Douala la peureuse, Maroua la frondeuse

En cas de présence suspecte dans votre quartier, les autorités camerounaises recommandent d’alerter les forces de l’ordre via le 1500. Pendant que la collaboration porte déjà ses premiers fruits ailleurs, les populations de la cité économique voient le diable partout.

La bataille contre les nouveaux ennemis du Cameroun est l’affaire de tous. Nos dirigeants nous le rappellent sans cesse depuis quelques semaines. Depuis quelques jours justement, presque tout le pays s’est lancé dans une campagne de sensibilisation contre la menace terroriste. Par exemple sur la Toile, j’ai lu un texte qui décrivait les attitudes d’un terroriste ou d’un kamikaze. Cet article qui fait le tour de plusieurs services sécuritaires du pays nous montre comment reconnaître ces gens sans cœur.
Au cours de leurs multiples sorties dont je redoute l’exagération, nos gouvernants nous font savoir qu’avec la touche de la population, on vaincra facilement Boko Haram. Voici un extrait de leur refrain: « il faut que la population collabore avec les forces de l’ordre ». Cette campagne se fait à travers les médias pour l’instant. Et je me rends compte que le message ne tombe pas dans les oreilles des sourds. A Maroua dans la partie septentrionale du Cameroun, alors qu’ils s’apprêtaient à commettre d’autres attentats-suicides, un trio de jeunes gens dont deux Camerounais et un Nigérian ont été appréhendés la semaine dernière grâce à la collaboration des populations.

Alerte… sensibilisez les peureux

Par contre, à Ndogsimbi, banlieue de Douala, une foule carrément folle a imaginé des kamikazes dans le coin. Une fausse alerte qui a semé la pagaille dans le secteur au point de susciter l’intervention des autorités administratives qui ont calmé le jeu. Avant leur arrivée sur les lieux, la rumeur avait déjà causé beaucoup de dégâts sur plusieurs personnes fragiles qui ont dû être transportées dans des centres de santé.
Si c’était un vrai kamikaze alors, comment allaient-ils réagir ? Pensez-vous que cette banque de peureux devait avoir le courage de prendre leur téléphone portable jusqu’à composer le 1500 ? Non. En tout cas, pas avec une telle trouille dans le ventre. Comme une poule mouillée qui ose déclarer la guerre à un monstre.

En plus de cette fausse alerte de Ndogsimbi, d’autres quartiers ont été victimes de cette peur. Dans cette logique, on risque confondre tout le monde. Raison pour laquelle, il faut une sensibilisation de proximité. Je connais très bien mes frères. Certains, tellement pauvres, n’ont ni radio, ni télévision pour être en phase avec l’actualité. D’où l’urgence d’un porte-à-porte.

Didier Ndengue

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