Didier Ndengue

Chers parents africains, sauvons nos enfants

Au moment où la communauté internationale célèbre la journée mondiale de l’enfant africain (16 juin) et la journée mondiale du réfugié (20 juin), il est urgent d’inculquer l’amour du prochain, l’hospitalité, la tempérance, la persévérance et le travail bien fait à nos progénitures. Des valeurs qui contribueront à l’épanouissement de notre continent.

Tout petit, je me souviens que mon grand-père m’aimait beaucoup. Il m’amenait régulièrement dans son champ de cacaoyer. Il voulait que je sois comme lui, un bon bosseur. Les champs de papy s’étendent sur des milliers d’hectare. Tout jeune, ses parents lui ont inculqué le goût du travail bien fait. L’honnêteté et non la corruption et la paresse. Pendant son séjour sur terre, pépé vivait des fruits de ses plantations. Il en récoltait des centaines de sacs de cacao qu’il vendait à un prix raisonnable. Avant son décès, il avait laissé un testament dans lequel il était mentionné les noms des héritiers de ses multiples champs, qui font actuellement le bonheur de mes oncles. Mon grand-père a formé ses enfants, de sorte qu’ils ne mangent qu’à la sueur de leur front. Aucun de ses enfants ne devait aller voler dans le champ d’autrui. Cette philosophie demeure jusqu’à ce jour dans ma famille. S’il n’avait pas pris le temps de d’éduquer ses enfants, je me demande qui l’aurait fait à sa place… Sûrement pas les voisins !

Ces comportements qui enfoncent notre jeunesse

J’ai pris l’exemple sur mon grand-père juste pour planter le décor. Parlons à présent de nous dans les grandes métropoles. Ici, un constat se dégage : la jeunesse va de mal en pis. A Douala où j’habite par exemple, j’ai rarement vu les parents causer avec leurs enfants sans se mettre en colère, et sans les gronder. Parce que les enfants font régulièrement des bêtises, et les parents croient que c’est en grondant qu’ils changeront leur mentalité. Ils font erreur sur toute la ligne.

Pourquoi fait-on souffrir ces jeunes africains?
Pourquoi fait-on souffrir les jeunes africains ?

On éduque un enfant dès le ventre de sa maman. Dans le sein de sa maman, il a besoin qu’on sache comment il respire en touchant régulièrement le ventre, et en prononçant des mots justes, il doit sentir l’amour envers lui. Dès sa sortie du sein maternel, il a besoin qu’on lui souhaite la bienvenue au monde avec beaucoup de cadeaux. Il faut lui donner un vrai sérieux. Et surtout pas de surnom bête du genre « Bouffon » ou « Bat man ». Car ces petits noms auront des effets sur lui. Choisissez plutôt « Champion » ou « Glory » et vous m’en donnerez des nouvelles !

Une layette bien faite est un plus. Il a besoin de beaucoup d’attention de ses parents. Il ne faut jamais sous-estimer le bébé. Il voit tout. Il entend tout. Et il pleure et rit avec raison. Les moindres faits et gestes des parents sont notés. Et le bébé grandit avec.

« Il y a plus de 15 ans que cela s’est déroulé et j’ai toujours en mémoire cette bastonnade de mon oncle Emile, qui n’aimait pas me voir jouer au football avec mes amis. Il ne m’avait jamais dit pourquoi, et il me battait presque tous les jours. Je ne vais jamais l’aimer ».
Je déconseille cette attitude aux parents.  Ne réprimandez jamais vos enfants devant ses amis et sans véritable raison de peur d’être leurs ennemis à vie!

Parce que j'aime mes amis
Parce que j’aime mes amis

Choisissons leurs réseaux sociaux et TV

 Dans beaucoup de villages africains, les parents choisissent encore les conjoint(e)s à leurs enfants. Parce qu’ils ont peur qu’ils (elles) ne s’attachent à quelqu’un de mauvais, qui ruinera leur vie. Je crois que c’est une bonne stratégie pour garantir l’avenir de son enfant. Cette méthode devrait également inspirer les citadins. Surtout à l’ère des nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Avec l’avènement de l’internet et de la télévision, la jeunesse africaine dite « génération androïd » fonce droit dans la fossé. Je n’entrerai pas dans les détails, mais les dégâts causés par les réseaux sociaux en Afrique sont énormes. Il y a près de trois jours, j’étais dans un cyber café, à côté de moi, il y avait une jeune fille d’environ 12 ans, elle était connectée sur une plateforme pornographique ! J’ai juste jeté un coup d’œil sur l’écran de l’ordinateur qu’elle utilisait pour m’en rendre compte. De pareils cas sont légion dans nos villes. Je ne demanderai pas qu’on fasse disparaître ces nouvelles formes de communication qui font le bonheur des uns et le malheur des autres, et où on retrouve des acteurs et des personnes mal intentionnées. Mais il est important de savoir ce que nos enfants regardent à la télévision où sur quels réseaux sociaux ils surfent.

Changeons premièrement

Il faut noter que le changement doit d’abord commencer chez les parents. Une maman prostituée doit-elle amener ses multiples clients chez elle ? Papa doit-il régulièrement bastonner maman quand il a fini de vider les bars du coin ? Avant d’interdire les jeux du hasard, la cigarette, l’alcool, la corruption, le vol, le mensonge, le favoritisme, la mauvaise compagnie, entre autres maux à nos gosses, soyons d’abord des exemples. Nous serons alors leurs héros et héroïnes. Chers parents, le monde va mal, il est urgent d’inculquer les valeurs fondamentales de la vie à nos progénitures.

 


Afrique : pourquoi les femmes ne travailleraient-elles pas ?

Femmes : entreprenez !
Mais si elles sont trop influencées par leurs hommes elles n’osent même pas…
Trop souvent, elles ont peur de se lancer dans des business de haut niveau.
Le Bureau International du Travail indique que 8/10 de femmes du continent évoluent dans l’informel.

 

Je ne sais pas ce qu’il se passe dans la tête de certains hommes (ou « chefs de famille ») chez moi au Cameroun, mais je pense que c’est vraiment incroyable de penser qu’au 21e siècle, les femmes sont bonnes à rien. Juste de simples machines à pondre des gosses et à s’occuper des casseroles dans la cuisine. Certains encouragent même leurs femmes à polluer les rues de nos métropoles avec des arachides grillées, bananes, plantains, patates, entre autres petits commerces qu’elles étalent en même le sol en bordures de route, parfois non loin des rigoles. Les hommes feraient mieux de les aider à monter et à financer des projets générateurs d’emplois. Nombreuses disposent pourtant des compétences requises pour la mise en place d’une structure qui aiderait à contribuer à la lutte contre le chômage, ce phénomène qui laisse croire (à tord) que l’école et les diplômes ne servent plus à rien au Cameroun comme dans plusieurs pays d’Afrique.

