadaire français étaient étroites au point où les deux rédactions, malgré la distance qui les séparent, avaient beaucoup d’admiration l’une envers l’autre. Elles échangeaient chaque fois que l’occasion se présentait.

Mais la triste réalité de l’attentat de mercredi laisse Paul Nyemb Ntoogue alias El Pacho orphelin de quatre de ses meilleurs complices de Charlie Hebdo. Le directeur exécutif du seul satirique camerounais a perdu Stéphane Charbonnier, alias Charb, directeur de la rédaction et dessinateur, Jean Cabut, alias Cabu, Georges Wolinski et Bernard Verlhac, alias Tignous. « Le Directeur de publication Nyemb Popoli lui-même a mainte fois discuté avec eux. On trouvait qu’ils étaient trop courageux. Personnellement, dans le cadre du dessin sur Mahomet, je trouve que c’était trop osé dans un contexte où on est de moins en moins tolérant », argumente El Pacho. Avant de sortir des armes sur des dessinateurs, le dessinateur de presse camerounais suggère dorénavant de bien chercher à comprendre les messages des caricatures. Car leur but n’est pas la destruction du monde, « mais pour que la société s’améliore », renchérit-il.

Au niveau du journal Popoli, on a pris beaucoup de recul après d’abondantes menaces de mort des hautes personnalités de la république et des particuliers sur le genre de caricatures à publier. Le journal se refuse par exemple de produire des dessins sur le tribalisme. « Nous sommes dans un contexte très différent. Il y a beaucoup de tolérance en matière de religion au Cameroun. Ceux qui ont constamment menacés Le Popoli, sont des hommes politiques. Le chantage est récurrent, nous sommes déjà habitués. Mais nous jetons toujours un coup d’œil sur nos caricatures avant publication », indique-t-on au journal Le Popoli.

Des hommes à abattre ?  

Le premier dessinateur camerounais à avoir payé le lourd tribut de ses œuvres sur Paul Biya est Kiti. Il avait caricaturé le président de la République dans une Jeeb militaire. Cela lui a coûté, d’après nos sources, une bastonnade et la prison. En 1990, alors qu’il dessine pour le compte de Football Elite, Hercule César Fojepa reçoit des intimidations d’un général de l’armée camerounaise. « J’avais caricaturé le général en train de corrompe avec l’argent volé », se souvient-il. Et d’ajouter : « nous avons reçu un camion de policiers venus m’arrêter. C’est grâce aux négociations avec certains corps de l’armée que j’ai eu la vie sauve.» Un an plus tard, (1991) Hercule César est agressé dans un hôtel de la ville de Douala par des particuliers mécontents de ses productions. « On a échangé des coups de poing et c’est grâce à ma force que j’ai pu échapper à ces gens-là».

Au satirique Le Popoli, les dossiers de justice sont entassés comme des bouquins dans une bibliothèque. Il revient donc aux juridictions compétentes de trancher. De son côté, Nyemb Popoli, le directeur de publication et ses collaborateurs ont rarement invoqué en public les menaces dont ils font objet dans le cadre de leurs activités professionnelles. L’attaque contre Charlie Hebdo vient comme réveiller les vieux souvenirs qui tendaient déjà à disparaitre de la mémoire d’El Pacho. Il se souvient de cet homme d’affaires originaire du Nord Cameroun qui « avait menacé d’égorger le Dp », il y a plus d’une décennie, pour l’avoir dessiné dans Le Popoli.

