Didier Ndengue

Afrique : après les crises, le baby-boom

Les lits des réfugiés africains sont très féconds

Pour remplacer les leurs tués dans leurs villages ou villes d’origine par des bandes armées, les réfugiés africains ont trouvé un moyen très simple et génial : se réconforter, prendre du plaisir et faire le plein de bébés.En procréant, ils remplissent les camps de réfugiés dans les pays d’asile. Au Cameroun, pour ne citer que ce pays de la sous-région d’Afrique centrale, les filles réfugiées en âge de puberté sont exposées à des grossesses. Et les contraceptifs ne sont visiblement pas du goût de leurs conjoints.

En début de semaine, les humanitaires, notamment la Croix-Rouge, le HCR, l’Unicef, Médecins sans frontières, s’inquiétaient déjà de la situation des réfugiés casés dans un camp à Mora, département de Mayo Sava, région de l’extrême-nord du Cameroun. Dans cette région, le taux de natalité va de plus en plus croissant. Depuis janvier 2015, selon les organismes humanitaires, on dénombre soixante-quatre naissances, seulement dans le camp du stade municipal de Mora. Le HCR apprend que la zone regorge de 6 645 âmes.

Elle a enregistré un taux d’augmentation de 0, 64 % en très peu de temps. Mais les maux les plus redoutés ici par les humanitaires sont entre autres, les menaces terroristes, les complications post-natales, la poliomyélite, etc.

Dans les prévisions du HCR, au moins 4 000 femmes en âge de procréer arriveront dans ce camp d’ici août 2015. Et le nombre de naissances devrait aussi suivre. Au mois de mars, elles étaient 3 628. De nos jours, le chiffre se situe à 4 023 à la mi-mai, avec évidemment plus de bébés.  

 

DN    

 

 


Drôle de personnage : Paul Biya, plus jeune que ses « petits fils »

Cheveux tous noirs, pas chauve, ne s’écroule jamais, dégage une fraicheur absolument, incontestablement poli, humble, hospitalier… le président de la République du Cameroun reflète à peine son âge à l’œil nu et ce qu’on dit de lui dans les médias privés semble inventé. Et pourtant, le pays est au bord du gouffre.

Quelqu’un m’a dit un jour que les médias peuvent faire détester une personnalité ou l’inverse. Ils sont les maîtres des mots, et souvent des maux. Et mon interlocuteur a ajouté que ceux sur qui les médias à scandale tirent ne sont pas tous des mauvaises personnes. Il faisait allusion au chef de l’Etat Paul Biya, qui est vu par les chroniqueurs de certains quotidiens et hebdomadaires, comme un monstre qui a créé une machine à broyer qui est tout simplement son gouvernement composé d’une liste interminable de ministres et de directeurs généraux.

Nombreux disent même qu’il a plongé le pays dans le K.O avec ses multiples politiques. Chaque jour, les activités de ce monsieur ne passent pas inaperçues dans les médias. Avec tout cet acharnement médiatique pour mauvaise gestion du pays, je n’aimerais pas être à sa place ! Mais il faut reconnaitre que son Excellence a des qualités. Je ne sais pas par quel moyen, mais je me souviens que lors de son dernier passage à Douala, un confrère a eu le chef de l’Etat en personne au téléphone. Qui lui avait donné le numéro téléphonique du président ? Seul Dieu a la réponse à cette question. « C’est un monsieur très poli, au point où vous ne pouvez pas imaginer », a-t-il témoigné quelques jours plus tard après sa conversation avec le premier camerounais.

Hospitalité

Même si on ne suit pas souvent ses conversations pendant les nombreuses audiences qu’il accorde chaque semaine au palais, je sais quand même que tous ceux qui reviennent d’un tête-à-tête avec Paul Biya sont toujours satisfaits. Parfois, certains envoyés spéciaux viennent avec des intentions diaboliques. Mais quand ils le rencontrent, ils sont aussitôt déboussolés. Biya est un drôle de personnage qui fait la fierté de certains camerounais, et le malheureux des autres.

Beaucoup de bruits autour de lui ne lui disent plus rien. Juste avec son stylo à la main, il est capable de nuire en signant juste un texte bien élaboré par ses soins.

