Didier Ndengue

L’opération de charme des blogueurs camerounais

Le 3 octobre 2015, Douala accueille la première édition du « Bloggers Forum ». La rencontre se tiendra de 13 à 18 heures au Starland Hôtel à Bonapriso.
« Le grand réveil des blogueurs camerounais ». Ceci pourrait être le titre de mon prochain billet sur le blogging. Après la 1ère édition du « Bloggers Forum » en gestation dans la cité économique du Cameroun, bien évidemment. Une initiative des blogueurs influents, membres du « Camer Bloggers Hangout » et du « Collectif des blogueurs camerounais ». A travers cet événement de près de 6 heures d’horloge, ils veulent « élucider leur activité et impulser la création ou le développement de l’écriture en ligne ; tout en suscitant des carrières pour les jeunes générations ».
Sortir de l’ornière
Rassurez-vous, c’est juste une contribution citoyenne au développement du Cameroun. Dans ce pays justement, les blogueurs sont à la recherche de plus de visibilité et d’intérêt. Car chez nous, on a toujours l’impression qu’on n’arrive pas à faire le distinguo entre l’écriture journalistique qui consiste à relater des faits, et le blogging qui consiste tout simplement à donner son point de vue sur un sujet d’actualité. En tout cas, le 3 octobre prochain, on saura tout sur ce domaine, grâce aux interventions des pionniers du blogging au Cameroun.
Le programme du forum est hyper chargé. Normal, quand on revient de loin, on a toujours beaucoup de choses à dire. Et surtout si on a parcouru plusieurs pays, comme certains membres du comité d’organisation, où ce domaine d’activité nourrit son homme. Un jour, au cours d’un échange sur Facebook, un frangin m’apprenait qu’en Afrique de l’Ouest, plus précisément au Nigeria très proche de nous, le blogging paie le loyer, les factures, etc., à plusieurs blogueurs. Pourquoi pas chez nous ? La première édition du « Bloggers Forum » est donc un début de solution à toutes nos préoccupations. « Malgré leur engagement sociétal et constructif, leur activité reste encore moins comprise par un grand nombre de personnes au Cameroun», regrette le comité d’organisation du forum.
Les blogs en valeur
Il sera donc question au cours de cette journée de : promouvoir les blogueurs et leur activité ; mener une réflexion autour des difficultés qu’ils rencontrent au quotidien ; susciter et faire grandir l’intérêt du public pour les blogs, et faire connaître les blogs camerounais. Afin d’atteindre ces objectifs et d’assurer la réussite de cet événement, les actions suivantes seront menées : la prise de parole par les blogueurs camerounais les plus influents ; les échanges et le réseautage entre les blogueurs et l’assistance ; la mise en relation des sponsors avec le public. In fine, un cocktail mettra fin aux travaux.

Didier Ndengue


Et Diallo s’en alla

En allant manger à la cafétéria du coin ce mardi 15 septembre, mon pote Malien n’y était plus. Il est parti après quelques mois d’amitié sans même me dire au revoir.
Triste, triste, triste… Je suis triste parce qu’un ami vient de me quitter. Diallo est son nom. Il est parti et ne m’a laissé que de jolis souvenirs. Tout confiant, il me disait toujours: « Didier, je vais faire le tour du monde. » À plus de 30 ans, il avait déjà parcouru plus de quarante pays africains. Mon ami Diallo n’avait jamais pris l’avion pour aller d’un pays à un autre. D’ailleurs, il n’en avait visiblement pas envie. Un jour, ce jeune courageux d’origine malienne m’a dit qu’après l’Afrique du Nord, il s’installera en Italie. Et c’est là qu’il fera sa vie. C’est en ce moment que j’ai compris qu’il était passionné des voyages.
Comme la plupart des ressortissants du Sahel, il aime l’aventure. Question de découvrir les pays étrangers et leurs diversités culturelles. Il est maintes fois parti d’un pôle à un autre à pied, en voiture ou en moto sans trop de tracasseries. En Afrique de l’Ouest d’où il vient, Diallo m’a dit que les frais de transport ne sont pas trop élevés comme chez moi en Afrique centrale. Que chez eux, la libre circulation est pratiquée en temps réel. Seule la carte nationale d’identité (CNI) donne accès à tous les pays. Il m’a aussi dit qu’un voyageur peut parcourir tous les Etats membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avec moins de 15 000 FCFA. Et pourtant chez nous, aller d’un pays à un autre par route vaut plus de 30 000 FCFA.
Le voyageur
J’ai appris à le connaitre en très peu de temps. Mais je savais qu’il allait me quitter un jour. Diallo gérait une cafétéria située à un jet de pierre de chez moi. Avant qu’il y soit, je ne mangeais jamais là-bas. Mais comme un aimant, Diallo m’a attiré. Et je suis subitement devenu son meilleur client. J’allais manger chez lui matin et soir, presque chaque jour, comme tout bon célibataire d’ailleurs. Il savait très bien faire la cuisine.

