Didier Ndengue

Jusqu’où peuvent aller les impuissants de ce monde ?

La planète entière est plongée dans le chaos humanitaire, sécuritaire, économique… et personne n’y peut rien, même pas le pape François.

Depuis mon Cameroun natal, je m’interroge sans cesse sur la suite des temps. Au regard des sujets qui alimentent la chronique, je me demande si nous ne sommes pas la dernière génération à vivre sur la planète bleue ? De par leurs faits et gestes, les dirigeants du monde me répondent par l’affirmative. Il n’y a pas que les gouvernants qui me laissent conclure cette thèse. Il y a aussi le citoyen lambda.

Voilà une planète qui regorge de toutes les richesses suffisantes pour ses populations, jusqu’aux animaux des forêts. La terre produit abondamment sans rien nous demander en retour, sauf l’entretenir. Les eaux produisent différentes espèces de poissons, sans rien demander aux hommes. La forêt a été faite pour la vie et la reproduction des animaux. Le sous-sol regorge d’une immense richesse naturelle. Le ciel ne demande l’avis de personne pour arroser la terre. Le soleil ou la lune non plus. On a tout gracieusement.

Toutes ces bonnes choses, c’est le grand architecte (Dieu), qui les a faites pour le bien-être des populations de la planète. A ma connaissance, nous avons été placés dans ce vaste jardin, pour le cultiver et l’entretenir. Certains pourront trouver mon développement banal, mais je crois que c’est la réalité. Tout ce que nous faisons dans des bureaux climatisés, avec des stylos à main, derrière un clavier, une calculatrice, c’est pour une meilleure gestion ou pas des richesses naturelles. Sans le sol, on n’a rien à manger.

Genèses des conflits

La terre est grande. Nous sommes tous capables de posséder une portion de terrain à cultiver, construire son logement sans rien demander à personne. Malheureusement, je constate que les hommes ont voulu défier leur créateur. Les uns ont quitté leurs territoires d’origine, où ils sont nés, pour aller s’emparer des richesses des autres peuples, qui vivaient tranquillement de la chasse et de la cueillette. Ils n’enviaient personne. Ils se mariaient, et mariaient leurs enfants à leur manière. La vie était belle jusqu’au jour où les méchants, c’est le nom que méritent les terroristes, sont venus avec des armes pour contrôler leurs intérêts.

Et pourtant, les terres des méchants sont aussi très productives. Mais ils en voulaient plus. Ils étaient déjà largement avancés dans le capitalisme. Ils ont commis les atrocités que les livres d’histoires nous enseignent. Je me demande si ces meurtriers ne savaient pas que l’homme naît, vit et meurt. Que le riche ou le pauvre, le Noir ou le Blanc, chrétien, musulman, païen ou animiste, etc. ont tous un même sort. Ils ont la mort en partage. Concernant la résurrection ou la réincarnation que les uns et les autres prêchent, seul Dieu a le dernier mot. Et voilà comment les uns se sont emparés des richesses des autres. En leur imposant même leurs traditions, leur langue… La preuve : ce billet que vous lisez est rédigé en français, et pourtant son rédacteur n’est pas Français.

La coopération est une bonne chose, mais elle devient néfaste quand les accords profitent plus à un camp. Et c’est comme cela que les nations du monde ont voulu coopérer, de façon inéquitable. Ayant donc pris connaissance de cette balance déficitaire, ceux qui sont dominés tiennent absolument à se venger, même au péril de leur vie. Il faut aussi évoquer ce qu’on appelle guerre des religions. Les riches financent les rébellions ou le terrorisme au non de leur dieu. Au nom de quel dieu au juste? De celui qui a fait ce jardin plein de richesses ? Je ne le crois pas.

NB : Ce que je pense de la mondialisation, de la modernisation, des grandes réalisations, entre autres, vous le saurez dans cette série-vérité intitulée : « Jusqu’où peuvent aller les impuissants de ce monde ? »

Didier Ndengue

 

 

 

 


Dernière heure : la limousine de Paul Biya grippée

Le pneu du véhicule du couple présidentiel a éclaté hier sur la route de Mvomka’a, le village natal de Paul Biya.

Ce dimanche 12 juillet 2015 soir, on s’interroge encore sur ce qui vient de  se passer au lieu-dit « Mvog-bi » sur la limousine qui transportait Paul et Chantal Biya. D’après certaines sources, le chef de l’Etat camerounais et son épouse, en partance pour Mvomka’a, ont eu crevaison. Incroyable, mais vrai.

Ce fait sonne très mal dans ma tête. Et du coup, je me demande comment cela est arrivé pour que le couple présidentiel se retrouve dans cet état à cause d’une limousine. D’ailleurs qui est censé veiller à l’entretien des voitures de notre chef? N’a-t-il pas remarqué que le pneu qui a éclaté n’était pas en forme pour le voyage?

En plus, pourquoi les autres pneus du cortège n’ont pas connu le même sort? C’est quand même incroyable!

Bon, il y a eu plus de peur que de mal. Après plus de dix minutes de panique, le cortège a repris son chemin. J’y reviendrai…

 


50 Cent : un symbole pour la communauté noire

 Le rappeur, auto-compositeur, auteur, producteur, acteur… Curtis James Jackson III a soufflé sur sa quarantième bougie lundi 6 juillet 2015. Frangin, au nom du ghetto, je te souhaite un joyeux anniversaire. Que Dieu t’accorde longue vie.

 

A l’époque, on voulait tous ressembler à 50 Cent. On s’embrouillait dans le look et le comportement. On se prénommait 25 Cent. La moitié de l’autre. Francophone, on forçait « le rap statois ». On avait toujours le mot « for my people » au microphone. On représentait notre quartier dans des compétitions de rap. Notre staff était au complet, surtout avec un sosie de 50 Cent en place. On déchirait sur un rythme « for my people ». C’était la belle époque, gravée dans ma tête.

 

A l’époque, c’était des baladeurs-cassettes et des écouteurs. Les walkmans CD sont arrivés plus tard, quand nous étions déjà trempés dans le rap. Il fallait avoir des côtes pour se procurer ces instruments de musique au Cameroun. Il fallait donc bosser dur. Un peu comme notre idole, Curtis James Jackson III, alias 50 Cent. Ces chansons m’ont beaucoup bercé. Raison pour laquelle, je ne pouvais pas manquer de produire un billet en l’honneur de mon héros du ghetto de tous les temps.

 

 The best

 

C’est lundi 6 juillet que le gars a soufflé sur sa quarantième bougie. Qu’il est jeune, mon rappeur ! Quand je dis qu’il est jeune, je fais allusion à Snoop Dog, Dr Dre, etc.  

 

50 Cent fait partie des premiers rappeurs de la planète qui sont sortis de la précarité et ont brillé comme une étoile sans se faire prier. Sans moyens financiers, il n’avait que son talent et quelques stratégies propres aux enfants du ghetto pour s’en sortir. C’est un slogan et un exemple pour toute la communauté noire dans le monde. Également pour les enfants en détresse en Afrique.

 

50 Cent, c’est le seul chanteur de la planète qui m’a fait aimer le rap. Le pur. Il reste le meilleur de tous les temps dans ce domaine. Oui, il a bravé les moments difficiles. Peu importe ce que les mauvaises langues disent.

 

D’ailleurs, combien ont tenté de faire comme lui et ont échoué ? Combien sont partis de rien pour être au top ? Ou encore, occuper la première place du classement des rappeurs les plus riches de la planète ? C’est un signal fort à l’endroit des jeunes Africains qui souffrent actuellement. Rien n’est perdu d’avance. Surtout si chacun épouse la philosophie du père de « In da club ».

 

DN

 

 

 

 


Stanley Enow ignore WhatsApp sans preuves

Soupçonné du meurtre d’une jeune étudiante à Yaoundé, le rappeur dément, mais sans le prouver.
Il veut que la presse l’innocente, mais n’apporte pas les preuves de ce qu’il avance. Ce 30 juin, le chanteur Stanley Enow a donné un point de presse pour démentir ce qu’il considère comme une rumeur. Soupçonné d’avoir assassiné Gaëlle Tatiana Medjo le 23 juin, avec la complicité de son collègue Dynastie le tigre, le rappeur ne se reconnaît pas dans ce crime. Seulement, aucune preuve n’a été apportée, ni pas lui, ni par l’ensemble de son équipe, pour soutenir ses propos.
Le suspect a simplement fait savoir qu’il n’était pas au Cameroun lors de ce drame. Il était à Londres, dans le cadre d’une mission avec la marque de boisson dont il est l’ambassadeur, nous apprend-il. C’est de l’Angleterre qu’il aurait, via les réseaux sociaux, appris la triste nouvelle. Nous lui avons donc demandé de nous fournir des documents administratifs, attestant qu’il a séjourné de l’autre côté du bout du monde. Rien. Le rappeur nous a tout simplement lancé un joli sourire, mais sans nous présenter des documents administratifs, pour nous permettre de l’innocenter dans nos différents billets, comme le désire tant son staff.
Certainement qu’il voudrait que nous allions à Londres pour vérifier par nous-mêmes qu’il y était. Sans souci, je suggère « aux enquêteurs » de chez nous de faire leur job sans état d’âme. Car la vérité se trouve certainement quelque part.
Enow ne gère pas les réseaux sociaux
Une photocopie de son billet d’avion, de son passeport et de son visa ou tout autre document nous aurait permis d’exploiter une autre piste que lui. Mais Stanley n’avait que sa bouche et sa voix pour dire qu’il n’est pas coupable. Qu’il n’a jamais été entendu par la police judiciaire comme l’affirmaient encore nos confrères de Yaoundé dans leurs multiples articles. « J’ai seulement été entendu par mon père qui m’a appelé au téléphone… »
En tout cas, il nous a simplement dit de bouche qu’il n’a pas tué la jeune fille. Qu’il ne dispose pas d’un groupe WhatsApp avec Dynastie. Et d’ailleurs qu’ils ne sont pas amis, dans la mesure où « ils ne se fréquentent pas ».
Même la date de son retour au bercail n’a pas été communiquée. Bizarrement, Didier Kouamo, ne s’en souvient plus. De la compassion, le chanteur n’en a pas vraiment fait montre envers la famille éprouvée. Monsieur Stanley Enow, mes lecteurs ont besoin de savoir où vous étiez le jour du drame… les photos de Londres sur vos différentes plateformes ne prouvent rien. Sans vouloir jouer le rôle de la justice, je souhaite humblement travailler avec des preuves palpables. Donc, je considère toujours que la vérité est à l’horizon…

Didier Ndengue


WhatsApp au cœur d’un scandale au Cameroun

Une jeune étudiante assassinée le 23 juin à Yaoundé aurait été victime d’un groupe criminel de ce réseau social.


A Yaoundé comme à Douala, beaucoup de Camerounais ont adopté WhatsApp comme nouvelle plateforme de conversation, d’échange de photos et de vidéos. C’est à la mode et personne ne souhaite rater le train. De peur de se faire traiter de « villageois ». Au Cameroun, quelqu’un qui se fait traiter de villageois est comparable à un analphabète.

Alors, pour prouver leur grande intelligence, les uns et les autres s’arriment aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Ils épousent également les bons et mauvais côtés de cette innovation. Cette semaine, c’est le mal qui a encore dominé sur les réseaux sociaux.

En fouillant sur le net ce samedi, je suis tombé sur une information qui me laisse bouche bée : deux rappeurs de renom de mon bercail auraient assassiné une jeune étudiante camerounaise le 23 juin à Yaoundé. Et le réseau social WhatsApp est au centre de la polémique.

Une piste « partouze » sur WhatsApp

Très rapidement, j’ai contacté plusieurs sources. Elles ont confirmé la mort de la jeune Gaëlle Tatiana Medjo, en début de semaine. Elle a été abattue non loin de son domicile au quartier Jouvence à Yaoundé. Du coup, les chanteurs Stanley Enow et Dynastie le tigre sont cités par de nombreux journalistes camerounais comme les assassins de la jeune femme. Les accusateurs attestent avec force que les deux stars entretiennent un groupe sur WhatsApp dénommé « Golden Group WahatsApp« , « qui a pour rôle d’attirer les jeunes filles et procéder à des séances de partouzes géantes… Plusieurs d’entre elles seraient passées à la trappe », affirment-ils. L’étudiante de l’Université de Yaoundé II auraient refusé de céder aux pratiques anormales de Stanley et de Dynastie, d’où le pire, apprend-on.

Les accusés nient tout en bloc

L’information fait grand bruit sur les réseaux sociaux. Et les fans des deux artistes sont confus. Approché, Didier Kouamo, le manager de Stanley Enow, nie tout en bloc. A en croire M. Kouamo, l’auteur de Hein père était à Londres (Angleterre), le jour du crime. Le manager de Dynastie le tigre, quant à lui, reconnait que son artiste entretenait une relation étroite avec la jeune fille.

« Ils se connaissent depuis l’enfance…ils ont fait l’école primaire (du CE1 au CM2) ensemble à Ebolowa », souffle-t-il avant de dédouaner son artiste :

« Il n’a jamais tué la jeune fille. En plus, Dynastie n’a jamais été entendu pas la police comme certains le prétendent… »

En tout cas, je suis curieux de savoir de quel côté se trouve la vérité. Que l’enquête, si elle existe réellement au Cameroun, aboutisse rapidement. En attendant, Stanley Enow entend donner une conférence de presse la semaine prochaine pour se défendre. La vérité est à l’horizon…

Didier Ndengue


Une seule famille déchirée par la guerre, c’est déjà trop !

