Didier Ndengue

Mouvement « Biya dégage » : échec à l’allumage

La marche inaugurale n’a pas eu lieu le 26 novembre 2014 à Douala.
Où est donc passé Bertin Kisob ? L’initiateur du mouvement « Biya dégage » ne s’est pas présenté mercredi 26 novembre dernier au lieu convenu avec ses camarades. Selon ses lieutenants, l’infortuné a été enlevé le même jour devant la cathédrale Saint Pierre et Paul de Douala, alors qu’il se dirigeait vers le Carrefour Akwa Palace, lieu de lancement de l’opération baptisée : « Biya dégage ». Ses partisans pointent accusateur sur « quatre agents des services de Renseignements venus droit de Yaoundé ». Avant son arrestation, Bertin Kisob aurait remis son téléphone portable à son Secrétaire général Pierre Belinga.
Au Carrefour Akwa Palace, la police avait déjà quadrillé l’avenue du Boulevard de la Liberté où la manifestation devait prendre corps autour de 10 heures. L’arsenal d’hommes en tenue déployé pour traquer les partisans du Cameroon party for social justice (CPSJ) ignorait vraisemblablement que leurs collègues de Yaoundé avaient déjà repéré la bande à Bertin Kisob. Un message téléphonique signé par Pierre Belinga, Secrétaire général du CPSJ est venu préciser les choses : « Le Révérend Bertin Kisob vient d’être interpellé manu militari au niveau de la Cathédrale de Douala par 04 agents des services de Renseignements du dictateur Biya. Ils l’ont mis de force dans un véhicule noir marque Prado immatriculé CE 874 M. Ils ont pris la direction de Bonanjo. Nous étions en route pour le Carrefour Akwa Palace pour le début de notre manifestation pacifique : Biya dégage pour incompétence et vieillesse, après 32 ans, trop c’est trop », écrit le numéro deux de ce parti. Seulement, le rédacteur du message se trompe en croyant que son leader a été amené à Bonanjo où se trouvent les relais de la sécurité nationale.
Trois jours de grève de la faim engendrent le coma ?
Selon ses partisans, le Révérend Bertin Kisob est bel et bien gardé à la direction de la sécurité présidentielle (DSP) à Yaoundé. La violence avec laquelle il a été interpellé le 26 novembre aurait impacté sur son état de santé. « Compte tenu de la violence de cette arrestation, nous avons peur pour son bien d’être surtout qu’il avait déjà décidé de commencer immédiatement une grève de la faim », redoutait déjà Pierre Belinga dans son Sms du 26 novembre.
Après avoir repéré le lieu où le président du CPSJ était détenu, Pierre Belinga annonce vendredi 28 novembre que « Bertin Kisob vient de tomber dans un coma profond à Yaoundé ce jour 28/11/2014 à 6 :35 après environ 03 jours de grève de la faim illimitée suite à son arrestation et détention illégale… » Le Révérend Bertin Kisob est un opposant assez bien connu. Le malheureux candidat à la dernière élection présidentielle camerounaise avait déjà revendiqué une fusillade sur le pont du Wouri en 2011 dans le but de chasser Paul Biya de la magistrature suprême. Ce coup lui a valu une incarcération à la prison centrale de Kondengui.

Didier Ndengue


Décongestion du terminal à conteneurs : Les importateurs dos au mur au port de Douala

Le ministre des Transports ordonne, entre autres mesures, la vente aux enchères des conteneurs ayant un séjour de plus de 90 jours sur les installations de Dit, pour une meilleure fluidité des opérations portuaires en cette veille des fêtes de fin d’année.

La bataille pour le désengorgement du terminal à conteneurs géré par Douala International Terminal (Dit) a connu un nouveau développement le 15 novembre 2014. En effet, le ministre des Transports, Robert Nkili, est une fois de plus descendu sur le terrain, pour s’enquérir des contours du processus de décongestion du port de Douala d’une part et des dispositions prises par Dit pour faire face aux fêtes de fin d’année d’autre part. Le concessionnaire en a profité pour présenter ses nouvelles acquisitions en vue d’accélérer la décongestion. Les équipements présentés au mintransports sont constitués de quatre (04) grues de parc ( les Reach stakers) d’une valeur de 3,5 milliards de FCFA et deux (02) grues mobiles d’une valeur de 1,3 milliards. Ces outils ont été livrés entre octobre et novembre.

