Main basse sur la crise Anglophone au Cameroun: les USA de Trump sur le gril

Depuis l’Occident, ils attisent le feu. Les sécessionnistes gesticulent et concoctent des plans diaboliques contre leur pays natal. Au même moment, j’ai le sentiment qu’ils sont encouragés par le gouvernement et les médias américains. Question centrale : rêvent-ils tous d’un Darfour camerounais ?

Elle prend des proportions considérables chaque jour. Mais les populations de l’intérieur conjuguent la paix au quotidien. Dans les médias traditionnels et les réseaux sociaux, ça va dans tous les sens. Il y en a qui sont pour un retour à la normale dans les régions anglophones du Cameroun et il y en a qui rêvent des flammes. Comme s’ils pourront l’éteindre une fois allumées !

Dans l’état actuel des choses, je ne serai pas surpris de voir Internet coupé de nouveau dans les prochains jours dans les parties anglophones du pays touchées par cette crise.  En vérité, je ne pige plus rien à la situation actuelle.

La zone anglophone du Cameroun. CC: Wikipedia

Je me souviens tout simplement que tout a commencé l’année dernière par des manifestations diverses des avocats et des enseignants anglophones, qui se sentaient marginalisés. Des revendications que j’ai trouvées légitimes. Pour essayer de réparer son tort, le régime de Paul Biya, a mis plusieurs stratégies en marche.

Il a fait ce qu’il aurait dû faire depuis son ascension à la magistrature suprême en 1982. Mais le plus important est qu’il a écouté les cris de ces camerounais et camerounaises et a pris des mesures concrètes pour apaiser la crise.

Dialogue des sourds

Comme mesures d’apaisement et de sortie de crise prises par le chef de l’Etat camerounais, il y a entre autres la libération des manifestants arrêtés dans le cadre de cette crise, la création de la Commission Nationale de la Promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, le recrutement des milliers d’enseignants qui a été lancé, la traduction des Actes uniformes Ohada en langue anglaise, et plusieurs autres chantiers sur lesquels le gouvernement bosse actuellement pour rattraper le retard. Juste pour la rentrée scolaire pour le compte de l’année 2017/2018 en cours, j’ai vu le ministre des Enseignants secondaires, Jean Ernest Ngalle Bibehe Massena, mouiller le maillot pendant des jours entiers dans le Sud-ouest et le Nord-Ouest….sans succès.

C’est vrai que cela ne suffit pas. Dans un pays normal, les populations rêvent encore et les dirigeants anticipent sur tout et pour tout. Les nôtres ronflent et sont surpris des catastrophes qui nous arrivent.

Nos rêves ont été brisés par nos dirigeants actuels, qui en sont d’ailleurs conscients.  Mais cette situation dans laquelle on navigue depuis des décennies, sans voir le bout du tunnel, ne saurait justifier la nouvelle tournure des événements à Buea, Bamenda, etc.

Paul Biya, président de la république du Cameroun. CC: Wikipedia

Des villes que j’affectionne particulièrement ! Ces dernières semaines, on y voit des bombes de fabrication artisanale qui explosent et font des blessés graves. Ce qui m’intrigue dans cette histoire, c’est que les opérations sont pilotées depuis l’extérieur par un groupuscule d’individus qui se réclament camerounais tout en prônant un bain de sang dans leur « pays natal ».

Un Darfour camerounais en gestation ?

Les véritables leaders de cette crise vivent à l’étranger, notamment aux États-Unis d’Amérique, où l’un s’est autoproclamé président de la République imaginaire d’Ambazonie. Comme s’il y avait eu une élection présidentielle dans les régions concernées. Comme si cela ne suffisait pas, ils traitent Paul Biya de dictateur dans les médias américains, sans que la Maison blanche ne dise un mot.  Les journalistes de Fox News, une chaîne de télévision américaine, ont laissé entendre que ces gens « se battent pour leur indépendance ». Ce qui est totalement faux, car le Cameroun a eu son indépendance depuis 1960, selon des documents formels. Notre problème est la mal gouvernance. Ce que nos « frères » d’Amérique font semblant d’ignorer. Je paraphrase les propos d’un panéliste de Fox News: « Nous voulons qu’ils gagnent. C’est la même situation qui est arrivée au Sud Soudan ».

De mémoire de reporter, on ne prend pas position sur un sujet aussi délicat. Mais les médias américains semblent avoir choisi leur camp. Ce qui laisse dire à Gontran Eloundou, que les USA veulent créer un Darfour camerounais.

Donald Trump. CC: Wikimedia

« La stratégie des États-Unis utilisée au Soudan est désormais appliquée au Cameroun afin de mettre la main sur les importantes réserves pétrolière de notre Pays », écrit-il. Pour ce chroniqueur que j’ai lu ce matin, avant de me pencher sur le clavier de mon ordinateur, les régions anglophones du Cameroun sont une zone pétrolifère et potentiellement riche. Un fait qui est connu de tous.

« Les champs off-shore à Limbe (rio del rey) et la presqu’île de Bakassi (10% des réserves mondiale de gaz et pétrole) sont les zones officiellement reconnues pour leur pétrole. Si les Etats-Unis ont œuvré et plaidé en faveur du Cameroun dans la résolution de ce conflit, l’on constate que aujourd’hui les intérêts stratégiques des USA c’est de faire main basse sur toute la zone Nord-ouest et Sud-ouest », croit M. Eloundou. Le drapeau et les tenues vestimentaires des « militaires ambazoniens » postés sur les réseaux sociaux, ressemblent étrangement aux modèles américains. A suivre…

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