Seulement pour le compte de l’année 2014, cinq à six ordinateurs portables ont été emportés de la voiture du Dp. Des braquages et appels téléphoniques menaçants sont légions au satirique. Dans la nuit du 7 au 8 décembre 2013, les malfrats pénètrent le domicile d’El Pacho. Ils y pulvérisent un produit dormitif pour empêcher à quelque membre de sa famille de se réveiller pendant la mise à sac. « Je les voyais dans mon lourd sommeil, je ne pouvais malheureusement rien faire », regrette le journaliste qui, impuissant sur lit, a vu son ordinateurs personnel, ses portables et tous ses clés UBS emportés par les gangsters. « Ils sont entrés par la fenêtre de la cuisine. Ils n’ont pris ni la télévision, ni les tissus de luxe de mon épouse. Ils n’ont touché à personne », ajoute-il. En 1998, Nyemb Popoli est contraint de fuir son pays natal pour l’Afrique du Sud. Mais il rentrera quelques mois plus tard pour poursuivre l’œuvre qu’il a commencée. « On a singulièrement senti la mort, mais j’ai toujours joué le faux courageux », avoue El Pacho, inconsolable suite à l’assassinat de ses confrères de Charlie Hebdo.

Le Popoli comme Charlie Hebdo?
Le Popoli comme Charlie Hebdo?

Didier Ndengue

 


Insécurité : Un expatrié et un camerounais interpellés à Douala

Ils transportaient armes, munitions, cocaïne…les deux suspects non identifiés sont dans les mailles de la police judiciaire depuis samedi, 10 janvier 2015.

L’effrayante découverte se déroule en matinée sur l’axe routier Edéa-Douala, dans un bus Vip de l’agence de voyage Buca, en provenance de Yaoundé, la capitale camerounaise. Dans ce véhicule de couleur rouge, deux passagers dont un blanc et un noir affichent des attitudes suspectes. Ils vont aussitôt attirer la curiosité d’une passagère.

Cette dernière remarquera un port d’arme sur le blanc. Mais elle ne dira rien à personne, si ce n’est au chauffeur du bus, de peur d’attirer l’attention de l’expatrié et des autres voyageurs. Le chauffeur, quant à lui, va aussitôt, de façon très discrète, alerter sa hiérarchie. Le commissariat central de Logbaba sera contacté et une forte délégation d’hommes en tenue va être déployée à l’entrée Est de la capitale économique. Le bus transportant le blanc et son complice noir sera stoppé net par les éléments de la police judiciaire à Yassa.

Après les fouilles, des indiscrétions à l’agence Buca Voyages de Douala apprennent que « l’expatrié et son compagnon, sauvagement tatoués, transportaient une arme à feu, un important lot de cocaïne et 19 munitions ». Les intentions des deux hommes seront donc vouées à l’échec, car embarqués par la police. Selon le chef d’agence de Buca approché par notre reporter, le commissariat du 11e arrondissement a ouvert une enquête sur les deux hommes. Au niveau de la police, on ne veut pas également se prononcer sur cette affaire. Ni leurs identités, ni la provenance de leur cocaïne, arme et munitions nous ont été communiquées. « Le dossier est entre les mains du Commissariat du 11e . Moi, je ne peux encore rien vous dire », a juste répliqué le chef d’agence de la compagnie de transport terrestre.

Des cas similaires sont régulièrement signalés dans les autres agences de voyage des grandes métropoles camerounaises. Ces dernières sont, depuis quelque temps, devenues des nids de trafic d’armes et des stupéfiants. Il y a quelques jours, selon une source bien introduite, des individus non identifiés ont pris la poudre d’escampette abandonnant un sac de kalachnikovs et des munitions à l’agence Princesse Voyages.

Didier Ndengue


Quelques jours avant la CAN 2015 : LETTRE OUVERTE AU Pr JOSEPH OWONA

Peu avant son décès, le journaliste camerounais Noé Ndjebet Massoussi avait écrit cette lettre pour le Président du Comité de Normalisation de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT).

 

Comme tu ne peux pas, laisse !

Cher Papa et cher Professeur,

L’éducation que j’ai reçue de mes parents me recommande de vous appeler « Papa ».

Aussi, voudrais-je que tu ne me tiennes point rigueur si je me suis donné la liberté de tutoyer une sommité de ton rang.