Je t'aime même au travail
Je t’aime même au travail

Ils minimisent leurs femmes. Et ils sont surpris de constater qu’elles consomment plus qu’elles ne produisent. Comment peuvent-elles produire avec des époux qui sont persuadés qu’elles ne sont faites que pour s’occuper des tâches ménagères et rien de plus ? En plus ils leurs rappellent tout le temps qu’elles ne sont pas venues en mariage pour aller au bureau comme eux tous les matins et rentrer plus tard dans l’après-midi ?
En réalité, les chefs de famille qui réagissent de la sorte sont ceux qui ont peur que leurs épouses ne découvrent d’autres centres d’intérêts et d’autres délices ailleurs. Ils ont peur que leur femme se fasse draguer et qu’elle embarque dans de grosses caisses, celles de leurs patrons ou collègues. Mais les maris oublient qu’à la maison, le voisin ou les voisins sont aussi là. Ils attendent juste le départ du boss pour sauter sur l’occasion.
Au bureau par contre, je pense qu’ils ont plus de chance d’éviter ce genre de mauvaise surprise, car leurs femmes seront plus prises par le travail. En plus, il est important de faire confiance à sa conjointe. Vice-versa. De toutes les façons, les vrais mecs le savent.

Femme chef d’entreprise
Ici, certaines femmes prennent leurs maris pour des dieux. « S’il n’est plus là, je vais vivre comment ? », entend-on régulièrement. Mesdames, pourquoi pensez-vous que vous ne pouvez pas vivre si votre conjoint décide de vous quitter ? Imaginez-vous par exemple Présidente directeur général (Pdg) d’une grosse structure. Je sais que vous pouvez l’être.

Je t'aime même au travail
Je t’aime même au travail

Je suis de ceux qui prônent l’autonomisation des femmes. Parce que je pense que les hommes auront moins de soucis à se faire si leurs femmes gagnaient beaucoup d’argent en travaillant. Il est donc important de les encourager à concevoir des projets d’entreprise, de les aider à obtenir des financements auprès des banques et à les soutenir dans la création et le fonctionnement de leurs structures. In fine, votre femme peut même vous embaucher dans son entreprise ! En passant, combien de femmes embauchent leurs maris chez nous en Afrique ?


Je ne demanderai plus d’autographe à Eto’o

Avant, ce garçon était mon footballeur préféré. Aujourd’hui, il  n’a plus aucun impact sur moi. Dans un rêve la semaine dernière, nous étions pourtant de très bons complices.

Samuel Eto’o Fils, Djibril Cissé, Didier Drogba. Voilà les trois footballeurs qui faisaient battre mon cœur hier. Plus précisément entre 2003 et 2010. Si j’ai bonne mémoire, le premier était au FC Barcelone, le second à Auxerre et le troisième à l’Olympique de Marseille. « Le marseillais Didier ! », ainsi me surnommait mon cousin Paulin.

Aujourd’hui, alors qu’ils jouent les prolongations, ces talentueux footballeurs de la planète bleue n’ont plus aucun effet sur moi. Sauf dans le domaine des affaires où certains font des merveilles comme Didier Drogba. A l’époque, rater un seul match de ces trois était impensable. Leur façon de faire, leur style vestimentaire, leur sens d’humour, leurs déplacements sur la pelouse m’envoyaient aux astres. C’était une période magique ! Tout ce qu’ils faisaient me rendait dingue, au point où je rêvais de tinter mes cheveux comme Djibril Cissé, de les avoir rasés comme Samuel Eto’o Fils, ou tout simplement longs comme mon homonyme Didier. J’avais l’embarras de choix. J’étais quand même conscient qu’avoir les cheveux de couleur comme le « mannequin » Cissé ne m’était pas permis. En me voyant avec des trucs de « voyous », papa et maman allaient penser que je fumais déjà le chanvre indien. Avoir les longs cheveux comme Didier Drogba et les tressés, allait faire croire à mes parents que je voulais déjà devenir une fille. J’étais sous l’emprise de ces mecs. Avoir le crâne rasé comme le fils de New-Bell, Samuel Eto’o, était le choix de mes parents. Qu’est ce que je pouvais y faire, à part obéir ?

Eto'o signe le ballon d'un gosse
Eto’o signe le ballon d’un gosse

Rêve et réalité

J’ai justement rêvé de Samuel Eto’o la semaine dernière. Toujours souriant. Nous parlions de nous en parcourant les rues du quartier Météo à Bonapriso, dans le deuxième arrondissement de Douala. La première fois que j’ai rencontré Eto’o en vrai, c’était au restaurant du super marché ABZ, sis dans le même coin. Je lui ai demandé un autographe, mais n’avais pas de feuille, ni de crayon, encore moins un stylo-feutre.  Le gars s’est senti gêné. Lui qui croyait que je venais lui demander de l’argent. Je tiens à ma dignité hein monsieur la star !

On s’est débrouillé à trouver un format A4 et un marqueur sur lequel, le meilleur footballeur africain a posé sa signature. Au restaurant, Eto’o était accompagné d’une jeune belle nana. Pas Georgette hein ! J’exagère quand même en disant belle. Elle était plutôt moyenne. Très relaxe, le gars bassa portait un polo orange, un jean et un mocassin marron, tout simplement. Dans mon rêve j’avais du mal à lui rappeler ces détails de notre rencontre en 2009.

Samy

Au sortir d’ABZ, mon pote « Fifty » avec qui j’étais, m’a traité de fou. « Tu croises Eto’o et tu lui demandes seulement un autographe au lieu de l’argent ?» S’est-il étonné. Moi, je voulais faire comme les blancs. C’était la première fois qu’une star de renommée internationale écrivait entièrement mon nom sur un bout de papier que je voulais garder jalousement, mais les inondations et d’autres réalités de la vie en ont décidé autrement. Ce bout de papier a disparu.

Aujourd’hui, je ne prendrais plus d’autographe de ce garçon. Ne me demandez pas pourquoi. Je n’en sais rien. Tout ce dont je suis certain, c’est qu’il n’est plus le Samy qui me faisait rêver avant. La flamme s’est brusquement éteinte. Comme j’aimerais tant qu’elle se rallume ! Hélas ! C’est la vie. Aujourd’hui on aime, demain on déteste. Ainsi va le monde !


L’Afrique francophone à l’épreuve de « The Voice »

Dix-sept pays africains ayant la langue française en commun s’affrontent dans le cadre de ce show télévisé mondial.