Chaque fois, il me faisait un bon plat de spaghetti, œuf, pomme, viande. Hum !!! C’était très bon ! Il avait une voix grave. Mais j’aimais l’attendre parler. Tellement sincère dans ses propos, j’avais l’impression que le mensonge n’était pas sa chose. Et c’est ce qui me motivait.
Cependant, je n’étais pas le seul à apprécier ses faits et gestes. Il y avait une jeune fille qui l’assistait. Comme les femmes ne résistent pas aux gentils garçons, elle a craqué sur ce beau gosse. Elle y était constamment. Je l’avais même surnommé « Madame Diallo ». Et elle aimait ça. Diallo aussi. Cette jeune fille était amoureuse de mon pote. Je prisais leur couple. Mais je savais que Diallo allait nous quitter un jour. Je me demandais comment elle allait faire pour supporter son absence. C’est mardi que j’ai constaté l’absence de Diallo et de sa dulcinée. Le nouveau gérant de la cafétéria m’a dit qu’ils ne reviendront plus.
Diallo s’est donc échappé (certainement avec sa copine Camerounaise), alors que j’étais à Yaoundé, capitale politique camerounaise, dans le cadre de l’anniversaire de mon entreprise. Son grand sourire, son franc-parler, sa gentillesse sans pareil ! C’est tout ce qu’il me laisse. En vérité en vérité, Diallo cherchait l’argent de transport parce qu’il était juste de passage au Cameroun.

Didier Ndengue

 


Armée camerounaise: comme une mutinerie à l’horizon

Piégé de toutes parts, Paul Biya risque de tomber « comme un sac de macabo ».
Le vieux a longtemps toléré « les bêtises » de ses collaborateurs. Aujourd’hui, le pays est dans le trou. Difficile de se relever. Il n’y a qu’une seule porte de sortie : « une vraie repentance et une vraie prière ». De toutes les façons, je ne vois pas d’autre solution face aux multiples crises que traverse le Cameroun.

Les diplomates ont fait la langue de bois. Ça n’a pas marché. Et ça ne marchera jamais. Les abcès ne font que se percer. Dans les rangs des soldats, censés être à l’abri de la galère, par exemple, on pleure la famine. Il y a malaise. Plusieurs soldats n’ont pas perçu leurs primes de risque depuis plusieurs mois.
Les milliards cotisés par les populations pour les soutenir ont subitement changé de couloir. En tout cas, les soldats que j’ai rencontrés jusqu’ici disent n’avoir rien perçu. Et quand ils vont se plaindre, les « connaisseurs » vont dire que « la grande muette », comme on les appelle au Cameroun, n’a pas le droit de dire son ras-le-bol.

Le temps est révolu. La « grande muette » est devenue la grande querelleuse.
Par ailleurs, « la grande muette », ne que revendiquer son argent. Et c’est normal. Ceux qui envisagent de les punir doivent d’abord se faire justice. A mon humble avis, les chefs militaires devraient se regarder dans le miroir, faire preuve d’humilité et gérer cette situation à l’amiable.