Fils de Dieu au départ…

Au fond, il parait que c’est un monsieur bien, qui rêvait même de devenir serviteur de Dieu. C’est un monsieur quand même bizarre qui cautionne beaucoup de bruits autour de lui pendant longtemps. Parfois, je me dis qu’il médite énormément avant de provoquer les camerounais par des nouvelles lois ou des nouveaux textes. Peut-être qu’il est déjà trop vieux pour réprimander ses collaborateurs à chaque bêtise. Dans ce cas, qui dirige alors le pays, pour reprendre la question de la semaine passée de l’hebdomadaire panafricain « Jeune Afrique » ?  C’est vrai qu’il a plus de 80 ans. Mais à l’œil nu, il n’en donne pas l’air. En tout cas, pas plus vieux que les présidents du sénat, de l’Assemblée nationale, ou encore que certains directeurs généraux camerounais, etc. Vous n’aurez qu’à regarder sa tête pour constater avec moi l’état de ses cheveux. Ils n’ont pas pris une seule petite couleur blanche.

Plus solide que Hollande et Mugabé

Même s’il est souvent trop nonchalant dans ses déplacements, il ne s’est jamais écroulé officiellement comme plusieurs de ses jeunes collaborateurs lors des présentations des vœux de nouvel an, ou comme Hollande, Mugabé, etc. Le papa du Cameroun est toujours frais tandis que les jeunes vieillissent grâce à l’alcool qui coule abondamment sur leurs tables. L’alcoolisme recrute certainement le plus grand nombre de jeunes au Cameroun. Le tabagisme n’en est pas en reste, entre autres fléaux qui font en sorte que les jeunes camerounais voient leur président comme un monstre qui ne contrôle plus sa machine à tuer ou contribue volontairement à leur malaise.       

Didier Ndengue

 


Les yeux doux des petits monstres au grand manitou

Lors du défilé de la 43e fête nationale du Cameroun, célébrée le 20 mai, les spectateurs ont pu apprécier la grosse flagornerie des militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais.

 Ce 20 mai 2015, la vallée de la Bessèké a pris un coup de pinceau forcé pour accueillir le défilé de la 43e édition de la fête de l’unité nationale du Cameroun.

Le long du boulevard, la première vague des militants franchit la tribune d’honneur sans obstacle. Mais la pression protocolaire commence à se manifester quand arrive le tour de la dernière vague des élèves et étudiants des établissements de la ville. Les agents de sécurité leur demandent d’accélérer le pas jusqu’à la tribune d’honneur, où se trouve Joseph Béti Assomo, gouverneur du littoral qui préside la parade.

Du haut de la tribune, je constate que les élèves sont étouffés dans cet élan. In fine, ils sont frustrés. Et la pression protocolaire semble impacter sur leurs chorographies.

Après les établissements d’enseignement supérieur, vient le tour des partis politiques. Le coup d’envoi est donné ici par les militants de l’opposition. Dans les rangs, un constat se dégage : ils défilent sans effigie, ni emblème de leur. Cette curiosité suscite des interrogations parmi les citoyens venus vivre la cérémonie en direct. Toutefois, les militants des partis politiques de l’opposition conservent leurs tee-shirts traditionnels. « Il y a des imperfections au niveau protocolaire. Je crois qu’il faut que les éléments du protocole respectent un peu plus les acteurs politiques», lance Banda Kani, homme politique camerounais. Curieusement, et à ma grande surprise, la pression protocole baisse devant le Social Democratic Front (SDF).

Les agents ont soudainement libéré la piste principale du boulevard. Mon voisin me chuchote à l’oreille que ce retrait soudain annonce l’entrée en scène des militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Normal, c’est le parti au pouvoir, et ses militants, même s’ils font preuve d’une arrogance sans précédent et longévité au pouvoir, méritent qu’on leur déroule le tapis rouge, n’est-ce pas ? 

 Plus de 30 minutes de défilé pour le RDPC

De tous les partis politiques de l’opposition que j’ai vus à la vallée de la Besséké, aucun n’a eu plus de 15 minutes de défilé. Certainement parce qu’ils n’ont pas assez de militants. Ou alors parce qu’ils ne les flattent pas assez comme l’autre.

Les mauvaises voix révèlent que le parti de Paul Biya donne dix mille francs CFA (10 000) à chacun de ses membres après les défilés. Vrai ou faux ? Je n’en sais rien puisque je ne suis pas membre de ce parti. Je sais quand même qu’après le défilé du 20 mai dernier, les hommes et femmes de ce parti ont « bien pointé » leur journée. Arrêtons donc avec ce commérage et revenons-en à notre défilé de positionnement.