Les grues mobiles HMK 300 E de marque Gottwald sont équipées de spreaders, de bennes et d’autres outils de saisie. Elles « manutentionnent des conteneurs de 40 pieds pleins sur 5 travées de large et 13 rangées de conteneurs de profondeur, sans avoir à se déplacer le long du navire. Sur les plus grands navires, elles peuvent effectuer des opérations de manutention jusqu’à la 16ème rangée », explique-t-on à Dit. Ces nouvelles machines de pointe (dernière génération) viennent renforcer les deux portiques de quai du terminal à conteneurs. Dit annonce par ailleurs une troisième livraison dans les prochains jours. Les quatre grues de parc ultra modernes construites par la firme finlandaise Konecrane, leader sur le marché mondial d’engins de levage, sont destinées à une plus rapide manutention des conteneurs dans le but d’accélérer la productivité du terminal.

Lourds investissements   

« Nous avons fait des promesses concernant les investissements en juillet dernier, nous les avons exécutées à la lettre. Les autorités portuaires sont venues et sont satisfaites du fait que nous ayons tenu parole. Au niveau du parc import, les efforts d’amélioration et de retour à la normale comme c’est le cas au parc export poursuivent. Même s’ils sont ralentis par le nombre élevé de conteneurs abandonnés par les importateurs, de plus de 90 jours de séjour au terminal. Aujourd’hui, grâce aux efforts actuellement mis en place de concert avec certaines lignes maritimes, la tendance est à l’amélioration. L’amélioration aujourd’hui visible, doit être maintenue pour que la décongestion se poursuive et que les mesures d’exception prises deviennent permanentes », souhaite Jakob Sidenius, Directeur général de Dit. « Il y a quelques mois, j’étais en visite de travail ici à Dit pour la mise en service des RTG (portiques de parc). Aujourd’hui, il y a d’autres engins qui sont réceptionnés et le gouvernement ne peut que féliciter Dit pour ces investissements. Je précise par ailleurs que Dit est un partenaire stratégique pour l’économie nationale. Dit, c’est un parc à conteneurs de transit. Malheureusement, certains opérateurs économiques l’ont transformé en zone de stockage. J’encourage tous les importateurs à enlever leurs conteneurs ca cela impacte sur l’économie nationale », explique pour sa part Robert Nkili.

Les griffes du Mintransports

Dans la foulée, le patron des transports a pris des mesures fermes et irrévocables pour près de 2000 conteneurs en long séjour sur le terminal. Ainsi, il donne le feu vert pour le transfert immédiat par Dit, sur la place de l’UDEAC aux frais, risques et périls des importateurs, de tous les conteneurs de plus de 90 jours de séjour au terminal à conteneurs. D’autres ont été prises par Robert Nkili : l’accélération des ventes aux enchères suivant la réglementation douanière en la matière ; la priorité au traitement sur les quais Dit des navires porteurs-conteneurs transportant les produits d’approvisionnement du marché local…

Didier Ndengue

     


Fête de la nativité : cher Père Noël, je suis triste

J’imagine que tu fais déjà le tour des plus grands magasins pour nous offrir les meilleurs jouets dans la nuit du 24 au 25 décembre. Mais cher bienfaiteur, il faut que tu saches que la terre est infectée de toutes sortes de virus.

Cher Père Noël,

Je me serais certainement déconnecté de ma page Mondoblog au moment où tu liras cette lettre. Il est important d’entrée de jeu que tu saches que tu me manques énormément. J’avais 9 ans, la dernière fois que j’ai découvert le paquet de jouets que tu avais déposé au chevet de mon lit. C’était très beau. C’est l’un de mes meilleurs souvenirs. J’étais dans l’une des meilleures écoles primaires de l’époque où l’intégrité humaine était réellement prônée sans maquillage. Et tu me récompensais, selon mon papa, parce que j’étais un brillant élève.

Cher Père Noël,

Tu excuseras ma curiosité, mais j’aimerais savoir si tu as une longue barbe blanche, comme les gens disent, une tenue rouge et un bonnet de même couleur? Dis-moi, Papa Noël, est-ce vrai que tu descends souvent du ciel sur un agneau blanc rempli de paniers? Tu as quelle taille? Quel âge aujourd’hui ? J’espère que je ne te perturbe pas avec toutes mes questions. J’aimerais, afin de t’éviter une crise cardiaque ou un AVC tout court, obtenir des réponses à mes préoccupations avant de te décrire l’état actuel de la terre que tu vas parcourir dans la nuit du 24 au 25 décembre pour laisser des cadeaux aux enfants intelligents. Même ceux qui ne le sont pas bénéficient aussi de ta largesse parce que tu es quelqu’un de très gentil.

