Douala : à 17 ans, Maxime croupit derrière les barreaux pour tentative de vol

J’ai visité les quartiers des mineurs et des femmes de la prison centrale de New-Bell la semaine passée. Le cas de Maxime, orphelin, condamné depuis le 12 mai m’inquiète.

Je lui ai promis de revenir. Mais aucune date n’a été fixée entre nous. Une chose est quand même certaine : je reviendrai un jour dans le quartier des mineurs de la prison centrale de New-Bell Douala. Je reviendrai seul ou en groupe pour leur prouver qu’ils ne sont pas seuls, qu’il y a des gens à l’extérieur qui pensent à eux. Mais quand je reviendrai, trouverai-je les mêmes 38 mineurs que j’ai rencontré vendredi dernier, dans les mêmes conditions d’hygiène ? Parce que j’ai vraiment été bluffé par leur environnement. Ils sont détenus dans un quartier très propre. Plus propre même que les rues de ma ville natale.

Un saut derrière les barreaux

Ce qui les éloigne naturellement des maladies et des piqures de moustiques, qui engendrent le paludisme. Sur ce volet, je tire un coup de chapeau à l’administration pénitentiaire, qui met un point d’honneur sur l’hygiène. L’autre chose qui m’a aussi touché, est que ces mineurs, même derrière les barreaux, peuvent fréquenter jusqu’à obtenir des diplômes.

Je ne savais pas que cela était possible dans cet univers au Cameroun. Parmi les 38 mineurs rencontrés le 25 août, tous des garçons, j’ai causé pendant prés d’une dizaine de minutes avec Maxime. On a dialogué comme deux bons vieux potes, alors qu’on ne se connait pas. Dans nos causeries, le jeune homme, visiblement désespéré, me renseigne un tout petit peu sur lui et sur les motifs qui l’ont conduit ici.

J’étais à l’université de New Bell, avec les mineurs.

« J’avais besoin d’argent »
Agé de 17 ans seulement, il se retrouve en prison pour « tentative de vol ». Qu’est ce qu’il a même tenté de voler ce jeune, avant de se retrouver dans les filets des flics et d’être jeté dans l’une des plus grandes prisons du Cameroun ? Maxime m’apprend qu’il manque de tout, surtout d’argent pour se payer de quoi manger. En plus, le jeune homme est sans soutien familial.

« Je n’ai pas connu ma mère. Et mon père, le seul parent que j’ai, ne me gère pas. La preuve est que depuis que je suis arrivé ici, il ne vient pas me rendre visite comme les parents de mes camarades. Le garant qu’on me demande est de six mois», rapporte Maxime, qui n’a pour seul soutien que Dieu.

Chaque mardi justement, les mineurs de la prison centrale de Douala, reçoivent des évangélistes pour des séances de prières. Un inconnu d’une église a promis de donner un coup de pouce à Maxime pour sortir de ce trou.
En attendant, le détenu et ses compagnons continuent de se nourrir de la ration alimentaire des détenus. Un mélange de maïs, soja, riz… matin et soir. Sidéré par la situation des mineurs derrière les barreaux à Douala, Freddy Ngoufack, président de l’Association de soutien et d’assistance aux personnes défavorisées (Asaped) et son équipe, leur ont rendu visite avec des cartons de cahiers, stylos, craie, spaghetti, vêtements… pour les aider à mieux entamer la rentrée scolaire de septembre.

Des sacs artisanaux fabriqués par les prisonnières.

Femmes gangsters
Après le quartier des mineurs, nous voici chez les femmes. Elles font la loi au quartier 17. La présidente du quartier, d’après Gisèle, la secrétaire générale, est absente aujourd’hui. Elle sort et revient plus tard, apprend-on. Ce quartier regorge de 90 prisonnières. Toutes ne chôment pas. Certaines y apprennent plusieurs petits métiers. J’ai visité leurs ateliers de couture, salle d’informatique, et le centre polytechnique St Thérèse, où elles sont formées et décrochent des diplômes de fin de formation valables sur le territoire national.

1- Message destiné au mineur de la prison centrale de New-Bell Douala

 

Freddy, le donateur

Cher jeune fort et courageux,
Je sais que c’est difficile ce que tu vis mais écoute la voix de ton cœur lorsqu’elle te guide sur les chemins de l’amour de Dieu et du prochain et de la gratitude, du courage et de l’espoir. C’est le meilleur moyen de vivre une vie qui en vaille la peine, une vie riche qui a du sens et de la saveur, de la consistance et de la valeur.

Tu n’es pas tout seul, tu n’as pas à vivre dans les soucis et les inquiétudes car Dieu ton père t’a aimé le premier avant même que tu ne viennes au monde et il t’aime toujours tel que tu es. Il n’y a rien que tu puisses faire dans cette vie pour qu’il cesse de t’aimer ou pour qu’il t’abandonne. Il a promis d’être avec toi pour toujours.
Alors moi aussi, je t’aime avec le même amour du Père car comme moi, tu es un fils d’amour, né de l’amour pour vivre dans l’amour et retourner à l’amour.

2- Message destiné à la femme

A toi femme forte, femme de valeur,
Que tu sois libre ou enfermée, tu es un précieux trésor pour la nation, un don magnifique pour ta famille, une aide pour tes amies. Tu as la capacité de transformer les vies, donner la vie, éduquer et être utile pour toutes bonnes œuvres.
Tu es celle vers qui tout le monde se tourne lorsque tout va mal, celle qui recouvre du manteau d’amour les erreurs et faux-pas des uns et des autres, celle qui illumine la vie tout autour d’elle par des actes dignes et nobles, par des dons d’agréables odeurs, par des paroles réconfortantes et des gestes remplis d’amour qui les accompagne.
Tu es la fille, la sœur, l’épouse et la mère en même temps, tu es aimée de Dieu ton Père au-delà de tout ce que tu peux imaginer. Merci pour qui tu es car tu es bénie de toutes bénédictions où que tu sois.

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