Zone Cémac : Sans les xénophobes, 96% de personnes circulent librement

La communauté des peuples prônée par le président de la Commission de la Cémac, Pierre Moussa, est en marche sans le Gabon et la Guinée Equatoriale.
Ils ont cru qu’on ne pouvait pas aller d’un bout à l’autre de la communauté sans eux. Parce qu’ils se disent riches. Mais aujourd’hui, ils sont déçus. En plus, le Gabon et la Guinée Equatoriale oublient qu’ils sont les plus minoritaires de notre communauté. Sur 45 millions d’habitants que regorgent les six pays qui constituent la Cémac, 42,5 de personnes circulent librement sans visa. C’est une première qu’on n’a jamais mis en exergue. Avec les autres experts de la libre circulation des personnes et des biens, on a toujours insisté sur le cas du Gabon et de la Guinée Equatoriale qui refusent catégoriquement d’ouvrir leurs frontières sous prétexte que nous, autres citoyens de l’espace Cémac, allons envahir leurs territoires et nous emparer de leurs biens. Ailleurs, prenons le cas simple de la zone Euro, certaines puissances n’appartiennent pas à la Commission de l’Union européenne et pourtant, l’UE se porte très bien. On avait également suggéré la même chose pour notre communauté et beaucoup de gens ont toujours pensé qu’on ne pouvait pas s’en sortir sans les deux capricieux qui plombent notre zone. Certes deux pays sur six font encore la sourde oreille face à l’idéal communautaire, mais les derniers indices démontrent que le Gabon et la Guinée Equatoriale finiront par ouvrir leurs frontières aux autres ressortissants de la sous-région Afrique centrale. « C’est juste une question de temps », selon un expert du Département du marché commun de l’institution communautaire que j’ai rencontré en avril dernier dans le cadre de ma curiosité.


Vers des meilleurs sentiments
La libre circulation des personnes et des biens est le rêve de toute la zone Cémac. Elle devait être effective depuis le 1er janvier 2014. Mais comme chez nous, on applique les résolutions selon les humeurs des barons, on piétine encore sur place. N’en déplaise aux jaloux. Mais récemment, une information m’est parvenue. Quelqu’un proche de ce dossier, m’a soufflé à l’oreille que « les deux pays qui font preuve d’une xénophobie incroyable, dans le cas spécifique de la Guinée Equatoriale, ont déjà accepté d’accorder la libre circulation aux fonctionnaires de la zone détenteurs des passeports diplomatique ou de service ». Il reste donc à vérifier si cette acceptation est effective sur le terrain. A la Commission de la Cémac, on apprend que le dossier sera inscrit à l’ordre du jour, lors du Sommet des chefs d’Etat qui se tient du 05 au 06 mai prochain à Libreville au Gabon. En attendant cette grande messe des décideurs, tout en espérant que personne ne boudera la réunion, trois pays de l’espace sont autorisés à produire trois types de passeports Cémac (diplomatique, service et ordinaire). Il s’agit du Cameroun, du Congo et de la République centrafricaine (RCA).


La Cémac des peuples
Attaquée de toutes parts par les forces du mal, et l’épineux problème d’infrastructures routières devant relier les différents pays, la zone Cémac tient toujours à son intégration. Elle prône l’union. Et avec les moyens à sa disposition, la Commission de la Cémac, pilotée par Pierre Moussa, initie des concepts pour rapprocher les populations. Je vous citerai très brièvement les journées de la Cémac, la coupe de la Cémac, entre autres. En février 2014, à Libreville, le Conseil des ministres avait évalué le niveau d’avancement de la libre circulation des personnes. Il en ressort que sur 45 millions d’âmes que regorge la communauté, 42, 5 millions circulent librement, soit 96% de la population, sans le Gabon et la Guinée Equatoriale. Quoi qu’il en soit, je crois que les deux nations céderont d’ici peu, sans trop de pression.

Didier Ndengue

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