Axe Douala-Yaoundé: je confirme que le pont de Yassa est pourri

La route nationale numéro 3 a été coupée au lieu-dit « Cogefar » au niveau de Yassa le samedi 2 septembre 2017. Une partie de la chaussée a été recouverte à la circulation depuis avant-hier. 

Le trafic reste légèrement perturbé à la sortie de Douala, en attendant la réparation effective du pont. Celui-ci, sis au lieu-dit « Cogefar », à un jet de pierre de la station service Bocom de Yassa, s’est effondré pour une énième fois samedi. Je me suis rendu sur les lieux du drame dimanche 3 septembre matin, aux environs de 6h.

Ambiance

Les usagers sont toujours bouche bée, malgré la réparation d’une bonne partie de la passerelle par les ouvriers de Razel, qui ont travaillé toute la nuit. Aujourd’hui, la curiosité est de mise. Des conducteurs de mototaxis, des chauffeurs de taxis et autres curieux, garent leurs véhiculent à quelques mètres, pour descendre à pied dans le but de  visiter le pont en réparation. La scène se déroule peu avant 7h. Les conducteurs de ces engins, qui circulent tous les jours sur ce pont, contemplent de prés les travaux effectués pour rétablir la circulation. Les pluies diluviennes qui s’abattent sur la ville ces dernières semaines, ont contribué  à l’effondrement de ce pont, construit dans les années 80.

Circulation reduite à Yassa. CC: Didier

Les témoignages concordants des riverains ce matin, me laissent croire que la thèse de la pluie est à côté de la plaque. Ce n’est donc pas la véritable cause de ce drame. Parapluie en main, Jean Kamte sillonne les lieux. Habitant du quartier depuis des lustres, il confirme que l’effondrement de ce pont était prévisible, avant même la saison pluvieuse. « Ce n’est pas un problème qui date d’aujourd’hui. C’est depuis la création de la route », croit-il savoir.

A en croire le riverain, ce pont n’a pas été construit avec des matériaux adéquats. « Il a été fait en tôle », vocifère M. Kamte. Ce matin, une longueur du pont a été rétablie. Elle permet aux usagers de traverser et de vaguer à leurs occupations, et aux véhicules en partance pour Yaoundé de circuler. Seulement, deux voitures ne peuvent pas l’emprunter au même moment. L’autre partie est en chantier. Mais aucun ouvrier de la société chargée de sa réparation n’est présent sur le site  ce dimanche matin.

Seule une plaque de signalisation placée sur les lieux, informe les passants sur l’état actuel de la route. « Attention ! Route barrée travaux dangereux », peut-on lire dessus. Ce message, assez précis, n’empêche pas aux gros porteurs, transportant des billes de bois, bus d’agences de voyages, etc. de circuler et d’abimer d’avantage le pont.

Matériaux défectueux, le silence des autorités

Il est exactement 7h à « Cogefar ». La circulation va au ralentir. Et des inquiétudes fusent de toutes parts. La réparation provisoire du pont faite par Razel ne rassure pas plus d’un. Chaque personne qui descend sur le pont, revient avec son commentaire. Sourcils froncés, un taximan que je croise sur les lieux manque les mots pour décrire cette situation « qui aurait pu être évitée si les autorités qui empruntent régulièrement la nationale numéro 3 étaient sérieuses », pense ce dernier.

les ouvriers de Razel à l’oeuvre. CC: Didier

Il m’apprend que le pont présentait déjà un état de détérioration très avancée qui était visible à l’œil nu, avant même son premier effondrement l’année passée. «Cela fait plus d’un an que le pont a signalé. Je n’ai rien à dire. Ce qui devait arriver est arrivé», lance son confrère, Jean Yves Tagne. Sur les lieux, j’aperçois du sable, du gravier, et des sacs remplis de sable, etc. versés le long du trottoir. Des matériaux qui devraient permettre de terminer la réparation du pont. Mais les chauffeurs rencontrés sur place, pensent qu’il faut entièrement refaire ce pont, sinon, il s’effondrera chaque année.

Depuis la première réparation justement, qui n’a duré que quelques mois, « un gros porteur, transportant des billes de bois a failli se renverser dans l’eau l’autre jour, parce que le pont est déjà fatigué », regrette Jean Yves Tagne. Pour définitivement mettre fin aux effondrements à répétition de ce pont et éviter le pire, les usagers proposent de changer entièrement les matériaux défectueux, en attendant le réaménagement de la route en prévision.

 

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