En me décidant de parler de toi, Papa Joseph Owona, j’ai bonne conscience de me risquer en terre inconnue. Car, l’enfant ne saurait prétendre connaître mieux ses parents. Mais il peut, par rapprochement, se faire une idée sur ceux-ci au travers des anecdotes et des histoires des plus abracadabrantesques que des plus vraies. Sur toi papa Owona, j’en ai entendu des tonnes dont je ne peux me souvenir que de quelques-unes.

J’ai entendu parler de toi, Papa Joseph Owona, de tes années de Chancellerie à l’Université de Yaoundé. Il se raconte qu’un beau matin, perché sur le perron de la chancellerie, tu aurais recommandé aux étudiants munis de pancartes pour une « marche pacifique » en signe de réclamation de leurs bourses, de ne pas marcher, mais de courir plutôt ; car la marche ne leur procurerait aucun bien.

J’ai également entendu parler de toi, Papa Joseph Owona, à propos de la Loi constitutionnelle du 18 janvier 1996 pour laquelle tu aurais été le « Cuisinier en chef ». Cette Loi constitutionnelle regorge, je l’avoue, d’importantes avancées pour la démocratie (décentralisation, limitation de mandats présidentiels, Conseil constitutionnel, déclaration des biens, etc.) ; mais elle reste inopérationnelle dans son entièreté, à cause de l’élasticité de son Article 67 qui aurait pourtant été contraignant dans le temps.

J’ai encore entendu parler de toi, Papa Joseph Owona, de tes années comme Secrétaire Général de la Présidence de la République du Cameroun. Il se raconte encore que tu aurais, en lieu et place du Chef de l’Etat en déplacement hors du pays, « limogé » Gervais Mendo Ze de la direction générale de la CRTV. Et que ce dernier n’aurait vu son poste sauvé que grâce à certains employés qui se seraient opposés, à la lecture de l’acte de révocation de leur « Mariologue » de DG.

J’ai également entendu parler de toi, Papa Joseph Owona, de tes années comme Ministre de la Jeunesse et des Sports. Il se raconte là-bas que tu aurais rebaptisé la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT), « FECAFOOTAISE », puis « FECACACA ». Tu aurais fait interpeller Vincent Onana, ci-devant Président de la FECAFOOT, sous prétexte que ce dernier avait « placé » les tickets des matches du Cameroun de la phase finale de la Coupe du monde 1998 sur le marché noir, alors que la vraie raison serait ailleurs. Après plus de deux ans de détention préventive à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé, Vincent Onana fut relâché purement et simplement pour « faits non établis », pour être élu plus tard Député du Cameroun.

Il se raconte également qu’en ta qualité de Ministre de la Jeunesse et des Sports, dans une lettre fumante et musclée, mais avec une argumentation fondée sur une efficacité dialectique de dénonciation, tu aurais rappelé aux dirigeants de la Fédération Internationale de Football Association, que la FIFA n’est qu’une association privée de droit suisse qui ne saurait, à ce titre, dicter quoique ce soit au Cameroun qui est un Etat indépendant et souverain. Certes, le choc fut si violent que les dirigeants de la FIFA, se sentant blessés dans leur arrogance et leur roublardise hégémoniques, avaient suspendu le Cameroun de toutes les activités de la FIFA. La lettre du Premier Ministre camerounais de l’époque, désavouant son Ministre de la Jeunesse et des sports que tu étais, bien qu’ayant eu le mérite d’avoir fait lever la sanction du Cameroun, fut qualifiée par la majorité du peuple camerounais, de singerie tropicale devant une association privée de droit suisse ayant décrété unilatéralement sa toute-puissance allant au-dessus des Etats. Mais toi, tu fus célébré pour cette vérité.

Il se raconte aussi qu’à l’occasion de la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) au Burkina-Faso en février 1998, la délégation camerounaise pléthorique et familiale était constituée d’enfants et de personnes qui n’avaient rien à faire avec le football et les Lions Indomptables, comme ce fut le cas en juin 2014 au Brésil; ce qui, dans les deux cas, aurait occasionné des dépenses superfétatoires. Encore que certains Camerounais cherchent encore et toujours les réelles motivations des agapes aux allures de cérémonies de dot et/ou de mariage que tu as organisées en grandes pompes à la Cité « Ouaga 2 000 » au Burina-Faso, alors que le Cameroun venait d’être honteusement éliminé de la compétition.