Contrairement aux autres mouvements politiques, le RDPC, constitué en plusieurs groupes, a pris le lieu du défilé en otage avec ses pancartes, effigies de Paul et de Chantal Biya, chants, etc.

Les militants de cette grosse machine politique étaient munis de tout pour réussir leur démonstration, sans être inquiétés par le protocole qui cherchait certainement aussi à se faire voir par le prince (Paul Biya). Cette frustration n’a pas du tout plu à l’opposition. « On a chassé certains de nos militants des rangs et on a arraché nos gadgets du défilé. Quand c’est le RDPC, on laisse défiler avec une dizaine de plaques », s’indigne un militant du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) pendant la mascarade.

Cette discrimination orchestrée par le comité d’organisation du défilé n’est pas restée sans conséquence. Loin de la tribune d’honneur, certains spectateurs ont hué à leur tour, les militants de Paul Biya. « Sales voleurs de la République. RDPC, parti de l’escroquerie», pouvait-on entendre dans la foule. En guise de réplique, les militants du RDPC ont entonné leur fameuse chanson : « Paul Biya…e ncore 100 ans ». Une grosse hypocrisie, pense un spectateur au niveau du « pont Joss ». « Ceux qui lui accordent encore ces années, sont en réalité ceux qui veulent en découdre avec lui, mais ils chantent parce qu’ils veulent justifier leur enveloppe », me fait savoir un observateur apparemment bien introduit, rassasié des mensonges, des flagorneries, et des louanges des « militants » du parti pour paraitre saint devant Paul Biya.

 

Didier Ndengue

 

 


Une chicha pour couronner la soirée

Les vacances approchent à grand pas pour toutes réjouissances. Avec des amis, nous avons pris le dessus le week-end dernier.

 
Si je suis nommé coach des « mapannes » (couloirs) pendant les prochaines vacances, la première chose que je recommanderai à tous mes apprenants, serait les découvertes. Changer d’air est un exercice merveilleux que chaque personne devrait adopter pour son épanouissement. Il est important de se relaxer pour avoir des idées neuves. Ça aidera à affronter la prochaine semaine. Faites des nouvelles choses. Mais pas d’excès. Vous pouvez par exemple prendre congé de votre domicile et aller rendre visite à des amis que vous n’avez pas vus depuis très longtemps. Je suis sûr qu’ils seront très ravis de vous revoir après une longue absence.

 
Avec eux, vous ferez forcément des choses très amusantes qui vous détresseront et vous feront oublier l’univers carré de votre quotidien professionnel. Avec vos amis, essayez de garder la tête sur les épaules. Ils vous préfèrent naturel. Faites tout pour ne pas gâcher l’ambiance. Soyez relaxe et ayez un langage toujours positif. Écoutez les uns et les autres. Laissez-vous emporter pas l’ambiance. Et surtout, pas de mot déplacé. Vous avez beaucoup de choses à vous dire, alors ne gâchez pas cet instant de folie. Faites des choses de gosse. En parlant par exemple des cartoons.

 
Matango
Le week-end dernier encore, j’ai vécu une nouvelle expérience inédite avec Eldy, Solange Ingrid et Fathia. Trois amis qui ont naturellement pimenté un après-midi que je croyais foireux. Ils l’ont réveillé comme avec un bâton de magique venu tout droit du royaume d’Harry Potter. Tout part d’un SMS que Yannick m’a envoyé pour me dire qu’il arrivait chez moi. En voyant son message, j’ai souri. Après avoir fini de bouffer les pattes que je venais de préparer, j’ai enfilé mon tee-shirt blanc, mes sandales et j’ai mis ma tablette et mon téléphone portable dans un sac à dos de marque DW. Direction : Bonapriso. Arrivé chez Yannick, je trouve Solange Ingrid, assise dans la chambre. Une beauté africaine. Taille : 1m85. Potelée. Teint doublement plus clair que le mien. Du haut de ses tallons de plus de deux centimes, la nana à la robe verte surfe sur une vingtaine d’années seulement. Sa face m’est familière. Mais je ne me souviens plus où on s’est vu pour la toute dernière fois ? Une chose est sûre : on va passer le reste de la journée ensemble. Yannick a prévu quelque chose de spécial. Ah ce gars ! Toujours très inspiré quand il s’agit de faire des découvertes. Notre première escale est Youpwè. Encore ? Décidément ! En chemin, nous croisons Fathia. « Salut Fathia, on venait même chez toi. Tu pars où toute fraiche comme ça là ? » Pas très surprise de nous revoir, Fathia va aussitôt nous rejoindre. L’effectif est porté à quatre : deux mecs, deux meufs. c’est cool mais…n’y pensaient même pas ! C’est juste une coïncidence.

