Monsieur le Président, veuillez arrêter d’endetter les Camerounais s’il vous plaît

Notre chef de l’Etat emprunte pour tout et partout et se fait passer pour un bienfaiteur.

Un jour, sur sa page Facebook, un internaute propose au président de la République du Cameroun de vendre le pays à un milliardaire et de partager les revenus de façon équitable. Avec cet argent, suggère le « facebookeur », chacun pourrait aller chercher de meilleures conditions de vie ailleurs, car chez nous, c’est l’enfer. Ce post en a fait rigoler plus d’un. Et pourtant, c’est ce qui pourrait se produire à l’allure où vont les choses. Le chef de l’Etat va certainement décider un matin, avec la complicité de toute sa bande, de liquider non seulement le pays, mais aussi les populations qui deviendront les esclaves de l’acheteur. Il faut s’attendre à tout avec ce régime qui ne cesse de poignarder et de provoquer le peuple. J’ai l’impression qu’avant de rejoindre ses aïeux, le fils de M’vomeka’a veut absolument liquider tous les Camerounais, jusqu’à la millième génération.

L'argent des autres
L’argent des autres

 

Les mains toujours tendues

Je ne comprends pas comment, dans un pays où les gens se vantent d’être multimilliardaires, on peut emprunter à tout vent et pour ne rien bâtir de concret. Pour un petit chantier, on emprunte chez les Chinois, pour le petit réaménagement d’une route, on sollicite les sous d’un partenaire Français. J’ai vraiment envie de comprendre cette politique du régime de Yaoundé. Il y a encore quelques jours, le grand manitou a promis des milliers d’ordinateurs aux étudiants. Les analyses découlant de cette promesse font état de ce que monsieur Biya va emprunter les sous pour polir son image auprès de sa jeunesse. D’autres, « mauvaises langues ou bonnes langues » (c’est selon), disent que cette dette pour l’achat de ces ordinateurs sera remboursée par les étudiants bénéficiaires eux-mêmes. Ce qui veut dire que Yaoundé n’offre rien aux étudiants, mais leur fait acheter les ordis.

En temps réel, si je dis que je vais donner quelque chose à quelqu’un, je n’irai pas emprunter les sous dans une banque sans le consentement de cette personne pour qu’elle vienne rembourser plus tard. On est d’accord là-dessus n’est ce pas ? Sinon, cela n’est plus un don, mais un endettement que je qualifie de « forcé », parce que chaque étudiant de mon village peut s’offrir une machine de travail avec son propre argent.

S’endetter pour bricoler ou pour les poches personnelles ?

Ce mercredi matin encore, je prenais tranquillement mon bain. J’ai haussé le volume de mon poste récepteur pour suivre la revue de la presse du jour. Du présentateur de cette tranche matinale sur la banque FM, j’apprends que pour construire les infrastructures devant abriter les prochaines Coupes d’Afrique des Nations  de football (CAN) qui se dérouleront sur notre sol en 2016 et en 2019, le pays a encore emprunté beaucoup de milliards de nos FCFA. Le pire dans cette histoire de dette, et c’est ce qui m’énerve le plus, est que la plus grande partie de ces sous empruntés finit généralement dans les comptes bancaires des individus qui nous livrent des infrastructures bricolées, qui n’auront même pas plus de dix ans de vie. Et pourtant, je connais des maisons ici à Bonanjo (Douala), construites par des Allemands, qui ont déjà fait près de deux siècles et sont toujours debout et habitées.

Signature d'un nouveau partenariat
Signature d’un nouveau partenariat

 

En suivant donc la revue de la presse de ce matin, j’ai eu le sentiment que les caisses de l’Etat étaient vides. On emprunte tellement pour réaménager nos aéroports qui ressemblent plus à des gares ferroviaires qu’à de vrais aéroports comme j’ai pu en voir ailleurs. En plus, on ose leur coller le titre d’« international ». Vous avez par exemple « l’Aéroport International de Nsimalen » à Yaoundé ou encore « l’Aéroport International de Douala ». De qui se moque-t-on au juste? Un aéroport international a-t-il des pistes trouées et un hall sans climatisation ? C’est vrai que l’Aéroport de Douala a pris un coup de pinceau forcé ces derniers temps, mais la grosse enveloppe qui a permis ce nettoyage vient directement de l’Agence Française de Développement (AFD).

S’endetter pour s’appauvrir

La main qui emprunte constamment s’appauvrit davantage. Tout le monde, je suppose, connait cet adage. Mais le Cameroun, comme s’il avait dîné avec le diable, semble ignorer ce principe de base de l’économie. Il s’endette pour tout, alors que ses dirigeants mènent un train de vie princier. Ils n’ont même plus honte d’emprunter pour goudronner les routes, construire les écoles, mettre les entreprises à niveau, gérer les forêts, les industries extractives, etc. Cela signifie-t-il que nous n’avons plus aucune réserve financière? Où est donc passé l’argent des impôts, de la douane, des péages, entre autres taxes imposées aux entreprises au Cameroun ? Je vais chuter par là aujourd’hui, parce que cette histoire d’endettement me donne franchement des maux de tête.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *