L’ultime bataille des bébés camerounais

Article : L’ultime bataille des bébés camerounais
17 novembre 2016

L’ultime bataille des bébés camerounais

Un jour un ange est né. Je l’ai serré très fort dans mes bras. En le voyant sourire, j’ai craqué de joie. Et dire que sa mère voulait qu’il finisse au fond d’une poubelle, un peu comme ces immigrées camerounaises enceintes qui trépassent au bord de la Méditerranée.  

Akaba Clémentine cache sa grossesse sous un « Kabba ». Parce qu’elle ne veut pas être la risée de sa famille. Sa mère lui conseille de se débarrasser du fœtus. Mais Akaba refuse. Elle craint pour sa vie. Après neuf mois, elle mit au monde un p’tit ange, qui sourit au sortir de ses entrailles. Il a poussé un cri et m’a redonné le sourire. Je n’en crois pas mes yeux. Une femme a mis au monde un homme. Quel miracle !

"Bébé camerounais veut vivre"
« Bébé camerounais veut vivre »

Bébé, je ne te garderai pas

Elle attend que la sage-femme rentre. Elle est toute seule avec son bébé. Elle ne sait quoi en faire. Subitement, des mauvaises idées montent dans sa tête. Elle porte le p’tit ange. Inoffensif, le bébé fait un clin d’œil à sa génitrice, sans savoir ce qu’elle pense de lui. « Maman, je t’aime. Je te remercie de m’avoir donné la vie », semble-t-il dire à travers son petit sourire.

Mais elle n’écoute pas son cœur. Elle reste droite dans ses bottes. Elle emballe le nouveau-né dans un linge bien propre avant d’aller le mettre dans une poubelle qui se trouve non loin de l’hôpital. Elle prend ensuite la clé des champs avant d’être rattrapée quelques jours plus tard par la police. Elle a été dénoncée par une passante qui a pu sauver le p’tit ange retrouvé au fond d’une poubelle.

Avortement

Dorothée Essomba est avec lui toutes les nuits. Ils entretiennent des rapports sexuels tout le temps. Ils se disent amoureux l’un de l’autre. Comme dans une série brésilienne, c’est bon, sucré, au point où ils ne veulent plus se séparer. Ils sont aux astres. Ils se font confiance au point de ne pas utiliser les préservatifs. Quelques semaines plus tard, elle lui annonce qu’elle est enceinte. Son amoureux qui lui promettait la lune il y a à peine un mois, change de visage. Furieux, il lui dit qu’il n’est pas prêt à avoir un enfant, avant de lui cracher au visage : « Tu es sûre qu’elle est de moi, cette grossesse, parce que vous les jeunes filles de maintenant, vous êtes trop fortes?».

"Bébé je t'aime"
« Bébé je t’aime »

Comme pour dire qu’il n’est pas le seul à passer sur elle. Effectivement, la jeune fille de 19 ans jongle avec trois mecs à la fois. Elle se prend pour une bombe latine. Conséquence : elle ne sait de qui est cette grossesse. L’avortement est la seule solution à laquelle elle pense. Elle consulte alors un marabout avec l’aide de ses amies. Pour l’aider à évacuer le fœtus, le marabout lui propose un produit qui va emporter, non seulement le fœtus, mais la jeune fille également.

Dernier soupir après la Méditerranée

Elle a réalisé le rêve de beaucoup de jeunes africains des pays en crise. Entrer en Italie, après avoir bravé la mer. Oui, Carole, la Camerounaise a réussi ! Une victoire qu’elle compte célébrer avec ses potes après son accouchement, car elle est enceinte de neuf mois. Son enfant aura la nationalité italienne tant souhaitée par la future maman. Mais, les nouvelles qui proviennent de la salle d’accouchement ne rassurent pas. Les infirmiers font une drôle de tête. Carole, 23 ans et son bébé n’ont pas pu résister au froid de la mer. Ils ont trépassé. Le chapitre de la vie de l’immigrée camerounaise s’est refermé. Ses parents ont appris la triste nouvelle à travers les réseaux sociaux. Carole et son bébé seraient encore des nôtres aujourd’hui si les dirigeants camerounais amélioraient réellement nos conditions de vie. Triste, très triste…après #34ans de règne de Paul Biya.

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Commentaires

ghide
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Vivement que Notre gouvernement entendent les cris du peuple. Tout à fait vraie Didier. Nous sommes perdus. Et, on ne peut compter que sur nous mêmes. En 34 ans, on a l’impression de n'avoir rien fait. Les gens sont de plus en plus dans le besoin. Et aucune disposition fiable n'est prise. AU non de nos enfants. Agissons enemble