Alerte Ebola : Des chauves-souris survolent Bonanjo

Seuls les effets pervers de ce virus donnent des sueurs froides aux populations camerounaises. Curieusement, les porteuses de celui-ci sont sont visibles dans le ciel du quartier administratif de Douala.

Val, une amie ne veut pas entendre parler de cette maladie qui fait rage en Afrique de l’Ouest. Elle considère la fièvre hémorragique Ebola comme un vrai monstre, engendré pour exterminer les hommes. La maladie grimpe à une vitesse surprenante et pourrait se retrouver sur tous les territoires du monde. Une situation qui n’arrange pas du tout mon amie. Hier vendredi, nous avons eu des échanges sur Facebook à ce propos.

En temps que journaliste, je pensais que l’information devait l’intéresser. Et qu’elle allait l’utiliser pour faire un article pour le compte de son quotidien. Mais Val est restée sur sa soif lorsque je lui ai annoncé que la fièvre à virus Ebola guette notre pays. Elle est restée sans écrire pendant plus de deux minutes pour une conversation qui se voulait rapide. J’ai compris aussitôt qu’elle était effrayée par cette annonce. Quelques secondes plus tard, elle me fait savoir qu’ « Ebola est la mort en personne. On ne devrait même pas prononcer ce nom ici au Cameroun ».

Même son de cloche pour Rachel, ma voisine. Pour elle, le coup scientifique ( ?) est une belle réussite. Rachel et sa sœur Frida ont rompu tous liens de contact avec la viande de brousse qu’elles consommaient abondamment autrefois, de peur d’être contaminées. La consommation du bitter kola et oignon, selon une certaine expertise pour se préserver du virus, est devenue leur priorité.

Il parait que les chauves-souris sont aussi à l’origine d’Ebola. Et pourtant, elles sont nombreuses à survoler plusieurs domiciles administratifs de Bonanjo, dans la cité économique camerounaise. « La présence des chauves-souris quelque part est un mauvais signe », m’explique Ousmane, le taximan qui me transporte ce vendredi après midi. Ousmane ne fait pas allusion à Ebola plutôt aux « totems de ceux qui nous gouvernent ». Incroyable. Comment le savez-vous ? Le taximan m’apprend qu’il a passé presque toute sa jeunesse dans son village natal sis de l’autre côté de la région du Centre. « En zone rurale, les chauves-souris et les hiboux sont considérés comme des animaux sorciers qui entretiennent de très bonnes relations avec le monde mystique», conclut-il. Sachant qu’Ebola est une maladie mystique, parce que toutes les maladies sont des démons, on est tenté de croire que ce monstre guette les camerounais depuis des lustres via les chauves-souris de Bonanjo.

Didier Ndengue

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