J’ai entendu parler de toi, Papa Joseph Owona en 2006, demandant au Chef de l’Etat du Cameroun, M. Paul Biya, de respecter la Constitution de notre pays. Cette sortie, bien que t’ayant valu une mise à l’écart du circuit administratif, mieux ministériel, a fait de toi un homme intègre, et le public a tôt fait de faire fi de tes casseroles.

J’ai encore, la même année 2006, entendu parler de toi, Papa Joseph Owona à l’Institut de Management Public. Tu aurais dit là-bas que la FECAFOOT était gérée comme une épicerie, sans manuel de procédure. Ta nomination à la présidence du Comité de Normalisation de la FECAFOOT en juillet 2013, près de sept ans après, a été saluée par ceux que le système de gouvernance épicière que tu y décriais déjà, avait exacerbés, finis, rendus « pala-pala », chassés du football et des stades.

Ainsi, à nombre de tes proches, tu aurais confié que tu venais pour nettoyer l’auberge d’Augias qu’était devenue la FECAFOOT depuis des lustres. Mais dix-sept mois après ta prise de fonction en tant que normalisateur en chef du football camerounais en général, et singulièrement de la « FECACACA », je me sens dans l’obligation, la grande saison épistolaire s’y prêtant, de t’écrire parce que, à ta manière et à ton allure, le développement du football camerounais que la communauté sportive nationale appelle de tous ses vœux, n’est pas pour demain. La fondation de ce football nouveau qu’on t’a confiée, périclite dangereusement, dévoilant chaque jour un peu plus de failles à ne pas en finir. Tout est mis ensemble pour écarter le football camerounais et ses futurs dirigeants des valeurs de ce « sport-roi » et de l’olympisme. N’est-il pas vrai que : « Tel on fait son lit, on se couche » ?

Mais papa, as-tu, un tantinet, oublié cet adage haoussa qui renseigne que : « L’eau chaude n’oublie pas qu’elle a été froide » ? Souviens-toi de tout ce que tu avais dit de cette FECAFOOT, de ses dirigeants, de la FIFA et de ses dirigeants avant que tu ne sois nommé président du Comité de Normalisation de la FECAFOOT. Conscient qu’« il est des circonstances où se taire est aussi lâche que criminel [1]», je ne saurais me taire pour te plaire. Certes, mon rôle, pour paraphraser Albert Camus in Actuelles, I, P. 206[2], je le reconnais, n’est pas de te transformer, ni transformer ceux avec qui tu travailles à la normalisation, encore moins ceux de la FECAFOOT dont tu critiquais la gestion hier : je n’ai pas assez de vertus, ni de lumières pour cela. Mais il est de te dire que j’ai honte, et ne reconnais plus le vénéré Professeur Agrégé de Droit Constitutionnel dont les étudiants des années 80 à l’Université de Yaoundé se souviennent encore de la science et du discours. Ce sémillant Professeur Agrégé de Droit Constitutionnel que ses étudiants avaient, par admiration, par affection et par respect, surnommé « MASSA YO [3]». Qu’es-tu devenu ? Qu’as-tu fait de ton honneur, de ta dignité ? Quelle image se font aujourd’hui de toi ces milliers d’étudiants passés par ton école des décennies durant, et qui occupent d’importantes responsabilités au Cameroun et dans le monde, qui te regardent, te subissent et qui vivent douloureusement la manière dont tu tords le cou au droit à la normalisation de la FECAFOOT ?

A la vérité papa, de ta vie de constitutionnaliste, as-tu déjà vu une Constitution d’un pays avec des Annexes ajoutés au bas de la signature du chef de l’Etat concerné ? Il me souvient que les dispositions transitoires sont toujours incluses dans la Constitution. C’est le cas de l’Article 67 de la Loi constitutionnelle du Cameroun du 18 janvier 1996, élaborée par tes soins. Quelle valeur juridique donnes-tu aux Annexes ajoutés aux Statuts de la FECAFOOT et aux Statuts – Types des Ligues décentralisées ?