Cher Père Noël,

Je vais maintenant entrer dans le vif du sujet. Quel type de cadeau as-tu réservé aux enfants qui ont perdu leurs parents dans des accidents de la circulation ? Des jeux vidéo certainement, pour quelle fin ? Est-ce pour qu’ils apprennent eux aussi, à travers des jeux de violence, à régler leurs comptes aux conducteurs imprudents ?

Dis-moi cher Père Noël, le virus Ebola, ça te rappelle quelque chose? Déjà plus de 8 000 familles sont endeuillées à cause de cette peste en moins d’un an seulement en Afrique. Quel genre de cadeau méritent les enfants victimes de ce fléau? Tu as sans doute pensé à leur offrir des poupées ou des marionnettes et pistolets à eau pour qu’ils se lavent les mains avant et après chaque salutation. Et pour les enfants nés avec le VIH/SIDA alors ? Père Noël, je suis très content de savoir que tu feras de ton mieux pour que les enfants passent une fête de rêve. Mais, au fond, le monde fait-il réellement rêver ?

Que vas-tu offrir à ces enfants qui regardent des films interdits en présence de leurs parents ? A ceux-là qui insultent ces derniers pour un oui ou pour un non ? Qui jouent les grands garçons et filles en goûtant à la cocaïne, cannabis entre autres produits illicites. Père Noël, pardon, il faut penser aux enfants qui meurent de famine au Soudan, en Somalie, en Centrafrique, au Congo, en Libye, en Haïti, au Cameroun, dans tous les pays touchés par des crises multiformes. Pense aussi à ces enfants africains qui quittent leur territoire natal à pied pour se rendre en Europe parce que leurs dirigeants ont verrouillé tous les circuits d’activités. Sécuriser les frontières Maroc-Espagne pour qu’ils traversent sans obstacle, c’est le meilleur cadeau pour eux en ce moment. L’Afrique est pourtant très riche, pourquoi son peuple est mendiant ?

Cher Père Noël,

Pense à ceux qui vivent avec moins d’un dollar par jour pendant que des coffres forts de plusieurs personnes et organisations sont fournis pour uniquement financer les guerres et terrorismes dans le monde. Dans un environnement où l’anormal est considéré comme normal, quel type de cadeau comptes-tu offrir à ces anges qui ne voient que le paradis dans les yeux corrompus de leurs parents chéris? Papa Noël, je sais que tu es parmi nous et que tu connais très bien les maux que je décrie ici. A travers la télévision, les sites internet et radios, j’entends toujours parler de fusillade, de bain de sang depuis que je suis sorti du sein de ma mère. Qui en veut à qui et pourquoi ? Pourquoi continuer de fabriquer des armes de déstabilisation massive quand on veut officiellement stopper les violences ? C’est quand même curieux tout ça !

Tu sais quoi Père Noël, je pense que les ennemis du monde sont ceux qui nous gouvernent. Si tu n’aspires pas à cette mouvance des gros pollueurs de la planète, offre de vrais cadeaux qui prônent l’amour du prochain, rien que l’amour du prochain. Un amour sincère, sans tache d’huile ni hypocrisie. Nos enfants en ont besoin durant leur cycle de vie sur terre.

Merci Père Noël de m’avoir lu et à bientôt !

Ton meilleur ami Didier Ndengue 


Formation spécialisée : L’innovation qui vient de l’ISPPA

Nouvellement créée, l’institution privée d’enseignement supérieur veut imprimer sa marque dans l’offre de formation au Cameroun.

