ETAT DE LA PRESSE EN ZONE CEMAC : L’Usypac crie à la précarité

21 septembre 2014

ETAT DE LA PRESSE EN ZONE CEMAC : L’Usypac crie à la précarité

L’Union des syndicats des professionnels de la presse et de la communication de l’Afrique centrale (Usypac) a validé ce diagnostic au cours d’une rencontre à Douala.

Les médias d’Afrique centrale ont l’extrême pauvreté en commun. Ce triste constat a été fait au cours de la rencontre annuelle de l’Union des syndicats des professionnels de la presse et communication d’Afrique centrale ( Usypac) tenue du 6 au 7 août dernier dans la capitale économique camerounaise. Thème central: « L’avenir des journalistes et des medias en question: enjeux, défis et perspectives ». Y ont pris part: journalistes et leaders syndicaux de plusieurs pays de la sous-région. L’environnement économique, juridique et politique des médias a été passé en revue par les délégués de chaque pays. On apprendra d’eux qu’il souffle le chaud et le froid dans toute la sous-région Afrique centrale.

La présentation de la situation est sans détour. En République démocratique du Congo (RDC), de façon sommaire, les journalistes sont non seulement confrontés à une cruelle bataille économique, mais aussi à des violations grandissantes de leurs droits. Au moins un journaliste est assassiné chaque année sur le territoire de Joseph Kabila. En plus de l’épineux problème d’accès aux sources d’informations, l’application de la convention collective comme partout d’ailleurs en Afrique centrale demeure d’actualité. Les 50 chaines de télévision, 400 stations radio et les 200 titres (12 quotidiens) que compte la RDC sont secoués par le passage de l’analogique au numérique en juin 2015. Au Gabon, les conditions de travail des hommes de media sont certes minables, mais l’environnement est plus favorable relativement aux voisins. « Nous devons tout revoir pour que les journalistes travaillent en toute quiétude. Il faut une convention collective pour la sous-région. Il faut également envoyer les gens en stage pour le numérique. Au Gabon, on se prépare activement à accueillir le numérique. Nous osons croire que nous serons au rendez-vous », rassure le journaliste Evouna Simon Adolphe de la Radio télévision gabonaise chaine 2 (RTG2).

Si Ali Bongo Ondimba dote ses 42 stations radio, 25 chaines de télévision, 60 titres d’une enveloppe de cinq cent (500) millions de F Cfa par an, l’absence de protection sociale et maladie des journalistes reste permanente. 40% de journalistes gabonais envisageraient eux aussi de vider les rédactions pour aller voir ailleurs. En République centrafricaine (RCA), la presse est à l’image du pays. On y comptabilise trois (3) journalistes tués depuis décembre. Au Tchad voisin, l’Etat octroie cent (100) millions de F Cfa à une soixantaine d’institutions médiatiques. On y observe quand même des hausses considérables de salaires des journalistes et autres employés des métiers connexes grâce aux pressions permanentes des syndicats. Au Tchad, le combat pour la liberté d’expression reste permanent. Seulement, les leaders d’associations qui luttent pour cette cause sont régulièrement promus à des postes de responsabilité qui les éloignent des réalités du terrain. En Guinée Équatoriale, le gouvernement n’est pas trop partisan des associations de journalistes. Stanis Nkundiye, le président de l’Usypac et ses camarades, à travers la table ronde meublée de plusieurs modules, cherchent les voies et moyens pour sauver la presse d’Afrique centrale menacée par la mondialisation et les travailleurs du secteur.

Didier Ndengue

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