A DOUALA : Les doléances du patronat centrafricain

En plus de la crise politico-militaire qui perdure et rend les activités commerciales infructueuses, les importations à partir du Cameroun sont au poids mort.

En séjour de travail en fin de semaine dernière à Douala, le président de l’Union nationale du patronat centrafricain, Gilles‐Gilbert Gresenguet, n’est pas resté sans mot dire sur la situation qui prévaut dans son pays. Il s’est notamment exprimé sur la question des entreprises centrafricaines qui traversent une période extrêmement difficile. «La situation des entreprises en Centrafriqueest dramatique», a‐t‐il confié. Pendant la période de crise, ajoute‐t‐il, beaucoup d’entreprises ont été pillées, les outils de production détruits, les matériels et les machines emportés «par les soidisant libérateurs». Les entreprises centrafricaines ont subi de plein fouet les actes de vandalisme qui ont mis à terre la petite économie qu’elles généraient avant la déchéance de François Bozizé en mars 2013. Le patronat chiffre les pertes à plus de cent milliards de Franc CFA. L’Etat centrafricain, appelé à soutenir le secteur privé dans la relance de l’économie nationale, est sans voix. «Il s’agit actuellement de reconstituerles unités de production. Les entreprises attendent leur argent des pouvoirs publics qui, malheureusement, eux aussi n’en disposent pas», regrette Gilles‐Gilbert Gresenguet. Avec des dossiers déjà constitués,les créateurs de richesses centrafricains n’attendent plus que le soutien des pouvoirs publics et de potentiels investisseurs étrangers.

D’autres goulots d’étranglement

 Au‐delà du territoire national, les frontières centrafricaines subissent sûrement le plus grand coup de la décennie. «Nousavons un problème de goulots d’étranglementau niveau de l’approvisionnement au niveaudu Cameroun». Depuis l’arrivée des aides humanitaires, la fluidité du trafic des marchandises est devenue très difficile. «Çanous pose aussi des problèmes». Actuellement, les entreprises centrafricaines, minées par l’absence des fonds de trésorerie et de garanties, ne pourront pas facilement bénéficier d’un soutien bancaire. Il est «difficilepour les banques aussi de faire desprêts, parce que nous n’avons pas de garantiesnécessaires, toutes nos garanties ont été emportées», explique le président du patronat centrafricain. Et de conclure que les investisseurs ne s’engagent que dans un pays en paix.

La Centrafrique en crise
Les entreprises centrafricaines ont tout perdu

 Didier Ndengue

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *