Une « Silicon Valley » camerounaise est possible

Nos dirigeants déplorent avec raison la publication des informations « top secrets » et des « secrets défense » sur la toile, mais ils oublient qu’ils ne mettent pas en place des outils appropriés pour encadrer ces « déstabilisateurs ». 

Un cybercriminel. CC: Pixabay

Dans une République comme la nôtre, les dirigeants ont tort de toujours s’ériger en pères fouettards quand ça les arrangent. Nous sommes tous soucieux du bien-être de notre pays le Cameroun. Et chacun fait ce qu’il peut à son niveau pour avoir des meilleures conditions de vie. De même que vous pensez que nos actions peignent le Cameroun en noir, de même j’ai l’impression que vous n’avez aucune volonté ou alors aucun intérêt à nous aider à promouvoir le label Cameroun. Je m’explique.

Je crois que gouverner, c’est aussi encadrer ses populations dans tous les domaines d’activités. Les internautes camerounais ne vous demandent rien d’autre que de la considération. Quand on vante vos activités sur les réseaux sociaux, nous sommes considérés des bons citoyens, mais quand on dénonce ou quand on vous dit les pensées de nos cœurs, vous parlez de déviance ou de la « côte d’alerte » qui a été atteinte. Mais non, arrêtez ça ! Que voulez-vous qu’on dise sur les réseaux sociaux quand vous n’avez pas de site Internet pour donner la bonne information à ceux qui vous ont permis d’être aux affaires ? Quand vous ne donnez la bonne information qu’à « Cameroon Tribune » et à la « CRTV » parce qu’ils roulent en votre faveur ?

Soyez au moins ouverts et moins fâchés et on ne vous décoiffera plus sur les réseaux sociaux. Sérieux, c’est normal que tout un ministère de la Communication n’ait pas de site Internet pour communiquer en temps réel sur les activités du gouvernement ? Nous savons pourtant tous que la nature a horreur du vide. Alors les internautes comblent le vide à leur manière.

Donc, si vous n’encadrez pas vos cerveaux, ils feront ce qu’ils veulent. Mais rassurez-vous, ils ne vous serviront pas avec le cœur. S’ils sont forcés, ils ne produiront pas une fondation solide.

De toutes les façons, moi personnellement, je ne servirai pas une personne qui ne cherche qu’à me clouer, au lieu de me donner les armes nécessaires pour combattre les fléaux qui nuisent à mon secteur d’activité. En fait, je raconte ce blabla juste pour exhorter les autorités camerounaises à encadrer leurs internautes, qu’ils qualifient de criminels.

Exploitez vos génies, ne les tuez pas

Quand la galère nous tient au cou, il faut bien trouver un moyen de se distraire. Encore que nos patrons nous paient en monnaie de singe, sans que ça ne gêne personne.

Pour revenir à nos moutons, si votre parent ne vous montre pas la bonne voie (sur les réseaux sociaux), vous ferez forcément ce qui vous semble bon. Et ce parent n’aura aucune raison de vous blâmer parce qu’il n’a pas joué son rôle en montrant le bon chemin. C’est à méditer.

Est-ce que nos dirigeants ignorent qu’on regorge de cerveaux magiques que beaucoup de pays africains envient ? On a des jeunes qui font des merveilles sans avoir fait des grandes études. Je vous invite par exemple à faire un tour du coté de l’Avenue Kennedy à Yaoundé, ou à l’Ancien 3e à Douala pour voir ce qu’ils sont capables de faire avec les appareils électroniques.

Ces jeunes camerounais sont capables de te dépecer tout genre d’appareil pour lui redonner une nouvelle forme ou une nouvelle orientation, juste avec leurs mains. Pareil pour les ordinateurs portables et jeux vidéo. Ils t’installent la connexion internet en quelques minutes seulement. Les gars manipulent les fichiers virtuels comme s’ils prenaient le petit déjeuner. Faites aussi un tour à Buea et vous verrez que le génie est dans l’air au Cameroun, mais malheureusement il est peu, mal ou pas du tout exploité à sa juste valeur.

Voilà des cerveaux qu’on devrait utiliser pour faire avancer notre économie. On veut du concret. On en a marre du système francophone qui met tout sur les diplômes universitaires ou qui n’évolue qu’en réseau. On a besoin des gens qui osent avec les moyens de bord et non des gens qui réfléchissent pendant des décennies sans trouver de solution, alors qu’elle est à leur portée dans les coins cités supra.

J’invite donc le gouvernement à mettre en place un cadre approprié pour permettre à ces jeunes gens de bâtir une Silicon Valley camerounaise. Parce qu’ils en sont capables et dignes.

Les cybercriminels sont vos proches collaborateurs

Pour revenir aux documents « top secrets » qui se retrouvent sur les réseaux sociaux, il faut d’abord savoir que je condamne moi aussi cette façon de faire. Quand j’ai vu la note confidentielle du ministre de l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji recommandant aux sous-préfets, préfets et gouverneurs de régions de lui faire des rapports quotidiens sur la situation sécuritaire dans leurs contrées, se retrouver sur la toile il y a quelques semaines, j’ai seulement dit que ce pays est foutu.

La publication des informations confidentielles sur la toile nous livre à nos ennemis. Mais je crois que ces fuites sont orchestrées par les collaborateurs directs de nos ministres. Les « cybercriminels » eux, repartagent jusque ce qu’ils trouvent dans les forums Facebook, WhatsApp, etc. Donc, l’idéal serait de sensibiliser vos proches collaborateurs et mettre des vidéos de surveillance un peu de partout pour traquer ceux qui s’amusent avec les secrets de la République.

Quant aux utilisateurs des réseaux sociaux que vous pointez du doigt, ils sont juste des victimes «naïves» et « passives ».

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