PASSAGE AU NUMÉRIQUE: Les médias d’Afrique centrale jouent les prolongations

La nouvelle version mondiale exigée en 2015 va sans doute faire disparaitre beaucoup de medias de la sous-région. Déjà confrontés à un nombre indéfini de problèmes, les journalistes, les employeurs et leurs partenaires devraient revoir leur politique pour la survie du métier.

Les perspectives d’accès au numérique ne sont pas brillantes pour l’Afrique centrale. En 2015 en effet, la région, comme plusieurs autres pays d’Afrique sub-saharienne, se trouve face a deux échéances majeures: la migration obligatoire des médias vers le numérique et l’atteinte des OMD (Objectifs du millénaire pour le développement). Deux objectifs qui, selon certains indicateurs, ne seront pas atteints au regard de l’état de pauvreté avancé des médias de cette zone. Au Cameroun, on se souvient encore de la récente réunion de crise de la Fédération des éditeurs de presse (Fedipresse). Réunis autour d’une même table au siège du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam) dans la capitale économique le 25 juillet 2014, les patrons camerounais de la presse ont tiré la sonnette d’alarme à l’ endroit de leur partenaire de la distribution Messapresse.

Haman Mana et ses confrères s’étaient essentiellement appesantis sur le domaine de la distribution qui connait une chute terrible du à la mauvaise gestion du partenaire Messapresse. « Très faible couverture du territoire national par Messapresse, principal acteur dans la distribution des journaux au Cameroun; fermeture de la majorité des points de vente, notamment à Yaoundé et Douala, situation qui compromet gravement l’accès du grand public aux journaux; livraison tardive des journaux dans les kiosques; opacité dans la facturation, la rémunération des partenaires (éditeurs et diffuseurs) et dans la gestion des journaux invendus », autant d’obstacles condamnés par les directeurs de publication qui ont par la suite demandé au distributeur de respecter ses engagements contractuels, notamment la distribution des journaux sur l’ensemble du territoire national. La transparence dans la facturation a également été exigée.

En dépit des exigences des éditeurs camerounais de presse, relevons quand même qu’il existe un grand fossé entre la quantité d’impression et l’achat des journaux au pays. Par exemple, rares sont les presses privées qui franchissent la barre de 4500 exemplaires par édition de nos jours contrairement aux années 90 ou on pouvait facilement assister au tirage de prés ou plus de cinquante mille exemplaires. Le model économique, la multiplicité des titres et l’avènement d’Internet… sont les véritables causes de cette chute soudaine vingt ans après. Du coup, plusieurs éditeurs moins solides sont contraints de disparaitre. La dernière hausse des prix du carburant infecte aussi le domaine. Le prix unitaire de la presse pourrait passer de 400 F Cfa à 600 F Cfa dans les prochains jours. Une étude révèle que 45% de journalistes envisagent même déjà quitter le temple pour se lancer à autre chose au Cameroun. Ce qui fera bon ménage pour certaines rédactions. Surtout que le soutien financier du gouvernement aux entreprises de presse privée « aide publique a la communication privée » est de plus en plus insignifiant. L’enveloppe globale pour le compte de l’année 2013 serait de 270 millions F Cfa pour le lot de médias que regorge le pays.

Didier Ndengue

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