Au Cameroun, la communauté catholique mise à genoux

Ensemble, prions pour l’Evêque de Bafia disparu  dans « les eaux » de la Sanaga le 31 mai 2017.

Les chrétiens catholiques du Cameroun sont dans l’émoi depuis mercredi 31 mai 2017. Curiosité : aucune larme ne coule de leurs yeux après la disparition de Jean-Marie Benoît Balla. Sur les réseaux sociaux, les commentaires vont dans tous les sens. En parcourant  plusieurs postes cet après-midi, j’ai eu l’impression que personne ne sait réellement ce qui s’est passé. D’aucuns s’appuient sur la présence de la voiture de l’homme de l’église catholique sur les lieux du « drame » pour conclure qu’il s’est noyé pendant la natation. Pire, le guide catholique de Bafia a laissé un mot : « Je suis dans l’eau ». Quand quelqu’un dit : « Je suis dans l’eau », j’imagine donc qu’il se baigne. Ou alors qu’il a une demeure dans l’eau. C’est bizarre quand même de voir que certaines personnes s’en moquent. Ce n’est pas drôle de perdre un être humain.

« l’Evêque de Bafia »

S’il a effectivement une maison dans l’eau, cela signifie qu’il n’est pas un homme normal comme vous et moi n’est-ce pas ?  Si c’est le cas, c’est qu’il avait le pouvoir de se transformer en un être aquatique. Soit, l’homme de Dieu a été tué ou enlevé par ses ennemis ? Mais la question qui fâche les fidèles de l’église est la suivante : pourquoi se serait-il donné la mort en plein air, de façon aussi spectaculaire ? Le but de ce suicide était-il de ternir l’image de la plus grande formation religieuse mondiale ? L’Evêque en avait-il marre de la vie à ce point ? Ignorait-il que se donner la mort est un péché qui ne se pardonne et ne se pardonnera jamais ? Je ne crois pas ! Ce matin, j’étais avec une amie, qui connaissait un peu l’homme. Avec un air de colère, elle me dit qu’il était incapable de commettre un tel acte. C’était un homme très bien, qui avait la crainte de Dieu, me rassure-t-elle. Mais la question principale que j’aimerai poser à mon amie est la suivante : craint-on réellement Dieu à l’église catholique ? Comme dans toutes les organisations religieuses, j’affirme qu’il y a des brebis galeuses à l’église catholique. Je me souviens encore de ces dimanches où je devais automatiquement me rendre à l’église Dominique Savio, située au quartier Bonapriso.

Un faux Jésus-Christ prêché

J’étais jeune, très jeune même. Bien que ne connaissant rien de la Bible, je ne cessais de dormir pendant le culte. Est-ce parce que je n’aimais pas Dieu ? Loin de là. L’autre chose que je n’aimais pas pratiquer, me prosterner devant la statuette d’une certaine vierge Marie. Fermer les yeux et confesser mes pêchés devant une masse de terre qui ne pouvait répondre à mes prières. Ça, je ne le faisais pas. L’autre aspect qui me frustrait beaucoup était le comportement de certains bourgeois qui arrivaient à l’église dans leurs voitures climatisées, bien vêtus et parfumés de la tête jusqu’aux baskets. Non, l’ambiance que ce lieu dégageait ne m’intéressait pas. J’avais l’impression qu’on avait matérialisé la spiritualité pour reprendre les termes d’un ami sur un groupe WhatsApp.

« Les autorités administratives sur le lieu du drame »

Les premières places sont réservées aux grands de l’église. A ceux qui mettent beaucoup de sous dans le petit panier blanc qui fait le tour de la salle. Ma tante elle, me donnait 25 FCFA, parfois 50 FCFA pour mettre dans le panier en guise de dime. Je ne cessais de balader mes yeux dans la grande salle. Des images représentant Jésus-Christ, étaient présentes partout. Quand j’ai grandi, j’ai découvert que l’homme sur les images était un acteur américain. Seigneur ! Et pourtant un passage biblique recommande aux chrétiens d’évoquer le Seigneur dans un endroit où il n’y aura ni images, ni les choses représentant Dieu sur la terre. Les vrais chrétiens le savent. Certains diront que je sabote l’église catholique. Non, je relève justes les incohérences qui existent dans cette grande église et qui éloignent les hommes du vrai Dieu vivant. Il y a des incohérences, sinon, je n’allais pas démissionner. Encore moins mes frères et sœurs qui excellent désormais dans les églises dites de réveil. J’ai encore tous mes sens. C’est certainement mon défaut. Parce que j’ai encore tous mes sens et que je maitrise assez les saintes écritures, je sais faire le distinguo entre la bonne et la mauvaise parole. Entre la bonne et la mauvaise pratique.

« Les pièces d’identité de l’évêque »

Où se trouve donc le vrai Dieu ?

Quand j’ai quitté l’église catholique, qui ne me donnait pas satisfaction, j’ai parcouru plusieurs églises de réveil. J’avoue que j’y ai rencontré des vrais marabouts. Des pasteurs qui s’engraissaient tous les jours alors que leurs brebis croupissent dans la misère. J’ai rencontré des guides spirituels qui baptisaient leurs fidèles avec l’eau minérale, qui les font boire le jus d’oseille en faisant croire que c’est le sang de Jésus. J’ai rencontré des vendeurs d’illusions. Des pasteurs qui enceintent les mineures et femmes mariées en les laissant croire que c’est la volonté du Saint Esprit. Je demande hein, donc elles vont mettre au monde des bébés saints ? En vérité, Satan a pris ses locaux dans les églises. Dans les petites comme les grandes. Il faut donc faire attention. Quand je suis la radio, j’entends souvent des pasteurs promettre des mariages, la prospérité, les enfants, la gloire à un certain nombre de disciples. Un seul donne la gloire : le Seigneur Jésus-Christ qui n’a pas laissé une église sur terre. La Bible m’apprends que l’église, c’est nous. Chers fidèles catholiques, priez pour vos guides spirituels de peur qu’on ne se retrouve plus dans la même situation que celle de Jean-Marie Benoît Balla, que certains utilisent avec joie pour organiser le challenge « #JeSuisDansLeau ».

 

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