Selon les explications données par Lemus Mylène, responsable des affaires académiques et psychologue pour enfants et adolescents d’origine française, l’Institut supérieur de psycho-pédagogie appliquée (ISPPA) ouvre ses portes cette année 2014 dans la capitale économique. Ce nouvel établissement d’enseignement supérieur vient avec une gamme inédite de formation (Licence pro, Master pro en éducation spécialisée, Master en orthophonie et Licence d’ergothérapie). Ces deux filières sont du secteur paramédical. Les enseignements dispensés dans ces filières porteront sur les langues, les TIC, la communication, la psychologie sociale et du développement, le droit social et du travail, la culture générale, les sciences de l’éducation et activités pédagogiques etc. « Ce que je dois préciser tout d’abord, c’est qu’à la différence de la Licence générale, la Licence pro est sélective. La sélection d’entrée se fait essentiellement sur dossier,accompagnée d’un entretien de motivation. Notre Licence pro et Master pro permettront aux diplômés d’acquérir une expertise pointue dans le secteur social », précise Lemus Mylène. Au bout de leur formation,les éducateurs spécialisés sortis de l’ISPPA devront être en mesure d’accompagner des familles et autres institutions de prise en charge des enfants en difficulté.

Motivations

A en croire la psychologue, l’expérience avec le Centre orchidée home dans la prise en charge des enfants avec autisme et autres troubles du développement et troubles d’apprentissage a motivé la création de cet institut, premier du genre dans toute la sous-région Afrique centrale. « C’est pour répondre à cette demande insistante que nous avons réfléchi à la mise en place de ce projet ». Parce qu’ils auront une expertise scientifique avérée et une pratique d’intervention comportementale novatrice, les jeunes diplômés issus de la nouvelle institution pourront être recrutés par plusieurs organisations plus précisément au niveau de la fonction publique (les hôpitaux, les structures d’accueil des enfants inadaptés, les institutions qui s’occupent des victimes d’infractions pénales comme l’inceste, le viol, …); au niveau des institutions privées (les instituions de prise en charge des enfants orphelins, enfants abandonnés, enfants de la rue, les associations s’occupant des personnes en situation de réinsertion sociale, les structures d’accueil et de prise en charge des enfants en situation de handicap comme l’autisme, les mal voyants, mal entendants, les structures d’accueil des personnes âgées ou en situation de grande dépendance, etc.). « S’il y a un secteur qui connait peu le chômage,c’est le secteur social. De plus, nos futurs diplômés pourront prétendre à s’installer en libéral, ou se faire employer par les institutions privées ou publiques dans les ministères suivants:ministère des Affaires sociales, ministère de la Jeunesse, ministère de la Promotion de la femme et de la famille,ministère de la Justice, ministère de la Santé», conclut Lemus Mylène.

Didier Ndengue


Makéa : C’est où je me ravitaille en cocaïne et chanvre indien

J’ai appris avec beaucoup de réserve que les « colombiens » du quartier le plus redouté en termes de commerce illicite de la capitale économique camerounaise sont de retour sur le marché new-bellois.

J’adore rendre visite à mes vieilles connaissances. Lorsque j’ai un temps libre, j’en profite pour descendre dans les quartiers les plus dangereux de ma ville. Dangereux pour certains. Mais pour moi, ce sont des coins hyper chics où je découvre des trucs bizarres qui me laissent souvent bouche bée. Des secteurs de ce genre, j’en connais tellement à Douala. Celui qui nous intéresse dans ce billet est Makéa, basé dans le deuxième arrondissement de la ville. Ce secteur regorge plus d’une trentaine de communautés étrangères, selon son chef, Sa Majesté Aboubakar. Chrétiens, musulmans, bouddhistes, animistes, etc. les ressortissants de Makéa vivent dans un climat très détendu. Cette atmosphère cache beaucoup de circuits. Notamment ceux des dealers. Après une brève pause, ils sont de retour sur leur territoire habituel avec des méthodes de vente plus sophistiquées.

Dans le quartier, les autochtones crient leur ras-le-bol de façon très discrète. Dans ses entrailles, on n’en peut plus de vivre avec des accros au commerce illicite de la drogue. Mercredi 19 novembre dernier, j’ai croisé Pascal, un étudiant, dans la case de mon ami Soulé. Ce dernier, sachant très bien que je suis un journaliste blogueur, n’a pas perdu une seule seconde avant de me donner les « news » du quartier. « C’est grave ici à partir de 17 heures. Les gars sont de retour et sont même encadrés par des policiers et gendarmes ». L’arrêt de leur sale besogne n’était que d’une très courte durée. Les trafiquants de drogue sont donc de retour. Les riverains maitrisent parfaitement leurs techniques de vente. Un novice comme moi ne peut les identifier au simple premier regard. Notre ami Pascal informe que des individus très suspects sillonnent leur quartier depuis un certain temps. Sans peur d’être interpellé, « un monsieur, toujours en uniforme militaire, parcoure le quartier en longueur de journée. Il est tantôt en tenue militaire, tantôt en policier. Il est toujours entouré des vendeurs de drogue que nous connaissons très bien », soutient Pascal.