 
En chemin, il nous vient tous à l’esprit, la merveilleuse idée d’acheter un litre et demi de vin blanc de raphia, communément appelé « Matango». Youpwè est un petit quartier de Douala deuxième qui ressemble un tout petit peu à un village. C’est un lieu par excellence pour pêcher. Comme il y a quelques semaines encore, nous voici donc au lieu baptisé « Macacobeach », au bord du fleuve. En plus de notre « Matango », nous ajoutons trois petits jus. Mais Fathia n’en veut pas. Elle préfère une petite bière. « Comme vous voulez mademoiselle ! »

 
Séance photo
Le temps s’écoule. Il est déjà plus de 18 heures. Et le ciel se dégage. Quelques bouts de nuages s’assombrissent. Le soleil est déjà à la fin de sa course, il disparait progressivement. Il se couche. Il est important d’immortaliser ce magnifique instant.
A l’horizon, le soleil se couche. Et nous en profitons pour prendre quelques clichés. Mince! « La carte mémoire de ma tablette n’a plus de place pour sauvegarder des photos.» Je n’ai pas de chance aujourd’hui. Heureusement que le téléphone androïd de Fathia est là. Et sa carte dispose encore d’une très grande capacité pour notre séance photo.

 
On se filme à tout de rôle, deux à deux. Les filles entre elles d’abord. Les garçons ensuite. Et une pause d’ensemble pour couronner cette séance. En tout, plusieurs images ont été enregistrées. Chacun de nous a vidé sa bouteille. Mais une bonne quantité de « Matango » n’a pas été consommée. On n’a eu peur des effets nocifs sur notre organisme. .

 
Elles tirent sa chicha pour sa première fois
Nous quittons Youpwè à plus de 19 heures. Fathia nous propose d’achever cette journée en beauté autour d’un café chaud dans un coin tranquille quelque part perdu à Bonapriso. C’est elle qui offre. Pour rejoindre ce quartier sans véhicule, il faut emprunter un taxi-moto. Nous ne dérogeons pas à cette règle. A partir du carrefour Armée de l’air, nous cheminons ensuite à pied jusqu’au lieu du café. C’est un coin en plein air qui accueille plusieurs personnes de divers horizons. Ici, les morceaux de bois secs, bien taillés, représentent les tables. Et les chaises sont en rotin ou en bambou. Comme précédemment, nous prenons place, mais cette fois-ci, à côté de deux jeunes hommes qui se partagent une chicha.

 
Les yeux de mes voisines de table se baladent déjà de ce côté-là. Peu de temps après, un serveur se dirige vers notre groupe, et nous demande : « on vous sert quoi messieurs et dames? » Moi, je prendrai un café au lait. Eldy va également passer la même commande que moi. Tandis que Fathia et Solange Ingrid optent pour des « taxes de café alcoolisé ». Après un bon moment de blagues, Solange Ingrid va rejoindre nos deux voisins fumeurs. Elle demande à tirer leur chicha. Gentiment, les deux gars acceptent. Une fois, deux fois,…elle en rejette une bonne dose de fumée. Au tour de Fathia. La sénégalo-camerounaise goûtera à ce truc pour la toute première fois. Comme Solange Ingrid, elle joue avec la fumée, tout en souriant. Il est près de 22 heures. Et notre soirée tire déjà à sa fin. Avant de mettre Solange Ingrid dans le taxi, nous nous sommes livrés à une dernière séance de blagues sur le trottoir. Au finish, je suis rentré chez moi joyeux, avec un bracelet offert par Fathia. Merci la « go »! Et à la prochaine pour une autre balade relaxante!

 

NB:
Chers lecteurs,
J’aurai aimé illustrer ce texte avec ses photos d’origine, mais elles sont encore chez Fathia. Dès qu’elles seront à ma disposition, je les publierai rien que pour vous. Merci encore pour votre compréhension.