Les écoles de musique sont rares ici, à Douala. Je ne sais pas si c’est la même chose ailleurs sur le continent noir, mais cette situation m’attriste un peu. Je préfère employer le mot un « peu » parce que j’ai arrêté de croire que je pouvais être un grand chanteur dans ce Cameroun, au point d’impacter positivement le monde entier. Bon débarras en tout cas. Ici, certains doyens de la musique refusent carrément d’initier la jeune génération à la bonne école, celle des bonnes valeurs. C’est sans doute cet état de chose qui fait que nos discothèques soient régulièrement inondées des CD de chanteurs de pacotille. Sans leçon de vie.

Je serais champion africain
Je serai champion africain

Les musiciens de la nouvelle génération me soulent avec leurs chansons qui n’ont ni tête, ni queue. Ils sont pervers au point où les mots me manquent pour exprimer mon degré de dégoût. Entre nous jeunes, « Coller la petite » de Franko, enseigne quoi aux populations camerounaises ? Ce jeune homme ignore que son peuple est en proie à la famine, aux mauvaises conditions de vie et à l’insécurité pêle-mêle ? Je crois qu’on ne peut coller les meufs/mecs dans les night clubs que quand on a les poches pleines.

Mais ici, c’est quand on a le ventre plein de bière qu’on célèbre la vie. Ne sommes-nous pas bizarres ? Comme Louis Paul Motaze, le ministre camerounais de l’Économie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat) la semaine passée devant le Groupement Inter-patronal du Cameroun (Gicam), « je crois que ce pays marche avec la tête ».

Mes doléances à « The Voice » Afrique francophone

Dommage que nous n’ayons pas de véritables écoles de musique pour pallier à ces ordures. Mais j’espère que la version francophone de «The Voice», ce Tv show, va apporter une touche positive à ce phénomène, qui, au jour le jour, enfonce le Cameroun dans la boue, sous le regard impuissant du ministère des Arts et de la Culture. A cette allure, je suis persuadé que ce pays sera irrécupérable dans les prochaines années. La chaîne de télévision panafricaine VoxAfrica, qui innove à travers ce concept planétaire, qui produit dans 65 pays et diffuse dans plus de 165 pays dans le monde, a donc du pain sur la planche.

Un concept de rêve

Cette compétition des plus belles voix qui a souvent fait rêver certains jeunes africains à distance, se déroulera aussi  chez nous. Plus précisément dans dix sept pays d’Afrique francophone (Bénin, Burkina Faso, Burundi, Côte d’Ivoire, République centrafricaine, Cameroun, République démocratique du Congo, Gabon, Guinée, Guinée Equatoriale, Mali, Niger, Tchad, Togo, Sénégal, Rwanda, République du Congo). En Afrique, cette compétition est déjà opérationnelle en Angola, Afrique du sud, Nigeria et maintenant dans dix-sept pays de plus.

Le comité d’organisation annonce d’ores et déjà, « 17 épisodes exceptionnels pendant 17 semaines pour découvrir la plus belle voix d’Afrique francophone (6 auditions à l’aveugle, 4 Battles épisode avec steals, 2 Knock-out-shows, 5 Live Shows)». Le casting est prévu en Afrique de l’Ouest les 18 et 19 juillet 2016 à Abidjan (Côte d’Ivoire). En Afrique centrale, il aura lieu les 22 et 23 juillet 2016 à Douala (Cameroun). Les inscriptions ont été lancées le 1erjuin et s’achèveront le 30 du même mois. Que la compétition commence !!!


Curiosité: A quels psychopathes sont ces immeubles ou hécatombes ?

Beaucoup de chantiers de construction appartenant à nos barons font des victimes presque chaque semaine dans la capitale économique camerounaise. Et les morts sont enterrés dans la stricte intimité familiale, loin des caméras.   

Ici à Douala, on a des immeubles achevés qui donnent la chair de poule. Il y en a même qui sont carrément inclinés et les autorités font semblant d’être aveugles. D’autres se sont même effondrés avec des manœuvres, des familles et des enfants à l’intérieur. Au lieu de prévenir ces genres d’accidents, les gars sont carrément assis dans leurs bureaux climatisés à compter les billets de banque qu’ils détournent pour eux et leurs progénitures. Chaque fois qu’un nouveau drame surgit, ils prennent des résolutions qu’ils sont eux-mêmes incapables de réaliser. Au finish on a l’impression que ce pays est géré par des psychopathes.

Des immeubles qui s'effrondrent
Des immeubles qui s’effrondrent

Au pays des drames

On a encore enregistré un mort dans un chantier de construction d’un immeuble cette semaine à Douala. Un manœuvre, un jeune étudiant qui s’apprêtait à affronter l’épreuve du BTS, a été électrocuté à cause des installations anarchiques de courant électrique sur son lieu de travail. Et sa famille réclame justice après son décès. Justice contre qui justement ? Si c’est contre le véritable propriétaire de cet immeuble où travaillait le jeune homme, je crois qu’il serait préférable de renoncer très rapidement à la voie juridique, de peur de gaspiller des sous devant les tribunaux en vain. Parce que le type qui a cet immeuble en construction a un long bras. Aussi long que je suis incapable d’en estimer la taille. En d’autres mots, c’est quelqu’un de très puissant qui est capable de corrompre, on l’a souvent vu, toute la chaîne juridique, en commençant par le procureur de la République. Qui peut donc se mesurer à une telle personne ? Un pauvre minable comme moi ? N’y pensez même pas ! Je me contente juste de rédiger mes billets.

Des immeubles, avec quel argent ?

Les négociations pour la construction des immeubles se déroulent en lieu sûr avec tous les acteurs concernés, loin des caméras. Ce qui fait qu’on ne sait pas qui construit quoi à Douala. Mais les populations ont toujours leur petite idée. Les soupçons pèsent généralement sur les pouvoirs publics. Nombre de Camerounais de la rue croient que ces immeubles sont les propriétés des pontes du régime. Qui sont bâtis avec l’argent du contribuable. D’autres pensent au contraire que c’est avec l’argent de la mafia, ou avec l’argent blanchi. Un officier de police m’a récemment confié que sa hiérarchie était également impliquée dans ce sale dossier. De lui, j’apprends que des généraux, des colonels, etc. regorgent aussi des grandes richesses immobilières dans nos grandes métropoles, au même titre que nos ministres et directeurs généraux. La seule question qui me ronge l’esprit est : avec quel argent (dans un pays considéré comme l’un des plus pauvres du continent) élèvent-ils ces bâtiments, qui représentent des centaines de milliards de nos francs ? Le pire, et c’est ce qui m’énerve le plus, est qu’ils maltraitent leurs ouvriers. Ces derniers, payés en monnaie de singe, souffrent comme à l’âge de la traite négrière. Pas de petit déjeuner le matin, pas de diner à midi, et rien en soirée pour certains. Et pourtant, les gars travaillent dur pour que les immeubles de ces salauds voient le jour.