L’aller-retour des hors-la-loi

Il n’y a pas très longtemps, quelqu’un m’a dit que des indics, afin de repérer les points de rencontre des dealers, avaient discrètement infiltré le quartier Makéa. « Mais le monsieur dont je te parle n’a rien d’un indic ou d’un flic », renchérit Pascal. Officiellement, plusieurs dealers ont été traqués à Makéa et jetés en prison grâce aux opérations des forces de maintien de l’ordre de la ville de Douala. Au moment de leur arrestation, ils possédaient stocks de cocaïne, armes blanches, pistolets automatiques, fusils de fabrication artisanale et argent. Mais leurs complices ont pris la poudre d’escampette sans laisser de traces. Alors que d’autres ont simplement déposé leurs valises de l’autre côté de Bonadibong, basé à moins de trente minutes de Makéa. Ils y exercent en toute quiétude. D’aucun croit que « les soi-disant méthodes mises en place pour éradiquer ce fléau au quartier n’est que de la poudre aux yeux». En temps réel, la bataille n’est pas sérieuse. C’est donc un simple coup marketing qui n’a point déraciné l’arbre qui produit les dealers à Douala deuxième. « Il faut déraciner la racine pour éradiquer la drogue à Makéa », propose Pascal sans oublier de préciser que « plusieurs hauts cadres administratifs se ravitaillent en cocaïne, chanvre indien, etc. à cet endroit ».

Tous suspects

Fort d’une population de plus d’une trentaine de communautés étrangères, le quartier Makéa mérite une fouille systématique. On pense que chaque habitant ici est susceptible de connaitre un trafiquant de drogue. En décembre prochain, dans quelques jours exactement, la nouvelle Sous-section du Rassemblement démocratique du peuple camerounais ( RDPC» va y être installée. Elle sera pilotée par Salihou Soulé à Betchem. Pour barrer la voie aux dealers et autres voyous, le président réclame déjà un poste de police à l’entrée du quartier…Wait and see.

Didier Ndengue


Compétitivité : L’opération de charme du Bureau de mise à niveau

Elle vise à enrayer le scepticisme des entreprises vis-à-vis de la mise a niveau.

La campagne d’information et de sensibilisation sur les critères d’éligibilité et l’adhésion des entreprises au Programme national de mise à niveau (PNMAN) bat son plein depuis le 12 novembre 2014. Douala, poumon de l’économie camerounaise, a accueilli la cérémonie officielle de lancement de cette opération de charme. Objectif: susciter chez un plus grand nombre d’entreprises l’intérêt pour la mise à niveau. Un programme qui vise la normalisation aux standards internationaux des entreprises camerounaises qui ont un chiffre d’affaires d’au moins 50 (cinquante millions) de francs CFA. L’adhésion « se fait sur une base volontaire », indique Chantal Elombat, directeur du Bureau de mise à niveau (BMN). « Ce n’est pas encoretout à fait l’engouement. C’est200 entreprises qu’on a pour le moment », ajoute-t-elle.

Le directeur craint que les résultats souhaités à la date arrêtée ne soient décalés à cause du manque d’adhésion massive des entreprises. « On vacommencer les diagnostics avec lespremières entreprises. Et puis, les autressuivront. Mais nous souhaitonsque beaucoup d’entreprises viennentdans les secteurs que nousavons pu identifier et indiquer et parla suite, on va élargir les secteurs etbien évidemment élargir le nombred’entreprises qui sera mis à niveau », ajoute Chantal Elombat. Les entreprises de petite taille ne sont pas totalement délaissées dans ce combat de leadership. « Jepense qu’il y a d’autres programmesqui s’occupent d’elles ». Au niveau du BMN, la réflexion se poursuit. Il a été élaboré un programme de mise à niveau, dit mise à niveau spécifique, « c’est-à-dire que toutesles entreprises n’ont pas toujours besoind’une mise à niveau globaledans tous les compartiments. On peuty remarquer des compartiments quimarchent très bien et un seul qui nemarche pas. A ce niveau, il n’y a rienà redire. Pour ces entreprises là, onfera ce qu’on appelle la mise à niveau spécifique », explique madame Elombat.