Didier Ndengue


Transport aérien : un pont historique ouvert entre l’Afrique et l’Asie

Royal Air Maroc, compagnie aérienne chérifienne, vient de parapher un accord commercial stratégique avec Qatar Airways.
Deux grosses pointures du transport aérien mondial, de deux continents différents, viennent de conclure un accord commercial historique. Le partenariat paraphé le 06 mai 2015 à Dubaï entre Qatar Airways et Royal Air Maroc (RAM) consiste à lancer une ligne régulière entre Casablanca et Doha. C’est un concept fort qui offre des avantages immenses aux passagers des deux compagnies.

L’un des avantages immédiats est en rapport avec le Salon international du voyage(ArabianTravelMarket). Akbar Al Baker, président de Qatar Airways, et Driss Benhima, président de Royal Air Maroc, se sont accordés à offrir « plus de choix de destinations en faveur des clients des deux compagnies », apprend-on.
Les clients de ces deux géants du transport aérien bénéficieront donc d’un seul billet d’avion sur tout le parcours du voyage et ils auront la possibilité de procéder à l’enregistrement de leurs bagages depuis la ville de départ jusqu’à l’arrivée, à la destination finale. Désormais, Royal Air Maroc (RAM), reliera Casablanca à Doha à raison de trois fréquences par semaine, informe-t-on. « Cette liaison s’ajoute ainsi à la ligne quotidienne opérée sur le même trajet par Qatar Airways », renchérit le communiqué de presse du protocole d’accord.
Gros modo, c’est dix fréquences par semaine entre Casablanca et Doha que proposent les administrateurs des deux compagnies, et surtout une extension des réseaux des deux opérateurs vers l’Asie et l’Afrique.
Satisfactions
Le patron du géant aérien asiatique n’a pas manqué de dire sa joie à la suite de cette décision. « Ce partenariat qui renforce les relations entre le Qatar et le Maroc offrira beaucoup d’avantages aux clients de Qatar Airways qui vont vers Casablanca et aux destinations africaines », se réjouit Akbar Al Baker.

Et de féliciter: « c’est une bonne nouvelle et un gain pour les passagers notamment les hommes d’affaires qui se déplacent en Afrique ainsi que pour les touristes ».
De son côté, le président de Royal Air Maroc, estime que « la compagnie marocaine est heureuse de conclure ce partenariat historique qui consolide les relations fraternelles entre les deux pays ». Non sans indiquer que « cet accord constitue une phase cruciale dans l’histoire de la Royal Air Maroc puisqu’il permet de mettre en place un « pont » entre l’Asie et l’Afrique qui facilitera le déplacement des clients dans les meilleures conditions grâce au réseau étendu de Qatar Airways en Asie et au réseau dense de Royal Air Maroc en Afrique en transitant par les hubs des deux compagnies en l’occurrence Doha et Casablanca ».

Didier Ndengue


Depuis une banlieue parisienne : le cri de détresse d’un immigré camerounais

Le jeune Chouanteu Bouani Kevin ne sait plus à quel saint se vouer. Homosexuel », il a été contraint de quitter le Cameroun et vit clandestinement en France. 
Samedi 9 mai 2015, au lieu-dit Carrefour Safari à Bépanda, de son point de commerce, une femme lance un cri de détresse : « Il faut m’aider. Mon fils est dans les problèmes ». Braiseuse de poisson, elle déplore la situation alarmante dans laquelle se trouve actuellement son fils en France.
Le jeune Chouanteu Bouani Kevin, âgé d’une vingtaine d’années, a quitté le Cameroun en catimini. Sa mère croit que son fils s’est subitement lancé dans l’immigration clandestine en 2012. La raison évoquée par cette dernière : les mauvaises conditions de vie de leur famille. Depuis son évasion, le jeune homme est resté en conversation permanente avec les siens, via les réseaux sociaux et le téléphone.
Seulement, il ne leur a jamais dévoilé les vraies raisons de son départ. Joint par le journal Intégration, Chouanteu Bouani Kevin, depuis sa cachette à Paris, révèle qu’il a fui le Cameroun parce qu’il était « recherché pour homosexualité ».  Sa mère s’étonne :  « Ah bon ! Moi, je ne le savais pas ».
L’Europe, morts ou vifs
Dans une vidéo de 13 min 21 s, publiée sur Youtube le 15 février 2014, qu’il a partagé avec l’un de ses amis, on voit des corps des migrants africains noyés, récupérés par les gardes civiles au large de la côte de Ceuta en Espagne.
Dans une autre vidéo, plusieurs migrants tentent de sauter la clôture à Ceuta, mais sans succès. Une façon pour Chouanteu Bouani Kevin de montrer à ses proches et ses amis les difficultés auxquelles sont confrontés les aventuriers africains.
Aujourd’hui, il peut s’estimer heureux d’avoir bravé ses obstacles. Seulement, après toutes ses étapes, qui l’ont souvent rapproché de la mort, il aurait voulu que la France soit plus tendre avec lui. « Je suis parti du Cameroun parce que j’avais peur pour ma sécurité. J’attends que les autorités camerounaises fassent preuve de compréhension et que les autorités françaises me viennent en aide. Tout ce que je souhaite, c’est de vivre librement ma vie et avoir aussi la chance de faire mes preuves dans ce monde, au vu de mes qualités », explique Chouanteu Bouani Kevin.