Pour princesse Anita, je sollicite un coach love

Elle a pris mon cœur en otage depuis des années, sans pour autant m’avouer sa vraie position. J’ai lu et relu plusieurs articles des spécialistes de la drague sans trouver mon compte. Il y a certainement quelqu’un dans les parages pour m’aider à conquérir cette perle rare.

En l’amour sincère, aux coups de foutre, aux envoutements et même aux obsessions, j’y crois fermement ! Cher lecteur, tu te demandes dans quel pétrin je suis tombé ? Un peu de patience ne fait de mal à personne. De toutes les façons, tu sauras tout dans la suite de cet article. Et je compte sur toi pour obtenir un antidote ou une solution durable à cette infection qu’on appelle  » love ».

Je t'aime
Je t’aime

Pourquoi elle me  fuit du regard ?   

Je commencerais par là. Sans rien te cacher, si je savais dans quel pétrin je suis tombé, il y a longtemps que j’aurai trouvé une solution et je ne me serais pas penché sur le clavier de mon PC aujourd’hui pour rédiger ceci. Approche ton oreille près de mes lèvres, je vais te faire une révélation: « l’état dans lequel je me trouve actuellement me rend dingue ». Je suis à deux doigts d’exploser d’amour et la meuf qui me met dans cette situation ne me regarde même pas. Elle me fuit du regard comme si elle m’avait aperçu dans l’un de ses cauchemars. En plus, s’il me fallait apparaître dans un cauchemar, ce serait sans doute en ange de lumière, celui qui sauve les vies. Ne le prends pas mal, j’ai toujours rêvé d’être au chevet des personnes en détresse. J’espère que ce jour arrivera. Et que je ne serais pas seul. Parce qu’il faut qu’Anita soit auprès de moi le moment venu.

En toute sincérité, mon regard n’aurait pas dû se porter sur cette meuf. Encore moins sur d’autres meufs qui me croient amoureux d’elles. Non les filles,  mettons les blagues de côté, je l’avoue à haute voix, et le ciel m’est témoin : la seule meuf pour qui mon cœur bat, pas forcément avec mon consentement hein, est Anita ! Les commentaires y relatifs peuvent pleuvoir plus tard, mais pour l’heure, il me faut un spécialiste de l’amour. Je suis déjà fatigué de lire les articles sur cette question sur le site de l’ « Art de séduire », sans parvenir à séduire cette fille. Christian, un ami, m’a demandé de l’oublier. J’ai suivi ses conseils en essayant par tous les moyens d’effacer son nom de mon cœur. Ça ne marche pas ! Yannick, un autre pote m’avait par contre demandé d’être plus proche d’elle, de l’avouer mes sentiments. J’ai également obéi, mais la mayonnaise n’a pas pris.

Elle m’aime, mais…

L’autre jour, je lui ai posé cette question: « Anita, sais-tu que je t’aime ?  » Elle m’a répondu :  » Oui, moi aussi je t’aime en Jésus-Christ. Tu es mon frère non, pourquoi ne devrais-je pas t’aimer ? Dieu nous a dit de nous aimer les uns les autres. » La nana a directement érigé cette frontière pour casser mon moral. En bon chrétien, je suis parfaitement d’accord avec elle. Mais elle ne comprend pas que je l’aime comme une petite sœur, comme une sœur en Christ, comme une amie, comme une future fiancée, comme une future épouse et comme la future mère de mes gosses.

Cette rose est à toi
Cette rose est à toi

L’amour refuse la réciprocité  

Les sages disent qu’on choisit ce qu’on veut être dans la vie. Et la loi d’attraction renchérit qu’on attire à soi ce qu’on mérite. Mais l’amour entre un homme et une femme, je dirais tout simplement qu’il est dingue. Sinon pourquoi je n’arrive pas à attirer à moi Anita, si la loi d’attraction fonctionne sans discrimination ? Tu me recommanderas d’être patient, pour combien de temps encore ? Jusqu’à ce que les mecs plus mignons et plus cools que moi portent leur regard sur elle et qu’elle flashe?

Je réalise maintenant que quand les sentiments ne sont pas réciproques, il y a forcément un camp qui souffre amoureusement. En amour, le vrai, on m’a souvent dit que la beauté ne compte que pour les bluffeurs. Puisque je n’en suis pas un, c’est la raison pour laquelle je souffre certainement. Elle n’est pas plus belle que les stars des séries américaines ou brésiliennes, mais elle a tout ce qui me faut. Je ne souhaite donc pas perdre cette nana. C’est pour cela que je sollicite un coach love.

 


Musique engagée (Tome2) : Le clash !

Dans un post sur sa page Facebook, le 15 mai, une députée du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) répond à « Motion de soutien », une bombe musicale du rappeur « Général » Valsero en direction de Paul Biya, le chef de l’Etat camerounais.

Remuer le couteau dans la plaie. C’est à cet exercice que s’est livré une brillante parlementaire camerounaise après la sortie de la chanson « Motion de soutien » du rappeur engagé Valsero. Dans ce titre qui fait actuellement des vagues au Cameroun, le musicien dresse le bilan des 33 ans de pouvoir du chef de l’Etat, en sa manière bien sûr ! « Ce gars a fait fort. On dirait qu’il n’a pas peur pour sa vie. C’est sûr qu’il a un soutien », me soufflait récemment un pote qui a plusieurs fois décrié, mais en solo, la misère dans laquelle vivent la majorité de jeunes camerounais.

le "Général" Valsero à l’œuvre
le « Général » Valsero à l’œuvre

En principe, ces jeunes, aujourd’hui accros aux jeux du hasard, alcoolisme, tabagisme, escroquerie, immigration clandestine, vols, viols, sectes, pédophilie,…devraient remercier le « Général » Valsero pour cet acte de bravoure. Car le gars a au moins eu le courage de tonner du haut de son micro pour que le chef de l’Etat camerounais sache dans quel état d’esprit se trouve sa jeunesse et ce qu’elle pense de ses 33 ans de règne.

Je le mentionnais déjà dans le Tome 1 de ce billet, le Général Valsero croit que les 33 ans de Paul Biya à la magistrature suprême n’ont été profitable qu’à lui seul et à sa bande ou gang.

