Insécurité routière : La note est salée en zone Cemac

 

Ambiance très studieuse au cours de la rencontre de Douala
Ambiance très studieuse au cours de la rencontre de Douala

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Cameroun, la République centrafricaine et le Tchad ont enregistré 7969 décès suite aux accidents de circulation en 2013. La Commission de la Cemac et la Banque mondiale se mobilisent pour éradiquer les drames à répétition sur les voies routières des trois pays.

C’est par une note optimiste que M. Mahamat Ahmat Ismaïl, représentant le Commissaire en charge du développement des infrastructures et du développement durable auprès de la Commission de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac), a clôturé l’atelier de formation en sécurité routière et de promotion de mesures de sécurité et bonnes pratiques dans la gestion du transport routier de marchandises tenu la semaine dernière dans la capitale économique du Cameroun. Du 20 au 24 octobre, les responsables des associations de transporteurs et de conducteurs, autorités administratives et de polices…venus du Cameroun, du Tchad et de la République Centrafricaine (RCA) ont été très attentifs aux enseignements des experts de la Banque mondiale en matière de sécurité routière. De fait, l’insécurité routière tue plus que le VIH SIDA. Elle cause notamment de grands dommages tant au sein des familles que de la société civile. Cet état de fait va en s’amplifiant avec le développement des pays de la sous-région Afrique centrale.

L’Oms rectifie les chiffres des gouvernements 

Le Cameroun est devenu une « boucherie humaine » depuis quelques temps. Il enregistre « une succession d’accidents graves, avec des pertes humaines et matérielles importantes, plus d’une vingtaine de vies perdues en moins de deux semaines », remarque M. Peter Taniform de la Banque mondiale. En réalité, ce chiffre est loin du nombre exact de décès enregistrés ces derniers jours entre Douala et Yaoundé, pour ne citer que ces deux métropoles. La vérité est que les autorités tâtonnent régulièrement sur le nombre de morts. Par exemple, l’année dernière (2013), des sources officielles disent que le Cameroun a enregistré mille cent cinquante trois (1353) décès suite aux accidents routiers. À la même période, l’Organisation mondiale de la santé (Oms) fait état de trois mille neuf cent trente trois (3933) décès. L’Oms estime qu’il y a 20, 1% de décès pour 100 000 habitants au Cameroun. Au Tchad voisin, les autorités compétentes ne communiquent pas le nombre exact de morts au regard de celui donné par l’Oms. En 2013, le pays d’Idriss Deby Itno dit avoir eu trois mille deux cent vingt six (3226) décès. L’Oms quant à elle, situe le nombre de morts à trois mille trois cent trente neuf (3339). En Centrafrique, les sources officielles situent le nombre de morts suites aux accidents de circulation à cent cinquante neuf (159). L’Oms révèle par contre six cent quatre vingt dix sept (697) morts en 2013.        Soit un total de sept mille neuf cent soixante neuf (7969) vies fauchées l’an dernier sur les routes des trois pays.

La situation, selon la Banque mondiale, pourrait empirer dans les prochaines années dans la zone Cemac, à cause d’un manque de vision globale de la problématique, d’objectifs, d’actions et mesures à court, moyen et long terme d’amélioration. D’où l’urgence de l’élaboration d’une bonne stratégie de sécurité routière qui devra passer par la prise en compte exhaustive de l’influence de trois principaux facteurs déterminants : l’usager, l’infrastructure et le véhicule. Cette élaboration, renchérit le représentant de la Commission de la Cemac, doit se faire suivant une démarche systémique, mettant au centre la prise de conscience de l’usager. « Le succès d’une telle stratégie nécessite un cadre institutionnel impliquant les plus hauts décideurs, mais aussi et surtout la mise en place d’une structure dédiée qui ne s’occupe que de cela », argumente M. Mahamat Ahmat.

En effet, la Banque mondiale estime que la question de la sécurité routière en zone Cemac se caractérise par le manque de cadre institutionnel et organisationnel efficace pour la gestion et la coordination de la Sécurité routière (SR) au plan national ; le manque crucial de compétences techniques pour la gestion et la coordination, la faiblesse de l’appareil statistique sur les accidents et les victimes ; enfin le manque de cohérence entre les actions entreprises et de synergie entre les acteurs. Bien outillés, les acteurs de la sécurité routière doivent s’efforcer à joindre la parole aux actes. La Banque mondiale de son côté, a réaffirmé son soutien à la Cemac dans la lutte contre l’insécurité routière.

Didier Ndengue

 

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