Par ailleurs, où est l’expression du droit, de l’impartialité, de l’équité quand dans le Rapport Bekolo relatif aux insolvables de la FECAFOOT, tu ne choisis d’interpeller que le seul Abdouraman Hamadou Baba pour rembourser, de ton point de vue, ce qu’il doit à la FECAFOOT ? Pourquoi n’as-tu pas fait de même pour Tombi a Roko Sidiki, Joseph Pierre Batamack, Michel Kaham, et tous les autres épinglés par ce Rapport ?

Parce que tu as eu envie de remuer les « CACAS » de la FEDE sur lesquels tu t’es assis, comment fais-tu pour ne pas sentir les odeurs nauséabondes de détournements des financements destinés à la construction des sièges de certaines ligues décentralisées ? J’ai plutôt été stupéfait d’apprendre, au sortir de la Coupe du monde foireuse de 2014, que tu as promis encore de l’argent aux Ligues régionales du Littoral et du Sud pour les mêmes projets dont les financements avaient été détournés il y a quelques années. Bien plus, dans la poubelle de la « FECAFOOTAISE », n’as-tu pas trouvé qu’une importante somme d’argent y a été décaissée pour l’achat des planches qui auraient dû servir à la réhabilitation du Stade Akwa (Stade MbappeLeppe) à Douala ? T’es-tu posé un seul instant des questions sur : combien de planches avait-on achetées ? Pour quel coût ? Où étaient passées ces planches puisque ce stade est resté dans son piteux état jusqu’à ce jour ?

Au fait cher Papa, pourquoi as-tu refusé de faire auditer la FECAFOOT (comptes bancaires, contrats des employés, etc.) comme l’avait suggéré ton ex-Vice-président à la normalisation, Prince Emmanuel NgassaHappi ? Pourquoi as-tu exigé que chaque candidat à la candidature à la présidence (ligue départementale, ligue régionale et fédérale) de la FECAFOOT dépose sa caution dans le compte bancaire de la Commission de Football Jeunes, et non dans les comptes bancaires des différents démembrements concernés de la FECAFOOT, ou tout simplement dans le compte bancaire de la FECAFOOT ? Qu’est-il arrivé au compte bancaire de la FECAFOOT ? Est-il sous scellés ?

Mais bon Dieu ! Que fait la « calebasse à la danse des pilons », si les pilons ne prenaient conscience de la préciosité de la calebasse qui est parmi eux ? Ta seule présence au Comité de Normalisation de la FECAFOOT aurait pu régler environ 70 pour cent des problèmes du football camerounais. Hélas, tu viens de manquer d’écrire ton nom en lettres d’or dans les annales de l’histoire du football camerounais en général, de l’histoire de la FECAFOOT en particulier, de l’histoire du Cameroun tout court.

Papa « Yo »,

A se remémorer tes déclarations de l’époque sur la FECAFOOT et ses dirigeants successifs, on est frappé de ce qu’une fois arrivé à la FECAFOOT, ton discours a changé, la perception que tu avais de la FECAFOOT et de ses dirigeants a changé, bref tu as changé. Après avoir trouvé qu’il n’y avait que « fourberie » et « menterie de vrai » à la FECAFOOT, t’es-tu toi aussi vêtu de la peau d’hyène comme le présageait Ibrahima Dieng[4] qui avait fini de trouver que « l’honnêteté est un délit de nos jours »? Dois-je comprendre, à la lumière de ce proverbe bantou, que « quand on a mangé salé, on ne peut plus manger sans sel » ? Dois-je comprendre que les cacas de la fédé sont devenus aussi succulents que tu ne parviennes pas à démissionner ? Et dois-je conclure avec ce proverbe nigérien qui révèle que « ce n’est pas à toute oreille percée que l’on met des anneaux d’or ».