Didier Ndengue


Une vie de boy

Plusieurs enfants africains sont sans toit (SDF), sans vie, sans rêve…à l’aube du 16 juin 2015.
Des lèvres noirâtres, une démarche nonchalante,…les jeunes croisés ce dimanche 10 juin 2015 au Boulevard de la Liberté à Akwa, ont presque tout en commun.
Dans le premier arrondissement de Douala, un centre commercial, les devantures des grands magasins grouillent de jeunes gens aux allures pas du tout agréables. Pour utiliser la phrase juste, « ils ressemblent à des bandits ». Dans un jargon légèrement luxueux, on les appelle « Voyous ». Ils sont la conséquence d’une jeunesse camerounaise privée de ses propres richesses. En manque de repaires, les gars vivent au jour le jour.
Les agressions et autres activités malhonnêtes sont leur passe temps favoris. Ils ont perdu tout espoir. Ils croient avoir tout perdu. Pour avoir passé une bonne période dans ces conditions, je ne partage pas cette opinion qui consiste à dire qu’on ne sortira jamais de l’ornière. Je sais de quoi je parle. Je me souviens de ces durs moments comme si c’était hier.
Je suis un boy de naissance. La rue m’a fortifié, la rue m’a rendu fort, la rue a brisé tous mes rêves,…etc. Elle ne m’a pas fait de cadeau. Plusieurs amis m’ont soutenu dans cette épreuve entre 2007 et 2009. Dieu merci, je ne suis plus dans cette merde. L’un de mes potes, « Manbout », un ami d’enfance m’a gardé chez lui pendant très longtemps.

 

Chez cet ami, j’avais environ trois heures de sommeil chaque nuit. Je dormais à 1 heure du matin, loin des yeux de ses parents. Et je devais quitter la chambre avant 5 heures. Parce que son père ou sa mère faisait la ronde. Question de savoir comment chaque enfant à passer la nuit, avant de partir au boulot. C’était dur, dur, tellement dur que je somnolais tous les jours dans les rues de la capitale économique camerounaise.
Mais j’étais déjà dans la peau d’un boy. Et mon quotidien consistait à tacler tous les gosses des riches. « Des muna tété », comme on les appelle ici. Dans cette situation de détresse, les maladies me rongeaient sans arrêt. Il n’y avait personne pour me venir en aide. J’étais devenu la risée d’une famille qui avait pourtant les moyens pour m’offrir une vie de rêve. Aucun de mes proches ne réalisait que je pensais une période difficile et que j’avais besoin de leur soutien. La puberté. Je devenais un homme. Au lieu de la famille, la rue m’a ouvert ses bras. Ici, je fume, je vole, …etc. J’ai frôlé la mort maintes fois. J’ai échappé aux vindictes populaires plusieurs fois. Et aucun membre de ma famille n’était au courant. D’ailleurs, pour eux, j’étais un mec à abattre.
Cette vie de boy m’a obligé à kiffer « One Love » de Bob Marley. Quand j’écoutais cette légende de la musique, avec un joint et un sachet de whisky, je me sentais sur le toit du monde. Je me ravitaillais gratuitement dans des boutiques de mon secteur. Les centres d’accueil ne me supportaient pas. Le ministère des affaires sociales m’ignorait comme quand on ignore un sidéen. Même chez mon bienfaiteur, j’ai été chassé comme un malpropre.
Ma vie ne valait plus la peine. L’abréger me soulagerait certainement. En même temps, je rêve d’aller en Europe par route comme certains de mes compagnons. Aujourd’hui, mes points de rencontre sont : salles de jeux , et autres jeux illégaux. Même ici, je ne trouve pas le bonheur.