 APE

Au début de son opération de renforcement de la compétitivité des entreprises, par un appui aux capacités de production, à la qualité, la normalisation et la mise à niveau de l’environnement des affaires au Cameroun, le gouvernement avait initialement tablé sur 200 entreprises. Mais ce chiffre s’est avéré trop faible par rapport aux contraintes induites par la ratification en juillet de l’Accord de partenariat économique (APE). Alors, le nombre est rapidement passé à 600 structures à mettre à niveau pendant les quatre prochaines années. L’enveloppe mise à cet effet par l’Union européenne pour soutenir le projet est de 10 millions d’euros, soit 6.500.000.000 (six milliards cinq cent millions) de francs CFA pour la totalité du programme. Ce financement entre dans le cadre du Programme d’appui a l’amélioration de la compétitivité de l’économie camerounaise (PACOM) qui bénéficie exclusivement à 60 Petites et moyennes entreprises (PME) d’entre les 600 entreprises visées. « C’est beaucoup. Avec cet argent là,on va pouvoir atteindre beaucoup derésultats », soutient Stéphanie Gantzer-Houzel, Chef de la section économique et gouvernance de l’Union européenne au Cameroun. Celle-ci informe que la semaine dernière déjà, l’institution qui l’embauche a mis sur la table une enveloppe de 282.000 000 (deux cent quatre-vingt-deux millions) d’euros, soit 183.300.000.000 (cent quatre-vingt-trois milliards trois cent millions) de FCFA dans le cadre du Programme indicatif national pour le soutien au Cameroun pour la période 2014/2020. « C’estpour tous les domaines. Pas uniquementle soutien à la compétitivité », renchérit-elle.

 

Didier Ndengue


Matérialisation des APE: L’Union européenne outille l’Afrique centrale

Améliorer le cadre des affaires dans la sous-région afin de satisfaire la demande extérieure. C’est le nouveau challenge de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale depuis la ratification des Accords de partenariat économique (Ape).

Les Accords de partenariat économique (Ape) avec l’UE exigent une nouvelle donne des affaires. L’Union européenne en effet, rêve d’un environnement des affaires avec les africains où les obstacles seront totalement éradiqués. Patrick Sevaistre et Julien Bornon, tous deux de l’UE, ont échangé dans ce sens avec leurs partenaires africains à Douala. Ils ont fait des démonstrations sur les bien-fondés d’un bon environnement des affaires et le système eRegulations. C’était au cours de la conférence de sensibilisation du Projet régional de facilitation des affaires dans l’espace Ceeac. Dévoilé, l’objectif principal de ce projet est « de doter la Ceeac et ses dix pays membres des éléments d’analyse nécessaires, pour élaborer et exécuter les reformes destinées à poursuivre l’amélioration du climat des affaires dans cette région. Ensuite, il veut établir des conditions attrayantes pour les investisseurs et mobiliser l’investissement au service de la croissance ».

Pour conforter leur position, les experts européens tiennent pour vraies les données indicateurs « Doing Bussiness 2015 » de la Banque mondiale, ou « Mo Ibrahim 2014 ». Ces éléments de référence établissent que le cadre actuel des affaires dans les dix pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac) ne peut satisfaire la demande extérieure en matière d’échanges commerciaux. Dans ce contexte, le secteur privé se révèle peu développé et l’environnement des affaires peu attractif. C’est de fait la région d’Afrique le moins intègre mais aux potentialités considérables. Au cours de la réunion sous-régionale tenue les 11 et 12 novembre 2014 à Douala, le constat a été fait: l’espace Ceeac fait partie des régions les plus riches du continent africain, au regard de sa forte dotation en ressources naturelles. A l’exception de quelques uns, dans la plupart des pays d’Afrique centrale, les gouvernements font des résultats des évaluations internationales du climat des affaires, un objet de mobilisation de leurs administrations. Cependant, cette mobilisation dans sa forme et son fond, n’a pas encore démontré sa capacité à changer fondamentalement l’environnement des investissements. Ce dernier est encore tributaire des contraintes structurelles et des dysfonctionnements. « Ces fléaux inhibent la liberté d’entreprises et la créativité, entrainent par ailleurs des lourdeurs bureaucratiques incompatibles avec l’exigence de réactivité du secteur privé et renchérissent les coûts de transactions », précise-t-on.

Didier Ndengue


Université de Douala: L’Italien bientôt enseigné au campus

Le 13 novembre 2014, une mission de l’ambassade d’Italie au Cameroun y a séjourné pour dévoiler les contours de l’instauration de cette langue européenne dès l’année prochaine.