 

Aux leaders politiques africains,

 

Aux leaders de la société civile africaine,

 

Aux journalistes africains,

 

Aux africains de tous les quatre coins du monde, et à nos partenaires nationaux et internationaux,  

 

Je suis Coulibaly. Je suis sans domicile fixe au Cameroun. Je vis au jour le jour sans imaginer comment sera mon futur. Je suis d’origine ivoirienne. J’ai fui mon pays pendant la crise post-électorale. Ma famille y a péri. J’ai dû esquiver les balles dans les rues de Yamoussoukro pour me retrouver ici dans ce cher pays qui est également secoué par des ennemis de même nature que ceux qui ont détruit ma chère Côte d’Ivoire. Terre de mes aïeux, je t’ai abandonné à des gens qui ont voulu te gérer par des armes. Heureusement que je me suis retrouvé dans un pays hospitalier tel le Cameroun.

 

Moi, je suis Elsa, jeune étudiante centrafricaine. Mon pays me manque tellement, mais je ne peux pas y retourner maintenant. Malgré les multiples réunions pour le retour de la paix et de la sécurité au pays, mes proches, restés là-bas, me disent que la haine y règne encore en grand maître. Je l’aime pourtant, ma Centrafrique. C’est vrai qu’ici au Cameroun, je peux me balader et faire des nouvelles connaissances, mais mes amis me manquent énormément. A cause des affrontements entre Anti-Balaka et Séléka, mes parents m’ont demandé de laisser les études et de venir me réfugier ici chez nos voisins. Au finish, j’ai passé une année blanche loin de mes cahiers.

 

Je suis Innocent. D’origine Centrafricaine. Je suis un ancien militaire. Soldat, j’ai commis beaucoup de meurtres au pays. Aujourd’hui, je regrette. Je rentrerai au pays pour défendre les miens. Finalement, je suis mort en voulant rejoindre les Anti-Balaka.

 

Chers leaders africains

 

Des témoignages de ce genre, j’en ai tellement. C’est depuis 2010 que je côtoie les réfugiés urbains au Cameroun dans le cadre de mes activités professionnelles. J’en ai connu qui sont morts à cause des mauvaises conditions de vie. D’autres sont arrivés dans le pays d’asile avec des maladies chroniques. Et finalement, ils n’y sont plus faute de soins de qualité. A force d’être avec eux, je réaliste qu’être un rescapé de guerre n’est pas une bonne chose. Vous vivez avec une peur permanente dans le ventre. Elle ne vous quitte jamais.

 

Vous vous méfiez de tout le monde. Difficile donc dans ces conditions de distinguer un bienfaiteur d’un ennemi. Et le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr) représente tout pour vous. Ayons donc une pensée pieuse à l’aube de la journée mondiale du réfugié qui se tient le 20 juin 2015.    

 

DN

 

 


Emerger grâce au blogging : c’est possible au Cameroun !

 

Dans un pays où le mot blog est ignoré des autorités administratives et des populations, un jeune homme a pu décrocher deux prix et intégrer plusieurs milieux professionnels au Cameroun  et à l’étranger.

 

Le 31 août prochain est la journée mondiale du blog. Chez moi au Cameroun, cette date passe généralement inaperçue. Même les blogueurs, les véritables concernés, l’ignorent souvent. Mais l’année dernière, j’ai été ému de constater que certains journalistes-blogueurs se sont souvenus de cette date. D’aucuns ont même rédigé des billets à ce propos. Parmi eux, Frank William Batchou. Depuis 2008, ce jeune homme se bat pour que notre métier soit reconnu et respecté au Cameroun. Après plusieurs efforts, ce frangin croit que la mayonnaise prendra un jour pour le collectif de blogueurs qu’il rêve de voir émerger. Mais il faut relever que si la mayonnaise ne prend pas encore pour l’ensemble de blogueurs camerounais, elle commence déjà à prendre pour l’un des pionniers du blogging au Cameroun.  

 

Mon premier blog  

 

C’est par hasard qu’il découvre le blogging en 2008. A l’époque, il était stagiaire au quotidien « Le Messager », agence de Yaoundé, dans la capitale camerounaise. « Comme beaucoup de reporters de la maison, plusieurs articles étaient publiés soient avec des semaines de retard soient jamais publiés », nous explique Frank William. Cet état de chose frustrait ce jeune ambitieux qui n’en pouvait plus de dépenser de son temps, de ses idées « pour voir mon travail validé à l’agence et mis de côté sans raison ». Et pour panser cette plaie, notre champion va interroger Google. En juillet 2008, il décide de fouiller des sites Internet où il peut proposer, en pige, ses articles non publiés dans le premier quotidien privé camerounais. Pendant ses recherches, Frank William Batchou tombe sur le blog d’Edouard Tamba, son chef de rubrique sports et des pages : « La forestière », chaque Mardi, et « Tic », les vendredis.

 

Quand il se rapproche de ce dernier pour savoir comment est-ce qu’on fait pour créer un blog, il lui répond: « va sur google et débrouille-toi. Je ne te donnerai pas du poisson quand tu as la capacité de pêcher ». A l’époque, avoue le blogueur, je l’ai considéré comme un aîné qui ne voulait pas aider ses cadets. Et pourtant, il nous poussait toujours dans nos différents travaux à aller au-delà de notre potentiel. Quelques jours après, il est allé lui-même sur le net pour créer son blog et prouver à son chef que : « je peux me débrouiller sans lui ». Il a d’abord essayé Blogspot et WordPress sans succès. C’est finalement le 27 août 2008 qu’il crée son blog (blogfrankwilliam.com.over-blog.com) sur over-blog et son premier article a été posté le 4 septembre 2008 et intitulé : « Le retour triomphal de Françoise Mbango au bercail ». C’était après sa médaille d’or aux J.O (Jeux Olympiques) de Beijing en Chine. Depuis lors, « je continue à faire mon bonhomme de chemin en apprenant tous les jours. Je suis lauréat de 2 prix avec mon premier blog qui reste mon petit bébé », se réjouit celui qui travaille désormais pour le compte d’un opérateur de téléphonie mobile au Cameroun grâce au blogging.

 

Comment il contribue au développement professionnel

 

Le blogging lui a permis de rencontrer beaucoup de personnes qu’il n’imaginait pas au Cameroun et à l’étranger. « C’est la somme d’expériences acquise dans le blogging qui me permet de travailler, professionnellement, sans grande peur quel que soit la structure ».

 

Etat des lieux

 

Le blogging cherche encore sa voix au Cameroun malgré tous les talents que nous avons ici (Danielle Ibobn, Florian Ngimbis, Gaëlle Tjat, René Nkowa…). Ceux de la Côte d’Ivoire ont profité de la crise post-électorale pour s’imposer et travailler en harmonie. Dans les pays anglo-saxons,  les mentalités sont très avancées et le blogging valorisé. Mais au Cameroun, au 21ème siècle, on est surpris d’entendre un responsable du ministère des postes et télécommunications dire qu’il ne connaît pas ce qu’on appelle blog. C’est la raison pour laquelle, le dossier du Collectif des blogueurs du Cameroun n’est toujours pas légalisé. Cela n’empêche pas les blogueurs camerounais de faire leur travail et au fil des années, ils sont reconnus. Dès qu’il y aura un vrai déclic et qu’on comprendra que le blogueur au Cameroun n’est pas un mendiant, les choses changeront davantage. Ailleurs, les gens vivent uniquement de ça. Je crois qu’un jour, on y arrivera au Cameroun. Frank William reste positif. « Je nous conseillerai plus de solidarité et de travail bien fait dans la persévérance. Et comme disait l’autre, on verra le bout du tunnel (de sortie et non d’entrée s’il vous plaît) ».

 

Didier Ndengue

 

 

 

 


COP21-Paris : l’Afrique au rendez-vous des gros pollueurs

Carte postale : Douala otage des matières fécales
Des poubelles en vogue

En plus des sujets poignants qui empoisonnent notre quotidien, le continent noir s’invite aussi au débat sur l’environnement.

Le changement climatique s’invite dans toutes les conversations depuis un certain temps en Afrique. Mais beaucoup de personnes n’y prêtent pas vraiment attention. Et pourtant, ce changement soudain de climat touche à leur quotidien. Les saisons se confondent. Le soleil et la pluie ont chamboulé leur calendrier sans avertir les populations de la terre.

Ces dernières croient qu’elles peuvent se défendre en prenant, par exemple, des engagements chiffrés en matière de réductions des émissions des gaz à effet de serre, à en juger par ce qui ressort du sommet du G7 sur le climat, organisé tout récemment en Allemagne. Cette résolution des pays les plus industrialisés et des gros pollueurs de la planète est certes une piste à explorer, mais j’ose croire que ce n’était qu’un bal de plus, qui ne changera rien à la situation alarmante. Pour combien de temps encore ?