Une créature du régime fait la morale au « Général » Valsero

Revenons sur notre députée du RDPC invoquée supra. En toute franchise, Marlyse Tongo Douala Bell aurait pu se taire, que de répondre au « Général » Valsero avec des mots qui ne reflètent pas notre quotidien. Ces gens du RDPC me donnent souvent l’impression de vivre sous d’autres cieux. Tellement ils ignorent les réalités locales.

Voilà Marlyse Tongo Douala Bell qui jette de l’huile dans le feu. Je crois que sa réplique aurait certainement eu un écho favorable si elle l’avait fait enregistrer dans un studio sophistiqué comme le rappeur engagé. Balancer ça de la sorte sur sa page Facebook, c’est trop vulgaire ! C’est vrai que les journalistes ont repris son post pour faire leurs articles, mais les propos de la députée, ma foi, sont très ridicules.

J'assume nos 33 ans
J’assume nos 33 ans

Censée connaître l’état de misère avancée des camerounais et plaider en leur faveur à l’assemblée nationale, Marlyse Tongo Douala Bell, tout comme plusieurs de ses collègues, semble seulement plaider pour autre chose que l’amélioration des conditions de vie des populations camerounaises. Sinon, comment cette brave dame peut-elle reprocher au rappeur d’avoir écrire « 33 ans de dictature (…) 33 ans de destruction (…) 33 ans de souffrance de misère sans interruption, …». Heureusement qu’elle reconnait qu’il y a la « pauvreté oui mais exagération. Nous ne sommes pas les pires en Afrique subsaharienne. Maintenant, cela ne nous dédouane pas ». Dans son texte Valsero fait fort en encourageant l’immigration clandestine. Un phénomène que je déteste, je vous assure ! Sur ce point, je suis d’avis avec la députée qui pense que « si certains de nos jeunes préfèrent se bagarrer avec les requins, tu dois leur dire, oui tu dois leur dire que 99 fois sur cent, ils ne s’en sortiront pas ».

Cependant honorable, ma question est la suivante : que faites vous dans le RDPC pour empêcher ces jeunes de croire que le paradis c’est ailleurs et que l’enfer c’est ici? En plus, vous dites que « le président Biya n’est pas le dernier des présidents », contrairement à ce que pense Valsero, mais que « le président Biya est un grand adoubé par nos dix régions. Soutenus par les militants et les sympathisants du RDPC qui font également partie du peuple du Cameroun. Tu dois avoir un peu de respect pour nous Valsero ». Seules les réalisations sur le terrain nous intéressent, sauf si vous honorable, voulez encourager la jeunesse à boire les Guinness et à coller les petites au lieu de penser sincèrement à son futur ?


Bricolage jusqu’à la limousine du boss

Le véhicule du chef de l’Etat camerounais est tombé en panne au défilé marquant la fête nationale, le 20 mai 2016 à Yaoundé.

Ah, le père de Brenda ! Qu’est ce que tu as bien pu faire au bon Dieu pour que ton entourage te haïsse autant, au point de négliger ta limousine ? Père, je t’assure que ton mécanicien ne t’aime pas ! Chaque fois, c’est pareil. Tes mécaniciens veulent toujours te faire honte devant tes invités de marque. L’autre jour, c’est le pneu de ta limousine qui avait un souci alors que tu te rendais tranquillement à Mvomeka’a, ton village natal.

Là, on pouvait encore croire que c’est parce que la route avait trop de dos d’âne, ou qu’elle était mal goudronnée. Pour ce qui est de l’incident de ce matin, je ne sais pas comment ton mécanicien va se justifier, mais il faut qu’il sache d’avance qu’il n’a aucune excuse. Tu étais contraint d’arriver à la tribune présidentielle au Boulevard du 20 mai aux environs de 10h ce matin dans ta Mercedes Maybach, pour présider le défilé militaire et civil.

On pousse la limousine
On pousse la limousine

C’est vrai qu’on souhaite que tu prennes ta retraite, mais pas dans ces circonstances. Tu  nous as toi même habitué à la douceur. Tenez par exemple, pépé augmente le prix des hydrocarbures en douceur, fait grimper les prix des denrées alimentaires sans trop de bruits, lutte contre la corruption avec des méthodes très douces sans véritable succès, tolère le bricolage des grands chantiers de notre cher pays, etc.

Pépé est trop fort. Mais ce n’est pas pour autant que son mécanicien va s’amuser avec ses véhicules. Même si pépé accepte que les sociétés brassicoles augmentent les prix de la bière, qu’Eneo (société de distribution de l’énergie électrique au Cameroun) cause des délestages chaque jour et gonflent les quittances pêle-mêle, que la CDE cause la pénurie d’eau jusqu’à la présidence de la République, etc. Laissez-le tranquille. Pépé va prendre sa retraite, mais pas dans ces conditions là. En plus, le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes. Pépé en est conscient !

Une limousine négligée

On ne se moque pas des camerounais jusqu’à ce point. On peut encore tolérer que la communauté urbaine mette la fausse peinture sur les voies publiques en cette heureuse occasion (fête nationale), que les routes soient trouées et qu’on enregistre autant d’accidents possibles sur nos axes routiers, mais la vie du chef de l’Etat est sacrée. Mais pas plus sacrée que la vie des centaines de camerounais qu’on perd presque chaque année sur nos routes. Certainement que plusieurs personnes vont me rétorquer que cette limousine qui est tombée en panne a été achetée depuis 34 ans. Qu’elle a le même âge que son propriétaire au pouvoir. Et puis, ça fait quoi si son véhicule a autant d’années ? Comme son boss, est-ce qu’il est fatigué de rouler ? Non.

Je le dis encore une fois de plus «rien ne justifie cette panne devant autant de diplomates étrangers». D’autres me répondront que c’est la colère des camerounais qui ne sont pas à l’aise dans leur chair qui s’abat sur le chef.


Climat des affaires : Cameroun, terre d’attractivités corrompue

Yaoundé abrite jusqu’à ce mercredi 18 mai 2016, une conférence économique internationale sur les investissements. L’occasion pour les autorités camerounaises de dire la vérité aux participants sur l’état des lieux dans leurs administrations respectives.

« No pitié in business ! » Tous les gros bonnets de l’économie mondiale et nationale réunis depuis mardi 17 mai à Yaoundé se souviennent certainement de cette phrase du célèbre comédien ivoirien, Gohou Michel. Surtout en cette période où la capitale camerounaise accueille une conférence économique internationale sous le thème principal : « Investir au Cameroun, Terre d’attractivités ».

