Aïssa m’a laissé un arrière goût amer

C’est vrai que c’est sa première expérience, mais je crois qu’elle pouvait mieux faire. Cependant, je reconnais que cette série a coloré ma soirée de samedi.

C’est vrai que c’est sa première expérience, mais je crois qu’elle pouvait mieux faire. Cependant, je reconnais que cette série a coloré ma soirée de samedi.
L’affiche de la nouvelle série qui sera diffusée sur A+. CC: Canal+ Cameroun

Dans la salle de cinéma de CanalOlympia à Douala, la série commence tout doucement. Beaucoup de couleurs l’embellissent. Nous sommes dans l’épisode « L’anniversaire ». J’adore quand l’actrice principale « Aïssa » ouvre le bal avec une chanson. Elle met toute la salle en confiance grâce à cette séquence. J’espère que la suite de la série sera aussi belle. Je voudrais tellement qu’elle m’emporte au-delà de mes imaginations. J’ai hâte de découvrir ce que ces jeunes talents africains ont dans le ventre.

Ce soir, tout se déroule bien jusqu’au moment où mes deux voisins de chaise décident de quitter la salle de projection avant même la 15e minute du premier épisode. Ça, ce n’est pas bon signe. En tout cas moi, je suis encore là. J’ai tout regardé jusqu’au deuxième épisode « Les résultats ». Deux personnages m’ont donné envie de regarder cette série. Il s’agit premièrement du jeune homme qui refuse d’aller regarder les résultats de l’examen et du monsieur en lunette (Moustik) qui joue au piano. Ce sont mes préférés dans cette série. Les autres,  je dirai qu’ils se sont débrouillés pour donner vie à cette série musicale qui ose et le résultat, bien que n’étant pas parfait, mérite mes encouragements.

Je m’attendais à un cocktail

Pour une série africaine, j’aurais aimé que les acteurs soient plus naturels. Qu’ils valorisent ce qui vient de leurs entrailles, en incarnant la culture africaine. Pas celle de l’Europe qui tend à nous éloigner de nos valeurs. Malheureusement et c’est regrettable de constater que la série Aïssa encourage ce déracinement de nos peuples. Sinon comment comprendre que dans une série qui se veut purement africaine, on retrouve des jeunes filles et leurs parents dans des styles vestimentaires occidentaux ? Leurs minirobes, vestes, jeans et consorts pouvaient pourtant être remplacés par des Kaba, Boubous, foulards, etc. pour sauvegarder ce qui nous reste encore.

Comme dans les Bobodioufs, j’aurai également souhaité voir les acteurs utiliser des petites phrases dans leurs langues locales. Hors dans cette série, seul le Français est mis en valeur. Il arrive même parfois à l’actrice principale Aïssa de chanter en anglais. Et pourtant, elle peut aussi composer des chansons dans sa langue et conquérir des fans.

Dans cette même veine, j’ai constaté que les acteurs n’ont pas été bien préparés. Non seulement, il y a des incohérences dans leurs prestations, mais la majorité manque de personnalité.

C’est vrai que c’est sa première expérience, mais je crois qu’elle pouvait mieux faire. Cependant, je reconnais que cette série a coloré ma soirée de samedi.
J’étais de la partie. CC: FWB

L’esthétique des jeunes filles jouant dans cette série n’est pas à mon goût. Je n’aime pas des meufs en tresses avec mèches multicolore, j’ai également horreur des greffes. Je suis de ceux qui croient que nos cheveux crépus et des nattes sur les têtes de nos sœurs sont les meilleures coiffures qui puissent exister au monde. Surement que cela n’a pas de valeur aux yeux des réalisateurs de cette série, encore moins notre précieux teint chocolat, car dans les deux épisodes que j’ai regardés, je suis confus, je ne sais qui est noir ou métisse. J’ai même l’impression que l’actrice principale, Aïssa fait « le djansang », c’est-à-dire qu’elle se décape. Quelle leçon pour les jeunes qui vont regarder cette série à partir du 4 mars prochain sur A+ ? Je peux peut-être me tromper, comme tout être humain, mais si l’actrice principale se décape, alors je crois que cette série est à refaire.

« Hannah Montana africaine, yes we can »

Si cette série était à retourner, je proposerai que les mêmes acteurs soient de la partie. Qu’ils bûchent bien leurs scènes et paroles et soient plus relaxes et naturels pendant le jeu. Ils n’ont pas besoin de regarder les cameras pendant le tournage, comme je l’ai constaté dans certaines scènes. On peut mieux faire et damner le pion à Hannah Montana, en y mettant juste beaucoup d’africanité, sans toutefois s’éloigner du modernisme.

200 millions de FCFA

A la fin de la projection en avant-première le 17 février 2018, Kodjo Houngbeme, le producteur de cette série qui sera diffusée sur les antennes d’A+ à 19h, à partir du 4 mars prochain, m’a dit qu’il est satisfait de cette première expérience de ces jeunes talents africains. De lui, j’apprends que près de 200 millions de FCFA ont été misés sur ce projet. Les acteurs eux, n’ont eu que deux mois pour se mettre dans la peau des personnages. Même s’il se dit content de ce premier résultat, M. Kodjo compte améliorer le jeu dans la deuxième saison d’Aïssa, qui aura surement un goût plus sucré.

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