 

Aucune pitié pour notre environnement   

La terre est notre bien le plus cher et un bien qui nous est commun. C’est un bien naturel, même si certains en ont fait leur propriété privée. Prenez, par exemple, la majorité des multinationales, exerçant au Cameroun, qui spolient les populations riveraines, sans que cela ne gène personne. Plusieurs quartiers de la ville de Douala sont menacés de disparition à cause des produits chimiques qui rongent les sols à longueur de journée. Ces gros pollueurs payent leurs taxes à l’Etat, et ce dernier, engraissé, fait souvent semblant de combattre le phénomène. Du grand n’importe quoi ! C’est tout simplement de la poudre aux yeux pour les populations riveraines.

Sinon, comment expliquer que tous les égouts de la capitale économique soient bouchés par des bouteilles en plastique sans que la communauté urbaine ne lève le petit doigt ? Où vont régulièrement ces eaux de couleur qui sortent des usines brassicoles implantées en plein centre ville, dans des plantations du Moungo ou dans des zones industrielles ? Plusieurs cas ont été soulevés par la presse locale. On attend toujours des résolutions. Entre temps, on s’active en sensibilisant les populations pauvres sur le bien-fondé de la préservation de l’environnement.

 

Conférences, sommets, patati patata… et après quoi ? 

La semaine dernière, jeudi, un débat s’est tenu sur l’environnement à l’Institut français du Cameroun (IFC), à l’antenne de Douala. A entendre ces savants s’exprimer sur le sujet, on a l’impression que la mise en pratique des résolutions qui en découlent est imminente. N’y pensez même pas. En Afrique, même pour soigner un malade mourant, il faut remplir des procédures. Celles-ci sont très longues d’ailleurs et sont accompagnées d’une enveloppe bien fournie devant chaque bureau pour motiver, ou si vous préférez, pour corrompre chaque service. Imaginez pour un bien commun ! A mon avis, les réunions sur l’environnement ou les changements climatiques doivent se dérouler sur les lieux de pollution.

En tout cas, pour l’instant, je suis curieux de savoir ce qui va se dire le 29 juin à New-York, en septembre au cours de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), et en novembre en Turquie lors du G20 sur le climat. Cette série de réunions s’achèvera par la Conférence mondiale (COP21) du 30 novembre au 11 décembre, à Paris (France). Ainsi, chers leaders africains, prière de bien présenter la situation telle qu’elle est réellement dans vos pays et les répercutions de la pollution de l’environnement sur la population riveraine. C’est une population orpheline, qui ne peut pas exprimer son ras-le-bol de peur d’être coffrée pour trouble à l’ordre public.

 

Didier Ndengue      

 

 

 

 


Maroc contre Jlo : un provocateur provoqué

Si la chanteuse américaine de 45 ans a choqué les autorités chérifiennes en se produisant  avec une petite tenue vendredi dernier, le royaume est d’abord adepte des réprimandes et des refus des autres civilisations qui entrent pourtant dans le cadre de la coopération et de la solidarité internationales tant prisées par le roi Mohammed VI.

 

Dans la colonne réservée aux brèves dans sa rubrique « Culture », un quotidien camerounais de ce mardi est revenu sur la prestation de Jennifer Lopez, lors du concert d’ouverture du Festival Mawazine vendredi dernier à Rabat au Maroc.

 

 Ici, on a rappelé que la prestation de la star américaine « n’a pas été du goût de tous et lui a valu les foudres des Marocains ». Et d’invoquer la raison : « Ses tenues jugées un brin trop légères, jugées à la limite de la vulgarité ».

Ailleurs, le quotidien privé camerounais rappelle que Jlo « a aussi fait parler d’elle lors de son apparition sur le photocall avec un top noir en dentelle qui ne laissait que peu de place à l’imagination ». Le rédacteur tranche : « entre chorégraphie suggestive et tenues équivoques, c’en est trop pour le gouvernement marocain ». Je partage entièrement cette conclusion. Seulement, il est important de se souvenir que la mission première d’un Etat est de veiller sur ses populations. Et sur ce point, le royaume chérifien, à mon humble avis, n’a rien à se reprocher. Le roi et son équipe se prennent pour des vrais guides et ne tolèrent pas des « bêtises ». Et j’ajouterai même qu’il est important que les autres leaders africains emboîtent le pas à ce géant.