Pour ceux qui ne connaissent pas « Koffi Gombo », c’est Gohou Michel dans des aventures où il ne perd jamais dans les affaires. C’est dans cette logique que le Cameroun traite avec ses partenaires qui ont effectué le déplacement de Yaoundé. Avant d’y arriver, il nous faut d’abord confesser nos pêchés capitaux. En d’autres termes, les collaborateurs du chef de l’Etat camerounais doivent avouer aux participants ce qui ne tourne pas rond dans leurs différentes administrations, au point où presque rien ne bouge sans motivation préalable.

Place portuaire de Douala
Place portuaire de Douala

Anecdotes

Permettez que je vous relate deux petites histoires sur le climat des affaires dans mon cher pays. Je vais être très bref. Commençons par Jacques Ndeby, un expert dans le domaine de la qualité et des normes. Ce brave franco-camerounais est dans ce domaine depuis plusieurs décennies, avant même la création de l’Agence des normes et de la qualité (Anor) au Cameroun. M. Ndeby a quitté sa femme, ses enfants en France pour venir investir dans son domaine de compétence chez les siens. Le pauvre est arrivé à Douala les poches pleines, croyant qu’il obtiendrai tous les documents administratifs relatifs à la mise en place de sa structure en quelques semaines. Ce monsieur de plus de cinquante ans a été trimballé dans les administrations publiques comme un chien parce qu’il ne voulait pas monnayer. Qui est le pauvre con qui lui a dit qu’ici on donne les documents simplement pour les beaux yeux des investisseurs?

Plus de cinq ans après, Jacques Ndeby n’est toujours pas stable. Son entreprise peine réellement à décoller. Sur le plan familial, l’expert a divorcé de sa femme à cause de ses longues années d’absence en France. Ses gosses ont plusieurs fois fêté leurs anniversaires sans la présence de leur papa. Le bon monsieur espère toujours le meilleur de la part de ses « amis », responsables des ministères. Depuis qu’il a été dépouillé, ceux-ci se servent de son expertise à chaque fois qu’ils en ont besoin pour atteindre leurs objectifs. Quel gâchis ! Comme Jacques Ndeby, plusieurs camerounais de la diaspora ne songent plus venir investir au Cameroun à cause des tracasseries administratives.

Paul Biya et Vincent Bolloré à Yaoundé
Paul Biya et Vincent Bolloré à Yaoundé

Escroquerie

L’autre affaire que je voudrais partager avec vous est celle concernant Peter Verheyen. Il y a pratiquement plus de deux ans, si j’ai bonne mémoire, cet opérateur économique belge a été séduit par un projet de ferraille d’un camerounais. Le belge, étant en Europe, comme un novice dans le monde du business, a envoyé plusieurs millions d’euro au camerounais pour réserver sa marchandise.

Le camerounais lui avait fait savoir que c’est l’un de ses parents qui détient toute la ferraille du pays de Paul Biya. Il faut être un gamin dans les affaires pour croire à un tel mensonge ! Mais le belge croyait qu’il avait trouvé un ange au pays des lions. Comme Jacques Ndeby, Peter Verheyen a versé d’énormes sommes d’argent au camerounais. En échange, il lui a fourni des faux documents administratifs avec l’aide des autorités administratives véreuses.

Je n’ai pris que ces deux cas auxquels j’ai personnellement assisté pour présenter le vrai visage du climat des affaires dans mon pays. Le Cameroun a trop roulé dans le mensonge. Il faut changer les mentalités. Certes, ce pays possède les atouts économiques les plus importants de la zone Cemac. Mais la bataille pour éradiquer la corruption et de tous ses attributs est encore loin d’être remportée.

Doing Business
Doing Business

Mon intention n’est nullement de décourager les initiateurs de la conférence économique internationale qui prend fin ce 18 mai 2016. Loin de moi cette pensée anti-développement. Seulement, il est important de dire aux illustres invités qu’on ne dédouane pas les conteneurs au port autonome de Douala (Pad) en quelques jours. Qu’on n’obtient pas les documents administratifs en quelques heures seulement sans « motiver ». Que les patrons sont souvent plus occupés à leurs affaires personnelles qu’aux affaires publiques. Si on parvient à inverser cette tendance, notre pays n’aura plus à perdre de dizaine de places dans le classement Doing Business, entre autres baromètres. Au classement Doing Business 2016 que vient justement de publier la Banque mondiale, le Cameroun pointe à la 172ème place sur 189 pays.


Florian, nous ne t’oublierons pas

Florian Kaptue, DR

Le 17 avril dernier, la plateforme Mondoblog perdait un de ses contributeurs, un de ses vaillants soldats du blogging dans un accident de la circulation au Cameroun. Ce frère et ami parti sans que nous puissions lui dire à quel point nous tenions à lui, à quel point il représentait un maillon important dans la chaîne Mondoblog, c’est Florian Kaptue, 35 ans. Les blogueurs ont alors, en sa mémoire, rédiger ces quelques lignes. 


Françoise Flageul-Ramel

Florian Kaptue et moi, nous aurions pu nous croiser sans nous parler, sans nous voir, comme toutes ces vies qui vont et viennent, comme des lettres qui voyagent, et puis un jour le courrier s’entasse à la porte car plus personne n’habite à l’adresse indiquée.

C’était sans compter la flamme de Florian et son désir d’aller au bout d’une amitié, de rendre hommage à une française qui lui a tout appris, Sœur Marie Roumy, ne serait-ce que dans sa façon de donner, d’écouter, d’accompagner, parce qu’elle l’a mis lui, Florian, sur le chemin pour à son tour s’intéresser et aider les enfants des rues, en tant qu’éducateur.

Lors de la formation Mondoblog à Dakar, Florian m’accoste parce que je suis bretonne. A ses yeux, je peux l’aider à concrétiser certains de ses projets, dont l’écriture d’un livre dédié à cette religieuse qui lui a peut-être parlé un jour de lointains souvenirs d’enfance en Bretagne. Comment savoir ?

Il me remet un dossier papier sur la dernière célébration de l’anniversaire de la mort de Bombo, comme on l’appelle là-bas, une femme dont j’ignore tout, mais qui est devenue un emblème quelque part sur cette terre, parce qu’elle a voulu que le sens de son engagement soit lié au sort de toute une communauté, au sort des plus fragiles, des plus miséreux.

En pensant à ces mômes à l’abandon, pourquoi ne parle-t’on pas plutôt de graines d’espoir, ces graines d’amour qui poussent dans les rues comme des fleurs sauvages, au gré du caprice des vents, de sols meubles ou d’une faille infime dans le rocher ? Est-ce si contre nature de regarder ces enfants, à l’image des foules de réfugiés que les Etats marchandent au plus offrant, comme un possible espoir incarné ? Celui de vérifier combien une simple main tendue peut décider du cours de nos vies et pas seulement de leur survie.

