Chers anges de paix, je vous confie la Centrafrique en 2016

Le pays de Jean-Barthélemy Bokassa et d’Ange Félix Patassé a organisé un double scrutin législatif et présidentiel le 30 décembre 2015. Vivement que la paix revienne après le dépouillement.

Je suis ce jeune Centrafricain. Jadis, j’étais élève. Mais depuis mars 2013, j’ai perdu mon cartable, ma craie, mes stylos, mes crayons… Mon école, je ne sais même plus où elle se trouve. Je suis traumatisé. Je n’ai plus le courage de sillonner les rues de ma bulle. Tout me fait peur. S’il vous plaît, j’ai besoin d’une gomme pour effacer cette triste époque en 2016.
Je suis cette jeune Centrafricaine. J’ai vu ma mère, mon père, mes frères et mes sœurs se faire tuer à la machette. J’étais impuissante à l’époque. Je n’avais que mes yeux pour pleurer. Et ma virginité, je l’ai perdue. Ces salauds m’ont défoncé. Et personne ne m’a secouru. Je souffre désormais des MST (maladies sexuellement transmissibles). Je prends des comprimés…périmés, tout en espérant trouver la guérison. Sur mon lit d’hôpital, je veux tourner la page. Alors dites-moi, qu’est ce que je suis censée faire, à part haïr la guerre en 2016?
Je suis cet étudiant Centrafricain. Depuis tout petit, je ne sais qu’écrire des jolis poèmes d’amour. Mais depuis quelques années, je n’ai plus jamais vu quelqu’un dire aux membres de sa famille qu’il les aime. Les bruits de guerre ont plongé mon pays dans le chaos et le mot « Je t’aime » est sorti par la fenêtre. Il se fait de plus en plus rare comme le diamant de sang qu’on exploite chez moi. Vivement que « Je t’aime » soit restauré en Centrafrique en 2016 et que les assaillants aillent tous en enfer voir si j’y suis.
Je suis ce fonctionnaire Centrafricain. Mon ventre a commencé à maigrir parce que je n’ai plus rien à manger. J’ai longtemps travaillé pour ce ventre et non pour mon pays. Aujourd’hui, je suis en exil et je regarde les atrocités de loin. Je regrette amèrement d’avoir trahi mon pays. Avant, je dinais avec le diable. Je me repens et présente des excuses à tous les Centrafricains éparpillés à travers le monde entier. Je ne veux plus de ses milliards, ni de ses bonnes choses. Trop c’est trop ! Ma Centrafrique a toutes les richesses du monde. Et ce ne sont pas les singes, ni les étrangers qui viendront la développer. Vivement que les anges de paix nous soutiennent en 2016 !
Paix, paix, paix
A tous ceux qui auront l’occasion de diriger la République centrafricaine (RCA) après le double scrutin du 30 décembre, sachez que les peuples centrafricain et africain ont les yeux rivés sur vous. Soyez donc sages. Et il est préférable de diner avec les anges de la paix qu’avec les ennemis de la paix. Soyez vous-mêmes les premiers anges de la paix. Je vous laisse la Centrafrique, je vous confie la Centrafrique en 2016.

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