Si en juin 2013, les élections à la FECAFOOT ont été invalidées à cause des textes, et qu’en 2014 les élections à la FECAFOOT ont encore été annulées toujours à cause des textes, alors que tu as été nommé à la FECAFOOT pour résoudre ce problème, que dois-je comprendre si ce n’est qu’en 18 mois environ, tu as été incapable de vidanger le syndrome « FECACACA » ? De quoi réfuter le concept de normalisation qui, comme dans un miroir, la «FECACACA» d’avant normalisation est devenue la «CACAFOOT» pendant la normalisation à laquelle on avait tôt fait de trouver un accent messianique. Sans fausse honte, aies le courage de reconnaître que le bulletin de santé du football camerounais en général, et de la FECAFOOT en particulier, suscite de sérieuses inquiétudes.

Il est de plus en plus établi qu’il est impossible pour toi de poursuivre le pari absurde de vouloir coûte-que-coûte faire respecter les valeurs du football et de l’olympisme, alors que le non-droit, la partialité, l’iniquité et l’immoralité, sont érigés en principes directeurs à la FECAFOOT et dans ses ligues décentralisées, spécialisées et commissions. Tu as lamentablement échoué à tes missions, à savoir :

  1. La gestion des affaires courantes : C’est sous ton règne que le championnat national d’élite s’est joué à 19 clubs (Ligue 1), 18 clubs (Ligue 2) et 14 clubs (football féminin) à cause du favoritisme dont certains clubs ont eu droit. Les mécanismes de montée et de descente des équipes ayant été ostentatoirement bafoués en toute impunité et avec ta bénédiction. Le président de la Commission qui en avait la charge a été royalement écarté et ignoré tout au long de votre bail à la FECAFOOT. C’est encore sous ton magistère qu’un dirigeant de club (F.C.Sanaga d’Edéa, Deuxième division régionale du Littoral) est président de la Commission d’homologation et de discipline de la ligue de football dans le Littoral sans que ledit championnat ne soit invalidé.
  2. La relecture des textes : Les textes de la FECAFOOT ne se résument pas aux seuls Statuts et Code électoral qui, il faut le reconnaître, ont quelques avancées, bien que truffés d’incongruités de nature à plomber les élections en l’état actuel de fonctionnement de la FECAFOOT. Ce que tu t’entêtes à ne pas reconnaître. Et pourtant, on ne peut avoir d’élections crédibles, impartiales, transparentes à la FECAFOOT sans les Règlements Généraux, le Code Disciplinaire, le Code Ethique, etc. de cette organisation. Ces textes jusqu’ici méconnus des acteurs  et du grand public auraient pu régler beaucoup de cas d’incompatibilité, d’éthique et de discipline. La confiscation des textes de la FECAFOOT depuis le 21 mars 2014 (Cf. le fax de transmission de la FIFA à Sidiki Tombi a Roko), et la présence de Tombi a Roko Sidiki, Secrétaire Général de la FECAFOOT (selon toi, imposé à dessein par la FIFA), à toutes les séances de travail du Comité de Normalisation de la FECAFOOT, relatives à l’examen des projets de textes transmis à la FIFA par le Comité de Normalisation de la FECAFOOT (Cf. Communiqué du 11 mars 2014 pour les séances de travail des 14 et 15 mars 2014 à Yaoundé), trahissent la participation active de Tombi a Roko Sidiki dans l’élaboration et la validation des textes appelés à régir les élections à la FECAFOOT dont il est candidat plus tard. J’observe aussi que les Statuts et le Code électoral de la FECAFOOT « adoptés » le 23 août 2014 en « Assemblée Générale Extraordinaire » ne portent que deux visas (je suppose toi et Adolphe Minkoa She), et non les visas de l’ensemble des « membres » ayant pris part à cette « Assemblée Générale Extraordinaire ».
  3. L’organisation des élections : C’est le plus gros et grand scandale sportif de l’année. Car, le processus électoral, sous ta coupole, porte les germes de son échec. Tout d’abord la mise à l’écart, sans raison aucune, du président de la Commission électorale à ton profit, donnait le ton. Ensuite, le choix de l’Assemblée Générale de 2013 de la FECAFOOT réputée n’avoir jamais existé, du fait de son annulation par la Commission électorale de recours de la FECAFOOT ayant siégé les 25 et 26 juin 2013, en lieu et place d’une Assemblée Générale Constituante de la FECAFOOT, fausse tout et donne à ta démarche tout son cachet partisan et partial.

