Douala : interdit de polluer et interdit de punir ?

La ville de Douala, capitale économique du Cameroun, compte environ 120 quartiers répartis en 6 arrondissements. Chaque quartier est en soi une ville dans la ville, c’est le cas de New-Bell, zone assez vaste située à la sortie de la ville, sur l’axe Douala-Yaoundé. New-Bell abrite le marché central, centre vivrier de Douala, ainsi que la prison centrale, qui teinte le quartier d’une connotation particulière. New-Bell se caractérise aussi par une situation sanitaire désastreuse, les ordures ménagères inondent les rues du quartier alors que la communauté urbaine de Douala l’interdit. Ici, on pisse sur les instructions des autorités.

Ça pue dans le coin. L’odeur est trop forte. Les passants se pincent le nez avant de traverser. Chacun secoue la tête en signe de désapprobation et en se demandant s’il est réellement en ville, et de surcroît dans la capitale économique camerounaise ! Il est déconseillé à quiconque souffrant de problèmes respiratoire de passer par ici. A moins qu’il ne possède un cache-nez ! Je n’en ai pas malheureusement. Je me suis rendu à New-Bell sans avoir été informé de cette situation d’hygiène déplorable. Comme tous les passants, j’ai bouché mes narines et ma bouche avant de traverser. J’ai voulu absolument immortaliser ces tas d’ordures ménagères dont les odeurs me pénétraient jusqu’aux poumons. Nous sommes ici au lieu-dit « Fin goudron Ngangué », dans le deuxième arrondissement de Douala, comme son nom l’indique, c’est ici que le goudron finit, plus de route. Et les ordures ménagères prennent le relais. Sans blague. Vous l’aurez compris, ce quartier ne fait pas partie des riches quartiers de la ville, mais ce n’est pas une raison… Certains habitants de cette banlieue sont même capables d’inviter les ordures à séjourner chez eux, jusque dans leur chambre !

Cessez de jeter les ordures partout
Cessez de jeter les ordures partout

Vous ne me croyez pas ? Vous êtes libres. C’est pourtant la triste réalité. Ici, les ordures ménagères de tout genre inondent les rues sans que cela ne gêne personne. Mais qui ça devrait gêner quand ceux qui jettent ces déchets sont les premiers plaignants ? Les habitants du quartier osent même ouvrir leur grande gueule pour accuser la Communauté urbaine de Douala (CUD) ou la Société d’hygiène et salubrité du Cameroun (Hysacam) de ne pas faire leur job. Bon, j’avoue, ils n’ont pas complètement tort. Normalement, les autorités devraient traduire ces pollueurs en justice, pour non respect des plaques de « sensibilisation ». Est-ce normal d’ignorer à ce point des plaques qui portent une pareille inscription : « Interdit de jeter les ordures ici » ?

sachons garder nos quartiers propres
sachons garder nos quartiers propres

Avec ou sans bac, on s’en fout. On jette nos ordures à même le sol. Qui va nous faire quoi ? Ils ont juste écrit et sont repartis comme d’habitude. Il n’y a personne pour faire le suivi.C’est en gros ce que pensent ces pollueurs qui ne cessent, curieusement, de se plaindre des piqûres des moustiques chaque soir. Il leur arrive même de s’interroger sur l’origine de ces moustiques alors que les poubelles inondent leur quartier. Et ce n’est pas tout, dans le quartier les caniveaux ne sont pas curés, les toilettes n’ont pas été « douchées » depuis parfois des mois. Après, on s’étonne de la présence des moustiques et on se demande comment on a pu attraper le paludisme !

 

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