Le 16 juin 2015, la communauté internationale commémora la Journée Mondiale de l’Enfant Africain. A l’aube de cette date, les jeunes africains meurent en tentant de rejoindre l’Europe par route. Dans leurs pays respectifs, les conditions ne s’améliorent toujours pas. D’aucuns vivent avec moins de 500 FCFA par jour. Ils rêvent de manger équilibré, d’étudier, de travailler, de construire leur avenir, de se marier et de fonder une famille heureuse. Curieusement et malheureusement, ils sont pris en otage par la drogue, l’alcoolisme, entre autres phénomènes que les dirigeants de leurs pays autorisent la commercialisation pour se faire les poches.
A tous les dirigeants africains, à la communauté internationale, apportez une aide CONCRÈTE à la jeuneuse africaine avant qu’elle n’explose.

D.N.


Zone Cémac : Sans les xénophobes, 96% de personnes circulent librement

La communauté des peuples prônée par le président de la Commission de la Cémac, Pierre Moussa, est en marche sans le Gabon et la Guinée Equatoriale.
Ils ont cru qu’on ne pouvait pas aller d’un bout à l’autre de la communauté sans eux. Parce qu’ils se disent riches. Mais aujourd’hui, ils sont déçus. En plus, le Gabon et la Guinée Equatoriale oublient qu’ils sont les plus minoritaires de notre communauté. Sur 45 millions d’habitants que regorgent les six pays qui constituent la Cémac, 42,5 de personnes circulent librement sans visa. C’est une première qu’on n’a jamais mis en exergue. Avec les autres experts de la libre circulation des personnes et des biens, on a toujours insisté sur le cas du Gabon et de la Guinée Equatoriale qui refusent catégoriquement d’ouvrir leurs frontières sous prétexte que nous, autres citoyens de l’espace Cémac, allons envahir leurs territoires et nous emparer de leurs biens. Ailleurs, prenons le cas simple de la zone Euro, certaines puissances n’appartiennent pas à la Commission de l’Union européenne et pourtant, l’UE se porte très bien. On avait également suggéré la même chose pour notre communauté et beaucoup de gens ont toujours pensé qu’on ne pouvait pas s’en sortir sans les deux capricieux qui plombent notre zone. Certes deux pays sur six font encore la sourde oreille face à l’idéal communautaire, mais les derniers indices démontrent que le Gabon et la Guinée Equatoriale finiront par ouvrir leurs frontières aux autres ressortissants de la sous-région Afrique centrale. « C’est juste une question de temps », selon un expert du Département du marché commun de l’institution communautaire que j’ai rencontré en avril dernier dans le cadre de ma curiosité.


Vers des meilleurs sentiments
La libre circulation des personnes et des biens est le rêve de toute la zone Cémac. Elle devait être effective depuis le 1er janvier 2014. Mais comme chez nous, on applique les résolutions selon les humeurs des barons, on piétine encore sur place. N’en déplaise aux jaloux. Mais récemment, une information m’est parvenue. Quelqu’un proche de ce dossier, m’a soufflé à l’oreille que « les deux pays qui font preuve d’une xénophobie incroyable, dans le cas spécifique de la Guinée Equatoriale, ont déjà accepté d’accorder la libre circulation aux fonctionnaires de la zone détenteurs des passeports diplomatique ou de service ». Il reste donc à vérifier si cette acceptation est effective sur le terrain. A la Commission de la Cémac, on apprend que le dossier sera inscrit à l’ordre du jour, lors du Sommet des chefs d’Etat qui se tient du 05 au 06 mai prochain à Libreville au Gabon. En attendant cette grande messe des décideurs, tout en espérant que personne ne boudera la réunion, trois pays de l’espace sont autorisés à produire trois types de passeports Cémac (diplomatique, service et ordinaire). Il s’agit du Cameroun, du Congo et de la République centrafricaine (RCA).