Cher papa, c’est pourquoi je me bats de toutes mes forces, avec nombre de compatriotes, pour que le football camerounais avance d’un cran ; pour que le football camerounais sorte du gouffre où les dirigeants d’hier et d’aujourd’hui l’ont enseveli ; pour que la gouvernance du football camerounais change. Le changement de la gouvernance de ce football impose le changement des dirigeants qui, eux-mêmes, doivent à la fois incarner et impulser une véritable hygiène mentale, un impérieux changement de mode opératoire, une réelle réappropriation des valeurs du football et de l’olympisme, ainsi que leur scrupuleux respect.

Cher papa « Yo »,

Je voudrais me convaincre que de mes folies ainsi exprimées, je ne t’embarrasserais guère, si la pitance de sagesse que je peux en tirer, me commandais de te dire, sans fausse honte que, comme tu n’as pas pu, en 18 mois environ, normaliser la FECAFOOT, le football camerounais et ses dirigeants, laisse !

Sincèrement, profitant des fêtes de fin d’année, Cher papa, le plus beau et grand cadeau que tu me donnerais, serait ta démission de tes fonctions de président du Comité de Normalisation de la FECAFOOT. Je suis convaincu, comme la majorité de mes frères et sœurs, mamans et papas, que cette démission te ferait du bien et te rendrait ta dignité et tes honneurs.

Cher papa, je laisse à ta sage méditation cette réflexion : « Les oiseaux ne laissent qu’un chant éphémère, mais l’homme passe et sa renommée survit ».

Parfaite considération, Cher Professeur.

Noé Ndjebet Massoussi

Citoyen nationaliste camerounais

B.P. 4653 Douala

E-mail : noemass2000@yahoo.fr

 

 


Mensonge: La face cachée des gris-gris africains

Une jeune camerounaise a brûlé un sac d’écorces ramenées chez les pygmées et sorciers noirs le 31 décembre 2014.

Avant de passer à l’acte final qui consistait à en découdre avec ses gris-gris, Flore Ntolo, âgée de plus de 20 ans, s’est d’abord confiée à son assemblée. Plus jeune, la camerounaise, originaire de la région du sud, voulait déjà être riche. Et pour y arriver, ses copines lui ont proposé de consulter les sorciers noirs pour atteindre ses objectifs. Séduite par la proposition, elle n’a pas hésité à l’appliquer avec le soutien de ces dernières. Flore Ntolo était aveuglement manipulée par ses rêves.

Les premières étapes consistaient à rencontrer les plus terribles marabouts du Cameroun. Sans véritable difficulté, Flore a franchi cette étape avec l’aide de ses amies. La gloire et la richesse étant leur seul objectif.

La clique s’est rendue de village en village pour rencontrer les magiciens. Elles étaient régulièrement bien accueillies par les gourous de la sorcellerie noire. Flore, petite gérante d’un bar-restaurant à l’époque, a demandé l’onction des sorciers pour être la meilleure vendeuse de sa contrée. Alors, elle a reçu une écorce « très efficace », selon les flatteries de son géniteur.

Pendant son déballage, Flore a donné le rôle de chaque idole reçue, plus d’une vingtaine environ. Chacun avait son rôle dans la vie de la jeune femme. Un devait la protéger des fuites d’argent, l’autre devait la permettre de devenir invisible quand elle le souhaitait. En tout cas, chaque fétiche brandit, sous le regard étonnant de son assemblée, avait un rôle.