Exagération  

Mon  second point de vue sur la polémique basée sur les petites tenues  de Jennifer Lopez engendrée par Mustapha Khalfi, ministre et porte-parole du gouvernement, porte sur la position réelle du royaume chérifien. Récemment, le Maroc a refusé d’abriter la Coupe d’Afrique des nations (CAN) par crainte d’Ebola.

La Guinée équatoriale n’a pourtant pas attrapé ce virus en organisant la compétition. Comme pour dire que le Maroc en fait même souvent trop en frustrant les autres. En les repoussant comme des malpropres. Ce qui n’est pas du tout bon pour la coopération internationale. Jlo est une star américaine. Si le royaume l’a oublié, les stars américaines se donnent généralement à fond dans tous ce qu’elles font.

Jlo ne pouvait pas être magicienne pour savoir que les Marocains n’étaient pas à « la mode ». Il revenait donc au comité d’organisation du festival de jouer son rôle. Il devait par exemple la mettre au parfum du goût vestimentaire des Marocains et la star aurait eu le choix de venir ou pas.  

 

Didier Ndengue     

 

 


Muhammadu Buhari : welcome Mr. President

Au Nigeria, ce 29 mai 2015 est jour de prestation de serment de M. Buhari. Des tas de dossiers sont sur la table du nouvel homme fort du Nigeria. Il devra primo, éradiquer le terrorisme et l’esprit tribal qui rongent ses compatriotes et contaminent les voisins.

L’adoption de la stratégie commune de lutte contre Boko Haram de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) n’a pas encore eu lieu jusqu’à ce jour. Il fallait d’abord attendre la prestation de segment de Muhammadu Buhari, nouveau président élu de la République fédérale du Nigeria. Mais déjà, depuis que cet homme a renversé Goodluck Jonathan par les urnes, les atrocités de la secte terroristes se font de moins en moins ressentir tant au Nigeria (fief de Boko Haram) qu’au niveau des pays voisins (Cameroun, Niger, Tchad, Bénin). Dans le but d’éradiquer ce groupe terroriste, un document avait été concocté à Douala le 2 avril dernier. Les experts des deux blocs régionaux s’étaient alors retrouvés dans un hôtel de la capitale économique camerounaise pour réviser tous les textes internationaux liés à la lutte contre le terrorisme. La réunion conjointe avait permis de rédiger un projet de Déclaration qui devait être approuvé à Malabo, en Guinée équatoriale, le 8 avril 2015 par les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres des communautés économiques des Etats d’Afrique centrale et de l’Ouest.

Doléances

Le jour de la victoire de Buhari sur son challenger, Goodluck, la majorité de Nigérians rencontrés à Douala formulait le vœu de voir les maux de leur pays disparaître une fois pour toutes. Nombreux souhaitent que les régions Nord, Sud, l’Est à l’Ouest ne se regardent plus comme ennemies. Que le nouveau président fasse profiter les richesses du pays à tous les Nigérians. Afin que cesse la jalousie, la haine, entre autres. Le pays le plus peuplé d’Afrique entame donc un nouveau départ. Et M. Buhari tient les commandes. Il doit conduire le pays à bon port.

 Portrait de Muhammadu Buhari

Retour sur les principales étapes de la vie d’un homme à poigne qui a déjà dirigé la junte militaire entre 1983 et 1985 et qui va présider, pour les cinq années à venir, aux destinées du pays le plus peuplé d’Afrique avec 173 millions d’habitants et également première puissance économique de la sous-région ouest-africaine.

Musulman originaire du Nord

Muhammadu Buhari est né le 17 décembre 1942 à Daura, dans l’État de Katsina, situé au nord du Nigeria à la frontière avec le Tchad. Dernier né d’une fratrie de 23 enfants, il est le père de 10 enfants issus de deux mariages.

Le candidat de All Progressives Congress (APC) s’était publiquement exprimé en 2011 lors d’un séminaire, en faveur d’une application totale de la loi islamique, la charia, dans tout le pays. Mais en janvier 2015, en pleine campagne électorale, il était revenu sur ses dires en défendant la liberté de culte, rappelant au passage n’avoir jamais imposé la charia lorsqu’il était au pouvoir entre 1983 et 1985.

Militaire et rigide chef de junte pendant 20 mois, entre 1983 et 1985

Muhammadu Buhari rejoint l’armée à l’âge de 19 ans. Il suit plusieurs années de perfectionnement en Grande-Bretagne, puis gravit les échelons pour devenir en 1980 officier général des Forces armées nigérianes. Une carrière accélérée notamment par sa participation en 1966 au coup d’État mené par le lieutenant-colonel Murtala Muhammed, pour renverser le régime d’Aguiyi Ironsi.