La Cémac des peuples
Attaquée de toutes parts par les forces du mal, et l’épineux problème d’infrastructures routières devant relier les différents pays, la zone Cémac tient toujours à son intégration. Elle prône l’union. Et avec les moyens à sa disposition, la Commission de la Cémac, pilotée par Pierre Moussa, initie des concepts pour rapprocher les populations. Je vous citerai très brièvement les journées de la Cémac, la coupe de la Cémac, entre autres. En février 2014, à Libreville, le Conseil des ministres avait évalué le niveau d’avancement de la libre circulation des personnes. Il en ressort que sur 45 millions d’âmes que regorge la communauté, 42, 5 millions circulent librement, soit 96% de la population, sans le Gabon et la Guinée Equatoriale. Quoi qu’il en soit, je crois que les deux nations céderont d’ici peu, sans trop de pression.

Didier Ndengue

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« Tu as déjà vu un Chinois tirer un joint ? »

Cette question m’a été posée hier par mon ami Eldy, alors que nous nous rendions à « Macacobeach », un coin très chic du quartier Youpwè, dans le deuxième arrondissement.

Non, Eldy, je n’ai jamais croisé un Chinois fumer, pas même la cigarette. A part dans des films. Ces gars font tellement sérieux, on dirait des anges et pourtant… Mon week-end était un tout petit peu particulier avec mon poto d’enfance, Eldy. Nous nous sommes rendus au bord de la mer à côté des camps des pêcheurs chinois.

En chemin, Eldy m’a informé qu’il y a des Chinois accros au cannabis qui travaillent de ce côté. A l’instant, je n’ai pas cru à ce qu’il me racontait.

Mais sur place, j’ai vu ces pêcheurs chinois qui tuent souvent les poissons de Youpwè à l’aide de pesticides,

Un vieux chinois en action,hein!
Un vieux chinois en action,hein!

en train de se régaler avec les stupéfiants. J’étais vraiment très loin d’eux. Mais, je crois avoir bien vu que ces gars se régalaient avec la fumée dans l’air. En tout cas moi quoi là-dedans. Je me suis amusé comme un gosse, avant de rentrer chez moi.

D.N.


Je ne suis pas androïd, et puis quoi ?

Dans mon bercail, ceux qui ne sont pas à la mode sont considérés comme des « moutons » de la nouvelle génération.

Tu es un ancien modèle ? Sache donc que ta place n’est pas ici. Parce qu’ici, dans notre milieu, on utilise les dernières générations. Nos téléphones ont tous des cameras, télévisions, radios, Internet haut débit, et pleins d’autres systèmes d’exploitation en vogue. En réalité, j’ai constaté que ces options sont également des systèmes d’espionnage.
Dans mon bercail, ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter les nouvelles sorties (appareils, habits,…) disent « et puis quoi ? ». Les nanas, quant à elles, sont également en mode fashion. Il les suffit de se mettre en valeur en laissant leurs poitrines à moitié nues, parfois sans soutien-gorge. Ce sont les collants que vous voulez voir ? Elles en ont « à gogo » et de toutes les couleurs. Les mecs ne gèrent pas les meufs qui s’habillent en pagne. Même les filles musulmanes font l’effort de se mettre en valeur. Elles ont des tenues franchement sexy. C’est ça être « androïde« .

Nous sommes jeunes et fashion, soyez comme nous
Nous sommes jeunes et fashion, soyez comme nous

Vieille école forever
Mais depuis que ma machine « desk top » m’a lâché, il y a quelques jours, je ne consomme plus cette thèse. Parce que mon téléphone portable, androïd au carré, soit-il, ne me sert presque à rien. Je ne parviens même pas à rédiger un bon billet pour mes lecteurs avec ce machin. En tout cas, je préfère mieux avoir mon ordinateur à la piaule que d’avoir un truc qui bluffe seulement.

Comme elle, j'aime mon laptop
Comme elle, j’aime mon laptop

C’est un peu comme la musique. Sincèrement, je ne kiffe pas la nouvelle génération de musiciens, bien que je sois moi aussi jeune que ces artistes. Certaines personnes disent que je suis borné sur la vieille école, et puis quoi ? C’est cette vieille école qui m’a bercé depuis mon jeune âge. C’est encore elle qui m’a fait rêver. C’est vrai qu’il faut souvent tourner la page. Mais en décidant de tourner la page, il faut s’assurer que la nouvelle sera plus meilleure que celle qu’on veut totalement détruire. Et puis, la vie ne nous  apprend elle pas que tout ce qu’on remet en vogue aujourd’hui n’existait-il pas déjà? Donc, en attendant la réparation de mes desk et lap top, je surfe à côté.

D.N.