Paul Biya n’a pas droit à l’erreur
L’armée est le seul corps de métier qui n’a jamais grondé au Cameroun, jusqu’à la semaine dernière. Paul Biya, le président de la République n’a pas intérêt a laissé ses gars dans la galère. De toutes les façons, ils ne sont pas très exigeants. Ils travaillent franchement. Alors, donnez leurs salaires sans faire de problème.
Le problème, je pense, pourrait se trouver du côté de leurs chefs. Ils ne semblent pas jouer franc jeu dans le cadre de la lutte contre les ennemis du Cameroun. Sinon comment comprendre la misère qu’ils infligent à leurs hommes alors qu’ils savent très bien qu’un lion affamé peut déchiqueter, même son patron… Paul Biya.

Didier Ndengue


Palais de Bangui : mes questions au futur boss

Un eldorado en attente tel la Centrafrique mérite un patron qualifié qui optera pour une bonne gouvernance.

Avant l’échéance cruciale, tous les mouvements politiques du pays sont à la manœuvre. Dans quelques jours, ou dans quelques semaines, les meetings politiques devraient débuter en République centrafricaine. La grande innovation de ce scrutin est le vote des Centrafricains de l’étranger et des réfugiés. Sauf changement de calendrier de dernière minute, la présidentielle aura lieu en octobre.
Samedi 29 août 2015, au cours d’une émission de débat avec les confrères dans une chaîne de radio à Douala, mes copanélistes ont condamné la candidature du général François Bozizé, le leader du KNK.

Ils ont justifié leurs positions de mille manières. A en croire Edmond, le journaliste du quotidien privé « La Nouvelle Expression », M. Bozizé est celui qui a plongé son pays dans le chaos. Il est même celui qui a renversé, par les armes, Ange Félix Patassé, le seul président démocratiquement élu de la République centrafricaine. Franck, le jeune leader du Cameroon People’s Party (CPP), un parti politique d’opposition camerounaise, était également dans la même mouvance qu’Edmond. Mon regard était contraire à celui de mes deux grands frères. Pour moi, François Bozizé, comme tout citoyen centrafricain, a aussi le droit de manifester son droit civique, « même si j’avoue qu’il aurait pu prendre sa retraite pendant quelques années, avant de se relancer dans la bataille politique, après sa chute en mars 2013».

J’ai rappelé qu’il est l’homme politique le plus aimé du peuple centrafricain après Ange Félix Patassé. Faux, m’ont-ils rétorqué. Ils m’ont même regardé comme un extraterrestre. Dans leurs cœurs, ils se disaient certainement que ça ne tourne pas rond dans ma tête. Après m’avoir écouté, les gars n’ont pas hésité à me traiter de pro-Bozizé à la fin de l’émission. Mais non ! Chers amis, vous devez savoir que je ne défends pas l’individu, mais le peuple centrafricain pour qui j’ai beaucoup d’estime et de compassion. Alors j’estime que ce peuple mérite mieux. Il est grand temps qu’il sorte du calvaire. Je crois sincèrement qu’on ne doit pas imposer quelqu’un qui viendra vendre le pays très moins cher au détriment des autochtones.
Si les élections sont libres et transparentes, je vois mal Bozizé échouer face à ses challengers.

Qui sait, ceux-ci peuvent avoir des belles surprises qui vont séduire le peuple centrafricain. Mais avant qu’ils ne leur disent qu’ils vont restaurer la paix au pays, qu’ils vont créer des emplois pour tous, qu’ils vont développer le territoire national, etc., il faut qu’ils disent d’abord comment ils vont gérer la politique étrangère de leur pays ? Il est important qu’ils disent aux Centrafricains comment ils ne vont plus exciter d’autres tribus à fuir leur propre territoire ? Il est vraiment important qu’ils nous disent comment ils vont s’y prendre pour ne plus déchirer le peuple ? Comment vont-ils recoller les morceaux éparpillés un peu partout dans le monde ? Si seulement le futur boss centrafricain et ses alliés pouvaient être humains et répondre à mes questions.

KNK* : en sango, Kwa Na Kwa : «Le travail rien que le travail »

 

Didier Ndengue


Immigration clandestine : pourquoi les beaux discours européens ne passent pas

Même s’il arrivait qu’ils ferment leurs frontières maritimes, terrestres et aériennes, les pays convoités par les « pauvres » n’arrêteront pas ce phénomène aussi vieux que le monde.