Pour présenter son offre, la chancellerie italienne au Cameroun a commis pas moins que la responsable du bureau culture. C’est en effet à Raffaelle Anselmi qu’est revenu l’honneur de conduire l’offensive de charme au campus principal de l’Université de Douala. A l’amphi 502 aménagée pour les échanges, les responsables universitaires et les étudiants ont pris connaissance de l’objet de la mission du personnel consulaire italien. « Nous venons informer les étudiants qu’il y aura déjà la possibilité d’étudier l’italien au sein de l’Universite de Douala à partir de l’année prochaine. On voulait instaurer un cycle de licence en langue culture italienne », dévoile Raffaelle Anselmi.Apparemment. L’initiative n’apparait pas comme une surprise pour certains étudiants longtemps séduits par la culture italienne. « Je suis déjà les cours d’italien dans une institution supérieure privée parce que je voudrais poursuivre mes études en Italie. C’est une langue romantique. Grace à elle, j’ai l’esprit ouvert et ca me plait », se réjouit Dadjiofagang Tobias Baudouin, un étudiant. Le jeune homme prend ces cours depuis deux ans dans une institution privée. Grace à cette nouvelle langue étrangère, il voit tout italien. Cet exemple apparait pour l’attachée culturelle italienne comme signal des choses à venir. « Pour le moment, ce sera l’initiation à la langue italienne. On fera quelque chose qui ressemblera à ce qu’il y a déjà à Dschang ».

La licence, le master 1 et 2 italiens sont instaurés à l’Université de Dschang depuis plus d’une décennie. « On voudrait installer la même chose à Douala. Et si possible pourquoi pas un doctorat. C’est une façon pour l’Italie de charmer l’Afrique », promet Raffaelle Anselmi. Une opération de charme qui a pour objectif, bien évidemment, de protéger les intérêts italiens dans le marché camerounais. « Au-delà du simple intérêt pour la culture, la musique, pour les arts en général, aujourd’hui l’Italie fait partie des huit pays les plus industrialisés dans le monde », souligne Mauro Battistella, Consul honoraire d’Italie à Douala non sans rappeler que le Cameroun peut également bénéficier de l’expertise de son pays pour accompagner son émergence. « On cherche énormément d’étudiants en Italie, pour les former et pour qu’ils rentrent contribuer au développement économique de leurs pays. Et qu’ils deviennent en quelque sorte des ambassadeurs d’Italie dans leurs pays », renchérit le consul. Chaque année, depuis plus de dix ans environ, informe le consul, l’ambassade d’Italie facilite le voyage du Cameroun vers l’Italie à plus de quatre cent étudiants. « La politique du Recteur de l’Université de Douala, c’est de multiplier les langues pour permettre aux étudiants d’avoir beaucoup d’ouvertures. A l’Université de Dschang, ils ont construit un bâtiment avec plusieurs salles de cours et des bureaux d’enseignants, ceci pour promouvoir leur Langue dans nos milieux. C’est la même chose que nous recherchons ici à Douala. Vous savez, nous avons peu d’infrastructures et avec ce partenariat, nous gagnons beaucoup », argumente Dr. Ngouaba, chef de département par intérim d’Anglais et langues étrangères au sein de l’Université de Douala.

Didier Ndengue


Grands chantiers de Douala: Derrière les boniments, des inquiétudes

Malgré les avancées, le chronogramme des travaux reste inconnu tant sur le site de construction du second pont sur le Wouri qu’au niveau des pénétrantes Est et Ouest.

Sur le chantier de construction du deuxième pont sur le fleuve Wouri, les travaux sont financés en grande partie par la France via l’Agence française de développement (AFD) que dirige Hervé Conan au Cameroun. Ils sont couplés aux travaux de construction des pénétrantes Est et Ouest de la capitale économique camerounaise. Le 13 novembre 2014, Christine Robichon, ambassadrice de France au Cameroun, était sur les chantiers en même temps que Patrice Amba Salla, le ministre des Travaux publics. Officiellement pour constater l’état d’avancement des travaux. La diplomate française a certes relevé que les travaux se déroulent bien sur le pont sur le Wouri, mais a également constaté, tout comme le ministre, que la circulation de la pénétrante Est (Yassa) de la ville de Douala est perturbée malgré ses multiples voies de contournement suggérées par le gouvernement. Le démarrage des travaux de construction de cette pénétrante est annoncé pour le mois de décembre prochain. Même situation pour la pénétrante Ouest (Bonabéri). Sauf qu’ici, on ne maitrise pas encore le calendrier des travaux. Profitant de son séjour à Douala, le ministre camerounais a annoncé le « désarmement » de la station de pesage de Yassa actuellement basée sur le site appartenant au Bureau de gestion du fret terrestre (BGFT). Elle sera délocalisée pour la zone du pont de la Dibamba.

