Afrique : les colons et les esclavagistes doivent rendre gorge

On leur avait rien demandé, mais ils se sont invités chez nous avec des armes à la main. Ils ont massacré, avec la complicité de certains frères. Ils nous ont dépouillés de nos richesses. Aujourd’hui, on réfléchit et marche à leur rythme. En tant que descendant d’esclave, j’exige réparation.

J’ai pleuré en visitant Bimbia au Cameroun. J’ai coulé toutes les larmes de mes yeux en rentrant de l’Ile de Gorée au Sénégal. Il faut avoir un fer à la place du cœur pour rester insensible face aux restes de la traite négrière.

Je n’oublierai jamais ce chemin de non-retour. Ces chaînes qui retenaient nos frères et sœurs captifs et leur empêchaient de marcher librement comme toi et moi aujourd’hui. Je me souviens de ces minuscules cellules où ils étaient gardés enchainés, comme des singes jusqu’à leur dernier souffle. Ces femmes qu’on transformait en objets sexuels. Celles qu’ils engrossaient de force pour engendrer des bébés métisses. Au fait, qui avait même eu cette merveilleuse idée ? Maltraiter l’autre parce qu’il a une couleur noire en oubliant que la nôtre est pâle?

Une esclave pendue. CC: Wikimedia
Ils ont résisté, ils ont été tués

Je ne le pardonnerai jamais. Tout comme je ne pardonnerai jamais le massacre de ceux qui ont voulu hausser la tête pour dire leur ras-le-bol. Ils ont abattu nos martyrs en public, parce qu’ils s’opposaient à leurs idées maléfiques. Ils ont coupé les têtes de certains, ils ont jeté les corps d’autres dans des fosses communes. Nos ancêtres ne méritaient pas ce traitement. Ils voulaient juste vivre en paix avec leurs familles, voir leurs enfants et petits enfants grandir. Ils avaient le droit de défendre leur territoire comme tous les hommes normaux le feraient.

Mais les colons ont tout fait pour cogner les têtes de mes frères. Ils les ont divisés pour mieux régner, comme c’est toujours le cas actuellement. Aujourd’hui, leur intérêt est économique.

Ils ont massacré Martin Paul Samba, Rudolph Um Nyobe, Duala Manga Bell, etc. Nos vieux ne pouvaient rien contre eux, car ils étaient lourdement armés (ils n’ont quand même pas utilisé les armes pour convaincre certains de nos frères de nous trahir). Un peu comme ces rebelles qu’ils arment aujourd’hui pour détruire nos pays et exploiter par exemple le sous-sol et les forêts centrafricains entre autres sans être inquiétés. Ils sont en plus les premiers à nous insulter sur leurs medias. Ils se réjouissent de notre extrême pauvreté, alors qu’ils en sont à l’ origine.

Je disais tantôt qu’après plus de quatre siècles de traite négriere et plus d’un siècle de colonisation, rien n’a véritablement changé dans le fond sur le continent noir. Ils ont tout fait pour effacer notre histoire. Dans les manuels imposés dans nos écoles, ils réécrivent l’histoire à leur avantage et nous obligent à tout reprendre à zéro. Aujourd’hui, nous sommes surpris par l’évolution du monde, comme si nous sommes nés hier.

Ils ont tout fait pour nous laisser croire que nous sommes des singes et descendants de singes. Ils ont tout faire pour effacer nos mémoires et nous inculquer leurs cultures qui n’a ni tête, ni queue. Plusieurs de nos souvenirs ancestraux sont soigneusement gardés dans leurs musées en Allemagne ou en France. Ils se sont partagé nos biens.

Bimbia au Cameroun. CC: Wikimedia
Toujours esclave des colons

Ils nous formatent tous les jours et font le nécessaire pour nous maintenir dans la précarité, avec la complicité de ceux qui nous servent de chefs d’Etat. Parce que la colonisation et l’esclavage sous toutes leurs formes est un crime contre l’humanité, ses auteurs doivent rendre gorge. Si les juridictions internationales sont vraiment impartiales, si elles roulent vraiment pour la vérité et rien que pour la vérité, elles doivent ouvrir le dossier sur la colonisation et sur la traite négrière.

L’Afrique a droit au bonheur. Elle a droit au respect. La prolifération des armes et des virus sur le continent pour exterminer notre race doit s’arrêter. L’Afrique n’est pas un champ de bataille, encore moins un territoire où n’importe qui peut venir tester ses vaccins sur ses nobles citoyens.

Les accords signés entre les colons et nos pays au lendemain des « indépendances » doivent être brulés, parce qu’on n’est pas indépendant.

Ile de Gorée. CC: Wikimedia

Je refuse qu’un africain continue de croire qu’il est un sous-homme. Peut importe nos couleurs de peau, nous sommes tous égaux. Et on doit le graver dans nos mémoires une fois pour toute. Parce que je crois que l’esclavage des Noirs, moderne soit-elle, est également un crime contre l’humanité, je porte plainte devant la Cour Pénale Internationale contre nos bourreaux.

Si cette plainte n’aboutit pas et dépend de la bonne ou mauvaise volonté des hommes qui doivent nous défendre, alors je sais que la justice divine elle se chargera de rétablir l’ordre.

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