Tant que les dirigeants de notre planète n’admettront jamais qu’ils sont et seront toujours impuissants face aux phénomènes naturels, ils ne feront qu’empirer la situation humanitaire avec leurs déclarations taillées sur mesure. Tant qu’ils voudront toujours agir par leur propre force, je vous assure qu’ils n’arriveront jamais à une bonne résolution concrète. Prenez un exemple très simple : combien de contingents de militaires de l’Organisation des Nations unies a-t-on déjà déployés dans le monde pour arrêter la menace terroriste ou les rébellions ? L’autre question est de savoir : qui excite réellement la rébellion ? Pour quelle raison ? Les rebelles réalisent que le gâteau mondial est mal partagé et que les boss se taillent toujours la part du lion. Et pourquoi est-il mal partagé ? Simplement parce que l’égoïsme anime naturellement nos dirigeants. Et les rebelles, au lieu de passer par des négociations, pourquoi agissent-ils cruellement ? Les armes à feu, sont-elles fabriquées par les rebelles ? En conclusion : l’homme a un instinct animal, aussi méchant que le diable.

Nous sommes tous migrants

Si pour certains le bonheur se trouve sur place ou juste à côté, pour d’autres il se trouve ailleurs. L’histoire nous apprend que plusieurs explorateurs ont fait le tour du monde et ont découvert des merveilles. Ils ont par exemple découvert des pays avec plein de richesses qu’ils ont exploitées. Beaucoup sont morts dans ces pays étrangers, et personne n’a eu la « géniale » idée de les expulser ou de rapatrier leur corps. Tout simplement parce que le monde est fait ainsi. L’homme est né pour voyager et aller chercher le bonheur. On ne peut arrêter l’immigration clandestine, mais on peut la gérer sans toutefois perdre son âme. Il suffit d’ouvrir son cœur et d’élaborer une bonne stratégie qui ne généra pas les autochtones de ces eldorados.

Accusés levez-vous

En plus, il n’y a que nos dirigeants pour occasionner de tels malheurs. Seuls eux ont le pouvoir d’entretenir des réseaux de délivrance des documents de voyage falsifiés. Qui est à l’origine de l’appauvrissement des populations ? Est-ce moi ? Non ! Qui sponsorise les déstabilisations dans le monde au nom de la gloire ? Les bourreaux ont donc intérêt à bien gérer leurs victimes sans verser le sang. Car aucun homme n’est moins important qu’un autre. Et cette terre tout entière est la nôtre à tous. C’est l’occasion idoine de saluer toutes les organisations humanitaires du monde sauf les casques bleus qui font actuellement un drôle de métier en Centrafrique et dans plusieurs pays africains…

 

Didier Ndengue  

 

 


A Douala la « ghettoïsation » des banlieues se porte bien

En plus d’être le dépotoir des pays industrialisés, la capitale économique camerounaise est également une référence en matière de constructions anarchiques.

Un regard critique, la ville de Douala en a besoin. Surtout qu’elle regorge d’habitants qui la transforment en poubelle sous le regard complice des autorités administratives. Après, quand il y aura une catastrophe, le torchon va brûler entre les deux parties. Au finish, c’est toujours l’autorité administrative qui remporte la bataille. C’est quand même elle qui contrôle toutes les machines, même judiciaire. Mais le peuple peut renverser la donne s’il s’unit. En ce moment, les patrons de la cité économique camerounaise sont secoués par une histoire d’indemnisation des victimes des évictions forcées de plusieurs quartiers de Douala.

908 familles traînent cette affaire vieille de plus de 29 ans. Ce sont des personnes qui occupaient des espaces « appartenant » à l’Etat du Cameroun. Celui-ci en récupérant ces terres, était censé indemniser ceux qui s’y étaient déjà installés. Mais ils ont été chassés comme des malpropres. On parle de près de deux milliards de nos francs que l’Etat doit verser à ses déguerpis depuis plus de deux décennies après. C’est de la sorte que les mendiants naissent. Devenues donc SDF, les victimes squattent les rues et les transforment en ghetto.