A Dakar, je ne m’engage pas, je temporise, mais le jour où Florian me recontacte à distance, je suis heureuse d’avoir le dossier sous la main dans la minute, comme si la seule idée de décevoir son attente était une offense que je me serais faite à moi-même.

S’ensuivent des échanges facebook, simples, chaleureux, où je sens combien je peux apprendre de cette expérience qui m’est si lointaine, et dans ma propre histoire, et dans mon quotidien. Florian compte sur moi pour retrouver des éléments de la vie de Sœur Marie Roumy avant l’Afrique et pour l’accueillir quand il viendrait en Bretagne remonter le fil de l’histoire. Il dit merci. Je réponds : de rien, j’espère juste ne pas décevoir ton espoir.

Et la déception vient d’ailleurs, de ce fil rompu quand il n’était encore que l’ébauche du projet à venir, d’une amitié qui ne fait pas défaut même quand l’autre est parti. Ce qu’elle laisse, cette amitié, est tellement fort, tellement porteur de sens. Comment penser l’absence comme une autre présence ?

Ce livre sur Sœur Marie Roumy que Florian Kaptue n’écrira pas existera parce qu’il l’a voulu et parce qu’il ne travaillait pas seul. C’est d’ailleurs cet esprit d’équipe solidaire qui fait qu’une ma boîte de messagerie m’annonce un jour, par la voie du président de l’association, ancien enfant des rues accompagné par Bombo et Florian, la mort accidentelle de celui qui avait commencé à tisser le lien, à Dakar, pendant une formation Mondoblog, pendant que je pouvais ouvrir les yeux sur cette Afrique dont je sais si peu de chose.

Florian m’aurait guidé, Florian m’aurait appris, et c’est comme si la main tendue un jour par une française quelque part sur cet autre continent revenait vers moi pour que j’ouvre mon cœur, mes yeux, mon univers, une main pour m’aider à ne plus avoir peur, moi l’enfant déçue, moi l’ange déchu d’une époque en mal d’utopies humanistes.


Guy Muyembe

Pour moi, Floriant Kaptué était un miroir dans lequel je me reconnaissais. En effet il était un type plutôt introverti. Il aimait à méditer sur tout.

Je puis dire que 70% de ses traits de caractères se retrouvaient chez moi. Et c’est sans doute la raison majeure de la bonne entente entre lui et moi alors qu’on était conduit à partager la même chambre lors de la mondoformation à Dakar.

Il me venait souvent à l’idée d’aller tenter de cerner le sujet de ses pensées par une question  : « Tes enfants ont sans doute pleuré en te voyant quitter Douala, n’est-ce pas ?» Et il me répondait de sa voix hésitante combien il aimerait aller vite retrouver les siens.

S’il y a un un caractère qui le distinguait carrement de moi c’est la «douceur».

À Dieu Florian.


Didier Ndengue

Pour Florian

Où es-tu mon grand ? Ton téléphone ne sonne plus, aucun signal. Qu’est ce qui ne va pas ? Es-tu retourné à Dakar, à l’espace Thialy ? Parce que je constate que tu n’es plus dans la circulation. Toi qui me réveillais souvent les lundis matin avec tes multiples appels téléphoniques. « Bonjour Didier ! M’as-tu laissé le journal à Macacos ? » C’est la principale question que tu me posais. « Oui Florian, il y a ton paquet de journaux à la guérite. » Après une dizaine de jours au Sénégal, notre amitié s’est consolidée au bercail. Avant ton départ pour l’éternité, je voulais t’annoncer une bonne nouvelle : J’ai eu un prix littéraire en France en avril. J’imagine ta joie. Et même ta réplique : « Bravo mon frère…on fête ça quand ? »


Roger Comlanvi Mawulolo Las

Tu as participé à tes propres obsèques en rêve,
C’est ce que tu nous as dit dans ton billet du 20 septembre 2014.
Voici ton rêve réalisé. En es-tu heureux?
Ne pouvant le savoir, nous nous te pleurons
Nous sommes choqués et sommes tristes
Que de là-bas tu continues d’écrire, de bloguer
Que là-bas tu continues d’être toujours aussi calme et discret
Que la terre te soit légère et
Que Dieu t’accueille dans son paradis...


Benjamin Yobouet

Tu dragues une fille cette semaine, la semaine d’après, on te dit qu’elle ne vit plus. Tu échanges avec une connaissance matin, le soir on t’annonce qu’elle est partie pour toujours. Tu rigoles avec un ami le soir, le lendemain, on t’apprends qu’il a rendu l’âme.

C’est quoi tout ça? La vie est-elle un sens?  Aidez-moi à trouver une réponse car je suis bouleversé, attristé, confus… Ce n’était certes pas mon ami mais c’était un blogueur comme moi donc un ami tout de même.

Il aura fallu plus de 2 semaines pour apprendre ton départ définitif dans ce pays où on ne revient jamais. Non ! Florian n’est pas mort. Non et non, il est juste parti là-bas, oui là-bas…Il nous a devancé. Florian, que la terre te soit légère ! Tes amis mondoblogueurs te pleurent…


Atman Bouba

70 au départ, 69 à l’arrivée : un manque désormais à l’appel

Au départ, je veux dire à la formation de Dakar, nous étions 70 blogueurs réunis. Désormais, nous ne sommes plus que 69 pour la simple raison que Florian Kaptue s’en est allé. Florian, a rendu l’âme en avril et aussi bizarre que cela puisse paraître, l’information ne nous ait parvenue que trois semaines plus tard. Ce qui fait froid dans le dos, c’est de découvrir qu’en septembre 2015, il publiait un article sur un rêve qu’il a eu. Rêve dans lequel il était mort suite à un accident de la circulation. Son billet « Comment j’ai pu assister à mes obsèques » est assez troublant. C’est vrai, on avait échangé que quelques mots mais j’avais son visage en mémoire. 70 blogueurs au départ à Dakar, nous ne sommes plus que 69 à présent. Désormais, un seul manquera à l’appel, et c’est Florian.


Moussa Magassa

Quand j’ai appris le décès, je n’arrivais pas à ajouter un visage à ce nom car nous étions nombreux à Dakar. « Florian Kaptue, ce nom me dis quelque chose » me suis-je dis dans un premier temps. Lorsque Guy Muyembe publiait enfin sa photo, je suis resté à la fois consterné et sans mot. Il était calme, assez réservé mais toujours prêt pour le débat. c’est normal car c’était un Mondoblogueur. En ce jour où, à travers les mots tes amis de Dakar te rendent hommage, je veux juste t’exprimer mon regret de ne plus pouvoir te revoir sur cette terre. J’espère juste ne pas être confronté à de pareille situation pour exprimer mon attachement à toutes ces personnes que j’ai rencontré à Dakar et qui font désormais partie de ma vie. Repose en paix frangin!


