INTÉGRATION AFRICAINE : Plaidoyer pour la libre circulation des personnes et biens

Article : INTÉGRATION AFRICAINE : Plaidoyer pour la libre circulation des personnes et biens
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18 octobre 2014

INTÉGRATION AFRICAINE : Plaidoyer pour la libre circulation des personnes et biens

Les opérateurs économiques de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac) et de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) appellent à l’ouverture des frontières pour le développement économique et l’émergence de l’Afrique.

Le Camerounais Dieudonné Tietse, comme plusieurs autres opérateurs économiques africains, rencontre toujours d’énormes difficultés de transfert d’argent pour faire tourner ses affaires: «De l’autre côté de l’Afrique del’Ouest, je ne peux pas transférer del’argent d’Abidjan pour le Cameroun.Il devient impossible de changer leFranc CFA d’Afrique de l’Ouest enFranc CFA d’Afrique centrale». De même, pour se déplacer à travers le continent pour signer des contrats de travail pour son entreprise, il fait tout le temps face aux procédures d’obtention du visa devenues de plus en plus complexes et difficiles. «Pour se rendreau Gabon, il faut une lettre d’invitationsignée dans une mairie, avoir uneréservation d’hôtel au Gabon, un certainnombre de papiers médicaux, le relevéde compte bancaire et d’autres papiersencore… Tout ça rend les chosescompliquées» s’indigne le Camerounais qui, sans cesse, se révolte au sujet de «l’intégration sous régionaleafricaine» qui reste encore dans les grandes théories des langages des hommes politiques et dirigeants africains. Patron de la société Paness implantée à Abidjan et à Libreville, spécialisée dans la formation, conseil et informatique, Dieudonné Tietse voit ses activités en constante régression au fur et à mesure que les jours passent. Son rêve d’élargir ses activités en Afrique et de transmettre son expertise à d’autres Africains est donc voué à l’échec. Et également, depuis un certain temps, Dieudonné Tietse broie du noir. A l’origine de ses difficultés, la libre circulation des biens et des personnes qui n’est pas totalement effective dans les différentes sous‐régions d’Afrique. Ceci constitue un frein au développement et à l’émergence de l’Afrique. «Pour qu’uneéconomie fonctionne et s’intègre correctement,il faut que les hommes circulent,et il faut que l’argent circuleaussi. Et pour que l’argent circule, ilfaut que les gens n’aient pas d’obstaclesliés aux échanges, aux droits de transfert, à la limitation du volume du montant à circuler», renchérit- il.

Entre manque de volonté et lenteur des procédures

 Régis Loussou Kiki, secrétaire général de la Confédération patronale gabonaise, apprend que le débat pour une monnaie unique en Afrique centrale et de l’Ouest est sur la table des experts économiques. En Côte d’Ivoire, on pense que ce problème de monnaie unique, bien que relevant du domaine économique, est d’abord politique. Selon un observateur, la mauvaise foi des autorités compétentes ou alors la lenteur des procédures y relatives sont à l’origine de ce malaise économique qui commence déjà à secouer les deux régions. «Sur le plan économique pur, permettezmoi l’expression, c’est une absurdité d’avoir une monnaie en zone Cemac et d’en avoir une autre en zone UEMOA. La vérité est qu’on devrait avoir la même monnaie. D’ailleurs,ce sont les mêmes billets, à part les couleurs qui changent. Derrière tout ça, il y a une question de volonté politique.Pour l’instant, il n’y en apas», s’indigne Bernard N’doumi, Vice‐président de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI). Pour certains patrons africains en conclave la semaine dernière dans la capitale économique camerounaise, les deux monnaies, pourtant rattachées à l’Euro, devraient librement circuler sans conditions. «En réalité,vous ne pouvez pas avoir une intégration véritable et un développement harmonieux et solide entre l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest si la question de la monnaie n’est pas réglée », conclut un leader d’une organisation patronale d’Afrique de l’Ouest. La crise économique n’étant plus d’actualité aujourd’hui, il est donc important d’envisager revenir à la case de départ et que les banques fonctionnent de manière harmonieuse pour qu’on ait une seule monnaie, pense M. Bernard N’doumi. «Ça devrait permettre aux deux zones économiques qui sont toutes engagées dans les APE, d’être véritablement solides et d’engager cette évolution vers la croissance de façon durable et de façon soutenue»,conclut Dieudonné Tietse.

Didier Ndengue

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