Paradoxes

En possession des ses multiples idoles, mademoiselle Ntolo se croyait à l’abri de la galère, des malédictions, des attaques spirituelles ou physiques des ennemis, etc. Elle ne se doutait pas une seule seconde qu’elles pouvaient se retourner contre elle, selon les non-dits de ses marabouts.

Eh ben, elle a été déçue en constatant, après plusieurs années, que ces écorces n’avaient que des effets négatifs dans sa vie. Au lieu de fluidifier ses ventes, son commerce du bar-restaurant a carrément chuté, au point « où j’ai supplié 10 000 FCFA à mon patron pour rentrer dans mon village.» Donc, l’écorce devant la protéger des fuites d’argent l’a plutôt sucé. En faveur de qui ? Les hommes qui devaient à leur tour accourir vers elle par une simple salutation de la main, selon les charlatans, prenaient à contrario la poudre d’escampette après l’avoir rencontré. Bref, les écorces et autres fétiches n’ont eu aucun  rôle positif dans sa vie. Alors qu’elle mettait toutes les recommandations de ses marabouts en œuvre pour parvenir à ses fins.

la cerise sur le gâteau      

Flore a été trompée sur le chemin de la gloire. Au bout du compte, elle a obtenu une légion de maladies sexuellement transmissibles (MST). Devenue chrétienne depuis quelques mois, la camerounaise, mère d’enfants, a décidé de renoncer aux fétiches et de recommencer sa vie à zéro. Le 31 décembre, elle s’est rendue au dernier rassemblement de l’année 2014 avec un sac bleu remplit d’écorces de toutes espèces et une bouteille de pétrole. A la fin du déballage, Flore a brûlé ce sac en présence de tous les membres de son association chrétienne.

Elle a été guérie de toutes ses maladies en allant à la prière. Mais, l’autre curiosité est qu’elle a été chassée de la maison où elle était hébergée, quatre jours plus tard, par sa sœur aînée, pour avoir brûlé les produits des marabouts.

Didier Ndengue


Nécrologie : La presse camerounaise en deuil

Le journaliste Noé Djebet Massoussi est décédé ce 29 décembre matin à l’hôpital général de Douala.

La presse camerounaise a des larmes aux yeux en cette fin d’année 2014. Un de ses géants s’en est allé très tôt ce lundi matin. Un AVC a abrégé les jours de Noé Djebet Massoussi. Le Secrétaire général du Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc) ne verra donc pas son journal « Le Sphinx hebdo », nouvellement crée, émerger, encore moins la nouvelle année qui pointe à l’horizon.

Cette perte soudaine a plongé tous les journalistes dans une tristesse absolue. Aux environs de 10 heures, la morgue de la Garnison Militaire de Bonanjo grouillait de monde. Amis et confrères de Massoussi étaient là. Certains n’en revenaient toujours pas. Surtout ceux avec qui Noé a passé ses dernières heures hier soir dans un bar à Bali. D’après les confrères qui l’ont vu pour la dernière fois, le Sg du Snjc était bien portant. Physiquement, il ne présentait aucun symptôme de maladie, à part son mal de pied que tout le monde connaissait.

« Massoussi était en forme hier soir. Nous avons bu à Bali jusqu’à 23h », informe un confrère, abattu. Au bistrot, Noé Djebet Massoussi n’a pas touché à l’alcool. « On s’est même moqué de lui parce qu’il buvait des sucreries », renchérit-il.

La mort de ce géant de la plume camerounaise a pollué l’atmosphère de la presse nationale. Avant que les vraies circonstances de son décès ne soient élucidées, rappelons que Noé Ndjebet Massoussi s’est engagé dans ce métier au début des années 1990.

Il a travaillé au quotidien Le Messager. « Jusqu’à sa mort ce matin, Noé était le Secrétaire Général  du Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) », lit-on sur la page Facebook de Charles Ngah Nforgang, Secrétaire national à la Communication et aux Alertes du plus important syndicat des journalistes camerounais.

Didier Ndengue