MercyShips doit soigner nos gouvernants du mensonge

Ils disent qu’on a des hôpitaux et des écoles de formation de référence, mais ils prouvent le contraire en faisant appel à  l’expertise étrangère pour nous bluffer. 

Je rêve d’une seule semaine sans plainte. Sans me courber sur le clavier de mon ordinateur pour rédiger un article sans craindre. Sans craindre les répercutions d’un billet qui dénonce les tares d’un gouvernement en crise de stratégies. J’espère que cela sera possible dans cette République des crevettes. Si si, je crois que ce rêve peut se réaliser si et seulement si on soigne ceux qui nous gouvernent.

Ils savent qu’ils ont échoué, mais nous laissent croire que tout baigne. Si tout baignait en réalité, MercyShips ne devait pas se baigner sur le fleuve Wouri.
Non, le navire hôpital devait naviguer jusqu’à atteindre les côtes des pays plus pourris. Donc s’il séjourne sur les larges des côtes camerounaises depuis le 16 août 2017, cela signifie que notre médecine est en crise et doit être opérée par les spécialistes de ce bateau. Pas seulement elle, mais aussi tous les hommes du régime de Yaoundé, visiblement en crise d’intelligence. J’ai encore bien compris leur faiblesse la semaine dernière, en restant connecter sur une chaîne de radio chrétienne.

Le bateau de l’espoir en séjour au Cameroun. CC: Wikimedia

Celle-ci chantait aisément les louanges du MercyShips comme une païenne. C’est-à-dire que ses animateurs pompaient les communiqués relatifs à ce navire hôpital qui recherche encore quelques patients pour faire soigner. On m’avait pourtant dit que l’ enregistrement des patients était déjà clôturé. Une jeune femme à la maison du parti de Bonanjo m’avait dit que seuls les patients enregistrés entre les mois d’avril et mai 2017 seront pris en charge. Donc sur une liste de 12000 au départ, seuls 4500 patients ont été retenus pour bénéficier de la largesse du couple présidentiel camerounais, qui a sollicité le bateau.
Les personnes atteintes de malformation sont donc soignées gratuitement par l’Organisation non gouvernementale Britannique. Si la liste des malades avait donc été arrêtée, je me demande pourquoi les responsables en charge de cette opération font passer des communiqués radio dans lesquels ils disent qu’ils recherchent encore des patients dans le cadre du MercyShips?

Cette façon de faire me laisse croire qu’une liste n’avait pas été établie plusieurs semaines avant l’arrivée du bateau de l’espoir.

Même dans les yeux de la jeune femme rencontrée dans l’enceinte de la maison du parti de Bonanjo, où les patients se regroupent pour le site des opérations, j’ai lu l’échec de ce mode opératoire, que je trouve archaïque et ne conduit pas directement les patients dans les salles d’opération.

Calvaire des patients et mensonges 

Ce jour là, j’étais là, sous un soleil mortel. J’ai aperçu un vieil homme, tout fatigué, venu aux sources. Il s’est assis sur un petit tabouret. Un tas de bois posé juste à coté de la jeune femme brune, donc je parlais plus haut. Nous sommes au cœur du quartier administratif, l’un des plus beaux de la métropole économique camerounaise.

« J’ai une malade qui s’est faite enregistrer dans le cadre du MercyShips. Jusqu’à présent, on ne connait pas les modalités. Dites moi, comment ça se passe s’il vous plait », lance le vieil homme. Après quelques secondes d’excitation, la femme rassure que sa malade, qui vit dans la ville de Douala, sera soignée sans faute, comme tous les autres retenus, mais pas « maintenant, car les premiers patients que nous prenons en charge, sont ceux qui viennent des régions lointaines », explique la dame, qui en profitera pour reprendre les informations sur la patiente en question.

Dans un bloc opératoire. CC: Wikipédia

Tous ceux qui se rendent à la maison du parti, reçoivent les mêmes informations avant de laisser leurs coordonnées. « On contacte ceux qui se sont déjà fait enregistrer aux mois d’avril et mai. Le moment venu, on vous communiquera les modalités d’accès sur le site de prise en charge », répète la jeune dame à tous ceux qui se rapprochent du lieu du rassemblement. Notre interlocutrice ajoute que les patients dont les noms figurent dans la liste des 4500, ne doivent pas s’inquiéter.

Avant d’être opérés, les malades sont internés dans les hôpitaux de la ville  ciblés pour la circonstance. Il s’agit de l’hôpital Laquintinie, de l’hôpital gynico-obstétrique et pédiatrique de Yassa, et des hôpitaux du district de santé de Logbaba et de Nylon. Ces institutions sanitaires ont aménagé des sites appropriés pour accueillir les patients. Je me souviens pourtant que le ministre de la santé publique, André Mama Fouda, a toujours considéré ces centres de santé comme des hôpitaux de référence.

S’ils le sont vraiment, pourquoi donc faire recours à une Ong pour soigner les populations, alors qu’on a des hôpitaux qui ont des plateaux techniques appropriés où les malades peuvent se faire soigner gratuitement ? S’ils sont vraiment à la hauteur, Monsieur le Ministre, vous devriez être parmi les premiers à tester leur efficacité. Mais curieusement, quand vous êtes malades, vous allez vous faire soigner en Europe ou aux Etats-Unis. Vous nous exigez le patriotisme, mais votre façon de faire remet en cause la compétence de nos médecins. Mais j’ai juste pour petite question pour sortir: de qui vous moquez-vous?

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *