Mebe Ngo’o, j’en ai marre de ces corbillards en circulation au Cameroun

En tant que Ministre des Transports, je vous exhorte à enlever de la circulation la pacotille qui endeuille de nombreuses familles chaque jour dans notre pays.
Monsieur le Ministre,

J’espère que vous allez bien aujourd’hui et que vous avez bien pris votre petit déjeuner ce matin. J’espère que votre famille va également bien.
Monsieur le Ministre des Transports du Cameroun, j’ai décidé de vous écrire aujourd’hui parce que j’ai très mal. Mon cœur saigne. Ça ne va pas. Au début, je voulais rédiger un simple billet dans lequel je voulais m’insurger contre les accidents routiers qu’on enregistre en désordre ici dans notre pays, mais mon cœur m’a orienté autrement. Et je trouve que cette option est la meilleure. J’espère que vous l’appréciez déjà.
Trop de charabia, allons droit au but.

Le bus de « Général » tue aussi. CC Didier

Monsieur le Ministre,
Je vais maintenant vous dire pourquoi je me suis penché sur le clavier de mon ordinateur aujourd’hui pour écrire ces petits mots, qui, j’espère, ne vont pas engendrer des maux.
Cher monsieur Mebe Ngo’o,
J’ai un cousin qui séjourne actuellement à la morgue de l’hôpital Laquintinie de Douala. Il y a pris ses quartiers depuis dimanche à 6h, contre sa volonté. La mort, avec qui, il n’avait pas rendez-vous, l’a surpris en pleine circulation dans la métropole économique la semaine passée.
Qu’est ce qu’elle peut être cruelle!
J’ai le cœur en plusieurs morceaux depuis que j’ai appris son décès. Parti si jeune ! Il avait presque mon âge et était mon frère, mon ami, même si on se voyait et se parlait par saison. Il avait encore beaucoup à prouver à la vie. Je me frappe la poitrine, je déchire mes vêtements, je gémis, je pleure, je m’enroule au sol, mais mon pote n’est plus là.
Je frappe le clavier de mon laptop en pleurant. Sa famille n’en revient toujours pas, deux jours après son départ. Sa mère, inconsolable, trouve quand même un peu de force pour m’expliquer comment son fils, son chéri, son mannequin, monsieur propre s’en est allé. Un jeune homme sans problème, qui voulait seulement vivre.

Un taxi broyé à Didier. CC Didier

Il a brutalement été tué par un fou furieux. Ou encore par une masse de ferraille, conduite par un ivrogne. Le conducteur du véhicule en question, ivre comme une abeille, est venu ramasser mon cousin sur le trottoir, alors qu’il attendait un taxi pour rentrer chez lui. Le salaud, a ouvert son crane avec sa sale bagnole. Il est transporté à l’hôpital Laquintinie, où il rend l’âme dimanche, après trois jours de lutte contre la mort.
Son bourreau, arrêté juste après le drame, est introuvable aujourd’hui. Le jeune homme s’en va rejoindre ses aïeux. Un coup dur pour sa fiancée enceinte de plusieurs mois. Fin de récit.
Monsieur le Ministre de la République,
Voilà un cas qui devrait vous interpeller. Un monsieur qui se saoule la gueule avant de prendre le volant. Ce n’est pas normal dans un pays des gens normaux. Vous deviez interdire ce genre de pratique durant le temps qu’il vous reste à passer à la tête du ministère des Transports. Toutefois, le tout n’est pas de dire que vous interdisez ou de passer un simple communiqué dans les medias, mais de sanctionner ceux qui violent les lois de la République, même si c’est vous ou l’un de vos proches. Sans corruption ni trafic d’influence.

Une de l’hebdomadaire « La Météo »

Monsieur le Ministre,
je refuse d’admettre que je vis dans un pays où il est permis à un soûlard de prendre le volant après avoir avalé tout un casier de bières.
Pour faire bonne apparence, vous me direz que vous ne cautionnez pas cela. Et pourtant, cher Ministre, certains chauffeurs au Cameroun, boivent, passent des coups de fil et surfent pendant la conduite. Vous me direz que la loi l’interdit. Eux, ils n’en n’ont rien à cirer apparemment de votre loi qui s’applique souvent comme une tortue sur le terrain. Elle est même parfois à tête chercheuse, parait-il.

La Une du bihebdomadaire L’Anecdote

De vous à moi hein, cher patron des Transports camerounais, ces véhicules de quatrième main, voire même de dixième main, qui pullulent nos métropoles ont-ils le droit de circuler ici? Pourquoi vous acceptez que nous soyons la poubelle des pays industrialisés ? C’est normal ça ? On dirait des corbillards mis expressément en circulation pour abréger les vies des nobles citoyens qui ne demandent qu’à voyager. Pourquoi vous l’autorisez, pourquoi hein ?
Regardez donc les dégâts que vous cautionnez tous les jours au Cameroun. Ekiéé Dieu, qu’est ce que nous avons fait pour mériter ce genre d’horreur chaque jour sur nos axes routiers ? Le bilan est de plus en plus lourd. Il fait froid dans le dos. Et les gens ne cessent de voyager dans des bus complètement foirés (à des prix exorbitants), qui devraient en principe être interdits de circulation.
On ne sait même pas s’ils respectent les visites techniques. En plus, même si les compagnies de voyage décident aujourd’hui de se doter de véhicules neufs de première catégorie, il va aussi falloir qu’elles se dotent des routes bitumées, vastes et sans trous. Ce qui va certainement limiter le nombre d’accidents au Cameroun.
Pour chuter, en espérant que vous prendriez des vraies dispositions, monsieur le Ministre, j’ai l’impression que les accidents de ces dernières semaines ne sont pas simples. On dirait que le pays prend plaisir à offrir ses populations en holocaustes. Parce que c’est incompréhensible tout ça. Accident à droite, accident à gauche et vous, monsieur le Ministre des Transports, vous dites quoi concrètement quand le Cameroun saigne de la sorte ? Que faites-vous pour stopper l’hémorragie? Mince! J’ai l’impression de parler seul !

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4 Commentaires

  1. très bien parlé! c’est très exacerbant la situation du Cameroun!! une puissance comme elle dont on en a profondément honte où les lois ne sont qu’écrites mais jamais appliquées!! où les règles et l’hygiène de vie, le civisme et bien d’autres morales sont simplement et normalement reniées par tout âge. c’est triste, très triste!!! sachons que le changement passe et se décide par nous, chaque citoyen en est concerné. le camerounais soufre mais dès qu’on critique c’est encore lui-même qui dit:  »on va faire comment! » ou  »aka…..l’essentiel est de……. » N’IMPORTE QUOI!!! apprenez à mesurer les risques et les conséquences, puis faire les bons choix pour notre santé et bien-être avant tout au lieu de passer le temps à rêver de Mbeng ou à mourir dans des déserts étrangers ou en mer!! Mbeng c’est partout!!! Mbeng ce n’est pas la neige, ni les métros!! non!!! MBENG C’EST LE CIVISME!!!!!!

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