En décembre 1983, le général Buhari prend les rênes du pouvoir après avoir renversé le président Shehu Shagari, élu en 1979. En août 1985, l’homme qui a dirigé d’une main de fer le Nigeria est à son tour renversé par le général Ibrahim Babangida.

Pendant ses 20 mois au pouvoir, il fait de la guerre contre l’indiscipline, son principal cheval de bataille. La tricherie lors d’examens universitaires pouvait par exemple conduire à une peine d’emprisonnement de 20 ans et il n’hésitait pas à faire fouetter en public les fonctionnaires arrivant en retard à leur bureau.

La « méthode Buhari » était qualifiée de rude, si bien que le général était vu comme un dictateur. Au nom de l’indiscipline, il avait fait exécuter publiquement en plein centre de Lagos, trois Nigérians condamnés pour trafic de drogue. Ses adversaires se souviennent d’un Etat policier qui suspendait les libertés civiles et maltraitait les opposants. Sous sa gestion, de nombreuses personnes sont conduites en prison, dont Fela Kuti, père de la musique nigériane « Afrobeat » et activiste des droits de l’Homme.

Trois fois candidat malheureux à la présidentielle

Muhammadu Buhari est désigné candidat en décembre 2014 par le principal parti d’opposition, le Congrès progressiste (APC), avec 3 430 voix, devant l’ancien vice-président Atiku Abubakar qui obtient 954 voix. Il effectue son retour en politique en 2003, lors de l’élection présidentielle perdue contre l’ancien général Olusegun Obasanjo, qui l’a aujourd’hui rallié. En 2007 et en 2011, il perd face à Umaru Yar’Adua (décédé au pouvoir) puis Goodluck Jonathan. Sa défaite en 2011 entraîne des violences au cours desquelles un millier de Nigérians sont tués.

Ticket avec le Sudiste Yemi Osinbajo, pour équilibrer la donne face à Jonathan

L’alternance ethnique entre chrétiens sudistes et musulmans nordistes étant cruciale au Nigeria, le nordiste Muhammadu Buhari désigne le 17 décembre 2014 pour la vice-présidence, Yemi Osinbajo, issu de l’ethnie yoruba du sud du pays, en vue d’équilibrer la candidature de son parti face au président sortant, Goodluck Jonathan.
Yemi Osinbajo qui est responsable du département de droit public de l’Université de Lagos, jouit d’une riche carrière professionnelle. Chrétien évangéliste, il fait partie du comité de rédaction du Manifeste de l’APC en 2013.

L’alliance avec Olusegun Obasanjo

Battu à la présidentielle de 2003 par le général Olusegun Obasanjo, Muhammadu Buhari entretient de bons rapports avec l’ancien président surtout depuis que ce dernier a publiquement déchiré sa carte de membre du PDP, en février dernier.
Buhari avait été nommé par Obasanjo en 1976, au poste stratégique de ministre du Pétrole et des Ressources naturelles. Les relations exécrables entre Goodluck Jonathan et Olusegun Obasanjo profitent fortement à Buhari dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle.

Muhammadu Buhari, l’homme providentiel ?

Candidat à l’élection présidentielle du Nigeria, le 28 mars, pour la quatrième fois, Muhammadu Buhari, 72 ans, représente, aux yeux de nombreux Nigérians excédés par les attaques du groupe terroriste Boko Haram, l’homme de la situation face à un Goodluck Jonathan accusé d’indolence devant la menace islamiste. Boko Haram a fait, depuis 2009 dans le nord-est du pays, plus de 13 000 morts et 1, 5 million de déplacés.

Pour la plupart des Nigérians, sa réputation d’intégrité à toute épreuve et de dirigeant à poigne fait de lui l’homme dont le pays, empêtré également dans les problèmes économiques, a besoin pour se redresser.

Après trois tentatives infructueuses (2003, 2007 et 2011) à l’élection présidentielle, les Nigérians viennent d’accorder, ces 28 et 29 mars 2015, une chance au candidat de l’APC qui a su, au cours des trois derniers mois, exploiter les échecs du gouvernement Jonathan, surtout au niveau de l’insécurité et de la corruption. Il promet, à ce niveau, de mener une lutte sans merci au sein de l’élite, en vue de la distribution plus équitable des revenus du pétrole.

 

Didier Ndengue avec www.news.abidjan.ne