Un cordon bleu « sabitou » dans la sauce des cubes Maggi

Avant le workshop que la société agroalimentaire Nestlé a organisé le 14 juillet en l’honneur des blogueurs, je ne connaissais rien de son cube « Maggi », souvent critiqué au Cameroun par certaines personnes. Ce qui me rassure, c’est que la multinationale Suissesse va servir des produits 100% naturels d’ici à 2020.

Presque tous les mois, j’allume le gaz au moins une fois pour cuisiner quelque chose. Je ne vais rien te cacher hein, je prépare régulièrement le riz sauce tomate, ou le spaghetti sauté. Les plats préférés des célibataires, tu ignores quoi ? En réalité, c’est quand je suis paumé ou quand je veux diminuer la quantité de mon gaz. Cela fait exactement six ans que je suis en location, et je me suis rendu dans une station service deux fois, pour me ravitailler en gaz domestique. Je me souviens pourtant que j’avais un patron Syrien qui aimait, contrairement à moi, préparer les mets de chez lui, tous les soirs après le boulot. Je ne comprenais pas comment il s’en sortait après une dure journée de travail.

« Un séminaire en l’honneur des blogueurs » CC: Ecclésiaste Deudjui

Avec sa moustache blanche qu’il taillait tous les deux jours, Abousalaye avait environ 50 ans et très bon cuisinier. Mon patron avait régulièrement des sacs de viande de bœuf et de poisson au réfrigérateur.         Il n’allait jamais dans un restaurant pour manger, pas en ma présence en tout cas. Il avait tout dans la cuisine pour faire une bonne sauce. Des bouteilles d’huile raffinée à gogo, un bol de sel, et des cubes Maggi Crevettes, étaient toujours bien rangés dans un coffre de la cuisine. Je ne sais pas s’il était chef dans son pays, mais j’avoue que ses plats étaient vraiment délicieux. Bon, je ne sais pas s’il respectait la dose de sel exigée par les nutritionnistes. Je rêvais de faire la cuisine comme ce monsieur. Mais je n’y parvenais pas.

Apres prés de deux ans au Cameroun, Abousalaye est rentré dans son pays, pris  dans le piège du printemps arabe, sans me donner son secret. Il ne m’a plus donné de nouvelle depuis son départ. L’autre jour, Peguy m’a annoncé sa disparition. « Il avait un cancer. Il a été évacué en Italie pour y être soigné. Il est malheureusement mort à l’hôpital », m’a appris celui qui m’avait présenté au Syrien.

Un drôle de cordon bleu

Je suis bouche bée. Mes pensées vont dans tous les sens. Je repense à son sourire. Il aimait sa famille. Ce monsieur, comparativement à son collègue Libanais, avait le cœur sur la main. Il me prenait comme son fils, sauf qu’il me confondait souvent à un arabe à la peau noire.

Depuis son départ, je mange toujours chez la maman béninoise du coin. Mais plus tous les jours comme à l’époque. Il m’arrive régulièrement de jouer les « boss » en allant manger midi dans un restaurant classe d’Akwa. Quand je rapporte les merveilles du restaurant sénégalais Khadîdja à mon frangin Ernest Adjaba, il rit aux éclats avant de se vanter. « C’est un gâchis mon frère ! Tu dépenses alors que tu peux venir ici avec cet argent pour qu’on prépare quelque chose de bon. Tu oublies que je suis un excellent cuisinier ? » Je refuse de répondre par l’affirmatif, parce que je n’ai jamais goûté ses repas. Et les témoignages qui viennent de ses enfants ne sont pas appétissants.

« Lêquipe Eru à l’oeuvre » CC: Ecclésiaste Deudjui

« Un jour, maman était en voyage. Tonton Didier, tu connais ce que papa a préparé comme nourriture ? Des pommes, plantains, riz, viande et poisson. Le tout malaxé dans une même marmite avec beaucoup de cube Maggi. C’était salé, mais il disait que le plus important était de remplir nos ventres ». Ce rapport de la fille ainée de mon « cordon bleu » est assez délicieux, n’est-ce pas ?

Un workshop en l’honneur des blogueurs 

Le cancer qui a emporté mon défunt patron Syrien était-il causé par l’excès de sel dans ses plats ? Je ne crois pas parce qu’ils étaient tous délicieux dans ma bouche. J’ai plutôt peur pour les plats d’Ernest, le cordon bleu « sabitou », c’est-à-dire qui connait tout. La vérité est qu’il s’en fout de la quantité de sel qu’il met dans la marmite. Que peuvent donc causer de tels plats ? Je doute quand même fort qu’ils aient les mêmes avantages dans l’organisme comme le Eru ou le poisson braisé, préparés par les blogueurs Camerounais le 14 juillet 2017 à Douala, lors du workshop organisé en leur honneur par la filiale camerounaise du leader mondial de l’agroalimentaire, Nestlé.

« Le livret de cuisine Maggi » CC: Nestlé Cameroun

C’est où j’ai appris qu’avant de critiquer un produit, il faut se rapprocher de ses propriétaires pour en savoir davantage. Le cube Maggi, très prisé au Cameroun, est sévèrement critiqué par certaines personnes, qui croient qu’il cause des maladies à ses consommateurs. L’échange avec le top management de Nestlé Cameroun, coiffé par l’Américain, Thomas Caso, m’a permis de connaitre le produit Maggi, souvent mal utilisé par certaines personnes, qui malaxent le sel et le cube dans une même sauce. Ce qui est de nature à engendrer des effets néfastes dans l’organisme.

« Photo de famille après le workshop » CC: Ecclésiaste Deudjui

Toutefois, Gaétan Teje, de la catégorie Culinaire chez Nestlé Cameroun, apprends que son employeur est en train d’éliminer tous les ingrédients jugés négatifs dans les cubes Maggi. Le cap est déjà fixé : « D’ici à 2020, 100% de nos produits seront confectionnés avec des ingrédients plus familiers et connus, 100% de notre approvisionnement en farine/amidon de manioc sera local et nous enrôlerons 30 000 agriculteurs dans nos programmes de formation, nous contacterons directement 50 millions de femmes à travers nos activités Maggi d’éducation nutritionnelle et réduirons 22% de taux de sel de nos cubes et Tablettes», rassure Gaétan.

« Du sucre dans le cube Maggi » CC: Ecclésiaste Deudjui

Avant de retourner à la cuisine, voici la composition d’un cube Maggi (en attendant la version 100% familière): « Sel de cuisine iodé, exhausteurs de goût (glutamate monosodique, guanylate disodique, inosinate disodique), arômes (avec blé), sucre, protéine de blé hydrolysée (protéine de blé, sel), graisse de palme, sucre caramélisé, amidon de maïs, maltodextrine, acidifiant (acide citrique), épices (poivre blanc, laurier, clou de girofle). Peut contenir des œufs, céleri, moutarde, lait, soja ».

 

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