23% de taux réalisation
Le chantier de construction du deuxième pont sur le fleuve Wouri évolue sans obstacles majeurs. Ces assurances sont du maitre d’ouvrage Patrice Ambassa Salla, ministre des Travaux public (Mintp). Il ressort que le niveau d’exécution des travaux est bon et par conséquent, le délai de livraison en 2016 pourra être respecté. Selon le ministre Patrice Amba Salla, le taux de réalisation à mi-parcours est de 23% contre 24% de taux de consommation des délais. A en croire un observateur, le taux de réalisation avancé par le ministre camerounais est légèrement inferieur à la moyenne projetée en cette période précise qui était de 24%. Ce grand chantier en cours de construction boostera l’économie non seulement du pays, mais aussi de la sous-région Afrique centrale toute entière. L’infrastructure à livrer dans les délais a une longueur de 800 mètres contre 25 mètres de largeur, 2 kilomètres de voies de raccordement, cinq voies routières et 2 voies ferroviaires.

Didier Ndengue


Consécration: Anestis Arnopoulos rebondit dans la diplomatie

L’homme d’affaires est le premier consul honoraire grec à Douala. L’exéquatur lui a été remis par le gouverneur de la région du littoral le 04 novembre 2014.

Ce mardi 04 novembre, le diplomate à l’honneur dans les services du gouvernement du Littoral est Anestis Arnopoulos, premier consul honoraire grec à Douala. Il est plus de onze heures dans la salle des banquets des services du gouverneur de la région du Littoral au moment où la cérémonie de remise de l’exéquatur commence. Le rituel se déroule dans un cadre grouillant de monde, en grande partie constitué de diplomates des pays amis et organisations internationales accrédités au Cameroun. Avant de passer à l’acte final qui consiste à remettre l’exéquatur au consul honoraire grec, Joseph Béti Assomo établit d’abord la biographie de celui qui doit désormais faciliter la coopération gréco-camerounaise.

Vie au Cameroun

Anestis Arnopoulos n’est pas un novice sur le territoire camerounais, apprend-on. Sous d’autres cieux comme aux Etats-Unis ou en France, on lui aurait déjà octroyé la nationalité. Mais ici au Cameroun, où il atterrit à l’âge de 14 ans, il affectionne les populations mais aussi les autorités administratives et traditionnelles locales. Et pour cause, il est l’un des rares expatriés qui a grandi, étudié et investi au Cameroun. Il a été footballeur et a joué au poste de gardien de buts au sein de l’Oryx club de Douala. De 1956 à 1963, le jeune homme travaille chez son cousin importateur. Le temps passe. Il décide de voler de ses propres ailes. C’est alors qu’il lance la société Arno en 1963, il y a exactement 51 ans. Dans ses débuts, il est revendeur et grossiste auprès des détaillants de tout le Littoral. Arno a marqué ses empreintes dans la vie des Camerounais. Il compte actuellement neuf boutiques au Cameroun : six à Douala et trois à Yaoundé. Autant de réalisations couronnées d’amour qui ont valu diverses distinctions de la part des autorités locales à l’opérateur économique grec. Il a été fait notable par les autorités traditionnelles de Douala. Plusieurs médailles raflées. Notamment celles d’honneur du travail en vermeil, argent et or. Il a également reçu la médaille du mérite sportif, médaille de chevalier et officier du mérite camerounais ; chevalier de l’ordre national de la valeur, etc. La promotion de Anestis Arnopoulos à la tête du consulat grec marque un nouveau vent de coopération entre la Grèce et le Cameroun. Le consul a promis de renforcer la coopération économique gréco-camerounaise. Il va en outre veiller sur les citoyens grecs établis ou de passage au Cameroun. Anestis Arnopoulos a compétence sur les régions du Littoral, du Sud-ouest, de l’Ouest et du Nord-ouest.

Didier Ndengue