Constructions anarchiques

Au Cameroun, tout le monde a le permis de bâtir n’importe où et n’importe comment. Je le crois parce que les constructions anarchiques ne semblent gêner personne. Mais il suffit d’un incendie, d’une inondation… pour crier au scandale comme si on n’était pas averti. Pendant que l’on invoque le problème des constructions anarchiques, à Kotto Bloc L, dans le 5e arrondissement de Douala, nous nous trouvons face à des constructions d’immeubles dans un lotissement de la sic, lotissement dont les éléments de voirie ne semblent pas avoir été prévus pour recevoir tout d’un coup, plus de 300 personnes. Du coup, les habitants de ce secteur seront confrontés à plusieurs difficultés :

 

         – Alimentation en eau,

–  Passage de secours pour les pompiers,

– Places de Parking,

– Évacuation des sanitaires,

–  Nuisances sonores,

– Cas de sortie pour des urgences médicales…

« Mais qui a donné les permis de construire ? Faut-il qu’il y ait de nouveaux drames pour s’en émouvoir? » 

 

DN

 

 

 

 


Douala la peureuse, Maroua la frondeuse

En cas de présence suspecte dans votre quartier, les autorités camerounaises recommandent d’alerter les forces de l’ordre via le 1500. Pendant que la collaboration porte déjà ses premiers fruits ailleurs, les populations de la cité économique voient le diable partout.

La bataille contre les nouveaux ennemis du Cameroun est l’affaire de tous. Nos dirigeants nous le rappellent sans cesse depuis quelques semaines. Depuis quelques jours justement, presque tout le pays s’est lancé dans une campagne de sensibilisation contre la menace terroriste. Par exemple sur la Toile, j’ai lu un texte qui décrivait les attitudes d’un terroriste ou d’un kamikaze. Cet article qui fait le tour de plusieurs services sécuritaires du pays nous montre comment reconnaître ces gens sans cœur.
Au cours de leurs multiples sorties dont je redoute l’exagération, nos gouvernants nous font savoir qu’avec la touche de la population, on vaincra facilement Boko Haram. Voici un extrait de leur refrain: « il faut que la population collabore avec les forces de l’ordre ». Cette campagne se fait à travers les médias pour l’instant. Et je me rends compte que le message ne tombe pas dans les oreilles des sourds. A Maroua dans la partie septentrionale du Cameroun, alors qu’ils s’apprêtaient à commettre d’autres attentats-suicides, un trio de jeunes gens dont deux Camerounais et un Nigérian ont été appréhendés la semaine dernière grâce à la collaboration des populations.

Alerte… sensibilisez les peureux

Par contre, à Ndogsimbi, banlieue de Douala, une foule carrément folle a imaginé des kamikazes dans le coin. Une fausse alerte qui a semé la pagaille dans le secteur au point de susciter l’intervention des autorités administratives qui ont calmé le jeu. Avant leur arrivée sur les lieux, la rumeur avait déjà causé beaucoup de dégâts sur plusieurs personnes fragiles qui ont dû être transportées dans des centres de santé.
Si c’était un vrai kamikaze alors, comment allaient-ils réagir ? Pensez-vous que cette banque de peureux devait avoir le courage de prendre leur téléphone portable jusqu’à composer le 1500 ? Non. En tout cas, pas avec une telle trouille dans le ventre. Comme une poule mouillée qui ose déclarer la guerre à un monstre.

En plus de cette fausse alerte de Ndogsimbi, d’autres quartiers ont été victimes de cette peur. Dans cette logique, on risque confondre tout le monde. Raison pour laquelle, il faut une sensibilisation de proximité. Je connais très bien mes frères. Certains, tellement pauvres, n’ont ni radio, ni télévision pour être en phase avec l’actualité. D’où l’urgence d’un porte-à-porte.

Didier Ndengue


Cameroun : le monstre, c’est lui !

Les attentats à répétition du groupe terroriste fâchent sérieusement les populations qui s’interrogent déjà sur ses vraies ambitions.

Le Cameroun sort d’un long week-end noir. Sanglant plus précisément. En l’espace de trois jours seulement, sa partie septentrionale a enregistré des morts par dizaine. C’était suite à des attentats suicides à répétition enregistrés dans la région de l’extrême-Nord. En effet, les kamikazes de la secte dont Aboubakar Shekau est le boss ont opéré à des endroits stratégiques. Ce groupe utilise des mineurs, sans doute drogués, comme bombes humaines. Pour l’instant, ils ont déjà explosé dans des marchés et bars de Maroua.

La menace avance…

Ce dimanche encore, certaines sources bien introduites nous apprennent que ces fous d’Allah sont en train de massacrer tout un village de la même région. Face à ces barbaries, les Camerounais sont montés au créneau pour condamner la lâcheté de ce groupe. A travers les réseaux sociaux, ils présentent leurs condoléances aux victimes de ces attentats suicides. Nombreux ne veulent pas perdre le Nord du Cameroun. C’est-à-dire qu’ils ne veulent pas que les islamistes y fassent leur base.

Il faut quand même relever que les islamistes évoluent progressivement. Ils ont été acculés par l’armée camerounaise. Raison pour laquelle ils reviennent en force avec un nouveau mode opératoire. Avec cette nouvelle stratégie d’attaque, le groupe fait plus de dégâts côté camerounais. L’autre réalité est la conquête du territoire. Pendant la période du jeûne de Ramadan, les islamistes avaient observé une pause. Certainement pour se ressourcer spirituellement et en armement. Un congé qui leur aura permis de revoir leur plan tactique. A la fin de ce break, ils sont de retour, moins visibles sur le terrain, mais plus féroces. Ils ont même fait un bon en avant partant de Fotokol à Maroua. Une évolution qui cache certainement beaucoup de secrets.

Que veulent-ils ?  

Les internautes camerounais tentent depuis quelques jours de trouver des réponses à cette question, depuis le double attentat suicide souvenu au marché central de Maroua. Sur leurs différentes plateformes de discussion sur la toile, certains soutiennent que ces monstres coordonnés par Shekau ont des ambitions politiques et économiques. Certains n’hésitent pas à balancer que ces fous sont en train de préparer la prochaine présidentielle camerounaise qui a lieu dans moins de trois ans. Côté politique, une chose est sûre et certaine : ce groupe veut influencer les prochaines élections présidentielles. Et il est même possible qu’il soit en train de préparer la voie à leur prochain candidat encore non dévoilé. En conclusion, je crois que ces assaillants ne veulent plus du régime actuel. Côté économique à présent, je crois qu’une fois qu’ils auront imposé leur candidat au trône, ce dernier les récompensera avec les richesses que regorge le Cameroun.

Didier Ndengue

 


Découverte : Aaron Jac’sson, un Busta Rhymes chrétien

Visiblement, le jeune rappeur n’a pas de rivaux au Cameroun.

Le passage de ce jeune artiste musicien samedi dernier sur les antennes de la radio chrétienne GBN reste encore frais dans ma tête. Il a prouvé au point où j’ai eu du mal à croire que ça venait de chez moi. Et pour cause : au cours d’une émission d’une heure, il a bénéficié d’à peine 30 minutes d’entretien. Suffisant pour séduire les auditeurs.

Beaucoup de Camerounais l’ont découvert pour la première fois. Plusieurs personnes n’ont pas tardé à réagir à travers des SMS. Tubal, le présentateur du programme a enregistré près de cent messages en faveur de son invité. Un record depuis le lancement de son émission, il y a plus de deux ans. « C’est la plus belle émission que j’ai faite jusqu’ici », nous a avoué Tubal à la fin du tête-à-tête avec Aaron Jac’sson. 

Messages des auditeurs

Incroyable, mais vrai. Avant même l’introduction de son invité, le téléphone de service de Tubal n’a cessé de vibrer. Les SMS des auditeurs se bousculaient. L’animateur n’a eu autre choix que de les évacuer à l’antenne. Mais il n’a pas eu le temps de tous les lire. Il y a eu par exemple ce classement des trois plus grands rappeurs du Cameroun proposé par un auditeur qui a été esquivé : « 1er : Aaron Jac’sson, 2e : Jovi et 3e : Stanley Enow ».

C’est ainsi que j’ai compris que les populations camerounaises sont sevrées de la bonne musique. Un tir que le jeune Aaron Jac’sson veut  à tout prix rectifier.

Un talent ignoré

Comme la plupart des auditeurs, j’ai commencé à suivre l’émission dans un salon de coiffure à Bonapriso. Bien après, je me suis rendu au siège de la radio pour rencontrer Aaron Jac’sson en personne. Je l’ai trouvé humble et ambitieux. C’est un garçon qui a hâte de réussir dans la musique chrétienne, mais ne dispose que de son talent.

Aaron m’a parlé de ses projets et m’a demandé si je pouvais les soutenir. Ma réponse a été oui. Toutefois, j’ai constaté que le génie dans notre monde actuel a besoin des réseaux. Si quelqu’un n’a pas de connexion, même à l’église, peu importe son talent, il n’aura rien. Mais je suis quand même certain d’une chose : qui sème et persévère ne récoltera pas le vent.  

 

DN

 

 


Depuis la ligne de front: soldats camerounais contre soldats camerounais

Courroucé, un soldat de la Marine nationale camerounaise écrit à Paul Biya. Lire l’intégralité (non corrigée) de la correspondance.

Sueram 19 juillet 2015

 

 

 

Lettre ouverte au Président de la République du Cameroun

 

 

 

Objet : Réclamation de nos droits à l’endroit de nos chefs militaires au front

 

 

 

     Excellence Monsieur le président de la République du Cameroun,

 

C’est par des mots de déception que je me penche sur ce format pour vous informer de notre quotidien depuis la ligne de front. Permettez Monsieur le président que je taise mon identité ici. Je voudrais que vous sachiez néanmoins que je suis un jeune soldat camerounais appartenant à la Marine Nationale. Au regard de tout ce qui se dit dans les médias nationaux et internationaux sur le déploiement des soldats à l’Extrême-Nord du Cameroun, j’ai l’impression que vous n’êtes pas au courant de nos misères dans la lutte contre le groupe Boko Haram. En faite, je voudrais vous faire part du mauvais traitement qui nous est infligé ici au front. Je parlerai uniquement de la situation des éléments de la Marine Nationale à laquelle j’appartiens. D’emblée, sachez que nous croupissons dans le petit village Sueram, à quelque kilomètres de Fotokol, depuis neuf (9) mois déjà sans relève.    Et pourtant pour que la mission soit efficace, nous étions censés faire trois mois de guerre et laisser les autres continuer. Ceci est une réalité chez les autres corps. En réalité, depuis notre arrivée ici, partant de Douala pour Maroua, et de Maroua pour la zone frontalière, où nous nous retrouvons actuellement, nos chefs n’ont jamais eu de considération pour nous. Notre calvaire commence à Maroua, dans un petit village appelé Mindif, où on nous a fait comprendre qu’on devait faire un recyclage sur la stratégie de guerre et la manipulation des armes lourdes. Mais rien de tout cela n’a été fait. On nous prenait pour une petite balade dans la brousse. Et à une certaine heure, on rentrait au casernement. Pendant notre séjour de deux semaines environ dans ce village, notre alimentation n’était pas au beau fixe. On nous nourrissait à chaud, c’est-à-dire que nos chefs ont choisi quelques éléments du contingent pour faire la cuisine. Notre menu était constitué du haricot, sauce d’arachide très mal préparés, avec un petit morceau de viande ou de poisson partagé entre deux militaires. Le matin, nous prenions une taxe de café et un bout de pain. Nous mangions comme ça une fois par jour. En principe, sur 300 soldats du contingent de la Marine Nationale, chacun devait recevoir 2000 FCFA de ration par jour. Mais le Colonel nous faisait manger moins de 1000 FCFA à chaque soldat par jour. Et il nous narguait en disant qu’il est Colonel plein, il ne cherche plus de grade. Au sortir de ce village, ils nous ont déployés dans la zone rouge, en nous chargeant dans trois camions. Ces camions disposaient de 25 places chacun. Hors nous étions 300 soldats. On nous a entassés dans ces trois véhicules comme dans une boite de sardine. Nous étions également sans munitions pour nos armes individuelles, sans aucune défense, même pas une escorte. Les faits se déroulent le 17 novembre 2014. Mais grâce à Dieu Tout-puissant, rien de mal ne s’est produit pendant notre trajet.

 

    Chers Chef des Armées,

 

Sans être très long, ce qui nous inquiète le plus, c’est le comportement de certains de nos chefs qui nous refusent tous nos avantages. Par exemple :

 

1-      Les permissions ne nous sont pas attribuées (si oui à ceux qui négocient sous forme de corruption).

 

2-      Les primes sont constamment restées impayées (alors que chaque soldat ne perçoit que 30 000 FCFA de prime de risque et 60 000 FCFA de prime d’alimentation chaque mois).

 

3-      Pas d’assistance sanitaire fiable (nous disposons d’un infirmier douteux qui vend des médicaments aux militaires et civils malades).

 

4-      Pas qu’équipements militaires adaptés au terrain.

 

5-      Pas assez d’armes lourdes et munitions au front (notre logistique n’est pas vraiment fiable, et nos fournisseurs ne sont pas honnêtes. Ils ne nous donnent pas ce qu’il faut).

 

 

 

   Cher Chef de l’Etat,

 

Ce qui nous fait le plus peur, c’est le désarmement progressif qui est appliqué sur certains éléments jugés indisciplinés. On se demande si les indisciplinés n’existent qu’à la Marine puisque nous camarades des autres corps n’ont pas ce problème. Dans notre armée, et surtout à la Marine Nationale, les éléments jugés indisciplinés sont ceux qui travaillent honnêtement et dans la vérité. Mais nos chefs ne les aiment pas. Et par contre ils aiment ceux qui coopèrent avec eux dans le réseau mafieux. Ils bénéficient en retour de plusieurs avantages au détriment de ceux qui travaillent bien. Ici au front, il y a une dizaine de soldats désarmés exposés aux ennemis. Ils ne peuvent plus défendre, ni se défendre. Pourquoi ne pas les renvoyer dans leurs unités respectives s’ils ne sont plus utiles ici aux postes avancés ? Je vous assure que si certains éléments ont des problèmes ici, c’est à cause de notre long séjour. Et cela a réveillé leurs mauvais côtés de la vie civile. En faite, je crois que les chefs nous désarment parce qu’ils ont peur qu’on se révolte contre eux au regard du mauvais traitement qu’ils nous infligent. C’est la raison pour laquelle nous attirons votre attention. Monsieur le président, nous souhaitons que vous régliez ces multiples problèmes avant que le pire ne se produise.

 

  Enfin,

 

Ici au front, il y a certains officiers qui relâchent des suspects contre forte rémunération, comme ce Capitaine chef de détachement de la Marine Nationale qui avait libéré l’un des marabouts de Boko Haram. Il aurait perçu 300 000 nairas, soit 900 000 FCFA avec la complicité des chefs du village Sueram. Cela s’est passé entre mars et avril 2015. Au même moment, un Amiral, inspecteur général des armées séjournait au village Sueram. Je crois qu’il n’a pas été informé de la présence du marabout de Boko Haram, caché dans une case du village. C’est entre autres ce que nous vivons ici à Sueram, un village de Fotokol. Nos chefs militaires veulent un bilan inter-armé parce que la Marine Nationale est le seul corps qui n’a pas perdu d’homme jusqu’ici malgré ses offensives suicides et avec peu de moyen logistique, alimentaire et sanitaire à sa disposition. Au moment où le groupe terroriste fait recours à des nouvelles tactiques de guerre, nous souhaitons que nos chefs nous remettent nos armes car nous sommes exposés aux ennemis.

 

Veuillez agrée Monsieur le président de la République les salutations distinguées des soldats de la Marine Nationale au front.

 

Depuis la ligne de front

 

Un soldat de la Marine Nationale.