Les scandales d’un mariage marathon
Une jeune fille, faussement amoureuse d’un blanc d’origine Belge, s’est « mariée » à moitié avant de quitter notre monde.
Gisèle, nom d’emprunt, vit dans un petit village appelé « Boum Yebel », sis sur l’axe lourd Douala-Yaoundé. La jeune femme de 24 ans, fille d’une famille très pauvre, est très belle de figure. Dans son village, Gisèle est considérée comme la plus belle femme de la contrée.
Nous sommes entre 2003 et 2004. La petite famille décide de s’installer à Edéa, la plus grande ville des environs. Grâce à sa beauté naturelle, la petite « Bassa » est abordée un soir par un jeune blanc d’origine Belge. Le mec craque sur sa beauté africaine. Il paie même les études à Gisèle. Les deux amis n’ont pas le mariage en projet.
En effet, le Belge a déjà une épouse et des enfants dans son pays natal à qui il tient beaucoup. Mais il aime aussi Gisèle, mais amicalement parlant. D’ailleurs, il ne le cache pas. Explicitement, le belge est un homme d’affaires en mission au Cameroun. Il en a que pour quelques temps seulement. En Gisèle, il voit une belle demoiselle qui pourrait l’aider dans certaines tâches. Mais la fille refuse carrément cette thèse. Connaissant son extrême pauvreté, l’Européen l’offre presqu’un paradis en plein axe lourd. Elle a de surcroit un compte bancaire ouvert par le mec. Elle est donc désormais à l’abri de la galère qu’elle a connue il n’y a pas très longtemps.
Les petits plans diaboliques de la Camerounaise
En réalité, le belge aime bien Gisèle, mais veut d’abord l’observer, question de relever ses bons et mauvais côtés. Mais elle ne voit pas la chose de cet œil là. Après donc son séjour à Edéa, le Belge décide de rentrer en Europe. Mais il promet de revenir. Gisèle croit et garde son calme pendant une bonne période. De la Belgique, il cause avec la Camerounaise tous les jours, via le téléphone « Mobilis ». C’est le nom de l’opérateur mobile qui a été remplacé par la multinationale française « Orange ».
Jusqu’ici, l’amitié à distance ne souffre d’aucune difficulté majeure. Seulement, dans l’entourage de Gisèle, il se dit qu’elle n’aime pas le blanc, mais plutôt son argent. Plus tard, elle donnera raison à ceux qu’elle traitait de détracteurs, en allant consulter le plus grand sorcier du village, pour qu’il envoute le belge, afin qu’ils se marient le plus tôt possible. L’objectif étant de contrôler ses biens après leur mariage. La première tentative d’envoutement échoue, parce qu’elle ne répond pas aux exigences du sorcier.
En effet, le sorcier a besoin d’une dent d’un mort pour réaliser son cher rêve. La « Bassa » va prendre son courage à deux mains et aller demander la dent d’un mort à un morguier. Ce service est payant, il vaut 200 000 Francs CFA, promet Gisèle. Tirant plusieurs caisses frigorifiques, il demande à la jeune femme de choisir le mort à qui elle veut arracher la dent. Elle opta pour un vieux de plus de 80 ans. Bien emballée dans un plastique de couleur noire, la dent sera ramenée au sorcier pour l’envoutement. Résultat : le blanc est directement revenu au bercail, demander la main de Gisèle et programmer un mariage sur le champ.
Un demi-mariage
Elle savait très bien que son mariage ne sera pas sans conséquences. Elle ne s’imaginait pas qu’elle creusait son propre tombeau avec l’aide du sorcier noir. Le Belge quant à lui, est envouté. Le tour est joué. Il faut maintenant se marier sans plus tarder. Le jour de son mariage justement, Gisèle est toute belle, mais elle manque de sourire. C’est suspect ! Le maire est déjà prêt pour l’union des deux « amoureux ».
Le cortège constitué de plus d’une dizaine de voitures se met progressivement en place. Le futur marié est déjà là, dans la caisse spéciale. On attend plus que la mariée qui est curieusement affermée dans sa chambre. On dit qu’elle cause avec le type à qui, elle a arraché la dent à la morgue. Incroyable, mais vrai ! Le mort est bien vivant et réclame sa dent. Au cas contraire, le mariage n’aura pas lieu. Plus tard, la jeune Gisèle va rejoindre le belge dans la voiture spéciale. Le cortège peut enfin démarrer, direction : La mairie du coin. Les klaxons retentissent sans arrêt. C’est devant la grande cour de la mairie qu’on constatera que Gisèle est tombée en cours de route et a été écrasée par son cortège…Et le Belge se réveilla de son sommeil. Quel cauchemar !
Didier Ndengue



