Moi, votre troisième président de rêve

Avec moi, tous les Camerounais seront heureux et fiers de vivre dans leur pays natal.

D’abord, je suis un monsieur juteux, de moins de 30 ans. Une personne sérieuse, qui a la rage de redonner au Cameroun la place qu’il devait avoir depuis très longtemps dans le monde. Il suffit de faire quelques minutes avec moi pour vous rendre compte que les idées grouillent pêle-mêle dans ma petite tête. Je mâche difficilement mes mots, parce que je crois que ce que je dis est réalisable. Je peux convaincre n’importe qui et n’importe où, sauf les incrédules. Je n’ai pas que les mots hein ! Je fais aussi ce que je dis. Je n’aime pas la politique, parce que c’est un jeu très dangereux, où tout le monde ment. Moi, je n’excellerai pas dans la politique mensongère, je serai plutôt mandaté pour bosser. Pas pour animer des meetings ou bavarder à tort et à travers dans des conférences. Mes prédécesseurs conviendront avec moi que le bavardage n’a rien apporté à ce pays depuis son indépendance.

Des agriculteurs camerounais. CC: Camernews

Je serai donc au four et au moulin, ce qui me permettra de rester dans mon pays pour concrétiser l’émergence. Contrairement à certains, il n’y aura pas des courts (finalement très longs) séjour privés en Europe pour moi. Qu’est ce que j’irai même chercher là-bas alors que mon pays a besoin de moi ? Je resterai chez moi, pour éclairer les miens, parce que le Cameroun accuse un très grand retard sur tous les plans. Mon rêve, c’est de sauver le peuple camerounais de la mendicité. Le sortir du gouffre et le faire asseoir avec les grands de ce monde.

Je serai un président rigoureux

Explicitement, sur le plan local, je vais créer des emplois dans tous les secteurs d’activités pour tout le monde. Je dis bien « pour tout le monde », parce que dans un pays en développement comme le Cameroun, personne ne devrait chômer. L’accès au travail ne sera pas verrouillé. Tout le monde sera en mouvement. Chacun occupé dans son domaine d’activité respectif. Je n’imposerai un domaine à personne, chacun fera son choix tout seul. En créant les emplois pour tous les 22 millions de camerounais, je mettrai fin aux distractions de toute nature. Ainsi, on ne boira plus les bières à 6 heures du matin, les salles de jeux seront vides….Les jeux du hasard n’auront plus leur place dans mon pays. Les réseaux sociaux quant à eux, seront ouverts à tout le monde, mais toute publication visant à décourager le peuple ou à le déstabiliser sera sévèrement sanctionnée. J’y veillerai personnellement. Je serais sur tous les fronts. Je travaillerai avec les câblodistributeurs pour qu’ils ne mettent pas des chaînes de télévision visant à animaliser le peuple camerounais dans leurs bouquets. On surfera dans la modernité tout en respectant les valeurs humaines.

Les élections s’annoncent au Cameroun. CC: Pixabay

Des Ministres commandos

Durant mon mandat, chaque secteur d’activité aura une tenue de travail de même couleur. Chaque employé aura droit à deux heures de repos par jour. Aucun travailleur ne devra quitter son service sans atteindre ses objectifs de la journée. Les contrôleurs que j’engagerai, devront me rendre compte tous les jours. Cela signifie que les paresseux n’auront pas leur place ici durant mon séjour au palais. Chacun mangera à la sueur de son front. Je n’aurai pas besoin de plus de dix ministres dans ce petit pays. Il y aura un ministre de l’Education Nationale (de la crèche jusqu’à la fac), un ministre de la Formation Professionnelle, de l’Emploi, des Petites et Moyennes Entreprises, un ministre des Sports, des Loisirs, des Arts, de la Culture et du Tourisme, un ministre de la Communication, des Langues Nationales et du Numérique, un ministre des Finances, du Budget, des Impôts, de l’Economie et du Commerces, un ministre des Marchés, des Travaux Publics et des Infrastructures nationales, un ministre des Transports Nationales, et des Relations extérieures. Je pense encore à d’autres ministères comme celui de la Santé et de la Paix. Mes proches collaborateurs auront le devoir de me faire le rapport de leurs activités sur le terrain tous les jours, avec images à l’appui, même si je suis hors du pays via des vidéoconférences. J’organiserai des conférences de presse hebdomadaires pour également rendre compte au peuple. Un sou sorti des caisses de l’Etat devra être justifié. Aucun détournement ne sera toléré. Si je constate qu’un denier a été distrait, le voleur sera puni à la seconde qui suit, même si c’est moi. Au bout de quelques années, nous allons tous être fiers de nous même en voyant les fruits que nous auront produit.

Armand Rodolphe Djaleu. CC: Didier Ndengue

« Made in Cameroon »

Les Camerounais mangeront ce qu’ils produiront. Comme je sais que la terre ne ment pas, nous récolteront de très bons fruits. On transformera tout sur place. J’interdirai la vente des produits alimentaires périmés dans tous les supermarchés du pays, les opérateurs économiques étrangers devront respecter le consommateur local. Je n’accepterai qu’aucun pays partenaire marche sur nous. J’exigerai un partenariat gagnant-gagnant avec eux, sinon ils devront rester chez eux. Les foras pour bousiller les fonds de la République se dérouleront dans les champs de cacao-café et en tenue de travail. Les petits centres de santé vont mourir pour laisser place à des grands hôpitaux de référence (on n’aura plus besoin d’évacuer les patients en Europe) ou les soins seront administrés gratuitement aux patients. Les médicaments périmés et vaccinations abusives sans justifications valables, ne seront plus qu’un mauvais souvenir, même les organisations internationales qui avancent souvent vers nous comme des agneaux, devront justifier leur véritable rôle au Cameroun de mes ancêtres.

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