Dieretou Diallo

Bonjour Florian Kaptue. Bonjour puisque c’est bien la première fois que nous nous parlons. Oui, car je considère que ces mots que je couche ici sont un échange avec toi. Un échange tardif certes, mais un échange tout de même. En effet, j’aurais pu mieux te connaître à Dakar, venir te parler et peut-être te voler un sourire. Mais j’étais tellement préoccupée par des histoires de paperasse, des problèmes qui semblent si dérisoires désormais, maintenant que tu es parti et que c’est trop tard. Je t’ai aperçu deux ou trois fois en tout, dans les couloirs de l’AUF. Visage éteint, calme, petit sourire en coin… mais tu dégageais une certaine tranquilité, une force latente…

Ton accident m’a bouleversée, le billet prémonitoire que tu as rédigé m’a dévastée et que nous le sachions seulement  3 semaines plus tard m’a consternée.

Tu es parti à la fleur de l’âge adulte, et de ce que j’entends, tu avais plein d’étoiles dans les yeux. Comme c’est injuste, mais nous ne t’oublierons pas. Tu laisses une marque indélébile dans nos cœurs et tu sais ce qu’on dit, « il n’y a que les meilleurs qui s’en vont tôt ». Je veux bien croire que tu fais partie de ceux-là.

Face à l’éphémérité de la vie, je ne peux que te souhaiter de reposer en paix, cher ami, mon frère.


Jeff Aston Ikapi

florian Kaptue, caric, DR

Ce dessin illustre l’un des souvenirs que j’ai pu garder du très discret Florian Kaptue, à l’issue de la formation Mondoblog que nous avions suivie à Dakar. Le mondoblogueur s’en est allé à la fleur de l’âge suite à un accident de la circulation. Le plus troublant est que deux ans auparavant, dans le troisième article publié sur son blog, Florian disait avoir fait un rêve dans lequel il se voyait mourir dans les mêmes circonstances. La croyance chrétienne dit qu’après avoir fait un rêve prémonitoire, il suffit de faire des prières pour conjurer le sort. Si Florian l’avait fait, serait-il des nôtres aujourd’hui ? Je l’ignore. Mais ce qui est sûr c’est qu’au final nous avons tous le même destin et personne ne peut y échapper. A Dieu Florian.


Eric Léon

A l’annonce du décès de Florian Kaptue, notre frère de plume et de clavier àmondoblog, j’étais évidemment incrédule. Non, Florian ne peut pas mourir, pas lui, pas dans un accident de la circulation ! Pas après avoir passé cette formidable semaine avec les mondoblogueurs à Dakar !

Là, il faut que je m’ouvre une bière pour accuser le coup. Je commence à réaliser. La vie tient à tellement peu de choses. Le dernier contact que l’avais eu avec lui était une conversation messenger brève du genre « bonjour Eric, bonjour Florian, alors depuis le Sénégal, tu te portes bien ? (…) » je voulais répondre plus tard. Flemme. Procrastination. Tout moi ça. Et puis voilà, je n’ai plus personne à qui répondre. On croit qu’on aura le temps, mais la mort est là pour nous rappeler que non, on a pas tout notre temps. Je devrais me rappeler de ça tous les jours d’ailleurs.

Et puis, je me rappelle de Florian. Quels souvenirs est-ce que j’ai de lui ? Son regard fixe. Son cahier A4 avec couverture en carton dont il ne se séparait jamais. Sa posture avec un bras dans le dos qui tenait l’autre au niveau du coude. J’avais eu quelques conversations avec lui, mais elles avaient toujours été étranges.

Florian, mon humour et ce post, c’est ma manière de te rendre hommage. Je sais que tu aurais apprécié. A ta manière cependant

Tu sais que je ne crois pas en Dieu, ni au paradis et encore moins à l’enfer. Je crois en la bonté de l’Humain. Tu étais quelqu’un de bon, je le sais. Je ne sais pas sur quelle planète tu te reposes actuellement après ta courte mission sur terre, mais je te souhaite d’y rencontrer toute la paix de notre magnifique univers.

Au revoir Florian.


 

Honyiglo Aris

Florian Kaptue, je ne te connaissais pas, jusqu’à ce que tu commentes un de mes billets. Alors, comme je le faisais souvent, je suis allé voir qui tu étais. Du moins, ce qu’il écrivait, ce que tu disais, le message que tu voulais faire passer. J’ai vite compris, j’ai vite « senti » que tu es, tu étais une personne très humble, calme, peu loquace mais qui cachait une très grande personnalité. La rencontre physique n’a fait que confirmer ce que j’ai pensé de toi à des milliers de kilomètres.

Sauf que tu n’étais pas Congolais comme je l’avais cru mais bien Camerounais ! Sauf que tu n’étais pas bavard mais très affable. Sauf que tu parlais peu mais maîtrisais beaucoup de sujets. Comme tu l’as confirmé dans cette brève discussion que nous avions eu, ce jour-là, à 3 heures du matin.

Adieu Florian !


Ecclésiaste Deudjui

Florian Kaptue est donc mort ! J’ai appris ça comme un coup d’épée dans le ventre, à 1h40 du matin quand je suis rentré chez moi dimanche soir. Je me suis connecté sur notre réseau qui n’est pas si « réseauté » que ça en fait, puisqu’il a fallu plus de trois semaines pour qu’on se rende compte que Florian, l’autre Florian, le Florian invisible, avait finalement décidé de nous abandonner sans même prendre la peine de nous dire au revoir !

Bref, qui était Florian Kaptue ? Je sais que beaucoup de blogueurs ne le côtoyaient pas, ou l’inverse. Je pense qu’il faut qu’on dise à ceux qui n’étaient pas à Dakar que c’était un gars effacé, inaudible, invisible (je sais, je l’ai déjà dit). Et même que quand Melissa nous avait annoncé que « Voilà votre chambre ! », nous avons tous été unanimes pour dire que c’était à Florian Kaptue de conserver les clés de notre cabane.

Alors les mots me manquent, et pourtant ce sont eux qui m’unissent souvent à vous. Mais si jamais quelqu’un me demande qui était réellement Florian Kaptue, si on me demande s’il était bon ou bien s’il était gentil, si on veut savoir si c’était un méchant homme ou alors si c’était un très bon Camerounais, je donnerai toujours la même et unique réponse : Florian Kaptue était un mondoblogueur.